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Si Jones fut surpris qu'on lui eût annoncé la visite d'une dame, il le fut bien davantage, quand il la reconnut pour être mistress Waters. Nous le laisserons donc uu moment dans cet étonnement , ne fût-ce que pour donner au lecteur le temps de revenir de sa propre surprise.
Le lecteur sait cpii était cette mistress Waters; il lui reste à savoir ce qu'elle était. Il voudra donc bien se souvenir que cette dame partie d'Uplon dans la même voiture que M. Fitzpalrick et un autre gentilhomme irlandais, se rendit avec eux jusqu'à Bath.
Or, il y avait à cette époque un certain emploi vacant dans la maison et à la disposition de M. ritzpatrick, je veux dire celui de sa femme; car la dame qui l'avait autrefois occupé, avait abdiqué ou déserté ses fonctions. M. Fit/.paîrick ayant étudié mistress Waters pendant le voyage, l'avait trouvée propre à remplir cette place. A son arrivée à Bath, il la lui conféra immédiatement, et elle l'accepta sans scrupule. Tout le temps qu'ils restèrent à Balh, ils vécurent comme mari et femme, et FI. i X
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comme mari el femme ils anivèient ensemble à Londres.
Soit que M. Filzpatrick fût trop sage pour quitter une bonne chose avant de s'en èlre assuré une meilleure, ce dont il commençait seulement alors à entrevoir l'espérance; soit que mislress Waters eût si bien rempli son emploi, qu'il eût le projet de l'y maintenir en chef, pour ne faire de sa femme , ce qui arrive souvent, que sa lieutenaute, il est certain qu'il ne lui parla jamais d'elle, qu'il ne lui comnuiniqua jamais la lettre qu'il avait reçue de sa tante, et ne lui fit pas une seule fois mention du dessein où il était de la reprendre. Il s'était encore plus £;ardé de prononcer devant elle le nom de Jones; car, quoiqu'il pensât à se battre avec lui partout où il le rencontrerait, il n'imitait point ces persoimages prudents, qui pensent qu'une femme, une mère, une sœur, ou quelquefois mènje une famille tout entière, sout les seconds sur lesquels on peut couqiter le plus sûrement dans ces sortes d'occasions. La premiere nouvelle que mistress Waters recul de tout ce qui s'était passé
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lui fut donnée par Fifzpalrick, quand on le rappoita chez lui de la taverne où sa blessure avait été pansée.
Cependant, comme M. Fitzpatrick n'avait jamais eu le talent de raconter une histoire d'une façon bien claire,el comme il était cejour-là peutêtre encore plus obscur que de coutume, ce ne fut que quelque temps après qu'elle découvrit que le même homme qui lui avait fait cette blessure, était celui qui avait blessé son creurà elle, sinon mortellement, du moins assez pour laisser une profonde cicatrice. Mais elle ne fut pas plus tôt informée que M. Jones était celui qui avait été mis à Gate-house pour cet assassinat supposé, qu'elle saisit la première occasion de confier M. Fitzpatrick à la garde-malade, et se hâta d'aller visiter le vainqueur.
Elle entra dans la prison avec un air de i;aielé aussitôt réprimé par l'aspect mélancolique du pauvie Joues, qui tressaillit eu la voyant. « Je ne m'étonne pas de votre surprise, lui dit-elle, je crois que vous ne vous attendiez pas à me voir. Peu de prisonniers reçoivent ici des visites de femmes,
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à moins que ce ne soit de la leur; vous voyez le pouvoir que vous avez sur moi, M. Jones. J'étais loin de penser , en nous séparant à Upton, que notre première entrevue aurait lieu dans un endroit tel que celui - ci. — Assurément, madame, dit Jones, je dois vous rendre grace de cette visite : peu de gens suivent les malheureux, surtout dans ces affreuses demeures. — Je vous assure, M. Jones, dit-elle , que j'ai peine à me persuader que vous soyez le même jeune homme que j'ai vu à Upton; votre visage est plus triste que toutes les prisons de l'univers. Que peut-il donc vous être arrivé ? — Je croyais , madame , dit Jones , que sachant que j'étais ici, vous en saviez aussi la malheureuse cause. — Je sais que vous avez fait une égratignure à un homme en vous battant en duel, voilà tout. » Jones témoigna quel(|ue indignation de cette légèreté, et parla avec la douleur la pins profonde de ce qui js'était passé. Elle lui répondit : « Eh bien donc, monsieur, si vous prenez celte affaire si fort à cœur, je vais bien vous rassurer; le gentilhomme n'est pas mort, et je suis à peu près