‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 2 sur 99 · TOMBEAU DE ROU.ON · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE ROU.ON

^tombant br Eu lion.

ntrons dans l’église cathédrale de Rouen. Le long du collatéral de la nef (côté droit) règne une suite de chapelles, dont la dernière est connue, encore aujourd’hui, sous le nom du Petit-Saint-Romain C’est là que repose la cendre de Rollon. (Voir PL I).

Elle est renfermée dans un sarcophage en stuc noir, veiné à veines blanches et jaunes, qui est placé à même la muraille, à une profondeur de 0m,83 sous une arcade surbaissée.

La façade de l’entourage du tombeau est en stuc à fond gris veiné, dont les portions saillantes sont de brèche jaune plus ou moins prononcée. (PL IL)

Quant à la statue couchée sur le sarcophage, elle est en pierre, a 2 mètres de long et offre des traces de peinture.

On se tromperait étrangement, si l’on croyait voir l’image véritable de Rollon dans cette figure, qui, à en juger par le style et par le costume, n’a pu être exécutée que dans le xve siècle, dans le xive siècle au plus. Où le sculpteur, en l’absence absolue de tout monument antérieur, aurait-il pris les traits de notre premier duc, mort depuis près de cinq cents ans, lorsqu’il exécuta son ouvrage? On voit (et cela ne doit pas avoir lieu de nous étonner) qu’il ne connaissait même pas les traditions du Nord, qui font de Rollon un homme d’une taille et d’une corpulence extraordinaires 2 ; car tel il ne l’a pas représenté, à coup sûr : il a fait une figure de pure fantaisie.

1 Voir l’Appendice I.

* « Rollon, dit la Saga de Harald-Harfager, était si fortement constitué qu’aucun cheval ne pouvait le porter ;

L’artiste a donné à Rollon le costume et les habits royaux. La couronne, qui pose sur le sommet de la tète, est ouverte et fleuronnée. Quant au sceptre, on n’en aperçoit plus qu’un fragment; il était retenu, le long du corps, parla pression des bras, et non placé dans les mains. Celles-ci, à en juger par la position des deux avant-bras, devaient être réunies sur la poitrine et jointes; elles ont disparu. La tête est appuyée sur un coussin, (pie soutiennent deux petits anges placés, l'un à droite, l’autre à gauche. Sous les pieds du prince était couché un chien, symbole de fidélité ; il n’en reste plus guère, aujourd’hui, que les extrémités*.

La tunique du personnage, qui tombe à la cheville des pieds, est retenue autour du corps par une ceinture ouvragée à bout bottant; un manteau court, garni de son collet, et agrafé sur l’épaule droite, lui est superposé. La tunique est à fond couleur d’or parsemé de bouquets en noir. Le manteau est rouge et herminé en dedans. Les autres parties de la statue ont également été couvertes d’une couche de peinture , que le temps a plus ou moins altérée. Ilollon est représenté la barbe rase et les cheveux demi-courts, lesquels s'arrêtent au-dessous de l’oreille en s’arrondissant.

Nous venons de dire que la statue ne datait que du xrv« ou xv<? siècle. Le sarcophage qui la porte, et la décoration qui environna celui-ci , sont moins anciens encore ; ils appartiennent au xvme siècle. Cette restauration est postérieure à 1730, puisque Farin, qui écrivait à cette époque % n’a pas connu l’inscription qui fut placée alors au-dessus de la niche du tombeau, et qu’on voit encore à l’heure où j’écris. Cette inscription, gravée en lettres d’or, sur une table de marbre noir, est ainsi conçue :

me POSITUS EST R0LL0

NORMANNLE A SE TERRITÆ, VASTATÆ,

RESTITUEE

Page 1