‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 3 sur 99 · PRIMUS DUX CONDITOR PATER · texte numérisé non relu

PRIMUS DUX CONDITOR PATER

il était donc obligé d’aller à pied. Voilà pourquoi il fut appelé Rollon-le-Marcheur, Gaungu-Rolfur. » — (Depping Histoire des Expéditions maritimes des Normands , t. I, p. 3 1 3.)

L’indicatiou de source a été donnée par la première édition, p. 5. — F. B.

■ Dernièrement, en 1872, cette statue, ainsi que celle de Guillaume-Longue-Epée, ont été restaurées par les soins de M. Barthélemy, architecte diocésain. La même restauration a eu lieu pour les deux tombeaux et leur entourage, qui sont tout à fait identiques, si ce n’est que l’encadrement du tombeau de Guillaume-Longue-Epée, au lieu d’être en stuc, est en bois peint, et qu'on n’a pas cru devoir le surmonter d’une urne comme celui de Rollon.

2 L’auteur a en vue l 'Histoire de la Ville de Rouen, in-4°, édition de 1 73 1 . Mais Farin, mort le 8 septembre 1675, est étranger à cette réimpression : « revue par plusieurs personnes de mérite, «comme dit le titre. Celle de Farin, 1668, ne contient qu’une seule épitaphe, t. Il, p. 22; celle de Du Souillet en offre deux, III8 partie, p. 17. L’inscription citée plus loin n’y figure pas plus que dans l’autre. — F. B.

DE ROLLON

A FRANCONE ARCHIEP. ROTOM.

BAPTIZATUS ANNO DCCCCXII.

OBIIT ANNO DGCCGXYII.

Ossa ipsius in veteri sanctuario nunc capite navis primum condita translato altari hîc collocata sunt a B. Maurilio archiep. Rotom.

An. MLXIII.

En voici la traduction :

« Ici est placé Rollon, premier duc, fondateur, père de la Normandie, qui fut par lui d’abord épouvantée, ravagée, puis restaurée. Il fut baptisé par Francon, archevêque de Rouen, l’an 912. Il mourut l’an 917.

« Ses os, ensevelis d’abord dans l’ancien sanctuaire, maintenant le haut de la nef, l’autel ayant été translaté *, ont été placés ici, par le bienheureux Maurile, archevêque de Rouen, l’an 1063. »

Il est bien probable que cette dernière partie de l’épitaphe a été empruntée à une inscription plus ancienne. Dans ce cas, le renseignement qu’elle nous donne n’en serait que plus précieux. Il nous apprend que, dans l’origine, la cendre de Rollon avait été déposée dans le sanctuaire, auprès du maître-autel, et que le sanctuaire ne dépassait pas le haut de la nef actuelle a . Lorsque l’archevêque Maurile agrandit la Cathédrale et reporta , par suite de cet agrandissement , le maître-autel plus à l’orient , il exhuma les os de Rollon et les plaça dans la partie méridionale de l’église. Il ne faut pas croire , toutefois, que ce soit dans la chapelle même où nous les voyons aujourd’hui, puisque cette chapelle, ainsi que celles qui régnent le long des deux collatéraux de la nef, ne furent bâties que vers le commencement du xive siècle. Orderic Vital, ce vieil historien normand, dit, en parlant de cette translation :

1 Ici, comme en quelques autres endroits, le trop de fidélité au mot-à-mot porte atteinte à la langue. M. Deville dira mieux, un peu plus loin : s Après la translation de l’autel. » Bien souvent les traductions auraient pu facilement être plus françaises, sans cesser d’être littérales. — F. B.

8 Dans les temps anciens, le maître-autel s’élevait au centre de l’église, devant la croix ; le chœur était exclusivement réservé au clergé. Il est à regretter que cette heureuse disposition, qui permettait aux fidèles, répandus dans la nef et dans les transepts, de voir et d’entendre le service divin, ait été abandonnée, pour reléguer l’autel au fond du chœur. J’ai remarqué avec plaisir que l’ancien usage s’était maintenu dans un assez grand nombre d’églises d’au-delà de la Loire.

TOMBEAU

« Corpora vcro ducum Rollonis et Guillelmi revcrenter in sacram sedem transtulit, et Kollonem propè ostium australe, et Guillelmum secùs ostium aquilonare tumulavit : et epitaphia eorum super illos litteris aureis annotavit. Rollonis autem titulus talis est :

EPITAPHIUM ROLLONIS.

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