‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 4 sur 99 · UT FUIT ANTE LUPUS, SIC POST FIT MITIBUS AGNUS · texte numérisé non relu

UT FUIT ANTE LUPUS, SIC POST FIT MITIBUS AGNUS

PAX ITA MUTATUM MULCEAT ANTE DEUM.

— Scriptores Historiæ normannicœ, p. 567. *

« Il (l’archevêque Maurile) transporta très révérencieusement les corps des ducs Rollon et Guillaume dans l’église et inhuma Rollon auprès de la porte méridionale et Guillaume contre la porte septentrionale et des épitaphes en lettres d’or furent mises sur leurs tombes. »

1 Le vers ainsi construit est faux, aussi bien que clans le Recueil des Historiens de la France et dans l’édition de l'Histoire de Rouen de Farin, donnée par Du Souillet. — F. B.

1 Ce latin avait été mis en note, après la traduction. Nous autorisant de l’exemple de M. Deville, partout ailleurs, nous l'avons placé avant la traduction, pour l’uniformité. — F. B.

DE ROLLON

Voici celle de Rollon, que nous traduisons du latin en français :

« Rollon, duc des Normands, la terreur de l’ennemi, le défenseur des siens, est enfermé dans ce tombeau sous cette épitaphe. La probité de ses ancêtres les éleva si haut que ni son aïeul, ni son père, ni son bisaïeul ne servirent sous qui que ce soit. Il défit en bataille rangée le roi des Daces et ses puissantes et nombreuses cohortes. Il mit en fuite les Frisons, les peuples de Walcheren, de Hambourg et duHainaut réunis. Il contraignit les Frisons, souvent vaincus, à lui jurer fidélité et à lui payer tribut. Il s’empara de Bayeux, dompta deux fois les Parisiens. Personne ne fut aussi terrible aux bataillons français. Durant trente ans, il remplit la Gaule de carnage, faisant la guerre au faible roi Charles. Après de longues années de pillage, d’incendies, de massacres, il conclut un traité avantageux avec les Gaulois empressés d’y souscrire. Il mérita de recevoir en suppliant le baptême de Francon. Ainsi périt le crime du vieil homme, de loup cruel devenu agneau inoffensif. Ainsi métamorphosé , qu’il trouve grâce devant Dieu. »

C’est sans doute à cette épitaphe que Robert Wace fait allusion dans son poème du Roman de Rou , lorsqu’il dit :

En mostier Nostre-Dame, el costé verz midi

Ont li cler è li lai li cors ensepulcri ;

E la sépulture i est è l’épitaphani,

Ki racunte sis fez è comment il veski.

( Vers 2058.)

Si l’on s’en rapporte à l’auteur des Chroniques de Normandie, cette inscription aurait remplacé l’inscription suivante , écrite en partie en vers léonins , qui aurait figuré sur le tombeau primitif de Rollon : « Rou, dit le chroniqueur, fut mis en sépulture en la mere église de Rouan en costé devers le midi en l’an de grâce ixc xvn, ou costé du mur en la dicte chapelle, où il fut enterré sont de lui escrips ces vers :

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