‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 35 sur 99 · ARCHEVÊQUE DE ROUEN · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUE DE ROUEN

Genere et honoribus magnus sed virtute major.

« Grand par sa naissance et ses honneurs, mais plus grand par ses vertus. » (ÉPITAPHE DU CARDINAL DE CROY.)

fin de se conformer à la déclaration royale de 1778, qui interdisait l’inhumation dans les églises, le chapitre de la Cathédrale de nouen, qui l’avait accueillie avec déplaisirdans l’intérêt de ses dignitaires, qui, depuis un laps de six ou sept cents ans, recevaient la sépulture dans l’église métropolitaine, voulant éloigner le moins possible leurs restes du lieu saint, après une assez longue hésitation, appropria à cet effet, disent les registres capitulaires, « une grande cave au-dessous du bâtiment de Cirerie, à droite du chœur, laquelle a une issue commode par dehors et un escalier au dedans, outre qu’on peut y pratiquer une ouverture correspondante à la sous aile du chœur. » La bénédiction de ce caveau eut lieu le 20 novembre 1779. Il était destiné aux dignités et chanoines. Un caveau ménagé, à l’opposé, près du transept nord, sous le bâtiment de la bibliothèque, fut réservé aux chapelains et autres ecclésiastiques. La bénédiction n’en eut lieu qu’au mois de janvier 1783.

Un décret impérial, du 12 juin 1804, reproduisit et étendit les dispositions de la déclaration de 1778. A quatorze années de là, il devait y être dérogé, dans l’église cathédrale

de Rouen, en faveur du cardinal Cambacérès, archevêque de cette métropole, frère du chancelier de l’Empire, qui y fut inhumé, en 1818, sous la tombe des cardinaux d’Amboise.

Une seconde dérogation au décret de 1804, non moins méritée, mais plus heureuse au point de vue de l’art et de l’embellissement de l’église cathédrale ', y a été faite en 1844, en faveur d’un des successeurs de l’archevêque Cambacérès, cardinal comme lui, Gustave- Maximilien-Juste, prince de Croy1, primat de Normandie, né le 12 septembre 1773, au château de l’Hermitage près Condé, décédé à Rouen, le 1er janvier 1844.

C’est au zèle pieux de Mgr Blanquart de Bailleul, successeur du cardinal de Croy à l’archevêché de Rouen, qu’est due l’initiative de l’hommage rendu à la mémoire de ce prélat. Ce fut en 1835, le 21 mai, que Mgr Blanquart de Bailleul lit un appel au clergé du diocèse, pour élever, au moyen d’une souscription, en tête de laquelle il inscrivit son nom, un monument à son vénérable prédécesseur. Cet appel fut entendu.

A la mort du cardinal, son corps, après avoir été embaumé par les soins de sa famille, et scellé dans un cercueil de plomb, fut renfermé dans un énorme sarcophage, de trois mètres de long, en pierre de Gaumont et descendu dans une fosse creusée près de la muraille, au nord de la chapelle de la Vierge, à la suite du tombeau de Louis de Brézé, vis-à-vis de celui des cardinaux d’Amboise.

Le cardinal de Croy avait demandé, par son testament du 8 janvier 1835, que là fussent ensevelis ses restes, fidèle au rendez-vous que lui avaient donné, dans cette même chapelle, ses prédécesseurs, Eudes Rigaut, les Guillaume de Flavacourt, Aimery Guenaut, Gilles Deschamps, Raoul Roussel, Robert de Croismare, les deux cardinaux d’Amboise, François de Harlay, Claude-Maur d’Aubigné, Cambacérès, qui y dorment du sommeil du juste.

Là, à la place où avaient été déposés les restes du cardinal prince de Croy, devait s’élever le mausolée consacré à sa mémoire.

Pourquoi, des élégants tombeaux, orgueil de cette belle chapelle de la Vierge, qui avaient été érigés sur la cendre de sept de ses prédécesseurs, un seul, un seul! celui des cardinaux d’Amboise a-t-il survécu ? Puisse, du moins, puisse ce magnifique mausolée vivre encore de longs siècles, et porter, avec celui du prince de Croy, aux générations à venir, la mémoire de ceux auxquels ils ont été dressés, et le nom des artistes qui y ont imprimé le cachet de leur talent !

L’ architecte chargé de l’érection du mausolée du cardinal prince de Croy, M. Barthé-

* On s’était contenté de placer, à l’endroit de la sépulture du cardinal Cambacérès, une grande dalle de pierre portant une inscription.

i Le duc de Saint-Simon a donné la généalogie de cette famille dans ses Mémoires (année 1713, chap. xxxi).

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