‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 40 sur 99 · DE CLAUDE GROULART ET DE BARBE GUIFFART · texte numérisé non relu

DE CLAUDE GROULART ET DE BARBE GUIFFART

La Confrérie, qui avait perdu ses anciens titres, fut obligée d’obtenir du pape Léon X l’approbation des nouveaux statuts et de ses privilèges.

Claude Groulart ne fut point étranger à l’obtention de la bulle pontificale *.

On y lisait :

« A déclaré (le Saint Pere) qu’il veult, entend et ordonne de lauctorite que dessus icelle confraternité comme la plus noble estre auancee exaltee et preferee a toutes les autres confraternitez de la dicte ville et cite de Rouen et mesmes de toute la province de Normendie\ »

Claude Groulart dut être satisfait.

Malgré les distractions de ses travaux littéraires, fatigué, épuisé par les soucis, par les luttes politiques qu’il avait eues à soutenir et auxquelles il n’avait jamais cherché à se soustraire, il devait succomber, avant l’âge. Le premier jour de décembre 1607, il rendit son âme à Dieu.

L’épitaphe, en latin, tracée sur une tablette de marbre noir, richement encadrée, qu’on avait placée à l’église des Célestins de Rouen , va achever de faire connaître au lecteur cet illustre personnage.

HIC SITI SUNT CINERES ET OSSA RELIQVIÆ VIRI CLARISSIMI CLAVDII GROVLART QVONDAM IN ROTH. CVRIA SENATVS PRINCIPE QVI JVRÏS ET ÆQVI SEVERVS ET ACER VINDEX NVSQVAM JVSTITIÆ CANDOREM IMPIARI AVT ÆQVITATIS AMVSSIM INQVINARI PASSAS EST; QVI REGIS ET PATRIÆ CERTVS ET FIDELIS ADSCITA PER INTESTINI ET INTERNECIVI DVELLI INCENDIA NEVSTRIÆ MVLTAS VRBES A MALA FACTIONE REVOCAVIT. HVNC ATTRITVM ET CONFECTVM CVRIS MATV RIVS SVIS ET PATRIÆ SVRDA MORS APPELLAVIT, ÆTATISQVE ANNO LVI DEBITVM FLAGITANTI PARCÆ LVIT, CIIARISSI

‘ M. Deville a confondu les faits. Né en 1551, Groulart ne pouvait pas obtenir une bulle du pape Léon X, mort en 1521. Mais il put fort bien appuyer la requête de la confrérie des Palinods, présentée au Parlement en 1597, afin d’en obtenir la permission de réimprimer la Bulle de Léon X, donnée le 9 avril 1520, pour remplacer les anciens titres perdus. Un arrêt favorable fut rendu le 18 janvier 1597. Voir la Notice sur l’Académie des Palinods de Rouen, par M. Frère, pages xi-xvi, en tête de l’Approbation et Confirmation par le pape Léon X des statuts et privilèges de la confrérie de l'immaculée Conception dite Académie des Palinods instituée à Rouen, dont il fut l’éditeur pour la Société des Bibliophiles normands. — F. B.

* Le texte a été complété et rétabli d’après celui de M. Frère. — F. B.

MAM CONJVGEM BARBARAM GVIFFART NONO POST ANNO AD TYMVLYM CONSECVTVS, QVOS AMOR ET INDIVIDVATYS HYMEN COPYLAVERAT HORYM CLNERES MÛRS ET LIBITINA SOCIAVIT . HANC ABEVNTI SALTEM PATRIA GRATIAM GRA- TIFICETVR, CVI PARI INGENIO ATQYE STYDIO LIBEROS MAN- CIPAVIT . AGE YIATOR ET INGENTIBVS ILLVSTRIS YIRI MAN IBVS PERENNEM QYIETEM ÀDPREGARE . OBIIT CAL. DECEM- BRIS ANN. M. DC. YII.

Clavdws Grovlart senator ex Elisabetha Bovchard la vxore et Henricvs Grovlart ex Barbara 2a filii mœrentes posvere 1 2 .

« Au Dieu li'ès bon et très grand.

« Ici sont les cendres et les ossements restes de l’illustre homme Claude Groulart, jadis premier président en la Cour du Parlement de Rouen, qui sévère et acharné vengeur du droit et du juste, ne souffrit que nulle part la candeur de la justice fût entachée ou que l’équité reçût une atteinte ; qui, dévoué et fidèle au roi et à la patrie, au milieu de l’incendie soulevé en Normandie par une lutte intestine et homicide, arracha un grand nombre de villes à la mauvaise faction. Affaibli, abattu par les soucis, la sourde mort l’enleva, avant le temps, aux siens et à la patrie, dans sa cinquante-sixième année. Il paya le tribut à la parque impatiente. Il suivit après neuf années au tombeau son épouse chérie Barbe Guiffart; un amour, un hymen inséparable les avaient unis, la mort et Libitine unissent leurs cendres. Que la patrie du moins, à sa sortie de la vie, gratifie de sa faveur celui qui se consacra à ses enfants avec un égal esprit, un égal soin*. Passant, prie et implore pour les mânes si grands de cet homme illustre un repos éternel. Il mourut le jour des calendes de décembre l’an 1G07.

« Claude Groulart, membre du Parlement, son fils de sa première femme Elisabeth

1 Cette épitaphe se trouve dans F Histoire de Roven de Farm, t. III, p. 366. C’est d’après lui que notre auteur l’avait transcrite sur son manuscrit. Nous eu avons rétabli le texte et la disposition en recourant à la Planche XX1Y, que M. Deville a dessinée et annexée aux trente-quatre autres planches, dont la reproduction n’a pas été jugée nécessaire. Il est plus exact que le texte de Farin, qui mérite, entre autres reproches, celui d'avoir écrit Groulard et non Groulart, et substitué partout des U aux V de l’original. — La qualification de mala faciio, donnée à la Ligue par des contemporains, a été critiquée de nos jours, comme on le verra plus loin, lors des tentatives faites pour remplacer l’inscription originale par des inscriptions modernes. — F. B.

2 Le sens de la lin de la phrase est plutôt : « que la patrie lui témoigne sa reconnaissance, la patrie à laquelle il laissa des enfants animés du même esprit et du même dévouaient. » — F. B.

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