DE CLAUDE GROULART ET DE BARBE GUIFFART
Au lieu d’étrc agenouillée, comme celle de son mari, la figure, également en marbre blanc, de Barbe Guiffart, est représentée couchée, dans son costume du temps, les mains jointes, la tête appuyée sur un coussin, les pieds sur un lévrier. (PL XIV).
Sauf ces deux différences, des armoiries et de la pose des figures, ces deux tombeaux, ainsi que nous l’avons dit, sont parfaitement semblables et n’ont pu être exécutés que par la même main et à la même époque.
Une épitaphe, gravée sur une plaque de marbre richement encadrée, pareille à celle de Claude Groulart, était appliquée, à l’église des Célestins, contre la muraille, à côté du tombeau de la femme :
«BARBARA GVIFFARD PATRIS PROLES POSTVMA A PIENTISSIMA ' MATRE RELIGIOSISSIME EDVCATA PRIMAS CONTRAXI NVPTIAS CVM CLARISSIMO SENATORE ROBERTO RVFO TiLIO 1 * 3 QVEM, QVOD SEMEE R EXHORRESCEBAM, DVXI. DEIN FLORENTI ÆTATE AMICORVM HORTATV SECVNDAS FELICIBVS AVS PICIIS INII CVM ILLVSTRISSIMO SENAT VS ROTOM.
PRÆSIDE CLAVDIO GROVLART. 0 ME TANDEM VOTI COMPOTEMÎ QVÆ MARITVM CHARISSIMVM QVÆ LI BEROS QVINQVE JVCVNDISSIMA VTRIVSQVE MA TRLMONII PIGNORA BOXE SPEI ET INDOLIS SV PERSTITES RELINQVO. A VETE ANIMÆ DVLCISSI MÆ ET SIC HABETE ME VT VIVEREM MORTVA ET MÜRITVRAM V1XISSE 3. MORTVA EST ANNO CHR.
M. D. LXXXXIX 4. ))
En voici la traduction; c’est Barbe Guiffart qui parle :
« Barbe Guiffart, enfant postume de père 5, élevée très religieusement par la mère la
1 Est latin, chez Ducange, qui donne Pientus comme synonyme de Pius. Voir son Glossarium mediæ et infimæ latinitatis. — F. B.
* Il y a ici, comme dans Farin, le mot qvem, qui n’est pas donné dans l’Epitaphe copiée et dessinée par M. Deville (Planche XXIV non publiée). Voir sur ce passage la note 2 de la page suivante. — F . B.
3 Tel est le texte donné également par Farin, mais il est impossible de le construire grammaticalement. Nous pensons qu’il faut : « Et moritura vixissem, » par un simple déplacement de la lettre m. — F. B.
* Voir, à l’Appendice XI bis, les projets d’épitaphes modernes destinées à ces deux tombeaux, dont il a été plusieurs fois question dans la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure. — F. B.
5 Ces mots n’ont guère de sens. Comme dans Virgile : « Postuma proies » (Enéide, VI, v 763), signiGe : « Le dernier né de son père. » C’est à tort qu’on avait écrit : Posthuma, comme si ce mot venait de Post humum Postumus est le superlatif de Post. — F. B,