‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 50 sur 99 · ANNO R. S. M. DCC.III. KALEND. XV. APRIL1S ÆTATIS 49. MENS. VIII · texte numérisé non relu

ANNO R. S. M. DCC.III. KALEND. XV. APRIL1S ÆTATIS 49. MENS. VIII

« Ici attend la résurrection vénérable homme, Joseph:Nicolas de Y de Séraucourt, Rémois, docteur de la sacrée faculté de Paris, chanoine et archidiacre de cette église de Rouen, vicaire général et official de très illustre et très révérend archevêque de Rouen ; noble de race, plus illustre par sa vertu, doué d’une modestie singulière et non affectée ; patron des clercs, il distingua lui-même ou s’appliqua constamment à faire distinguer les plus dignes. Religieux observateur, avant tout, de la plus sainte discipline, il instruisit les autres par son exemple et par ses actions. Vivant, il avait nourri les pauvres, il les institua, en mourant, ses héritiers. Ï1 légua ses livres a la bibliothèque de cette église. Enfin, frappé, avant l’âge, par une mort soudaine, mais non inattendue, il fut rappelé à la récompense éternelle, à Rouen, l’an de la résurrection 1703, le 15 des calendes d’avril*, âgé de quarante-neuf ans et huit mois. »

' Au lieu de ce mot, vivus, dont le seul mérite est d’être l’antithèse inutile de moriens, les continuateurs de Farin donnent seulement : a Pauperes quos pavit. » Ilisloire de Rouen, édit, de 1 73 J , IIIe partie, p. 21. — F. B.

8 Le 18 mars. — F. B.

TOMBES

On voit, au musée des tableaux de Rouen, un portrait de Y de Séraucourt, peint par Jouvcnct, provenant de l’ancienne bibliothèque du chapitre de la Cathédrale 1 .

Au bas du portrait on lit :

D D JOSEPHYS NICOLAYS DE Y DE SERAUCOVRT PRESB. REMENSIS, DOCTOR SORB. CANONICVS EGCLESI.E ROTH. ET MAJOR ARCIIID. YICARIVS GENERALIS ET OFFICIALIS BIBLIOTHEGAM II ANC LIBRIS SVIS OMNIBVS

avxjt an1*0 1703 2 . Jouvenet pinxit.

« Dom Joseph-Nicolas de Y de Séraucourt, prêtre, Rémois, docteur en Sorbonne, chanoine de l’église de Rouen, grand archidiacre, vicaire général et official, a accru celte bibliothèque de tous ses livres l'an 1703. Peint par Jouvenet. »

En sortant de la chapelle de la Vierge, auprès de l’entrée de la sacristie, se voit une pierre tumulaire, portant une inscription surmontée d’un écusson armoirié avec mitre et crosse abbatiale.

Là repose Guillaume de Boyvin de Valroy, chanoine de la Cathédrale de Rouen, décédé le 26 janvier 1665, âgé de cinquante-six ans, comme le dit l’inscription, laquelle ne manque pas de rapporter tous ses titres3.

GVILLELMVS DE BOYVIN DV VAL¬ ROY ABBAS MONASTERIORVM BEA¬ TE MARI.E DE MONTMORELLI ET SAN3'.1 STEPIIANI DE FONTANETO.

PRIOR DE RVPEMORETONI. DE DONEZE. DE CHAILLAC ET DVSSYL ÎN SVPREMÀ NEVSTRIÆ CVRIA SENATOR NEC NON 1NSIGNIS

' Ce portrait,- pour le faire, sort de la manière habituelle de Jouvenet ; il est d’un pinceau moins chaud et moins heurté que ses autres ouvrages.

1 M. Deville avait laissé en blanc les deux derniers chiffres. Nous les ajoutons d'après la Notice des Manuscrits de Ri Bibliothèque de l'église métropolitaine de Rouen, où l'abbé Saas donne la date de 1703, en disant que « son portrait était dans la bibliothèque (du chapitre) avec cette inscription.» Page 111. — F. B.

3 M. Deville avait ici supprimé le texte latin qu’il donnait ailleurs; nous l’avons rétabli, en conservant scrupuleusement la disposition, comme partout ailleurs. — F.. B.

ET INSCRIPTIONS DIVERSES

ECCLESIÆ ROTHOMAGENSIS CANONICVS

IIIC EXPECTO RESVRECTIONEM ET MISERICORDIAM

NATVS DIE 3Ï OCTOBRIS. 1609.

OBI1T DIE 26 JANVARII. 1665.

Voici la traduction littérale :

« Guillaume de Boyvin du Valroy, abbé des monastères de la bienheureuse Marie du Montmorel et de Saint-Etienne-de-Fontenay, prieur de la Roche-Mortain, de Doneze, de Chaillac et Dussy, sénateur de la haute Cour de Normandie et de plus chanoine de l’illustre église de Rouen \ Ici j’attends résurrection et miséricorde.

« Né le 31e jour d’octobre 1609, il mourut le 26e jour de janvier 1665. »

Passons au collatéral opposé du chœur ; pénétrons dans la chapelle Saint-Pierre Saint- Paul.

Il y a sept cents ans que mourait, à Rouen, au couvent de Bonne-Nouvelle, une femme du sang royal, Mathilde, dite l’Impératrice, fille de Henri Ier et mère de Henri II, rois d’Angleterre et ducs de Normandie, femme en premières noces de l’empereur Henri V, à l’âge de quatorze ans, et en secondes noces, en 1127, de Geoffroy Plantagenet, décédée le 10 septembre 1167, âgée de soixante ans.

Elle avait exigé, à ses derniers moments, que ses restes fussent transportés à l’abbaye du Bec, pour laquelle elle avait une affection particulière. Son père s’y était vainement opposé, objectant que la place d’une si noble personne était l’église métropolitaine de la Normandie. A six cent quatre-vingts ans de là, ils rentraient à Rouen, pour chercher, après de longues vicissitudes, conformément au désir de son père, Henri Ier, un asile dans la Cathédrale de Rouen.

Un magnifique tombeau avait été dressé à Mathilde dans l’église du Bec-Hellouin, au milieu du chœur, devant le maître-autel. En 1282, un terrible incendie envahit l'église et détruit le mausolée. Les ossements, trouvés enfouis sous le sol, dans un cuir de bœuf, selon l’usage du temps, in quodam corio bouino, sont pieusement recouverts d’une vaste dalle, ornée de plaques d’argent. Les Anglais, en 1 449, au moment de quitter la Normandie, arrachèrent les plaques d’argent et brisèrent la pierre.

Il aurait pu ajouter Prince des Palinods,

TOMBES

Deux siècles plus tard, en 1684, on place les ossements, après les avoir enfermés dans une boite de bois, recouverte de plomb, dans une grande tombe de cuivre, enrichie de dorures. Vient la révolution de 1793; la tombe de cuivre est enlevée et passe au creuset du fondeur. Par un bonheur inespéré, la caisse qui contenait les ossements échappa à la main des spoliateurs.

Le souvenir en était perdu au Bec-Hellouin, qui avait été transformé en dépôt de remonte: il n’était plus question de l’impératrice Mathilde, lorsqu’un coup de pioche, donné au hasard, au mois de décembre 1846, fit apparaître le plomb de la caisse 1 2 contenant les restes de la petite-fille de Guillaume-le-Conquérant, de la grand’mère de Richard- Cœur-de-Lion, de cette noble femme si digne de f épitaphe composée par l’évêque de Lisieux, Arnulphe, et gravée sur son tombeau :

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