LE SANCTUAIRE
Avant d’y entrer, arrêtons-nous, un instant, en face de la chapelle de la Vierge, du côté du sud, vers le chœur. Là brille une pierre tombale, qui mérite de fixer notre attention. Sous une arcade, supportée par deux pilastres latéraux, ornés débandés de fruits, apparaît, représenté debout, la tête nue, les mains jointes, un jeune ecclésiastique, l’aumusse au bras, personnage noble, ainsi que l’indique l’écusson armorié qui se répète aux quatre angles de la pierre sépulcrale (PL XVII),
Nous avons devant nous le portrait en pied du chanoine Philippe de Mondor, décédé le 3 décembre 1548 ; mais laissons parler l’inscription tracée au bas de la pierre tumulaire :
« Gy gist noble et discrète personne maistre Philippe de Mondor, de la maison de Chamben en Lionnois en son vivant chanoine chancollier de ceste eglise de Dendely familier et domestique de feu messieurs le légat d’Amboise et cardinal moderne archevescfüe de cette esglise de Rouen, lequel décéda le IIIe jour de décembre en l’an de grâce mil vc. xl. vm. Priez Dieu pour son ame. »
Philippe de Mondor avait demandé, par son testament, à être inhumé dans la chapelle de la Vierge, près du tronc des pauvres.
Sa pierre sépulcrale, si ce vœu fut accueilli, aurait été transportée, plus tard, à l’endroit qu’elle occupe aujourd’hui, ou bien sa demande serait-elle restée à l’état de lettremorte ?
Le sanctuaire, place d’honneur et privilégiée , avait reçu , nous l’avons vu , les restes mortels de Richard-Cœur-de-Lion et de son frère Henri-le-Jeune, et nous connaissons l’endroit même où ils avaient été inhumés.
Guillaume, fils de Geoffroy Plantagenet, leur oncle, décédé le 29 janvier 1164, y avait reçu également la sépulture; mais rien n’indique aujourd’hui la place où son corps avait été déposé.
Les chartes, que nous avons citées à l’occasion de la mort de Henri-le-Jeune et du choix de sa sépulture % vont nous en instruire. Elles nous apprennent que les corps de
1 Voir plus haut, pages 43 et 44, et l’Appendice IY.
TOMBES
l’oncle et du neveu devaient, pour ainsi dire, se toucher. On lit, dans l’une de ces chartes, en parlant de Ilenri-le-Jeune : « la ecclesia Rothomagensi juxta sepulturam ammculi sui situ sepulchrum collocari precatur. »
Cette prière ayant reçu son exécution, nous savons maintenant où a dû être enseveli le fils de Geoffroy Plantagenet : à la gauche du maître-autel actuel, côté du nord*.
Que le lecteur nous suive derrière ce maître-autel, nous allons lui montrer un souvenir d'une autre illustration, de sang royal, Jean de Lancastre, duc de Betford, troisième fds de Henri IV, roi d’Angleterre. Là, sur un simple carreau de pierre, l’inscription suivante va nous apparaître :
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