‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 61 sur 99 · GO · texte numérisé non relu

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TOMBES

Sur le petit côté inférieur du listel apparaissent quelques mots, peu lisibles, il est vrai, mais où, cependant, nous avons cru pouvoir constater ceux-ci :

.... vUntssin aumônier prestre fcc reste csylisc.

lesquels étaient, peut-être, précédés de ceux-ci :

Jlci gist maietre, etc.

On aurait placé là, contrairement à l'usage, une simple annotation.

Approchons-nous du dernier pilier formant un des appuis de la tour centrale de l’église, à main gauche.

En regard de ce pilier, au milieu de la nef, dans la fosse creusée, au xie siècle, pour l’ archevêque Mau ri le, « in loco qui vulgariter la tumbe Saint Moril 1 appellatur, » avait été déposé, en 1485, le cœur du cardinal d'Estouleville, un des successeurs de Maurile à la chaire archiépiscopale de Rouen 2.

Un mausolée, en marbre blanc, sur lequel était placée la figure du cardinal en relief, avait été dressé en son honneur3. Un treillis en fer en défendait l’approche aux mains sacrilèges. Ce faible obstacle n’arrêta pas celles des calvinistes en 1562 : le treillis, le mausolée furent brisés. Deux plats d’argent, dans lesquels était renfermé le cœur, furent enlevés et vendus au poids.

Le mausolée avait subi successivement de nombreuses vicissitudes. Dès l’année 1470, le cardinal d'Estouleville, étant à Rome4, avait demandé au chapitre de la Cathédrale de Rouen, par l’entremise du chanoine Guillaume Auber: « Au cas qu'il finiroit ses jours en France que son corps soit inhumé en la nef de l’eglise là où est une tombe vulgairement nommée la tombe Saint Moril, et au cas qu’il mourroit hors le royaume que son cœur au dit lieu fût posé. »

1 Cette orthographe et la traduction latine de ce nom, Maurilius , donnent à penser que M. Deville a raison de l’écrire Maurile et non Maurille, reconnu par l'Eglise non pas Saint, mais Bienheureux. — F. B.

2 Maurile occupa le siège de septembre 1055 au 9 août 1067, et Guillaume VII d’Estouteville, du 9 juillet 1453 au 23 janvier 1483. — F. B.

3 Dans l’édition de 1837, M. Deville avait mis en note une pièce curieuse, supprimée ici, mais qu’on pourra lire à l’Appendice XV. — F. B.

4 Le Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure contient deux inscriptions relatives à des consécrations faites au xve siècle, à Florence et à Rome, par le cardinal d'Estouleville. La communication en avait été faite à M. l’abbé Cochet par un Normand, M. l’abbé Barbier de Montault. Voir t. I, 1867-1869, pages 405- 403 — F. B.

ET INSCRIPTIONS DIVERSES

Le cardinal donnait, en même temps, au chapitre sa mitre et sa crosse, et fondait 2,500 écus pour douze obits en douze mois. On devait s’occuper immédiatement des détails de sa sépulture.

A quatre années de là seulement, en 1474, le chapitre fut consulté sur un simulacre, composition de carlates qu’on avait fait placer à l’endroit désigné, afin de le mettre à même de se prononcer sur les dimensions et la forme du futur mausolée. On ne s’occupa de sa construction qu’en 1480.

Le cardinal d’Estouteville étant mort, à Rome, en 1482 % le 22 janvier, son cœur fut transporté à Rouen, et déposé, le 12 avril 1483, dans le tombeau.

L’inscription suivante, tracée en lettres d’or sur une table de marbre noir, fut placée, et se lit encore de nos jours, sur le pilier qui prêta son ombre séculaire à la cendre du vénérable prélat :

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