MÉTAL
DE LA CLOCHE [GEORGES D’AMBOISE FAITE EN 1501 , DÉTRUITE EN 17937 A ROUEN
1 La prétendue « naïveté » du latin a bien peu inspiré le traducteur français. Que ne prenait-il iesvers donnés par Farin (Hist. de Rouen, t. II. p. 7) ? Ils sont intelligibles et moins remplis de chevilles. Le traducteur des Bucoliques de Virgile a souvent été mieux inspiré. — F. B.
2 Le ms. donnait : « Christi anno 1521, au lieu- de 1501. » Nous avons rétabli le texte d’après les Anliqvitez de Taillepied, p. 233. — F. B.
5 On se servait du métal des cloches des églises pour faire des canons.
La cloche Georges d’Amboise n’avait pas moins de 9m,75 de circonférence à sa base sur 3m,35 de hauteur; son épaisseur variait de ûm,08 à om,10.
TOMBES
La tradition veut que Jean Le Maçon, décédé dix-neuf jours 1 après l'opération de la fonte de la cloche, soit mort de la joie que lui causa sa réussite. 11 serait peut-être aussi naturel de penser que le travail, la fatigue, sans parler des insomnies que lui causa le chapitre, auront mis cet artiste au tombeau. Au surplus, rien n’empêche qu’on ne croie que toutes ces causes réunies l’y aient fait descendre.
La cloche Georges d’Amboise sonnait, pour ainsi dire, au-dessus de la cendre de celui qui l’avait fondue ; leur destinée devait être commune : en 1793, la cloche fut brisée; à la même époque, la tombe de Jean Le Maçon disparut.
Non loin de Jean Le Maçon, reposaient deux artistes de la Cathédrale : le premier, Jacques Leroux, qui avait eu la gloire de terminer la Tour de Beurre du grand portail, inhumé le 27 mars 1510, à l’entrée de la nef, au-dessous de l’orgue, circà situationem novorum organorum 2 ; le second, Robert Becquet, qui avait construit la llèche en bois incendiée le 15 septembre 1822, inhumé en 1554, dans le parvis.
Cette place à l’entrée et dans le bas de l’église, qui était assignée aux artistes attachés à la Cathédrale, comme à gens peu considérables, est devenue par eux une véritable place d’honneur. 11 ne manquera au rendez-vous, pour lui donner un nouveau lustre, que la dépouille mortelle de ce grand artiste, qui sympathisa si bien avec ces hommes habiles : Jean-Antoine Alavoine, décédé le 15 novembre 1834, heureux successeur de Robert Becquet, qui remplaça la flèche en bois de ce dernier par cette pyramide en fonte de fer, destinée à surpasser en hauteur tous les monuments de l’Europe, comme elle les surpasse par la hardiesse et la nouveauté du travail. Pourquoi faut-il que la mort ait ravi a cet artiste la gloire de compléter et de conduire à fin son œuvre 3 !
Non loin de l’endroit où avait été inhumé, dans le bas de la nef, Jehan Le Maçon, le fondeur de la cloche Georges d’Amboise, à main droite, en entrant dans la chapelle Saint- Etienne 4, en regard de la pierre tombale d’Etienne de Sens, que nous avons décrite cidessus (p. 171), se voit, encastrée dans la muraille, celle d’un simple clerc de la ville de Rouen, Nicholc Gibouin, décédé l’an 1321 (PL NXVI).
5 Ce chiffre paraît plus exact que « les 2G jours » de la page 178. — F. B.
1 Plus exactement « Vers l’emplacement des nouvelles orgues. » ~ F. B.
*11 y a quatre ans, en 1870, son œuvre a été reprise et la flèche montée en entier, le 29 septembre 18/9. Il ne reste plus que quatre clochetons à placera la base pour compléter l’œuvre de M. Alavoine. Sa hauteur est de 151 mètres 12 centimètres, depuis le sol jusqu’à la pointe du paratonnerre. Elle n’est plus actuellement le plus haut monument du monde. Les Allemands viennent, en août 1880, de lui ravir ce privilège, en élevant les tours de la cathédrale. de Cologne jusqu a 160 mètres. — F. B.
4 On l'appelait autrefois « Saint-Etienne-la-Grande-Eglise. » — F. B.