‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 72 sur 99 · Hugues II, archevêque de Rouen · texte numérisé non relu

Hugues II, archevêque de Rouen

Hugues II, qu’on a souvent confondu avec son homonyme Hugues Ier, qu’il était loin d’égaler sous le rapport des moeurs et du mérite, avait été moine à Saint-Denis. Il fut appelé, par le duc Guillaume-Longue-Epée, au siège archiépiscopal de Rouen, qu’il occupa durant quarante-sept années, et où il se déshonora par son inconduite et son immoralité. Pour le peindre en peu de mots, écoutons Grderic Vital : « Il perdit son église, dont il dissipa les biens, et il eut plusieurs enfants : Ecclesiam et res ecclesiœ destruxit, ftlios quàm plures procreamt * . »

1067. Maurile, 45e 3 archevêque de Rouen.

Elu en 1055, décédé en 1067, le 10 août (p. 168) ; inhumé dans le haut de la nef, en face du Crucifix.

1 Cette date et toutes celles qui vont suivre, en tête des articles, marquent l’année de l’inhumation. — F. B.

3 Voir l'Appendice XVII.

* N’est pas d’accord avec Farin, ni le Rituel de Rouen, qui en font le 44e, ni avec M. Thieury, qui en fait le 47e. Il en sera de même encore ailleurs. Bornons-nous à signaler ces variétés déclassement, sans chercher à les expliquer. — F. B.

1078. Jean de Baveux1 2, 46e archevêque.

À la mort de l’archevêque Maurile, Guillaume-le-Conquérant fit choix, pour le remplacer, de Jean de Bayeux, évêque d’Avranches. Le pape Alexandre II sanctionna cette nomination. « Ton prince, mon bien-aimé, fils de Guillaume, roi des Anglais, écrivait le pape au nouvel élu, t’a choisi pour la pureté de tes mœurs. De par notre autorité apostolique, nous t’ordonnons d’accepter. »

Jean de Bayeux ne se fit pas prier.

Il ne devait pas tarder à se montrer fier de sa haute position, comme il Tétait de sa naissance.

« Il était d’une noble race, dit un chroniqueur du temps, ami de la discipline, décidé et d’un caractère violent. » 11 en donna des preuves.

Devant présider à une cérémonie religieuse, à l’église de Saint-Ouen de Rouen, il s'était fait longtemps attendre. On commença sans lui. 11 arriva furieux, les yeux enflammés; il court arracher l’abbé de sa stalle, ordonne qu’on cesse le service, lance à tous sa malédiction: une clameur s’élève; tumulte général. Des hommes du peuple, aux cris du clergé, se précipitent dans l’église, armés de bâtons et de haches. C’est à grand’ peine qu’on peut dérober l’archevêque à leur fureur.

Trois ans après, une autre scène, d’un caractère moins tragique, il est vrai, attendait l’archevêque Jean de Bayeux, dans cette même église de Saint-Ouen, où il n’avait pas craint de reparaître en habits pontificaux. Au moment de la lecture de l’Evangile, pris d’un mal dont il n’était pas maître, « chose horrible à dire, horribile dictu, s’écrie le même chroniqueur, il laisse échapper un flot d’urine, qui perce son vêtement et forme, aux yeux de tous, une mare à la place qu’il occupait. L’archevêque, confus, honteux, se retire la tête basse. »

Le mal dont il était atteint faisant de nouveaux progrès, l’archevêque Jean, cédant à de nombreux conseils et à l’intervention de l’autorité royale, résigna scs fonctions, et passa le reste de ses jours dans une maison de campagne aux environs de Rouen, au village de Saint-Philebert \ Il avait occupé le siège archiépiscopal durant douze années. Il fut inhumé avec honneur, honori/îcè, dit Orderic Vital, dans le baptistère de la basi-

1 « Appelé plus communément Jean d’Avranches, parce qu'il en fut évêque. » Farin, Histoire de Rouen, édition de Du Souillet, IIIe partie, p. 19. — F. B.

2 Saint-Philbert-sur-Risle, où les évêques d’Avranches avaient une maison de campagne.. Eure, arr. de Pont-Audemer, canton de Montfort-sr.r-Ilisle. — F. B.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

lique, au nord, in baptisterio basilicœ ad aquilonem *. Le même historien nous apprend qu’on lui dressa une tombe de pierre blanche, ex albo lapide, sur laquelle on lisait :

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