‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 87 sur 99 · ARCIIIEPISCOPUS ROTOMAGENSIS ELECTUS DIE XX MART. M. CCCC. LXXXIII · texte numérisé non relu

ARCIIIEPISCOPUS ROTOMAGENSIS ELECTUS DIE XX MART. M. CCCC. LXXXIII

E CALETENSI PAGO ROTOM. DIOECESIS ORIUNDUS,

PACIS COLENDÆ STUDIO,

EXIM1A BENIGNITATE,

TEMPLO DONIS INSIGNIBUS ORNATO PATRLE ET ECCLESLE SUÆ COMMENDATUS OBI1T DIE XVIII. JUL. M. CCCC. XCIII.

« Ici gist Robert de Croismare, du canonicat et de l’archidiaconé du Grand-Caux, élu à l’archevêché de Rouen le 20 mars 1483. Originaire du pays de Caux, du diocèse de Rouen, par son culte de la paix, son extrême bienveillance, ses insignes dons, ornement de son temple, cher à sa patrie et à son église, il mourut le 18 juillet 1493. »

' Immédiatement après, suit cette curieuse disposition :

« Item. Je lègue à Mrs mon grand vicaire et à mon official deux ponçons de vin de Paris et à mes autres officiers un ponçon de ce même vin, s’il y en a suffisamment, car à défaut on prendra de mes autres vins. »

Robert de Croismare avait choisi, pour exécuteurs testamentaires et pour héritiers, « ses uniques et parfaits amis M° Jean Masselin, doyen de ma susdite église et aussi messire Chuffes, archidiacre d’Eu, tous deux chanoines de la même église. » Ils durent être extrêmement flattés, tous les deux, de cette haute marque de confiance et d'amitié de leur archevêque.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE'

Robert de Croismare s’était montré très grand et très généreux envers son église.

Il lui avait fait don de nombreuses tapisseries de haute lisse de la plus grande richesse, tapisseries ditissimœ mirœ magnificentiœ, pour garnir les stalles du chœur, aux fêles solennelles.

Il voulut la doter d’un orgue de toute beauté. « Il donna l’ordre, dit un de ses exécuteurs testamentaires et ami, Jean Masselin, de composer, à ses frais, avec une immense dépense, des orgues pour l’église, les plus précieuses et les plus belles du monde. » Le 28 janvier 1492, il en présentait le plan au chapitre, tracé sur parchemin.

Tandis que le chapitre agitait cette question et consultait les maîtres maçons, charpentiers et autres, sur le lieu où on pourrait placer les orgues, Robert de Croismare avait transformé son manoir archiépiscopal en un véritable atelier pour la confection des orgues. Elles ne furent achevées et mises en place qu’à deux ans de là ' . Vingt-quatre années plus tard, soit que les orgues, si précieuses, si belles, « totius orbis pretiosiora et pulchriora, les plus précieuses, les plus belles du monde », fussent jugées en trop mauvais état pour se prêter à des réparations, soit qu’elles fussent regardées comme trop antiques et peu en rapport avec le nouveau style architectural et décoratif, qui faisait irruption de toutes parts, toujours est-il qu’elles furent remplacées par de nouvelles orgues, exécutées aux frais du chapitre. L’ombre de Robert de Croismare dut frémir dans sa tombe*.

Ce fut l’archevêque Robert de Croismare qui, le 11 novembre de l’année 1487, posa la première pierre de la tour méridionale du grand portail de la Cathédrale de Rouen, connue sous le nom de la Tour de Beurre.

Qu’on ne croie pas qu’elle ait emprunté ce nom populaire à la faiblesse de ses matériaux et à son peu de solidité ; car elle fut construite en belles et bonnes pierres de taille, et elle est encore debout, saine et entière, après une existence de plus de quatre siècles.

Voici d’où lui est venu ce nom sorti de la bouche du peuple rouennais.

1 « L’orgue, d'une petite dimension et relégué dans une chapelle du bas-côté nord (la chapelle Saint-Sever), ne répondait pas à la grandeur du vaisseau. L’archevêque Robert de Croixmare, transformant pour plusieurs années son palais en atelier, y fit construire un nouveau jeu d’orgue, d’une admirable magnificence ( miræ magnificenliæ), qu'on plaça au fond de la grande nef. » Reg. capitulaires, 26 juin 1 4SS, 23 jariv. 1 490, 6 dée. 1491, 20 déc. 1492, et 23 nov. 1493. — Revue des Maîtres de Chapelle et Musiciens de la Métropole de Rouen , par M. l’abbé Langlois, p. Il, de l’Extrait. — F. B.

* Il y eut force majeure; car, détruite par l’ouragan de 1683, le chapitre en commença la restauration enl68fi.Voir une pièce latine sur le Rétablissement de l'orgue, et une autre de Linant sur les Désastres de La Cathédrale après l'ouragan de 1 683, que nous avons publiées dans les Miscellanèes de la Société des Bibliophiles normands, 1877 et 1879. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

L’argent manquait pour l’érection de la tour projetée, qui devait s’élever à une immense hauteur. Le clergé de la Cathédrale lit un appel à la charité publique, et, pour en assurer le succès, il s’y prit ainsi. Il obtint du pape, en faveur des fidèles des diocèses de Rouen et d’Evreux, qui voudraient concourir aux frais de la tour, des dispenses (dispenses renouvelées, depuis, par Innocent VIII, à la prière de Robert de Croismare), pour faire usage de beurre, durant le carême. Le moyen réussit et l’archevêque put poser triomphalement la première pierre de la tour.

11 n’eut pas le bonheur de la voir achever et de la bénir. Cet honneur était réservé à l'un de ses successeurs1 *.

Robert de Croismare, si large et si généreux pour son église, nous en avons donné la preuve, était pour lui-même d’une simplicité et d’une économie remarquables. L’inventaire de son mobilier, qui figure dans les registres capitulaires, en fournirait au besoin la preuve. Ses habits furent trouvés, à sa mort, dans un coffre cle- baheur % qui fut vendu 30 sous. Son Ut de camp assez vieil dedans deux poudres de cuijr, viel couverture rouge et custodes de taffetas , fut adjugé, tout compris, pour seize livres. Ung vieil chcipperon de drap noir sans dobleure ne trouva acheteur que pour dix sous.

Parmi les douze volumes faisant partie de sa bibliothèque, que le chapitre, en 1505 3 * 5, douze ans après sa mort, faisait mettre en vente, dix étaient manuscrits, écrits à la main en lettres courantes, sur parchemin; les deux autres étaient imprimés sur papier, en papier moullé. Le chapitre ne livra pas aux enchères, et garda devers lui, d’une façon honnête, comme on disait de son temps, deux autres volumes -manuscrits, sur parchemin à deux fermans d’argent doré, aux armes du deffunct.

Outre son manoir archiépiscopal de la ville de Rouen, Robert de Croismare en possédait un autre, aux Àndelys, qui se composait : d’une chambre à coucher, d’un réfectoire, « salle en laquelle feu Mous7' de Rouen prenoit ordinairement sa réfection », et d’une chapelle.

A sa mort, on fit l’inventaire et l’estimation du mobilier de ce manoir, ce qui ne dut pas demander beaucoup de temps. L’estimation s’éleva, en totalité, à 23 livres G sous (la livre de 24 sous), savoir :

1 Celui qui la bénit n’était pas « un des successeurs, » mais le îuffragant de son successeur immédiat. « Ce fut le

14 mars 1490 que Messire nenry rotin, évêque de Philadelphe (Philadelphie) et suffragant de Georges d’Amboise, premier du nom, bénit cette Tour, quoyqu’elle ne fust pas achevée. » Histoire de la Cathédrale, par D. Pommeraye,

* La deuxième édition donne bahur pour bahut sans doute. 1 — F. B.

5 Le ms. portait 1515; erreur évidente, puisqu'il mourut en 1493. « Douze ans après, » on était en 1505. — F. B.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

Chambre à coucher. . . . .

. . . 19 liv. 4 s.

Salle de réfectoire .

Chapelle .

Total. . . .

Nous sommes loin du somptueux manoir des successeurs de Robert de Croismare au château de Gaillon !

1494. Guillaume Galland, chanoine.

Inhumé dans la chapelle de la Vierge.

1494. Roger Vituli ou Veel, chanoine.

Sépulture incertaine.

J’ai retrouvé, dans les archives de la Cathédrale, le compte détaillé de ses funérailles. On y remarque que les hommes qui portèrent le corps à l’église reçurent chacun un sol. Les pauvres, qui l’accompagnèrent, la torche en main, furent payés le même prix. Quant au chapitre, il reçut 20 liv. 8 s. 4 d.

1495. Jean Dubuc ou Dubec, chanoine et trésorier.

Enterré dans laxhapelle de la Vierge.

En 1455, il faisait partie des chanoines chargés de la révision du procès de la

Pucelle1 *.

En 1 484, Jean Dubec faisait don au chapitre, pour sa librairie, de deux beaux volumes en parchemin, en langue maternelle, Bocace et le livre des Politiques, et d’un Térence, en grand format3. On sera moins étonné de voir cet amateur de beaux livres prendre en main la défense des vendeurs de livres imprimés, lesquels venaient de faire leur apparition à Rouen. Les vendeurs de livres manuscrits, qui exerçaient leur commerce au portail dit, de leur nom, Portail des Libraires, les en expulsèrent. Ceux-ci se réfugièrent au portail Saint-Romain, près de l’entrée de la Cathédrale. On était au mois de novembre

1 La pièce du mobilier la plus chère était le lit de l’archevêque : b Ung grant lit fourni de traversain plain de plume app[recie ) VI livres. »

* C’est sous le nom de du Bec que M. Quicherat l’y fait figurer : « Bec (Jean du), présent aux actes de la réhabilitation, etc.. » Voir la table analytique des Procès, t. V, p. 492. — - F. B.

3 « Jean du Bec, un Térence en latin et deux très grands et très beaux manuscrits sur vélin et en français; l’un intitulé : Proprietalcs rerum, l’autre : Traduction des Politiques d'Aristote , sans doute du doyen Nicole Oresme. » M. l'abbé Langlois; Recherches sur les Bibliothèques des Archevêques et du Chapitre de Rouen , p. 22 de l’Extrait. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

1487. Les chanoines, appelés à en délibérer, décidèrent, à l’unanimité moins une voix, qu'ils en seraient chassés. Cette voix, disons-le, à son honneur, était celle de Jean Dubec.

Ce digne chanoine était député, en l’année 1484, conjointement avec Jean Masselin, aux Etats-Généraux de Tours *.

1499. Blanche Commet, veuve Rollin.

Inhumée dans la chapelle de la Vierge. Une lame de cuivre, qui a disparu, indiquait la place de sa sépulture.

1499. Robert Godefroy, chanoine.

Il était curé de Saint-Gcrvais, au diocèse de Coutances. Son testament porte qu’il sera enterré dans la chapelle de Notre-Dame-du-Jardin, autrement dite de la Trinité2, auprès de la sépùlture de Guillaume Auber : « In capellâ beatæ Mariæ de Gardino, juxta sepulturam magistri Guillelmi Auber. » (Voir p. 223).

1500. Jean Masselin, chanoine, official de T archevêque de Rouen.

Né à Rouen, mort en 1500, le 27 mai. Il était nommé doyen en 1488.

Jean Masselin fut inhumé dans le chœur, proche du tombeau de Charles V, d’après le vœu exprimé dans son testament; mais ce ne fut pas sans une vive opposition. (Voir Avant-propos, p. 8). Aucune image, aucune inscription ne devaient figurer à l’endroit de sa sépulture. Le chanoine Jean Masselin, son neveu, y fit placer une simple lame de bronze, œneam laminam.

Outre la table d’argent ciselée et plus tard dorée, pesant 372 marcs, que Jean Masselin donna pour le maître-autel de la Cathédrale3, nous lisons, dans les registres capitulaires, qu'il avait fait don, en 1494, d’un chapeau en or, capellwm aureum, du poids d’un marc deux onces, pour la châsse de la Vierge.

Il légua, pour quatre obits pour lui, 800 écus d’or au soleil , représentant,, à cette époque, 1,400 livres tournois, l’écu d’or étant compté pour 35 sous.

• Il fut nommé le 30 novembre 1483. Voir la Notice sur Maître Jean Masselin , par M. Ch. de Beaurepaire, p. 8 de l'Extrait. — F. B.

2 Dans le transept sud, à l’angle de droite, quand on regarde la place de la Calende. — F. B.

3 En 15G2, lors de l'irruption aans la ville de Rouen, les Calvinistes brisèrent cette table et en vendirent les morceaux.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

Jean Masselin fat député aux Etats-Généraux de Tours, tenus en 1484. Il en a laissé le journal manuscrit '.

Il dut y jouer un rôle important, puisqu’il fut choisi pour porter la parole au roi, au nom de cette assemblée. Il s’y fit remarquer par son éloquence autant que par son esprit ferme et indépendant.

Blessé de la façon dont le chancelier, auquel il présentait, en compagnie d’une députation, quelques observations, l’avait reçu, il ne craignit pas de lui dire : « Si on ne nous écoute pas, si on nous défend de parler, pourquoi sommes-nous ici? pourquoi nous y avez-vous appelés? » Ce langage ferme et digne porta ses fruits. Le chancelier baissa pavillon a .

Tel était Jean Masselin, l’honneur du corps qui l’avait choisi pour le représenter et faire entendre la vérité.

1501. Jean Le Machon (Le Maçon), artiste fondeur de cloches de Chartres.

Mort à Rouen, le 28 août 1501, il fut inhumé dans le bas de la nef, auprès de la Tour de Beurre, où se trouvait placée la cloche Georges d’Amboise, qu’il avait fondue. (Voir p. 176).

La veuve de Jean Le Maçon, qui l’avait accompagné à Rouen, retournait, au mois de septembre de la même année, à Chartres, sa ville natale.

1502. François Picard, archidiacre du Grand-Caux.

Enterré dans la chapelle de la Vierge, proche du tombeau de Robert de Croismare, disent les annalistes de la Cathédrale.

1505. Richard Le Maçon, chanoine.

Il paraît que ce chanoine affectionnait particulièrement la chapelle Sainte-Anne ; car il demanda, par testament, à être inhumé dedens ou près ou joignant cette chapelle.

1505. Jean Delatre (. De Atrio ), chanoine.

Inhumé dans la chapelle de la Vierge.

' Ce journal a été publié, par les ordres du Ministre de l’Instruction publique, M. Guizot, aux frais du gouvernement.

Masselin écrivit en latin le journal de cette assemblée des Etats-Généraux, et il a été traduit et publié dans la Collection des Documents inédits de V Histoire de France, par M. A. Bernier, 1835, in-4°. — F. B.

2 Le rôle courageux autant qu’honorable de Jean Masselin a été retracé, dans tous ses intéressants détails, par M. Ch. de Beaurepaire. Voir sa. Notice sur Maître Jean Masselin, pages 8-19 de l’Extrait. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

1505. Nicole Sarrazin, chanoine.

Inhumé clans la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul. (Voir p. 136).

1505. Renaud Chuffes, chanoine, archidiacre d’Eu.

Inhumé dans la même chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul, ainsi qu’il l’avait exigé par son testament, fait le 21 juillet 1505. Il fut un des exécuteurs testamentaires et héritiers de l’archevêque Robert de Croismare *.

1506. Richard Perchart, chanoine.

Enterré dans la chapelle de la Vierge. Ce chanoine avait fait don à la Cathédrale d’un superbe missel manuscrit, couvert de soie, à fermoirs d’argent et orné de figures et vignettes, qui, de la bibliothèque du chapitre, a passé dans celle de la ville où il est conservé sous le n° 268. On lit au dernier feuillet : « Ilunc librum dédit ecclesiœ Rothomagensi, ad usum majoris altaris in festis solennibus venerabilis vir magister Ricardus Perchart, in decretis licentiatus , canonicus hujus ecclesiœ, et rector ecclesiœ, sanctorum Gervasii et Prothasi Pcirisiensis. » — « Vénérable homme, maître Richard Perchart, licencié en droit canon, chanoine de celte église, recteur de l’église des saints Gervais et Protais de Paris, a donné ce livre à l’église de Rouen, à l’usage du grand autel aux fêtes solennelles. »

1510. Antoine, évêque d’Angoulême, de la famille d’Estaing, dont il portait le nom.

Inhumé le 17 septembre 1510. Il avait reçu la sépulture dans la chapelle de la Vierge, en deçà du chœur : scilicet in capella beatœ Mariœ rétro chorum ubi extitit inhumatus ; mais le chapitre, par une décision prise le 27 juillet 1510, avait refusé qu’on lui élevât un tombeau. îl ne lui fut accordé qu’une simple pierre plate, absque aliquâ elevatione è terra, sans inscription, ni image, attendu, sans doute, que le défunt n’appartenait pas, à P époque de son décès, au clergé, de la Cathédrale, bien qu’il eût été chanoine dans l’origine et attaché à la personne du cardinal Georges d’Amboise, dont il avait signé le testament.

Le chapitre se serait-il donc compromis ou déshonoré, pour laisser figurer, sur le

1 Celte série de chanoines, de J” Masselin à Renaud Chuffes, devait faire partie de ceux auxquels le chapitre, le 9 octobre 1 495, avait intimé l’injonction « de ne pas laisser dorénavant nourrir leur chevelure et la porter prolixe ou trop longue, mais d'avoir les cheveux coupés d’une façon honnête et décente, qu’autrement ils ne seraient point admis dans le chœur et seraient punis : non nutrianl comarn el liabeanl proliwam seu nimis longam , sed cura dccenii el honesla capillorum brevitale.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

pavé de l’église, le nom et l’écusson armoirié des d’Estaing, avec couronne et aucunes fleurs de lys d’or ?

1510. Georges d’Amboise I, cardinal, légat, archevêque de Rouen. (Voir p. G9).

1511 . Jacques Leroux, maître-maçon de la Cathédrale.

Inhumé le 27 mars 1511, dans le bas de la nef, au-dessous de l’orgue !, cïrcà situationem novorum organorum, suivant la demande qu’il en avait faite. Il n’existe aucune trace de cette sépulture.

Jacques Leroux conduisit, durant quatorze ans, les travaux de la Cathédrale. Ce fut lui qui acheva la Tour de Beurre, commencée par son prédécesseur, Guillaume Pontifz.

11 jouissait d’une juste réputation. En 1502, il était mandé au château de Gaillon, « pour visiter et voyr l’asiete de la grant maison et aultres édifices. »

En 1495, il était en procès avec les moines de Fécamp, au sujet d’une chapelle dont ils lui avaient confié la construction, par marché fait. On ne dit pas ce qui en advint.

Malgré son talent et ses nombreux travaux, Jacques Leroux vécut et mourut pauvre. Dès l’année 1499, disent les registres capitulaires, « il estoit tombé dans la nécessité et dans l’indigence. »

1511. Jean Barbier.

Enterré auprès de l’orgue. Ce personnage est qualifié Iioroscopns ecclesiœ. L horoscopeétait chargé d’indiquer les heures de service aux divers desservants de la Cathédrale.

1512. Roussin, aumônier et prêtre. (Voir p. 160 et PI. XXIV).

1512. Guillaume Cappel, prêtre.

Il était conseiller du roi à l’Echiquier et chanoine-.

Inhumé à l’entrée de la chapelle de la Vierge, près ung ymage de monsieur sainct Michel , près le petit bénesquier. Guillaume avait donné, par testament, à la Cathédrale, sa maison dite des Trois-Mores, qui était située auprès du portail des Libraires ; plus un chandelier à treize branches et une petite croix d’or, qu’il portait d’habitude, pesante environ quatre escus. Précédemment (en 1509), il avait fait don d’un calice en argent

1 « Vers l'emplacement des nouvelles orgues* » celles qu’avait fait construire l'archevêque Robert de Croismare. Voir plus haut, note l de la page 227. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

doré pesant deux marcs et demi, ainsi que de cinq grandes chappes de damas violet à orfrois en broderie.

Je lis, dans une noie manuscrite du temps, relative à ce personnage : « Il a fait métré et asseoir de neuf les vinages de monsieur saint Michiel d’ung costë et de la Magdeleine de 1 autre, a 1 entrée de la chapelle Nostre-Dame derrière le cueur. » C’est l'endroit qu’il avait choisi pour sa sépulture, comme on vient de le voir ci-dessus \

1517. Etienne Haro, pénitencier.

Né a Rouen. Il demanda à être inhumé dans la Cathédrale, à l’endroit que désigneraient ses confrères, mais sans pompe ni armoiries, sine pompa et armis.

1517. Jean II-, sire d’Estouteville.

Mort à Rouen, le 1 1 septembre 1517, dans la maison d'un des chanoines de la Cathédrale. Ses entrailles furent inhumées dans la nef, de nuit et sans pompe, auprès de la sépulture du cardinal d’Estouteville, son grand-oncle; son corps fut porté, au mois d’octobre, à l’abbaye de Yalmont (reg. cap.). On demandait au chapitre, qui y consentit, de prêter, pour la cérémonie des funérailles, dans l’église de cette abbaye, les belles étoffes de la Cathédrale aux armes des d’Estouteville.

L’inhumation eut lieu dans le chœur de l’église réservé aux seigneurs d’Estouteville; aussi la veuve de Jean 11, qui avait nom Jacqueline, maîtresse femme, forçait-elle, en 1520, les moines de Yalmont, à déterrer deux religieux qu’on y avait placés.

Jean d'Estouteville avait été capitaine, gouverneur du château d’Arques, aux gages ordinaires de 5 sous parisis par jour. 11 recevait, en outre, chaque année, 300 frans d’or, pour la garnison, et pour lui-même cent solz parisis pour sa robe.

Les d’Estouteville étaient habitués à un luxe royal. En 1555, la fille de Jean d’Estouteville, devenue duchesse, faisait une apparition au château de Yalmont, avec toute sa suite, tout son train, qui se composait de 55 chevaux, de 131 personnes. On consomma, dans une journée, 43 pièces et aloyaux de bœuf, G moutons, 4 cochons, 150 pièces de volailles, gibier, etc. 3.

1 Voir une notre très instructive de M. Ch. de Beaurepaire sur les Fondations de G. Cappel, chanoine à la Cathédrale, et à l’Appendice XVIII la longue inscription, écrite de sa main, qui devait être gravée sur une plaque, pour être mise près de sa sépulture. Bulletin de la Commission . des Antiquités de la Seine-Inférieure, annnée 1875. — Pages 350-355. — F. B.

3 Les deux éditions précédentes portent Jean III. — F. B.

3 Comptes ms. du château de Valmont.

Le nom de ce Jean d’Estouteville figure, sans aucun détail, dans l’intéressante Excursion archéologique à Valmont et Cany par M. R. d’Estaintot (1879), p. 20 de l’Extrait. — F. B.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE'

1517. Thomas de la Ciiesnaye.

Inhumé devant la chapelle Saint-Romain. Il avait légué à la fabrique un cachet d’or - pour la châsse de saint Romain, et un anneau garni d’une pierre précieuse pour celle de la Vierge.

1 521 . Jean Foubert fils.

En cette année-là, le père du jeune Foubert obtenait, moyennant six livres tournois, la faculté de placer une tombe de marbre sur la sépulture de son fils. On ne dit pas la place.

1521. Jean Aubert, chanoine.

Inhumé dans la chapelle Saint-Jean-des-Fonts.

1521. Robert de Rapeaumes, chanoine.

En 1520, il obtenait du chapitre la permission d’avoir sa tombe dans la chapelle de la Vierge, auprès de celle d’Antoine, évêque d’Angoulême, après avoir offert, pour y être placé, trois statues, trois images en albâtre, qu’il avait fait faire; lesquelles restèrent délaissées dans le trésor de la Cathédrale. Ce ne fut que dix ans après sa mort qu’on pensa à les mettre en vue, dans un lieu convenable, in aliquo loco honesto.

1521. Guillaume Le Charpentier, chanoine. Inhumé devant la chapelle Saint-Romain.

1522. Fane.

Le sieur Fane avait demandé, dès l’année 1520, la faveur de faire placer sa tombe dans la nouvelle chapelle de Saint-Romain, ainsi qu’une image de sainte Barbe. Ce n’était qu’à deux armées de là, au mois de février 1522, que cette image était apportée par lui dans la chapelle et mise en vue, in loco honesto et eminentiori.

Peut-être un sieur de Rrametot aspirait-il pour ses restes à la même faveur que le sieur Fane ; car nous le voyons offrir, à la même époque, pour cette chapelle, une verrière représentant l’image de saint Laurent, que le chapitre acceptait avec force compliments sur la dévotion du donateur.

.1522. Robert Tousé, nonce*, nuntius, de l’église.

Inhumé dans le cloître, près de la salle capitulaire. (Voir PL XXVII).

’ Le mot « messager » était consacré par l’usage, comme il a été déjà dit plus haut, p. 182. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

1524. Guillaume Le Conte, chanoine.

Ce chanoine, que le chapitre, en apprenant son décès, traitait de vir venerabilis, et qui venait d’être inhumé dans la Cathédrale, s’était donné la mort. Le chapitre, à la suite d’une enquête, ayant acquis la certitude qu’il s’était pendu par une corde dedans sa chambre, désolé, le déclara indigne de la sépulture ecclésiastique et décréta qu'il serait exhumé et porté clans un lieu profane: on l’exhuma. On enleva la pierre tumulaire. Ordre d’effacer ses armoiries, tant dans la maison canoniale que sur les chapes à son usage, « ut perecit memoria illius, pour que sa mémoire périsse. » On sut que ce chanoine avait des dettes; ce qui le porta, sans doute, à se suicider. On n’a aucune certitude à cet égard.

1527. Pierre de Mellicourt, chanoine.

Décédé l’an 1527. Inhumé dans l’aile méridionale du chœur, auprès de la sacristie. Il était de règle que les chanoines, par mesure hygiénique, fussent saignés une fois par mois. Ils s’y soumettaient d’autant plus volontiers qu’ils avaient, ce jour-là, vacance et récréation. En 1523, la peste ayant fait invasion à Rouen, maître Pierre de Mellicourt, par mesure de précaution, fut soumis, dans le mois, à deux saignées au lieu d’une. On lui accorda deux jours pleins de récréation, dont il sut profiter.

La pierre tumulaire de Pierre de Mellicourt, laquelle n’a pas moins de 2m,88 de longsur lm,47 de large, se voit encore en place, à l’endroit de sa sépulture, que nous avons indiquée. Malheureusement, l’épitaphe, aujourd’hui presque entièrement effacée, ne laisse lisibles que les mots suivants :

« JDi gtst pierre tic Jllelliccurt, en soit muant licencié en loir cljamune ï»e reste cotise . il trespassa Pan mil cinq cens xxvii. ....... »

Cette pierre ne fut placée qu’assez longtemps après le décès du chanoine, le chapitre ayant répondu à l'exécuteur testamentaire, qui en faisait la demande, en 1528 : « qu’il serait différé jusqu’à ce que le frère de Pierre de Mellicourt, en même temps son héritier, eût fait quelque don à l’église. » Il paraît que celui-ci finit par s’exécuter.

1528. Le Dëfublé, horoscope de l’église.

Déjà malade, sans doute, il avait reçu l’ordre de passer les nuits dans 1 horloge de l’église; ce qui ne put qu'aggraver son mal. Il expira, 1-a même année. 11 fut inhumé auprès du grand portail . Sa veuve obtenait, quelques années après, l’autorisation d’avoir

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

une petite table au portail de Saint-Mellon, auprès de la fontaine, juxta fontem, pour vendre des cierges.

1528. Guillaume de Sandouville, chanoine.

Inhumé dans la chapelle de Saint-Sever, « où, dit son testament, ay faict asseoir ma tombe. » Il avait été conseiller de Charles VIII.

1530. Jean de Betancourt, chanoine.

Inhumé près la chapelle Saint-Pierre-Saint-Pau! .

1531. Louis de Brézé, gouverneur et sénéchal de Normandie. (Voir p. 85).

1535. Guillaume de Chalenges, chanoine et grand archidiacre, grand chantre, fils d’un président à la Court clu Parlement de Normandie * .

Mort le 4 août 1535, il fut inhumé dans l’aile droite du chœur. On lisait les vers latins suivants sur sa tombe, qui ne fut mise en place qu’en l’année 1537 :

EN nUILLELMUS ADEST CHALIENGEUS, NOBILIS ORTU,

CONSULE ROTOMAGI PRÆSIDE PATRE SATUS,

PRINCEPS EBROICIS DIACONUS ET ÆDE SONORUS

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