HAC PRÆCENTOR, HABENS HIC ET IBI CANONA
ARTE POTENS CANTUS, FJDIUMQUE PERITUS, IIONESTO MAGNIFICUS SUMPTU, PAUPERIBUSQUE PIUS.
QUARTO HUNC SEXAGENUM AUGUSTI SOLE TULERUNT TER SEPTEM APPOSITIS LUSTRA DECEM DECIES \
« Là est Guillaume de Chalenges, noble d’origine, né d’un père président à Rouen, archidiacre d’Evreux, chantre brillant1 * 3 4 de cette église, chanoine de l’une et de l’autre. Il fut fameux dans l’art du chant et habile musicien. Magnifique sans faste et pieux envers les pauvres. La mort l’enleva sexagénaire le quatre août mil cinq cent trentecinq'5. »
1 1 II était o fils de Messire Guillaume Chalenge, quatrième président en l'Eschiquier perpétuel ou Parlement, de
Normandie, lors de son institution en 1499. » Dom Pommcraye, Histoire de la Cathédrale', p. 339. D’autres L’ar.tappelé
Jacques Calenges. —--F. E.
1 Dom Pommerayea rapporté- cette épitaphe, ibidem , p. 70. — F. B.
3 Sonorus præcenlor, grand-chantre, et non chantre brillant. — F. B.
4 Pour retrouver la date de 1535, dans le teste latin, il faut se livrer au calcul suivant. Un lustre. se compose de 5 ans;
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
153G. Guillaume Legras, chanoine et doyen le 10 septembre 1520, originaire de Caudebec, ainsi que l’indique l’inscription obituaire qu’il avait fait placer, pour son père, dans une des chapelles septentrionales de l’église de cette ville, où on la voit encore *. Guillaume Legras mourut, le 9 mars 1536, « dans sa maison hors ville au hameau d ’Eauepleut, » d’où son corps fut transporté, en bateau, à Rouen, où il fut inhumé dans la chapelle de la Vierge, auprès de la sépulture de feu de Bapeaumes. (Voir p. 235). Il avait fait don à la Cathédrale « d’une chappe de veloux pers, lesorfrois debrouderies*. » 11 lui laissa, en mourant, une grande pièce d’or pesant 60 écus nommée Désirée et une chaîne de même métal, du poids de 45 écus, pour mettre a la châsse de la Vierge.
Guillaume Legras, qui présidait les séances du chapitre, en sa qualité de doyen, se trouva, un jour, dans un grand embarras. On agitait la question de savoir si on conserverait, oui ou non, à la procession de l’Epiphanie, qui avait lieu dans la Cathédrale, la représentation des trois rois, avec leur costume royal, le sceptre, la couronne. Plusieurs chanoines disaient que le peuple s’y portait en foule .et s’en moquait. D’autres répliquèrent que c’était un ancien usage inhérent à cette cérémonie, qu’il fallait le conserver. Guillaume Legras se vit dans l’obligation de mettre la décision aux voix: 14 se prononcèrent pour, 14 contre. Restait la voix du doyen qui devait tout trancher. Guillaume Legras n’osa pas le prendre sur lui, et renvoya l’affaire à un autre jour. On ne dit pas comment elle fut terminée.
1530. Jean Lelieür, chanoine, et doyen en 1522, conseiller au Parlement de Rouen.
il dut être enterré dans la chapelle de la Vierge, ayant demandé, par son testament, d’être inhumé ou les doyens et les chanoines ont coustume destre inhumés, « et sur le tombeau, ajoute-t-il, soit escript mon nom sans ce qu’il y ait riens qui face mension des biens de mondaine fortune. »
Je crois devoir transcrire le legs suivant du même testament:
« Je laisse à la châsse N. De. quattre verges (bagues) où il y a en une, une petite esmeraude, en l’autre une petite turquoise, en l’autre ung petit saphir et en l’autre un petit rubi. Et pour estre affiché à la châsse Sainct-Romain une croix dor de vielle faction où
3 fois 10 lustres ( ter deeem lustra) ou 30 lustres font 150 ans ; 10 fois 150 ( decies ) font 1500; 7 lustres en plus ( septem adposilis (lustris) donnent 35 ans. Total 1535. La place du mot ter devant septem ajoute encore à l’obscurité de cette chronologie plus ou moins poétique. — F. B.
1 Guillaume Legras, à cette occasion, avait donné » en aulmone au trésor et fabrique de lad. eglise cent trois L' de rente avecques IIIIccXXV en argent comptant; un calice d'argent pesant dix onces, » et plusieurs ornements et vêtements d’église.
2 Inventaire ms.de 1555.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
il y a quattre rubis de petite valleur. Et oultre pour la décoration du Sainct Sacrement de l’autel je laisse à la dite fabrique de Nostre-Dame de Rouen une boette d’or pour vservir à mestre le pain à chanter pour le grand autel. »
Le dernier don est ainsi désigné dans un inventaire manuscrit de la Cathédrale, de 1555:
« Une boette dor à demye bosse qu’a donnée deffunet monssh le doyen Le Lyeur, poyse deulx onces cinq gros et demy dor, estant ung estuy de cuir. »
Le même inventaire relate encore un autre don de notre chanoine. Il est ainsi désigné :
« Item deulx ehappes de velloux violet toutes faictes de brouderye ayans fleurons dor. Les orfroiz et chapperon faietz dor de brouderye a chacunne de satin rouge cramoysi et franges dor doublées de toille rouge les quelles a donnez monssr le Doyen Le Lieur. » La Cathédrale lui fut encore redevable d’uner somme de 700 liv. , versée par lui en 1522, pour la construction d’un somptueux pupitre en cuivre.
L’année suivante, François Ier ayant écrit « à ses chers et bien amez les Doyen et chapitre de l’eglise cathédrale de Rouen, » pour les engager à lui venir en aide, les affaires pressant de toutes parts, Jean Lelieur, en sa qualité de doyen , libella la réponse suivante à la requête du roi : « Nous sommes très humbles subjeetz et obeissans serviteurs et chappelains, mais les biens de l’Eglise sont les biens de Jesus-Christ et pour ce craignans Dieu et les censures de l’Eglise nous ne pouvons lui accorder ce qu’il demande. » François Ier, outré, fit savoir au chapitre que, d’après son refus, il allait mettre la main sur le temporel de l’église, et qu’il venait d’en donner l’ordre.
Le chapitre, après mûre délibération, afin de se soustraire à cette menace, et pour éviter la colère du roi, ad vitandum furorem regis, finit par s’exécuter. Le doyen Lelieur en fut quitte pour sa malencontreuse missive et pour sa portion de temporel.
Le chapitre et lui n’étaient pas au bout de leurs tribulations. La même année, quelques mois plus tard (en novembre 1523), grande réunion à l’Hôtel-de-Ville de Rouen. «L’ennemi a franchi la frontière; il a passé la Somme, il est à la porte d’Amiens. La Normandie est menacée ; qu’on répare les murs et les fossés de Rouen ; il faut des hommes et de l’argent! » Le lendemain, le chapitre est mis officiellement en 'demeure de contribuer à la dépense et de faire connaître la somme qu’il donnera.
Le doyen, maître Lelieur, est chargé de répondre : « que l’année précédente, le chapitre, prenant en considération la pénurie des subsistances, avait prêté mille livres tournois à la commune, qui devait les rendre dans les deux ou trois mois ; ce quelle n’a
point fait; qu’il vient, en conséquence, au nom du chapitre, réclamer ces mille livres. » Là se borne le message:
Maître Jean Lclicur n’en était point à son coup d’essai. Cette fois, il avait affaire à moins forte partie; il dut en rire.
Mais un nouvel assaut l’attendait; il se fâcha presque cette fois.
François P1 , le 3 janvier, en 1»31, fait demander les vases d’argent pour la rançon de ses fils captifs aux mains de l’empereur 1 ; « on en constatera le poids et on les rendra. » Jean Lelieur, au nom du chapitre, après force protestations et génuflexions pour le roi, et avoir énuméré les sacrifices qui lui avaient été imposés, termina en disant au commissaire du roi : « Que quant au dict article faisant mencion de bailler et prester au roy de la vesselle d’argent, n’est demouré aucune à luy doyen et aux chanoines aucune vesselle d’argent ; que de si petite vesselle d’argent qu'ils ont on ne doit faire cas, mais les laisser en paix. »
Ce n’était pas le dernier mot de François 1".
1542. Thomas Lestmondoys, chapelain du collège du Saint-Esprit.
Cet ecclésiastique se plaisait à élever des tourterelles. Un beau jour (au mois de juillet 1538), le chapitre fit faire une descente chez lui. On trouva qu’il en avait un nombre effréné, in numéro e/frencito, au-delà de ce qui était permis à qui que ce soit d’en avoir. Injonction lui fut faite de n’en conserver au plus que trois paires. Le bon chapelain, désolé de se séparer de ses chères tourterelles, supplia le chapitre assemblé de lui accorder un délai d’un mois. Ce ne fut pas sans peine qu’il l’obtint.
Le pauvre Lestmondoys eut encore un autre assaut à soutenir. Un certain Nicolas Testart se prit à 1 injurier, à le traiter de maquerel et de pendart. Le chapitre, cette fois, prit fait et cause pour le bon chapelain et fit condamner finsulteur à la prison.
Deux années auparavant, un chapelain, qu’on ne nomme pas, s’étant refusé à porter la châsse de saint Romain aux processions, fut condamné par le chapitre à une amende de 2 sous 6 deniers. 11 avait donné pour excuse qu’il était occupé ailleurs. S’agirait-il de notre chapelain, Thomas Lestmondoys, occupé auprès de ses tourterelles?'
1542. Pierre Delaplace, chanoine.
On ignore l’époque précise de sa mort. Il vivait encore, en 1542, et assistait, au mois
1 François et Henri, livrés à Charles-Quint, le 18 mars 1526, comme garants de la liberté et de la parole de leur père, avaient été rendus, le 1er juillet 1530. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
d’octobre de celte année-là, à une conférence au sujet de la nouvelle flèche en bois de la Cathédrale.
Antérieurement, en 1539, il faisait partie d’une commission chargée de faire un rapport sur l’érection de la statue de saint Georges au haut du chœur.
Il avait demandé, par testament, dès l’année 1524, à recevoir la sépulture dans l’église cathédrale, sans désigner la place. « Il recommandoit son ame à Dieu son créateur, à la glorieuse Vierge Marie, à monsieur saint Michel, à monsieur saint Romain et à toute la cour céleste du paradis. »
1542. Guillaume Dombreville, chanoine.
Guillaume Dombreville avait demandé à être inhumé auprès des fonts : « ubi mea tumba jarn posita est, là où est déjà posée ma tombe, » disait-il dans son testament.
Nous avons été assez heureux pour retrouver, à l’endroit indiqué par le bon chanoine, auprès de la chapelle Saint-Jean-des-Fonts (voir Plan de la Cathédrale, X), sa tombe encore en place ; mais malheureusement presque entièrement effacée, à part l’entourage de la pierre et la majeure partie de l’inscription, que nous avons pu relever. On n’aperçoit plus que la silhouette de la tête et des deux mains jointes du personnage, en marbre blanc. Pas un trait du reste qui ait survécu.
L’inscription, qui est en français, tracée en caractères du temps, est ainsi conçue:
« Cg giMc maietre ©mliamne Utombremlle prestre curé Craimnlk la tHaincturim
chanoine tie cestc relise gui trcspaeea .
ring cens xlii. jour mars, pries Pieu peur lui *. »
En faisant mettre en place, de son vivant, sa pierre sépulcrale, Guillaume Dombreville n’a pu manquer, pour s’en assurer la jouissance, d’y faire graver son épitaphe, à l’exception de la date de sa mort, bien entendu; pour laquelle on laissa en blanc une marge trop grande, ainsi qu’on peut le voir.
Les registres capitulaires nous apprennent que maître Dombreville, en l’année 1509,
1 Les artistes chargés de la décoration des pierres tombales, dans le courant du xvie siècle, sans parler du style, du dessin, et de l’ornementation, abandonnèrent l’usage de tracer l'inscription sépulcrale le long des bords de la pierre qui lui servait comme d’encadrement. La dernière pierre tombale de notre Cathédrale, qui fasse exception à cette innovation, est celle du chanoine Guillaume Dombreville, décédé en l’année 1542.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
avait enrichi la châsse de la Vierge d’un joyau orné de trois pierres précieuses, clyaman, niby et perle, qu’il y fit afficher \
Un autre de ces joyaux, plus tard, devait aller embellir la châsse de saint Romain, déjà si éblouissante, en passant de ses mains dans celles de son neveu, Eustache Grossier, son successeur à la cure de Grainville-la-Teinturière.
1543. Jean Conseil., chanoine.
Sépulture incertaine. Dans son testament, il donne à Richard Mauger, son serviteur, « vingt ecus d’or sol pour luy aider à le faire passer maistrc du mestier de cuysynyer. »
1544. Etienne Rurnel, chanoine.
Cet ecclésiastique était curé de Roncherolles. 11 voulut être enterré « entre la porte du chœur et Vhuys à la maison archiépiscopale. »
Il légua, par testament, « à la fierte (la châsse) Nostre Dame une bague d’or ou il y a ung ruby enchâssé et une perle pendante, et à la fierte sainet Romain une verge d'or ou il y a ung dyamant enchâssé en façon de poincte. »
1544. Jean Ramboult, chanoine et professeur de médecine.
Inhumé devant la représentation de YEcce 'homo (dans le transept du midi).
1544. Guillaume Tulles, chanoine.
Le testament de ce chanoine porte : « Je eslys la sépulture de mon poure (pauvre) corps a estre mys et inhumé en l’allée estante ez le cœur (sic) ez le revestiaire au lieu et place ou j’ay faict mettre et asseoir en mon vivant une tombe de pierre gravée en mon nom et réputation soubz le bon plaisir auctorité et permission de mes seigneurs messieurs de chapitre de la d. eglise. »
Je n’ai pu, à mon grand regret, retrouver cette tombe.
Guillaume Tulles avait pris ses précautions à l’avance. Il avait fait mettre sa tombe en place, dès Tannée 1528, seize ans avant sa mort. 11 ne s’était pas pressé d’y descendre.
1545. Jean Busquet, chanoine.
« Je veulx estre enterré, dit-il dans son testament, auprez du coffre ou jay accous-
1 Dans le sens du latin affigere , attacher, enchâsser, fixer, — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
tumé prendre mon habit. » Ce vœu bizarre reçut son exécution, mais on ne sait pas où était placé ledit coffre.
1548. Jean de Labarate.
Il était chanoine de la Cathédrale et archidiacre du Petit-Caux. Inhumé devant l’image de YEcce homo, transept du côté sud.
1548. Nicole Restout, chanoine.
Inhumé aux carolles (aux balustrades du chœur) devant le cadran.
Il paraît qu’on tenait à rendre des honneurs à ce chanoine ; on demandait de pouvoir porter à ses obsèques le drap de noble homme de Brezay.
1548. Philippe de Mondor, chanoine.
Inhumé sous une tombe de marbre « en la chapelle Nostre Dame, près du tronc des pauvres , » dit son testament. (Voirp. 137).
1548. Matiiurin Sedille, archidiacre du Yexin français.
Inhumé, au mois d’octobre, au côté droit du chœur.
Le 13 mars 1539, Mathurin Sedille, en compagnie de son confrère, Pierre Delaplace, en sa qualité de chanoine de la Cathédrale et de commissaire des réparations et édifices d’icelle, prenait part à une conférence pour une figure de ung sainct Georges à mestre stir le hault du cueur.
1549. Michel Tardivel, chanoine et curé de Saint-Laurent.
Inhumé devant l’image de YEcce homo 1 .
1549. Guillaume Leparmentier, chanoine trésorier.
Inhumé dans la chapelle de Saint-Sever, près de la tombe de M. de Sandouville, son oncle, décédé en 1528. (Voir p. 237).
En 1538, François Ier avait fait savoir au chapitre de la Cathédrale que, par suite des nécessités de la guerre, il l’avait taxé à 2,000 écus d’or. Maître Leparmentier, qui, en sa qualité de trésorier, avait la garde du coffre du chapitre, après en avoir fait l’ouverture, déclara qu’il n’y avait rien au coffre.
1 Dans le transept sud, comme il vient d’être dit plus haut. Cet Ecce homo s'y voit encore, tout près de l’autel
du Grand-Saint-Romain. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
L’envoyé du roi ne se tint pas pour satisfait. Maître Leparmentier obtint enfin de lui, non sans peine, qu’il se contenterait de 1,500 écus. Le chapitre trouva le moyen de se les procurer, grâce à l’archevêque Georges d’Amboise IL (Voir p. 82).
Guillaume Leparmentier avait été reçu membre de la confrérie des Palinods, en 1548, un an avant sa mort. 11 s’y était pris un peu tard.
1549. Guy de Bec-de-Lièvre, chanoine.
Inhumé devant l’image du Crucifix.
En 1 5 42, p prenait part à la conférence pour l’érection de la nouvelle flèche de la Cathédrale.
1550. Georges d’Amboise II, cardinal, archevêque.
Elu à l’archevêché de Rouen, à l’âge de vingt-trois ans, le 30 juillet 1510, nommé cardinal en 1545, décédé au château de Vigny1, le 25 août 1550, inhumé dans la chapelle de la Vierge, sous le mausolée qu’il avait élevé à son oncle, le fameux cardinal d’Amboise, le ministre et l’ami de Louis XII.
1553. Robert Nagerel, chanoine, archidiacre du Vexin normand, docteur en médecine.
Il fut inhumé dans la chapelle de la Vierge, sous une tombe plate, qui fut embellie, plus tard, d’incrustations en cuivre.
Cette tombe se voit encore auprès du mausolée des cardinaux d’Amboise, dont Robert Nagerel était l’allié. La pierre tumulaire porte une longue inscription qui est commune à cinq membres de la même famille.
Robert Nagerel avait fait don à la Cathédrale « d’une grande chappe de velours violet cramoisy, toute semée de fleurs de lys d’or, garnie d’orfrois faits en broderie et de franges de soie rouge cramoysie et d’or de Chypre. »
(Inventaire manuscrit de 1555).
1554. Pierre de Croismare, chanoine.
Inhumé dans la chapelle de la Vierge. Par testament olographe, du 7 juillet 1554, il demanda à être inhumé à côté de son oncle, Robert de Croismare. Le chapitre, bien antérieurement, dès l’année 1521, lui avait déjà accordé la permission de faire placer à côté de lui une tombe pour lui-même, lorsqu’il le voudrait. Pierre de Croismare, qui se
■' Près Pontoise. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
sentait, à ce qu’il paraît, de la vie devant lui, n’aurait pas profité immédiatement de la permission.
1554. Eustache Grossier, chanoine.
Inhumé sous la tombe de son oncle, Guillaume Dombreville, disent les registres capitulaires, auquel il aurait succédé comme curé de Grainville-la-Teinturière. On lit, dans son testament : « Je laisse mon signet (mon cachet) lequel fut à monsieur mon oncle, à mectre à la flerte monsieur sainct Romain et cinq solz, pour le faire attacher à la flerte. » Il avait laissé, pour ses funérailles, une somme de trois cents livres, qu’on trouva à sa mort et dont on put disposer. (Reg. capit.).
1554. Robert Becquet, maître charpentier de la Cathédrale.
On doit à cet habile artiste la célèbre flèche en bois de la Cathédrale, qu’il éleva en 1544, et qui fut incendiée par la foudre, le 15 septembre 1822. Robert Becquet vécut et mourut pauvre. Au moment où il venait de mettre la dernière main à la flèche, en 1545, le chapitre lui accordait, attendu sa misère, attenta ejus necessitate, une année de ses gages de maître charpentier de la Cathédrale, qui se montaient à cent écus.
L’année précédente, en 1544, il avait sollicité et obtenu du chapitre la faveur d’être inhumé dans l’aître de la Cathédrale et qu’on gravât ses nom et prénom sur sa pierre sépulcrale*. La cendre de cet artiste avait droit à une autre place: c’est dans le sein même de la Cathédrale, au-dessous de la flèche dont il l’avait dotée, que la cendre de Robert Becquet devait reposer 2 .
L’aître de la Cathédrale n’a pas su, lui-même, conserver l’humble pierre sépulcrale. Le nom de Robert Becquet ne l’a pas défendue d’être jetée aux décombres ; mais il a luimême survécu.
1556. Jean Pennyer.
Ce personnage est qualifié, dans les registres capitulaires, de sigilïïfer curiœ archiepiscopalis , porte-sceel de la cour archiépiscopale. Ce titre équivalait à celui de chancelier.
Jean Pennyer fut inhumé dans la chapelle du Jardin, ou de la Sainte-Trinité (transept sud)3.
’ Registres capitulaires.
2 Voir sur Robert Becquet mon Histoire des Architectes de la Cathédrale de Rouen.
Le vrai titre est: Revue des Architectes de la Cathédrale de Rouen jusqu'à la fin du XVIe sièele. 1848, gr. in-8° de
95 pages. Il en est question en trois endroits et sa signature figure à la suite d’un Mémoire, Pièces justificatives,
3 Au mois de juillet 1598, «ung nommé Pennyer, parent sans doute de Jean Pennyer le porte-sceel, » demandait
1556. Jean Masselin, chanoine.
Il était neveu de Jean Masselin, doyen de la Cathédrale, décédé en 1500. (Voir p. 230). Ce dernier avait voulu être inhumé dans le chœur, au milieu des sépultures royales. Son neveu, moins ambitieux, demanda, par son testament, encore existant dans les archives, à être mis dans l’endroit le plus humble de toute l’église, in loco humiliori totius ecclesiœ. Le registre capitulaire de l’année 1555 donnerait à entendre que le neveu du chanoine Jean Masselin, Robert Masselin, procureur du roi, ne se serait pas prêté à cet acte de pieuse humilité, et qu’il aurait cherché à rapprocher le neveu de son oncle, l’illustre doyen, si ce n’est même à les confondre1. En effet, il demandait, le 4 juillet 1555, au chapitre, qui lui en accorda la permission, de faire graver, sur la lame d’airain qui recouvrait les restes de son grand-oncle, le doyen, l’inscription suivante :
« Johanni Masseïmo, patrao charissimo, viro integerrimo in fani penetralibus proxime majus candelabrum sepulto, œneam liane laminam decreverat, ejusque cineri aptabat Johannes Masselinus ex fratre nepos piissimiis in hoc collegio cooptatus. Tandem et ipse octogenarius [quinquagintaque annos post mortem patrui naturœ satisfecit illiusque sepulcro laminam liane ad ejus patruique magni sempiternam memoriam, collegii permissu, Robertus Masselinus nepos mœstissimus instauravit. »
« Jean Masselin, neveu plein'de piété, membre du chapitre, avait disposé, pour Jean Masselin, son oncle chéri, homme si intègre , inhumé dans le chœur, près du grand candélabre, cette lame d’airain, et l’avait appliquée sur sa cendre. Enfin, octogénaire lui-même, cinquante ans après la mort de son oncle, il paya son tribut à la nature. Son neveu Robert, l’âme atteinte, plaça, avec la permission du chapitre, cette lame à sa mémoire éternelle et à celle de son grand-oncle. »
L’inscription et la lame sépulcrale d’airain ont complètement disparu.
Nous n’hésitons pas à attribuer à Jean Masselin, le chanoine, la relation manuscrite d’un voyage à la Terre-Sainte, qui est conservé à la Bibliothèque de la ville de Rouen, sous le n° 6, et qui porte à tort le nom de Charles De la Riviere, lequel était simplement du voyage.
au chapitre « à faire apposer ung ymage en la chapelle Sainte-Anne : on verra si elle est en pierre de taille, dit le Registre capitulaire, sinon led, Pennyer sera esconduit de sa requeste. »
1 II y a ici une erreur de fait, qui a été bien expliquée par M. Ch. de Beaurepaire, auquel M. Deville doit ce renseignement. Voir l’Appendice XIX. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
1559. Michel Le Bret, chanoine, archidiacre du Yexin français.
Cet ecclésiastique, vicaire-général et trésorier du cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen, surnommé le Roi de la Ligue, fut enterré dans la chapelle de la Vierge.
Ce chanoine avait reçu l’ordre, ainsi que ses collègues, de raccourcir sa barbe, aux quatre grandes fêtes de l’annce. Le cardinal de Bourbon était tenu à 250 livres par année, pour la barbe et la tonsure des chanoines. Ces paiements durent passer par les mains de Michel Le Bret.
1550. Jean Tiiorel, chanoine de la Cathédrale, et conseiller au Parlement de Rouen.
On lit, dans son testament : « Je veulx que douze povres assistent à mon enterrement vestuz d’estoffes à pourpoinetz, chausses, bonnetz et chaperon, le tout à deul de drap noir du pris de soixente solz pour le moins l’aulne. » Jean Tiiorel tenait au cérémonial. Il avait été chargé, à la mort de Georges d’Amboise II, de dresser l’inventaire des meubles du château de Gaillon. Nous avons donné le détail de cet acte, qui porte la date du 31 août 1550, dans les Comptes de dépenses de la construction du château de Gaillon (p. 529-559). Jean Thorel y prend le titre de conseiller du Roy en sa court de Parlement.
1562. Charles de La Rochefougault, comte de Randan, colonel général de l’infanterie de France.
Son cœur fut déposé, le lendemain de sa mort, dans la chapelle de la Vierge, « en une fosse à ce préparée, soubz la tombe du légat d’Amboise du quel il était descendu et fut mis ung epitaphe près du dict lieu, » dit un manuscrit du temps.
Cette épitaphe était ainsi conçue :
Ci git le cœur de noble, puissant, très vaillant, très vertueux seigneur mes sire Charles de La Rochefoucault chevalier de l’ordre du Roy, capitaine de cinquante hommes d’armes de ses ordonnances et colonel general de toutes les bandes et infanterie de France, baron de Celfrein et du Luguet, seigneur de Randan , de Sigoignes, des Pins et de Rezard, le quel en son vivant, eut l’heur de traiter de la paix
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
entre les royaumes de France et d’Angleterre et d’Ecosse, au temps du roy François IL Et fut blessé à l’assaut et prise du mont Sainte Catherine de Rouen, dont il mourut le 4e jour de novembre 4562 , âgé de trente sept ans.
On lisait, sur une tablette de marbre noir, qui était attachée à la muraille, une seconde inscription, en latin, dont celle que nous venons de transcrire n’était, à vrai dire, en quelque sorte que la répétition. Nous la reproduisons ici en son entier:
Caroli Rupefucaldi comitis Randani equitis torquati quinquagenariœ Cataphractorum equitum turmœ Gallicique peditatus prœfecti , qui bellis Civilibus in Gallia excitatis, in hujus urbis obsidione ignito fictili' percussus prœclaris egregiœ virtutis ac fortitudinis facinorïbus editis exstinctus est.
Cor hic positum est an itf. D. LXII. cet.
Fulv. con. posuit.
En voici la traduction..
« Le cœur de Charles de La Rochefoucault, comte de Randan, chevalier du Collier, capitaine des cinquante hommes d’armes, colonel de la bande et de l’infanterie de France, au milieu des guerres civiles soulevées en France, frappé d’un coup de feu au siège de cette ville, qui, après avoir déployé un courage et une vigueur éclatante, s’éteignit. Ici son cœur fut placé, l’an 1562, à son âge de 37 ans.
« Fulvie, son épouse, l’y a déposé \ »
Sa veuve sollicita du chapitre de la Cathédrale, qui se rendit à ses désirs, la faveur d’inhumer son cœur dans la chapelle de la Vierge et de le couvrir d’une lame de cuivre
portant ses armoiries 3 .
1 Ces mots « ignitüm ficlile , » que M. Deville a traduits par « coup de feu, » donnent à penser qu'il s’agit plutôt « d’une grenade ; » car il y avait « des grenades de terre cuite. » Voir le Dictionnaire de Trévoux. — F. B.
2 « Il avait épousé Fulvie de la Mirande. » Deuxième édition, p. 274. — F. B.
2 L’abbé Bertin, dans sa visite en 1710, ajoute ces détails sur la place occupée par ce monument, a Du côté épître,
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
Un manuscrit du temps raconte ainsi ses obsèques :
« Le convoi du dit cœur fut des religieux mendiants et prebtres des paroisses de Rouen; aprez lesquels venorent deux tabours couvertz de drap noir avec ung phiphre sonnans du deuil et deux hommes revestuz en deuil portans deux enseignes treynans outre bas. Messieurs les chanoines et chappitre de l’esglise de Nostre Dame estans au bas de la nef de l’esglise prez de la porte receurent le dict appareil et convoierent le dict cœur du décédé que portoit un gentilhomme sur ung coussinet couvert d’ung taffetas blanc et noir en forme de croix jusques a la fosse qui estoit préparée, puis fust dicte la messe au chœur. »
1563. Gombault (Guillaume), trésorier de la Cathédrale.
Ses héritiers demandaient qu’on leur permît de lever une tombe qui était près de la porte du grand portail pour la placer sur sa sépulture, s’engageant à la remplacer par d’autres pierres et à payer cette tombe 10 écus d’en au soleiL
On ne dit point où maître Gombault avait été inhumé.
Le 11 octobre 1542, il assistait à une conférence pour l’examen du mortelle plan et pourtraict de la tour centrale et du clocher en bois qu’on allait y déposer.
1564. Jacques de Castonolles, seigneur de Sauveterre, chanoine et chancelier, décédé au mois de janvier 1564.
Son testament, ainsi que les registres de la Cathédrale, indiquent sa sépulture dans la chapelle de la Vierge, proche de la tombe du cardinal Georges d’Amboise, qui l’avait honoré de sa confiance et de son amitié. C’est lui qu’on avait commis à la direction des travaux du château de Gaillon, de l’an 1502 à l’an 1509.
Malgré ces souvenirs, le chapitre, s’il ne les exigea pas, se laissa du moins compter, à l’occasion de cette commission, 50 écus d’or.
1566. Jean Hays, chanoine.
Inhumé devant l’image de YEcce homo1.
Ce chanoine était pauvre ou avait peu d’ordre. Un de ses confrères fut obligé d’avancer
au pilier d’entrée, la l'e et 2e arcade de vitres, il y a sur une pierre blanche cet épitaphe. « Il cite l'épitaphe française, puis il ajoute à la fin : « Son écusson est au-dessous fascé de gueules et de sable avec trois chevrons sur le tout et est orné du cordon de Saint-Michel. » Voir Voyage archéologique et liturgique en Normandie, par l’abbé Berlin, publié par M. de Bouis, 1863, pages 26 et 21 de l’Extrait. — F. B.
1 Dans le transept sud, ainsi qu’on l’a déjà dit plus haut, p. 242 et 243. — - F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
60 livres pour ses funérailles et prit en gage quatre coupes d’argent ; mais il se trouva qu’elles n’étaient pas payées. L’orfèvre qui les avait fournies, Robert Allant, vint les réclamer. La chambrière du défunt réclama, de son côté, 9 livres qui lui étaient dues sur ses gages.
1566. Jean d’Estouteville, sire de Villebon, dernier mâle de sa branche, mort à Rouen, dont il était bailli et capitaine. Il était aussi prévôt de Paris. Son cœur fut placé dans le tombeau du cardinal d’Estouteville, son parent.
1570. Jean Nagerel, chanoine et archidiacre.
Inhumé, dans la chapelle de la Vierge, sous la tombe de Robert Nagerel, son oncle.
1578. Charles Becquet, chanoine et archidiacre.
Inhumé dans la chapelle de la Vierge.
Ce chanoine était tant soit peu mondain. Au mois de juin 1566, le chapitre lui enjoignait de se mettre en habit de chanoine, savoir qu’il mettra bas ses grosses chausses et qu’il fera faire sa tonsure et barbe.
1579. Jean Dizy, boulanger du chapitre.
Il fut enterré devant la chapelle Saint-Fiacre.
Le 10 mai 1564, il fournissait le pain du dîner de l’Ascension, pour le chapitre, qui lui fut payé xxn sous 1 .
1580. Denis de La Fontaine.
Il demanda à être enterré au long ou autour des fonts. Il assigna, pour ses funérailles et son inhumation, 534 liv. 8 s., « en especes qui ensuyvent, dit son testament, assavoir cinquante et huit escus sol, deux cens quarante et quatre testons, quarante et
1 Les chanoines de la Cathédrale se réunissaient, tous les ans, le jour de l’Ascension, dans un banquet, qui avait reçu le nom de Dîner de l’Ascension.
La dépense du dîner de l'année 1564, dont il est fait ici mention, s’était élevée, tout compris, à la somme de 66 livres
7 sous du temps, dans laquelle figuraient :
La viande de boucherie, pour . !) 1. 12 s.
La volaille et gibier. . . 25 4
Les épices . 4 16
La pâtisserie . . . « 6 16
Le vin . 7 1
Le pain (on l’a vu). . . . . I 2, etc.
Le maître cuisinier reçut pour lui et ses aides, 3 livres.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE'
quatre francz, deux quarts d’cscu, trente et six pistolles, sept chignolles d’or et trois marionnettes d’or. »
1581. Romain Daniel .
11 était coutre de l’église 1 .
« Il a été ordonné, disent les registres capitulaires, que le corps du dit coutre sera inhumé près les orgues, où on a coutume d’inhumer les coutres. » Cette place était réservée aux coutres de la Cathédrale, comme étant voisine du cadran, qu’ils étaient chargés de gouverner.
Ils recevaient, pour cet emploi, dans les xve et xvie siècles, vingt sous par an. (Regist. capitulaires).
Des femmes de mauvaise vie, scandaleuses et maquerelles, s’étant entendues avec des soldats pour leur livrer, dans l’église cathédrale, de pauvres jeunes filles, le coutre Romain Daniel, indigné, s’arme d’un fouet pour leur donner la chasse. On ne dit point s’il avait mis à la piste deux chiens, ainsi que le faisait un de ses prédécesseurs , mais qu’on expulsa comme étant malpropres et trop aboyants, inhonesti et nimium clamorosi.
1581. Daniel de Pi scard, chanoine.
Inhumé devant la représentation de Ecce liomo devers la chapelle du Saint Esprit, dit son testament. Ainsi l’image de Y Ecce homo était placée dans le transept du midi2. Cette place était très ambitionnée. Celle devant le Crucifix partageait la môme faveur.
1581. Merille, chanoine.
On ignore l’endroit de sa sépulture.
Le chapitre, le 12 décembre 1581, donnait l'ordre d’arracher les armoiries qu’on avait placées près de son cercueil, comme chose inusitée et inconvenante pour un chanoine.
1586. Jean Lebrun, prêtre.
Jean Lebrun demanda, par testament, à être enterré « en la nef devant l’image de la benoiste Vierge Marie. »
Nulle trace de cette sépulture.
' Coutre, du mot latin custos.
2 M. Deville l’avait déjà dit ailleurs. Mais Y Ecce homo est plus voisin de la chapelle du Grand-Saint-Romain comme le dit la note de la page 243, que de celle du Saint-Esprit, qui vient à la suite. — F. C.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
1590. Charles de Bourbon, cardinal, archevêque de Rouen, dit Roi de la Ligue.
Le cardinal de Bourbon, décédé le 9 mai 1590, à Fontenay-le-Comte, où il était détenu par Henri IV, après avoir été incarcéré par Henri III, en 1588, n’ayant point fait de testament, avait légué, de vive voix, au moment de sa mort, son corps à la chartreuse de Haillon, son cœur à son église cathédrale de Rouen. Un chanoine de cette ville, ami du cardinal, Marian de Martinbos (voir p. 257), qui avait recueilli le cœur, le garda devers lui, durant un laps de vingt-trois années. A sa mort, arrivée en 1614, le cœur fut trouvé enfermé dans une boîte de plomb parmi les livres du chanoine. H fut porté et déposé dans la sacristie de la Cathédrale '.
Nous n’avons trouvé nulle part, malgré les recherches auxquelles nous nous sommes livré, la trace de ce que ce cœur devint depuis lors. Il est bien présumable que le clergé, qui avait conservé un pieux souvenir pour le cardinal de Bourbon, aura inhumé son cœur dans l’église cathédrale, suivant le désir qu’il avait exprimé en mourant, et ce, nuitamment, sans pompe aucune, sous une pierre, dépourvue d’inscription.
Le cardinal de Bourbon, même avant d’être roi de la Ligue, et livré aux intrigues politiques, fréquentait peu sa chaire archiépiscopale; elle en porta, dit-on, la peine. Elle recevait d’autres visites. « Un méchant et malheureux garçon, âgé de treize ou quatorze ans, alla faire ses immondices dedans la chaire archiépiscopale estant dedens le cœur de l’eglise, vu aussi que chaque jour des femmes se vont mectre dans la d. chaire pendant qu’on fait et célèbre le divin office, il a esté ordonné pour éviter que telles choses adviennent plus, que la d. chaire sera close aux despens de monseigneur le cardinal, pour que, ajoute, en terminant, le registre, la fabrique est bien pauvre. » Le cardinal de Bourbon en fut pour ses frais1 2.
1594. Jean ëigues de Saindisier3, chanoine, grand archidiacre, chapelain de la Belle- Verrière.
1 M. Deville nous parait avoir puisé la connaissance de*ceHait dans un travail de M. l’abbé Langlois, où il a été consigné, en 1854. Voir l’Appendice XXI, 4°. — F. B.
2 La chaire archiépiscopale ne jouait pas de bonheur; 1793 lui porta le dernier coup. <• Une doit pas exister de trône, s’écria, un jour, un membre de la CommuneTévolutionnaire de Rouen; tout ce qui peut en rappeler l’image doit être proscrit. Le croiriez-vous, citoyens, il existe encore un throne surmonté d’un dais ou baldaquin dans le lieu le plus apparent de cette vile, la Cathédrale ! » La Commune, faisant chorus avec le dénonciateur, vota la destruction de la chaire archiépiscopale.
Quoique souvent absent, le cardinal de Bourbon n’oubliait pas son église. Au mois de décembre 1571, « il lui faisait don d'une croix ayant deux branches sur lesquelles sont deux ymages avec deux candélabres, le tout en argent doré et muny de plusieurs perles et pierres précieuses, a Lin qu’il soit perpétuellement mémoire de lui. »
* « Surnommé Saint-Désir, » 2® édition, p. 277. Dmer ou Didier sont synonymes. Voir le Martyrologe universel. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
Il avait occupé, dans l’origine, la cure de Saint-Disier, d’où lui était venu son nom de Sandesirius de son épitaphe.
Il avait ôté conseiller et aumônier de Henri III, et attaché à la personne des deux cardinaux de Bourbon, le roi de la Ligue, et l’archevêque de Rouen, Bourbon-Vendôme. En 1550, lors de l’inventaire des meubles du château de Gaillon, auquel il assistait, Jean Bigues y prenait le titre de secrétaire du cardinal de Bourbon-Vendôme, « soy disant secrétaire de monseigneur reverendissime cardinal de Vendôme. »
Jean Bigues demanda, par son testament, fait en 1590, à être enterré dans la chapelle de la Vierge, « soubz une tombe devant le tableau qü’ont faict mettre Ms de la confrairie Nostre-Dame; » ce qui lui fut accordé. On consentit môme à ce qu’il fit placer, de son vivant et sous ses yeux, vwusque vidensque, celle tombe. Jean Bigues put la contempler, à son aise, durant quatre années, avant qu’elle s’ouvrît et se refermât sur lui.
Voici l’épitaphe, en vers latins, qu’on y traça;:
HUNC SIBI CONSTRUXIT TUMULUM VIVUSQUE VIDENSQUE SANDESIDERIUS 1 , QUI ©UM DESIDERAT ESSE CUM CHRISTO, CUP1T ET DISSOL VI, SOL VIT HONORES IPSE SIBI EXTREMOS, SACRÆ DEÇUS ÆDIS, IN URBE ROTHOMAGI, SUB BORBONIO, SUB VINDOCINOQUE CARDINIBUS MAGNIS, TEMPLI TIBI, CURISTE, DICATI.
« Saint-Désir s’est fait construire ce tombeau de son vivant et sous ses yeux, désirant être avec le Christ, il le souhaita et s’éteignit; il se rendit lui-même les derniers honneurs, lui la gloire de l’édifice sacré, dans la ville de Rouen, sous les deux grands cardinaux de Bourbon et de Vendôme, du temple, ô Christ, à toi dédié. »
En 1569, le chapitre prenait la délibération suivante :
« Il a été conclud que Mr le grand archidiacre (Jean Bigues l’était depuis l’année 1561) sera faict venir pour sçavoir qu’il a faict des bagues et pierreries qui estoient a l’entour de la chasse de Ne De,;les quelles lui furent baillez par la royne mere incontinent après que ceste ville de Rouen fust réduite a l’obéissance du roy. »
1 Le texte, emprunté à Farin (IIIe Partie, p. 22), donnait scandesiderius ; la correction a paru motivée par le Martyrologe qui traduit Didier et Désir par Desiderius. Il donnait aussi dissolvit, qui a été remplacé par dissolvi, qu’on lit dans D. Pommeraye, Histoire de la Cathédrale , p. 368. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
On ne dit pas quelle suite fut donnée à cette affaire.
Une autre réclamation, moins importante, il est vrai, et moins compromettante, surgit peu de temps après sa mort. Un sculpteur de Rouen, un ymaginier, du nom de Desplanches, demanda à être payé de la somme de trois écus d’or, qui lui était due « pour avoir faict l’ymage Notre Dame assise en la chapelle de la Belle Verriere et ce par le commandement de feu sieur Saint Désir, lors de son vivant chaplain d'icelle. » Il fut fait droit à sa requête.
1595. André Brancas de Yillars, amiral de France.
Brancas de Yillars, s’étant jeté dans le parti de la Ligue, soutint le siège de Rouen contre Henri IV, en 1591-1592. Rallié à ce prince, il le servit avec la même ardeur qu'il avait mise à le combattre. Fait prisonnier, à la bataille de Doulens, en 1595, il fut lâchement assassiné par la populace de cette ville.
Henri IV estimait son courage et son caractère. Sully disait de lui « qu’il était la droiture et la bravoure même. » Ses obsèques furent célébrées avec pompe dans la Cathédrale de Rouen, le 5 septembre 1595. On regretta de ne pouvoir mettre en branle la maîtresse cloche Georges d’Amboise pour le racoustrement du marteau de laquelle le défunt laissait, par testament, cent escus cl'or.
On lit, entre autres détails, dans une relation manuscrite de la cérémonie des funérailles :
« Aprez marchoit ung homme de cheval vestu de vellours noir avec une grande croix de satin blanc le quel homme portoit une ensaigne en la quelle y avoit paint ung homme de cheval tout armé le quel se jetloit dans ung feu et y avoit escript en la dite ensaigne vernie amor patriœ.
« Aprez marchoient sept pages vestus de vellours noir, le premier portant la lance du d. deffunct sr admirai, le second sa cuirasse, le troysieme ses gantcletz, le quatrième son heaulme, le cinquiesme ses espérons, le sixiesme son espée et le septiesme lecusson de ses armes, chacun sur ung coiessin de vellours noir couvert de crespe noir 1 . »
Le sire de Yillars, auquel sa famille avait émis l’intention « de faire faire en bref
1 L’épée et la pertuisane de l’amiral Brancas de Yillars sont conservées au Musée des Antiquités de Rouen. Il n’est pas sùr que les chanoines de la Cathédrale aient mis un grand empressement à célébrer les funérailles de Villars, qui, lors du siège de Rouen, en 1 59 1 , les avait forcés d’aller travailler, comme de simples manœuvres, aux fortifications.
Nous ajouterons que le Catalogue du Musée d’Antiqùités de Rouen (1868) donne quelques détails sur ces armes, pages 1 2 1-19,2. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
une belle et superbe sépulture, » sans y donner suite, fut simplement inhumé, dans la chapelle de la Vierge, dans un petit caveau qui en occupe le centre. En faisant quelques fouilles, en 1737, dans cette chapelle, on découvrit le caveau et le corps du personnage. Cette sépulture, comme tant d’autres, était tombée dans l’oubli.
1596. On rapporte à cette date la mort de J. Tolet, jésuite, nommé cardinal par l’intervention de Henri IV, auquel ce prince, en reconnaissance des services qu’il en avait reçus, fit faire, dit-on, de magnifiques obsèques dans les églises de Notre-Dame de Paris et de Rouen.
Nous n’avons trouvé, dans la Cathédrale de Rouen, aucune trace, aucun souvenir qui s’y rattache. Aussi nous ne citons ce document historique que pour mémoire.
1597. Hector de Dampierre, chanoine.
Inhumé devant le Crucifix.
1599. Adrien Ballue, chanoine, curé de Sotteville.
Il fut prince de la confrérie des Palinods, en 1578. On lit, dans son testament : « Quand à mon misérable corps et charongne qui couvre cette pauvre ame pecheresse à cause d’inneumérables maux a asservir et obliger au diable viande aux corbeaux et aux bêtes, chose qui vaut le parler ny moins descrire, je veil qu’il soit mis à Nostre Dame devant l’autel Saincte-Cécille. » Cet autel était placé sous le jubé, à main gauche '.
Adrien Ballue avait été prince des Palinods : c’est là qu’il avait pu se former à ce style excentrique, à effet, de son testament.
Il fut inhumé devant le Crucifix, disent les registres du chapitre.
En 1591, le chapitre allouait deux écus d’or « au s* Ballue pour les fraiz qu’il a faicts des lettres de monseigneur le duc de Mayenne portant exemption de loyer aux maisons de messieurs de chapitre. »
Le duc de Mayenne n’était pas maladroit. Aussi, le chapitre, en parlant de lui, disaitil : Monseigneur le duc de Mayenne, et, en parlant de Henri IV, Yérètique.
Est-ce Adrien Ballue, qui, la même année, dans le même mois, avait donné lecture au chapitre des lettres d’excommunication, lancées « tant à l’encontre de Henry de Bourbon jadis roy de Navarre tenant le party des hérétiques que contre toutes les personnes qui
■ Son nom primitif était Sainl-Pierre-sous-le-Crueifix, remplacé, au xvi° siècle, par celui de Sainte-Cécile, conservé jusqu’à nos jours.
suivent le cl. Henry tenant party et fauteurs d’héresie? » S’il n’en donna pas lecture, il est certain qu’il y applaudit.
1604. Martin, chanoine.
Inhumé dans la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul.
1606. Antoine Marc, chantre.
Né à Rouen, décédé le 28 février 1606. Inhumé dans la chapelle de la Vierge.
En 1605, il était prince de la confrérie des Palinods. L’année précédente, en compagnie de Jean Delaplace, il assistait, au nom du chapitre, à la séance du Parlement à Rouen, pour le rétablissement des jésuites.
Il s’était montre très chaud pour le parti de la Ligue, lors du siège de Rouen, en 1591 ; ce qui ne l’empêcha pas de déployer son talent de chantre, devant Henri IV, lors de l’entrée solennelle de ce prince à la Cathédrale de Rouen, le 16 octobre 1596.
1607. Demoiselle Daubeuf, femme Caveron.
Inhumée dans la chapelle de la Vierge, près du tombeau des de Brezë.
1608. Henry Le Prieur.
Inhumé à quatre ou cinq pieds « tirant vers la Ivalcnde. » Il est désigné comme un des petits chanoines des quinze marcs et garde des reliques et angelots de la Cathédrale.
Avait-il pris sa part des deuxpatez de veneson qu'un pâtissier de la ville, avait faits lors du festin de L’Ascension, en 1607, et pour la livraison desquels il réclamait du chapitre 1 00 sous 1 2 ?
1610. Demoiselle Baudry, femme Gueroult. (Voir ci-après Charles Gueroult, p. 257).
1614. Marian de Martinbos, chancelier de la Cathédrale, prince du Puy de Sainte-Cécile.
Décédé le 28 avril. Le chapitre delà Cathédrale, sur l’observation d’un de ses membres, qu’il serait décent d'inhumer les corps dans l’église avec leur coffre, décida, dans sa séance du 21 août 1612, « qu’à l’avenir les corps qui seront inhumés dans l’église cathédrale seront inhumés avec leur coffre. » Le corps de Marian de Martinbos, décédé à huit mois de là, dut être déposé, dans ces conditions, sous le sol de la chapelle de la Vierge,
1 Ces 100 sous, à raison de 24 sous la livre, manière de compter du temps, représentaient 4 livres 4 sous tournois;
2 livres 2 sous par pâté. Ces prix n avaient pas ou peu augmenté depuis une trentaine d'années : au festin de 1 Ascension de 1564, le pâtissier faisait payer, pour pâtisserie et dessert , 6 livres 10 sous. — Voir la note de la page 250.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
où il fat inhumé. Il est le premier ecclésiastique auquel cette mesure ait été appliquée.
Marian de Martinbos avait été abbé de Jumièges et conseiller au Parlement de Normandie1. Une visite ayant été ordonnée, après son décès, dans la maison canoniale qu’il occupait, on n’y trouva plus, disent les registres capitulaires, « un oratoire ou chapelle en la quelle estoit dépeint le serpent d’airain. » On voulut en rendre les héritiers responsables.
Marian de Martinbos était un homme aussi studieux que savant ’ . Le cardinal de Bourbon, le roi de la Ligue, se plaisait à travailler avec lui. Leurs doctes entretiens se prolongeaient souvent fort avant dans la nuit.
A la mort du cardinal, il recueillit son cœur, et, dans la crainte, sans doute, d’exposer à quelque outrage le cœur du roi de la Ligue , il le garda devers lui , soigneusement caché.
1615. Charles Gueroult, sieur Dumanoir.
Inhumé dans la chapelle Saint-Etienne de la Tour de Beurre , sous une tombe de marbre. On y avait gravé :
« Cy gist Charles Gueroult , ecuyer, sieur Dumanoir , en son vivant conseiller, secrétaire du Roy, maison et couronne de France, qui décéda le 10 février 1615, et demoiselle Baudry, son épouse, qui décéda le 8 décembre 1610.
Priez Dieu pour leurs âmes. »
1617. Jacques de Bourdigal3, chanoine, prince du Puy de Sainte-Cécile.
Inhumé dans la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul.
1620. Lenfranc Bigot, sieur de Tibermesnil, chanoine.
Dans la nef, « devant le Crucifix, dit Farin 4, sur une table de marbre noir, on lit :
1 Marian de Martinbosc, sieur du Buse, clerc, chancelier de l’Eglise de Rouen, avait été nommé conseiller en 1568. — F. B.
2 On voyait, dans la librairie du chapitre, un martyrologe in-folio, relié en veau, dont Marian de Martinbos lui avait fait don en 1597.
2 C’est-à-dire « de Bordeaux, » Burdigalensis, du latin Burcligala. — F. B.
a M. Deville avait suivi l’édition de Du Souillet. Nous avons rétabli l’inscription d’après celle de Farin luimême, Histoire de Rouen (1668), t. II, p. 24‘ — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
« Cy yist noble et cliscrette lier sonne maistre Lan franc Bigot prestre, sieur de Thibermesnil , le quel ayant esté chanoine en Veglise de céans , soixante cinq années, décéda le XXVI mars MDCXX âgé de LXXXVII ans. Priez Dieu pour son ame. »
La tombe et l’inscription ont disparu.
La sœur de ce chanoine, veuve du sieur de Préaux, conseiller du roi, donnait, en 1597, pour la châsse de Notre-Dame, « pour la décoration d’icelle , une cliaine d’or estimée quarante sept ecus sol et contenant trente chaynettes ', compris la croche. » Lui-même fît don à la Cathédrale « d’une chappe de velours violet plain à orfrois, de thoillc dargcnt blanc, à ses armes. » (Registres capitulaires).
1622. Gaspard Duclos, chapelain du collège d’Albane.
Inhumé dans la chapelle Saint-Eticnne-la-Grande-Eglise.
Ce chapelain faisait-il partie de ceux auxquels on défendait, quelques années auparavant, de se promener dans l’église en manteau court, et auxquels on enjoignait de porter habitz honnestes et décends de dignité sacerdotale ? Cela est bien possible.
1622. Barthélemy Laligney, chanoine.
Sépulture dans la chapelle du Saint-Esprit. C’est inutilement qu'on chercherait à s’en assurer sur place.
1G23. Louis de Boujou, chanoine.
Sépulture incertaine.
Trois religieux de Saint-Ouen de Rouen, qui avaient assisté à son inhumation, s étant plaints de ce que « l'on ne leur avait point envoyé l'honnesteté accoutumée, » le chapitre leur fît passer trois gallons de vin, au compte des héritiers.
1624. Jean de la Place, chanoine.
Inhumé dans la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul.
Jean de la Place était délégué, en 1604, avec un de scs confrères, Antoine Marc (voir p. 256), pour assister, au Parlement de Rouen, à la cérémonie du rétablissement des jésuites. C’est Jean de la Place qui, au nom de la veuve du sieur de Préaux, avait
1 La seconde édition porte : « quarante veruelles et cent trente chaynettes. » P. 282. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
déposé, sur le bureau du chapitre, en 1597, la chaîne d’or destinée à la châsse Notre- Dame. (Voir Lenfranc Bigot, p. 258).
1625. Jacques Desmay, pénitencier.
Inhumé près de son confessionnal, entre la chapelle Notre-Dame et celle de Saint- Pierre-Saint-Paul. Il était docteur en théologie, vicaire général et pénitencier de la Cathédrale.
1625. Jacques Cavelier, sieur Dauberville, chanoine.
Au milieu de la nef, devant le Crucifix. Une tombe (une dalle) de marbre noir fut apposée sur sa sépulture.
1625. Jean Lagrue, chapelain du Saint-Esprit et musicien.
Inhumé aux abords de la chapelle du Saint-Esprit, bien qu’il eût demandé à l’être dans l’intérieur même de la chapelle.
1625. Jacques Turgis ;
Robert Tallebot ;
Charles Lebrasseur. (Voirp. 173-174).
1627. Fernando Dorta, Portugais..
Le 17 juin de cette année-là, cet étranger demandait à mettre une inscription sur la tombe de sa femme. On ne dit pas si cette faveur lui fut accordée, ni à quel endroit de l’église sa femme avait été inhumée.
1631. Colette Levif, sœur d’un chapelain.
« Proche la chapelle Saint-Fiacre où sa mère et son frère ont été inhumés. »
1632. Pierre Rallier, chanoine et pénitencier.
« Proche la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul, vis-à-vis de son confessionnal, suivant sa dernière volonté et dèsyr. »
1632. François Garnier, chanoine honoraire.
Il avait fait placer, du consentement du chapitre, sa tombe, de son vivant, devant l’image de Notre-Dame-de-Pitié \ C’est là qu’il fut enterré.
1 L’ancien autel de Saint-Sever, aujourd'hui de la Compassion. Comme le dit si bien Hercule Grisel :
Fonshic expressaque Virgo Quæ natum in gremio sustinet exanimem,
On voit là, près des Fonts, le groupe de la Vierge Portant sur ses genoux son fils inanimé. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
1633. Marin Le Pigny, chanoine et archidiacre (nous transcrivons le registre capitulaire), « conseillier aumônier prédicateur du roy, inhumé dans la chapelle Notre Dame soubz la tombe de feu sr Nagerel son oncle, suivant son testament et volonté. » (Voir p. 126).
1636. Louis Dever, chanoine et conseiller-clerc au Parlement de Normandie.
Louis Dever reçut la sépulture auprès de la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul, non loin de son grand-oncle, qui avait été également chanoine. Louis Dever avait fondé quinze cents livres pour son obit
1636. Jean Titelouze, prêtre, chanoine organiste.
Jean Titelouze fut inhumé proche de la sépulture de Jacques Demay, entre la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul et celle de la Vierge.
Ses héritiers demandaient à mettre une inscription sur sa tombe ; ce qu’on leur accorda, « après qu’elle aura été soumise au chapitre. »
En 1631, Jean Titelouze proposait au chapitre et dirigeait l’exécution de quatre théâtres, « dans la nef pour le jour et festc de Sainte-Cécile, afin de rendre la musique plus harmonieuse et les voix et instruments plus intelligibles, ensemble les acccns. »
Jean Titelouze avait été nommé organiste de la Cathédrale, en 1588. C’était un musicien d’un rare talent. Un poète du temps, du nom de Bardin, lui adressa ces vers :
Vraiment je ne m’étonne pas Que dedans l’infernal empire Orphée ait charmé le trépas Avec les accens de sa lyre.
Si vos chants se faisoient ouyr Dedans ces demeures funestes Les damnés penseroient jouir Des voluptés des lieux célestes.
Feu M. l’abbé Langlois, dans son discours de réception à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, en 1850, a donné la liste des organistes de la Cathédrale, de l’année 1383 à l’année 1777. Jean Titelouze y tient le premier rang”.
1637. Pierre Acarie, chanoine, archidiacre, décédé le 2 mars.
Acarie, qualifié de pénitencier et théologal de la Cathédrale, avait été official et grand-
1 Revue des Maîtres de Chapelle et Musiciens de la Métropole de Rouen, pages 1 G- 1 8. Il cite aussi les vers ci-dessus. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
vicaire de François II de Harlay, archevêque de Rouen, qui le mit a la tête de la bibliothèque de la Cathédrale, qu’il avait dotée de celle qu’il possédait, à son château de Gaillon, et qui n’avait pu être transportée que dans six grands tonneaux *.
Pierre Acarie avait donné l’exemple à son archevêque. Le premier, en 1632, il offrait au chapitre « tous et chacun ses livres au nom et faveur de Nostre Dame pour en disposer à commencer une bibliothèque. »
Aussi, chaque année, après le festin de l’Ascension, qui avait lieu dans la salle de la Bibliothèque, le chanoine qui disait les grâces ajoutait-il-: « Prions Dieu pour le repos de l’âme de Pierre Acarie, qui a donné commencement à cette bibliothèque. »
Pierre Acarie, à son lit de mort, avait demandé, comme une faveur, d’être inhumé au pied de la montée de la bibliothèque, l’objet de ses plus chères affections.
Ses héritiers, à sa mort, s’empressèrent de prier le chapitre « de luy accorder le dit lieu, comme de permettre y faire placer une tombe avec une inscription portant titre de sa donation et comme ayant esté le premier bibliothécaire; pour par ce moyen induire les personnes doctes et devotes à prier Dieu pour son ame. »
Le chapitre consentit. La tombe et l’inscription ont disparu depuis longtemps.
On voyait, dans le siècle dernier, suspendu aux murs de la bibliothèque, le portrait de son premier donateur, avec cette inscription-:
D. PETRUS ACARIE DOCTOR THEOLOGUS ARCH. AUGI CANONICUS ECCLESIASTES ET OFFICIALIS ECOLES. ME- TROPOL. ROTHOMAG. HUJUS BIBLIOTHECÆ INSTAURATOR OBIIT ANNO Dni 1637.
ÆTAT. 51.
En voici la traduction, en langue française :
« Maître Pierre Acarie, docteur en théologie, archidiacre d’Eu, chanoine, ecclésiaste et official de l’église métropolitaine de Rouen, organisateur de cette bibliothèque. Il mourut l’an du Seigneur 1637, à l’âge de 51 ans. »
’ Registres capitul., 23 mars 163L Voir les Recherches sur les Bibliolhèques des archives et du chapilre de Rouen, par M. l’abbé P. Langlois, p. 82. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
On aurait pu ajouter à ces litres ceux de conseiller aumônier et prédicateur ordinaire de la royne-mere du roy, de pénitencier et grand vicaire , qu’il avait portés.
En 1630, Pierre Acarie, le 2 janvier, bénissait solennellement le pont de bateaux de la ville de Rouen, qui venait d’être achevé.
1640. Nicolas Brice, chanoine.
« Mr Brice l’ancien, dit Pommeraye, choisit sa sépulture sous une grande tombe de marbre noir, brute, où il fut mis le 4 août 1640, au bas du Crucifix, près du jubé. »
MM. Brice, oncle et neveu, avaient fait don, en 1630, à la Cathédrale, de ce même Crucifix, qui se dressait sur le jubé *.
1 6 40. Madame de Bourtheroude a exprimait au chapitre le désir d'avoir sa sépulture avec fondation, dans la chapelle de la Vierge, proche du tombeau de M. de Brézé, son allié. « Le chapitre, vu que toute la chapelle de la Vierge sembloit estre destinée tant pour la sépulture de MM. les archevêques que personnes illustres signalées par leur grandeur et prouesse, comme nous en remarquons les épitaphes et trophées, et bien que la dame fust d’illustre maison, ne peut consentir à sa demande, mais lui accorde une place dans le reste de l’eglise, le chœur bien entendu excepté. » MM. les chanoines n’étaient pas de très bonne loi. Mme de Bourtheroude aurait pu leur répondre qu:ils avaient laissé inhumer, en 1607, dans cette même chapelle, proche de ce même tombeau de Brézé, Mlle Daubeuf, femme Caveron ; plus anciennement encore, en 1499, Blanche Commet, veuve Rollin; lesquelles ne la valaient pas à coup sûr; sans parler des sieurs de Martinbos, Lepigny, en 1614 et 1633, qui n’étaient ni « archevêques, ni personnes illustres, signalées par leur grandeur et prouesse, ni trophées. » On ne dit point si la dame de Bourtheroude accepta la place secondaire qui lui était offerte.
1642. Nicolas Le Royer, chanoine et chantre, décédé le 7 septembre 1642.
Inhumé vers le haut de la nef, auprès du tombeau du cardinal d’Estoutcville. Il avait été aumônier de Louis XIII.
Nicolas Le Royer assista deux fois aux Etats de la province, comme député, où il avait été délégué par l’ordre ecclésiastique.
1 M. Ch. de Beaurepaire a parlé longuement des Brice dans une Notice sur la Chapelle Sainte-Catherine, à la Cathédrale. L'intendance en fut confiée à cette famille, représentée au chapitre do Rouen, pendant 130 ans, de 1585 à 1715. Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure, t. V, p. 146-150. — F. B.
* Plus ordinairement Bourglheroulde. Ici, et ailleurs, nous laissons l’orthographe des noms propres adoptée par M. Deville. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
1647. Marette, chanoine.
Inhumé devant la chapelle Sainl-Pierre-Saint-Paul. Il avait légué à la bibliothèque du chapitre les livres suivants: L’Alcoran; Opéra Abelardi; Ortodoxigraphia totius theologiœ 1 .
1648. Jean Le Prévost, chanoine, décédé le 24 décembre.
On voyait, dans d’ancienne bibliothèque de la Cathédrale, qu’il avait dirigée, de l’année 1637 jusqu’à sa mort, son portrait, au bas duquel était cette inscription: