‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 89 sur 99 · JOANNES LE PREVOST ECC. ROTOMAG · texte numérisé non relu

JOANNES LE PREVOST ECC. ROTOMAG

CANONICVS, BIBLIOTHECAR1VS, VIR ERVDITVS ET FRVGI. OBIIT ANNO Dm 1648, ÆTAT. 47.

« Jean Le Prévost, chanoine de l’église de Rouen, bibliothécaire, homme érudit et de ressource 2 . Il mourut l’an du Seigneur 1648, âgé de 47 ans. »

Jean Le Prévost demanda à être enterré au bas de l’escalier de la bibliothèque, côté nord.

Ce chanoine était fort instruit et a laissé de nombreuses preuves de son érudition.

Le savant abbé Langlois, de regrettable mémoire, qui lui a consacré un long article dans son écrit sur les Bibliothèques des archevêques et du chapitre de Rouen, le regardait comme le plus érudit des chanoines de son temps3. On cite, parmi ses ouvrages: une Histoire ecclésiastique de Normandie, ses Recherches de la Normandie et une Suite des archevêques de Rouen, laissées en manuscrit.

Au mois de juin 1637, Jean Le Prévost, qui venait de présider à l’ouverture de l’ancienne châsse de saint Romain, proposa au chapitre de faire des copies de la vie de saint Romain et des translations de son corps, manuscrits antiques qu’on y avait trouvés, et de les déposer aux archives, afin d’en conserver mémoire. Ce qui fut écouté.

1652. Louis Samson, sous-chantre.

Cité, en 1631, comme prêtre et chanoine. Inhumé près de la chapelle Saint-Pierre- Saint-PauL

1 Ce nom doit être ajouté à ceux des autres bienfaiteurs, cités par M. l’abbé Langlois, dans ses Recherches sur les Bibliothèques des archevêques et du chapitre de Rouen, — F. B.

2 Frugi, vertueux, homme de bien. — F. B.

* Pages 51-53 de l’Extrait ( 1 8 33). — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

C’est lui qui fut chargé, sous la direction de Jean Le Prévost, de faire la copie des manuscrits trouvés dans la châsse de saint Romain. (Voir ci-dessus, p. 263) .

En 1626, ce sous-chantre était réprimandé, pour s’être permis, sans y avoir été autorisé, de faire faire le bas-relief de l’arbre de Jessé du grand portail de la Cathédrale. 11 avait traité à forfait pour ce travail, moyennant 75 livres tournois. On lui en enleva la direction.

1654. François de Harlay, cardinal, 85e archevêque.

Né à Paris en 1586, nommé coadjuteur en 1614, puis archevêque en 1615, mort au château de Caillou en 1654. Son cœur et ses entrailles furent inhumés dans la Chartreuse de cette ville, son corps apporté à Rouen, pour être déposé dans le tombeau de Georges d’Amboise, suivant le désir de son frère 1 et successeur, François III de Ilarlay, en faveur duquel il avait abdiqué2.

La cérémonie des obsèques, qui lui avaient été préparées à la Cathédrale avec une grande pompe, fut scandaleusement troublée par une querelle de préséance entre les membres de la Chambre des Comptes et ceux du Parlement, laquelle dégénéra en gourmades et en coups d’épée.

Le corps de François de Harlay avait été temporairement placé dans le tombeau des d’Amboise, en attendant, disent les registres capitulaires, qu’on lui eût érigé un tombeau particulier, que sa cendre attend encore. Les morts sont comme les absents: ils ont souvent tort.

On finit par se contenter de placer, en regard du lieu de la sépulture, une simple tablette, sur laquelle on avait fait graver l’inscription suivante :

IN

AMBASIORUM TUMULO JACET

FRANCISCUS DE HARLAY Dni CARD. LEG. DE AMBASIA EX SORORE PRONEPOS ARCHIEP. ROTH. ANN. M. DC. XV.

1 Ils n’étaient pas frères, mais oncle et neveu. François II de Harlay était fils de Jacques de Harlay et de Catherine de la Mark, et François III de Harlay était fils d’Achille de Ilarlay et d’Oudette de Vaudelar. Voir Farin, Histoire de Rouen (1731), IIIe partie, pages 179 et 180. — F. B.

2 En 1051, et il prit possession en février 1652, ld.,ibid., p. 181. — F. B.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

DOCTRINA POTENS AC SERMONE FIDEM SCRIPTÏS DISCIPLINAM LEGIBUS OPTIMIS COMMUN! VIT.

ABDICATIS INFULIS OBIIT ANNO M. DC. LIV. ‘

Traduction.

« Dans le tombeau des d’Amboise gît François de Harlay, arrière petit-neveu, par sa sœur, de monseigneur le cardinal légat d’Amboise, archevêque de Rouen, l’an 1615. Puissant par sa doctrine et son éloquence, il soutint la foi par ses écrits, la discipline par d’excellentes lois. Après avoir abdiqué les saints bandeaux, il mourut Fan 1654. »•

Ce prélat, ami des lettres, en avait donné une preuve éclatante, en faisant don, à la bibliothèque à peine naissante de la Cathédrale, de treize volumes, et en assurant, en même temps, six cents livres de rente pour acheter des livres et pensionner un biblio thécaire ; car « il entendait que la bibliothèque fût ouverte aux chanoines du lever jusqu’au coucher du soleil, ainsi qu’aux personnes doctes et studieuses, et aux étrangers1. » C’est ainsi que le digne et savant archevêque s’exprimait. C’est le premier exemple d’une bibliothèque publique. Honneur à François de Harlay !

Quoique privé de ses livres, le savant archevêque avait conservé le goût des études classiques. Aussi, le 16 avril de l’année 1637, priait-il le chapitre de lui prêter, sur un reçu de sa main, une quinzaine de volumes, parmi lesquels figuraient, en première ligne, un Pindare, un Homère, un Horace, Perse et Juvénal. Il était difficile que le chapitre n’obtempérât pas à cette demande. Le cardinal, qui connaissait ces messieurs, avait pris ses précautions, en donnant la garantie de sa signature3.

Ce prélat, ami des poètes, avait fondé, pour l’Académie des Palinods, un prix annuel, dit la Ruche d’argent, en faveur de la meilleure ode latine pindarique.

Il n’est pas sûr qu’il eût accordé le prix au rimeur qui s’était permis de faire inscrire, sur l’un des portraits de l’archevêque, gravé de son vivant, le quatrain suivant, qui sent l’élève de rhétorique :

' Voyez l’Appendice XXI, 5°.

* M. l’abbé Langlois, qui a déjà cité, dans ses Recherches sur la Bibl. du chap., ee même passage du contrat de donation, dit qu’il se trouve aux archives de la Seine-Inf. P. 32. — F. B.

3 Voir M. l’abbé Langlois, ibid., p. 38. Le récépissé y est donné. — F. B.

Tes discours relevés en la théologie.

Renflez et renflamez de l’esprit tout divin.

Tes secrets jugements où le feu souverain De justice reluit contre la tyrannie1.

François de Harlay, ayant quitté volontairement son siège archiépiscopal, y fit monter, à sa place, son frère s François III, en 1651.

Celui-ci, digne du nom qu’il portait, après l’avoir occupé vingt années, fut appelé, en 1671, à l’archevêché de Paris. 11 dut facilement trouver, dans sa nouvelle résidence, un chapitre moins exigeant, moins omnipotent que celui qu’il quittait ; il ne pouvait oublier qu’ayant exprimé le désir d’avoir devant lui à l’église un prie-Dieu, il s’était vu dans l’obligation d’en demander la permission à messieurs du chapitre. A ceux qui en douteraient, nous dirions: Ouvrez le registre capitulaire de l’année 1655, vous y lirez: « L’archevêque demande qu’on luy accorde un prie-Dieu pour mectre devant luy, lorsqu’il va au sermon affin d’avoir plus de commodité de se mectre à genoux. » Le chapitre accorda la demande, mais il ne le fit qu’ après une mûre délibération.

François III de Harlay, accablé par l’âge et les infirmités 3, mourut en 1695. Il fut inhumé dans l’église Notre-Dame de Paris.

1655. Bernard Lepigny Ier, chanoine, archidiacre du Grand-Caux, prince du Puy de Sainte- Cécile de rimmaculée-Conception.

Décédé à l’âge de soixante-six ans. Inhumé dans la chapelle de la Vierge, sous la tombe des Nagerel.

1657. Robert Fleury, chapelain.

Inhumé près de la chapelle Saint-Fiacre.

1662. Barbey, chanoine.

Sépulture incertaine.

Ce chanoine avait transcrit un grand nombre de pièces concernant l’histoire, le cérémonial et la discipline de l’église de Bouen. Ce registre portait son nom.

1662. Pavyot, chanoine.

Inhumé dans la chapelle de la Vierge.

' Il manque un ou plusieurs mots pour compléter le sens. — F. B.

* Neveu. Voir plus haut la note 1 de la page 265.

5 II faut peut-être rapporter à une autre cause la mort subite de l’archevêque Harlay de Chanvalon, dans la maison de campagne de Conüans, le 6 août 1695. Voir les Mémoires de Saint-Simon,

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

1663. De Bretteville, chapelain.

Inhumé dans la chapelle des Innocents. Aurait-on, à tort ou à raison, qualifié cet ecclésiastique de chapelain ? Ne serait-il autre que le chanoine chancelier de Bretteville, qui, en 1623, étalait, devant le chapitre, des tapisseries de haute-lisse relevées de soie, représentant les mystères de la Passion, qu’il avait fait faire « par les meilleurs et plus estimez ouvriers du royaulme pour la décoration parure et ornement du haut des chaires de l’eglise, offrant de très bon cœur ce petit présent à Jésus-Christ crucifié, et à la glorieuse Vierge Marie soubz la permission de messieurs de chapitre?» Ceux-ci ne manquèrent pas de l’accorder.

1668. Delamare, chanoine.

Inhumé auprès de YEcce homo, vers la chapelle du Saint-Esprit.

1668. Romé de Fresquiennes, chanoine et grand-chantre.

Sépulture incertaine.

1672. Charles Brasdefer, chanoine et bibliothécaire.

Décédé le 24 février 1672. Deux ans après sa mort", le chapitre faisait faire son portrait pour être placé dans la bibliothèque, « en recongnoissance de ses bienfaits à l’église. » Brasdefer, élu bibliothécaire le 21 janvier 1649, en remplit les fonctions durant vingt-trois années.

Ce ne fut que longtemps après sa mort qu’on se mettait en quête d’une tombe de marbre noir pour sa sépulture, qui se trouvait devant l’escalier de la bibliothèque. Le croirait-on? Douze années s’écoulèrent avant que ce marbre sépulcral reçût sa destination : en 1703, seulement, il était mis en place et recevait une inscription.

Louis XIII ayant témoigné au chapitre le désir d’avoir des reliques de saint Sever, le chanoine Brasdefer avait été délégué, avec quelques-uns de ses confrères, pour aller les présenter au roi 3 .

Envoyé à Rome, en 1649, auprès du pape Innocent X, afin d’obtenir la permission d’accepter la donation faite au chapitre par l’archevêque de Harlay de sa bibliothèque, il échoua dans cette mission et ne fut pas le seul.

1 21 août 1074. Registres capitulaires. — F. B.

* Jean Le Prévost et Godard. Voir les Recherches sur les Bibliothèques des archevêques et du chapitre de Rouen , par M. l’abbé Langlois, p. 52. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

1G75. Antoine Gaulde, chanoine et grand-archidiacre.

Inhumé, le 21 avril 1675, dans la chapelle de la Vierge. On y voit encore sa pierre tumulaire. Elle est la troisième à partir du tombeau de Georges d’Amboise.

Cet archidiacre, lors de l’entrée de Mazarin à Rouen, fut chargé par le chapitre de le complimenter et de lui offrir quatre grands pains et huit bouteilles de vin. Le chapitre s était montré large envers Mazarin : huit bouteilles de vin ! cela ne s’était point encore vu. Il est vrai de dire que le chapitre avait obtenu, depuis peu (en 1G73 l), de recevoir son vin, à Rouen, sans frais, sans payer des droits.

1675. Delaplace de Fumechon, chanoine honoraire et conseiller à la Cour de Parlement, notaire et secrétaire du roi.

Il fut inhumé, le 30 avril 1 G75, proche le tombeau de feu M. Titelouze, entre la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul et la chapelle de la Vierge. (Voir plus haut, p. 2G0).

Ce chanoine pouvait passer pour généreux : il avait légué, par testament, une somme de neuf mille livres pour une fondation. Précédemment, il avait commandé et payé par avance au peintre Lctellier, pour en faire don à la Cathédrale, un tableau, dont on n’indique pas le sujet3. Deux ans après sa mort, le chapitre réclamait vainement le tableau au peintre, qui, pour s’en dessaisir, finit par se faire donner six louis d’or, dit le registre capitulairo.

1687. Dom Pommera ye.

Le chapitre faisait célébrer, cette année-là, dans l’église de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen, où il fut probablement inhumé, un service pour le repos de son âme. Le chapitre n'avait point oublié que, l’année précédente, Dom Pommeraye avait gratifié chacun de messieurs les chanoines d’un exemplaire de son Histoire de la Cathédrale. Ils s’en montrèrent reconnaissants. (Reg. capit.)

1686. Bretel de Grémonville (Raoul), doyen d’une famille noble et parlementaire.

Décédé le 12 novembre 1686. On croit qu'il fut inhumé dans la chapelle de la Vierge.

1 Cette date ne peut avoir rien de commun avec Mazarin qui, venu à Rouen, avec la cour le 5 février 1650, était

mort, au château de Vincennes, le 9 mars 1661. Ne serait-ce pas plutôt 1043 ?— F. B.

8 Peut-être était-ce le tableau de l’Annonciation, signépar ce peintre, qu’on voyaitdansla chapelle du Saint-Esprit

de la Cathédrale en I S 1 6 ? Il aura sans doute été déposé, tout d’abord, dans la bibliothèque du chapitre.

INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE

1691. François Rouxel de Médavy, 87e archevêque, né en 1G04, mort à Maçon, le 2 janvier 1691.

Il passa, du siège de Séez, auquel il avait été nommé en 1651, à celui de Rouen, où il fut appelé en 1671.

Affaissé par l’âge et les infirmités, Rouxel de Médavy se retira, en 1689, dans sa terre de Grancey, auprès de Maçon. C’est dans cette ville qu’il mourut, à deux ans de là, âgé de quatre-vingt-sept ans.

Ce prélat, plein d’une pieuse modestie, voulut être inhumé dans le bas de son église, sous une simple pierre *. Il avait exigé également que ses obsèques eussent lieu sans aucune espèce de pompe.

1693. Barthélemy Brice, chanoine honoraire.

Décédé en 1693, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans 2. Il était le doyen des conseillers du Parlement.

Sépulture incertaine. Peut-être fut-il réuni à son oncle Nicolas Brice, sous sa tombe de marbre noir, près du jubé. (Voir p. 262).

1694. Estienne de Fieux, chanoine et grand-archidiacre, prince du Puy de Sainte-Cécile.

Décédé le 22 novembre 1694, inhumé dans la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul.

1696. Alphonse de Chalon, chanoine.

Inhumé dans la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul.

Il avait légué une forte somme pour la décoration de cette même chapelle.

1703. Joseph de Y de Seraucourt, grand-archidiacre.

Inhumé dans la chapelle de la Vierge, près du tombeau des de Brézé. (Voir p. 128).

1705. Bernard Lepigny II, chanoine. Né en 1628, décédé en 1705, le 13 décembre.

Inhumé dans la chapelle de la Vierge, sous la tombe des Nagerel.

Fidèle au rendez-vous, il y rejoignait son oncle et homonyme Bernard Lepigny, mort un demi-siècle avant lui, en 1655. (Voirp. 127).

■ Si ce vœu reçut son exécution, il est certain, du moins, qu’il n’existe plus, à la Cathédrale de Rouen, dans le bas de l’église, ni ailleurs, aucune trace de cetle sépulture.

5 L’honorariat du clergé s’appelait jubilation, et la date de sa mort est le 29 mai, d’après le document signalé plus haut, note l, p. 26?.. — F. B.

LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES

1713. François Yarin.

Son fils, qui était chanoine de la Cathédrale, fit donner la sépulture à son père dans la chapelle de Saint-Jean-des-Fonts.

1713. Henri de Laisement, chanoine.

Inhumé dans la chapelle du Saint-Esprit.

1715. Barthélémy Brice, chanoine honoraire, conseiller au Parlement \ (Voir plus haut, p. 2G9).

L’ahbé Langlois fixe sa mort à l’année 1715.

1715. Gilles Dufour, trésorier, bibliothécaire.

Inhumé dans la chapelle de la Vierge. 11 était haut doyen de la Cathédrale et conseiller en rjrcint chambre à Parlement de Normandie.

Gilles Dufour remplit les fonctions de bibliothécaire du chapitre, de l’an 1679 à l’an 1710, et s’acquitta, durant trente-une années, avec zèle de la fonction qui lui avait été confiée. Il avait été installé, selon l'usage, par l’attouchement des clés de la bibliothèque et en prêtant serment.

1719. Claude-Maur d’Aubigné, 89e archevêque.

Elu en 1708, décédé en avril 1719. Son corps fut placé dans la fosse des cardinaux d’Amboise.

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CLAUDIUS MAURUS DAUBIGNÉ PRIMUM EPISG. NOVIOM.

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