PAR FRANCHE
ARCIIIEP. ROTH. ANNO M. DCC. VII ZELO FERVENTI LABORE INDEFESSO BONORUM MEMORIA DIGNUS OBIIT DIE XXI. APRILIS ANNO M. DCC. XIX.
1 II était entré au Parlement, en 169-4, un an après la mort de l’autre Barthélemy Brice. Voir p. 209. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
Traduction.
« Dans le tombeau des d’Amboise gît Claude-Maur d’Aubigné, d’abord évêque de Noyon, pair de France, archevêque de Rouen en 1707. Digne du souvenir des gens de bien par son zèle fervent et par son labeur infatigable, il mourut le 21 avril l’an 1719. »
Les chanoines de la Cathédrale, lors du décès, s’étant refusés à porter le corps de leur archevêque à l’église de Saint-Ouen, il intervint deux arrêts du Parlement de Rouen, pour les forcer à déterrer le prélat et à le présenter, selon l’usage ; ce qui fut exécuté 1 .
Les moines de l’abbaye de Saint-Ouen tenaient tellement à ce singulier privilège qu’à la mort de l’archevêque Guillaume de Lestranges, en 1389, le corps se trouva dans un tel état de putréfaction qu’il était impossible de pouvoir le transporter à leur église. Ils exigèrent qu’on leur apportât à sa place une espèce de mannequin simulant le pauvre archevêque, pro vero corpore quamdam corporis representationem ; ce qui fut fait.
1723. Antoine Dubos de Monbrisson, chanoine.
Par testament olographe du 1er juin 1723, il demanda à être enterré dans la chapelle du Saint-Esprit et qu’on y plaçât une pierre portant la donation qu’il faisait à la Cathédrale de tous ses biens.
1730. Dame Gabrielle-Angélique Dumont.
Inhumée dans la chapelle Saint-Etienne de la Tour-de-Beurre, devant l’autel. Son épitaphe était ainsi conçue :
« Ces autels elevez par ses soins, les aumônes qu’elle a répandues pendant sa vie avec libéralité dans le sein des pauvres, sont un garand fidele que sa justice subsistera dans les siècles.
Obiit die 25 janv. 1730. œt. 86.
Hœc erat plena operibus bonis et elemosinis quas faciebat.
Requiescat in pace. »
‘ Le récit de cette affaire et des funérailles figure dans les Funérailles de M. d’Aubigné, archevêque de Rouen, en
1719, publiées par M. Pottier, Revue rétrospective normande, n° XL — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
En voici la traduction :
« Elle mourut le 25e jour de janvier 1730, à l’âge de quatre-vingt-six ans. Elle était pleine de bonnes œuvres et d’aumônes qu’elle faisait. Qu'elle repose en paix. »
1743. Denis-Claude Lyart,. chanoine.
Par testament olographe du 17 février 1743, ce chanoine demanda à être enterré dans la Cathédrale, devant son confessionnal. Il légua ses livres à la bibliothèque de l’église.
1747. François-Antoine Le Vigonte de Saint-Hilaire, noté comme chanoine et chancelier de la Cathédrale de Rouen.
On ignore l’endroit de sa sépulture.
11 est probable qu'il fut inhumé dans la chapelle de la Vierge, auprès de Brancas de Villars cl des Berville.
1747. Louis-François Petit de Captot, chanoine.
1748. François de Bouis, chanoine.
Ces deux dernières sépultures sont également ignorées.
1741. Fontenelle (Joseph-Alexis Le Bovyer de), chanoine.
Le H août 1749, le chapitre s’occupait des dispositions à prendre pour se mettre en possession de sa maison canoniale.
Il devait être oncle * de Fontenelle (Bernard Le Bovyer) l’écrivain, né à Rouen en 1657, mort centenaire3, à Paris, en 1757.
Le chanoine Joseph-Alexis avait été reçu en cette qualité, le 17 avril 1716. L'importance du nom nous autorise à mettre sous les yeux du lecteur la copie de l’acte capitulaire relatif à cette nomination :
« 17 Avril 1716. S’est présenté à la barre du chapitre monsr Joseph Alexis prestre de ce diocese et chanoine d’Andeli, lequel a dit que monseigneur l’archeveque 3 en conséquence des lettres du Roy par lesquelles Sa Majesté le nomme à la première prébende vacante en celte eglize à cause de son joyeux avenement à la couronne i, lui avoil conféré
1 II était frère du savant écrivain qui, dans une lettre adressée à M"e de Forgeville, le 30 novembre 1 74 1 , disait : « Vous savez peut-être déjà, Madame, la mort de mon frère, arrivée il y a précisément huit jours. Elle fut très imprévue et très douce; vraie mort de prédestiné. » Voir la Biographie de Fontenelle, par M. Charma, pages 4 et 54 . Ce passage nous a fait rectifier la date de la mort que M. Deville plaçait en 1749. Il mourut donc le 23 novembre 1741.— F. B.
5 Moins un mois et deux jours. Né le 11 février 1657, il mourut le 9 janvier 1757.— F. B.
5 Maur d’Aubigné.
4 Louis XV, succédant à 1 âge de cinq ans à Louis XIV, en 1715. Les lettres dont il est ici question durent être le fait du régent.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
les canonicat et prébende de Bayolct vacants par la démission pure et simple qu’en a fait entre les mains de mon dit seigneur l’archeveque monsr de Montalembert dernier pourvu et qu’il supplioit le vénérable chapitre de l’en mettre en possession. Lecture faite des lettres de provision, de l’extrait baptistaire et de ses lettres de tonsure ouy Mr le promoteur et sur tout délibéré le chapitre a reçu mon d. sr Le Bouyier de Fontenelle aux d. canonicat et prébende qu’il a présentement mis en possession diceux avec les formalités ordinaires. »
Lebovyer de Fontenelle, en sa qualité de chanoine, dut être inhumé dans l’église cathédrale. Il n’y existe aucune trace de cette sépulture, sur laquelle se tait également l’obituaire du chapitre.
1750. Barthélemy Lecordier de Bigars de Lalonde, chanoine, et haut-doyen en 1729.
Il était membre du Parlement de Normandie. Sépulture incertaine.
1750. Jean-Baptiste Davoult, ancien grand-chantre.
Sépulture incertaine. Quelques années avant sa mort, il avait offert au chapitre 1,500 livres « pour élargir l’arcade du jubé et faire une nouvelle et riche clôture. » Il ne fut pas donné suite à cette offre généreuse * .
1753. Vincent Leva vasseur, chanoine honoraire.
1753. Jean-Baptiste Carrey de Saint-Gervais, chanoine honoraire.
Décédé le 30 juillet. Il était docteur en Sorbonne et official métropolitain. Il fit réparer à ses frais la châsse de saint Romain, qui servait à la cérémonie de la Fierte. (Voir Histoire du Privilège de saint Romain, parM. Floquet, t. II, p. 582-594).
1754. Noël Dubosc.
Inhumé dans une des sous-ailes du chœur.
1755. Jean-Baptiste Landry, docteur en théologie, chanoine.
Inhumé dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste.
1755. Charles d’Alleaume de Tresforest.
Inhumé dans la tombe de MM. Brice. (Voir p. 269, 270).
1 Son portrait est conservé à l’archevêché de Rouen.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
i762. Henry Bruno de Lezeau, archidiacre-chanoine.
Attaché au Parlement comme conseiller-clerc. Inhumé dans la chapelle de la Vierge.
1762. Le marquis de Berville, lieutenant-général commandant dans la Haute-Normandie.
Décédé dans sa maison rue d’Ecosse. Sa famille ayant demandé la permission de l’inhumer dans la Cathédrale, le chapitre répondit « qu’il accordoit bien volontiers cette distinction à un officier général aussi distingué par les vertus du citoyen que par les talents militaires et spécialement par la bravoure et l’habileté avec lesquelles il a défendu l’importante ville du Havre-de-Gràce contre les entreprises des Anglois en l’année 1759; qu’en lui donnant la sépulture dans cette église, ses cendres se trouveroient mêlées avec celles d’une infinité de grands hommes, qui, comme lui, avoient servi glorieusement la patrie. » (Regist. capit.)
Cette réponse honore et ceux qui l'ont faite et celui qui en est l’objet.
Le marquis de Berville fut enterré dans la chapelle de la Vierge, dans le même caveau que Brancas de Villars.
17G2. Marc-Antoine Bertaut, chanoine.
Inhumé dans la sous-aile du chœur, près de la porte du chœur.
1762. Dulys, chanoine honoraire de Lisieux.
Dans la chapelle Saint-Jean-des-Fonts.
1762. Claude-Louis Rose, archidiacre du Grand-Caux.
Dans la chapelle de la Vierge.
1764. Pierre Terrier, chapelain.
Dans la sous-aile de l’église, près la chapelle Saint-Léonard.
1764. Patrice Jannin, chanoine.
Dans la chapelle du Saint-Esprit.
1765. Louis-Dominique Lechevallier, chanoine.
Dans la sous-aile du chœur, près la chapelle de la Vierge.
1766. Sehier, chanoine.
Dans la chapelle de la Vierge.
mnUMÉS DANS LA CATHÉDRALE.
1768. Charles Leclercq, docteur en Sorbonne.
Dans la sous-aile du chœur. 11 fut un des commissaires chargés de surveiller la destruction du tombeau du cœur de Charles V. (Voir p. 145).
1769. Adam-Charles Esmangard, chanoine.
Dans la chapelle de la Vierge.
1770. Pierre-Jacques Pap avoine de Canappeville, archidiacre.
Inhumé dans la chapelle de la Vierge.
1771. Jacques Lebaillif Mesnager, chanoine.
Inhumé dans la sous-aile gauche du chœur. En 1769, il eut la triste mission, en compagnie de ses confrères de Sozai et d’Angerval, de faire démolir tous les tombeaux de la chapelle de la Vierge, à l’exception de ceux des cardinaux d’Amboise et des deux de Brézé.
Il n’est point étonnant qu’il n’eût point demandé à être inhumé dans cette chapelle ; son ombre n’y eût pas été à son aise.
1773. Jean-Baptiste Caumont.
Inhumé près de la porte de la Calende.
Il est qualifié, dans les registres capitulaires, de clerc-musicien et d’ancien serpent de la Cathédrale.
1774. Jean Saas, chanoine.
On signale son inhumation dans la sous-aile du chœur
Jean Saas était né à Franqueville, près Rouen, le 3 février 1774. Savaiît et littérateur, on lui doit, entre autres ouvrages, Le nouveau Pouillè du diocèse de Rouen, publié en 1738, et la Notice des Manuscrits de la Bibliothèque de l’eglisc métropolitaine de Rouen, primatiale de Normandie *, qui parut en 1746.
Il avait été chargé de composer une inscription pour l’ancien monument érigé à Jeanne d’Arc par la ville de Rouen.
Un de ses amis lui avait consacré à lui-même celle-ci, où il est fait allusion à sa riche bibliothèque et à son savoir :
* In-12 de 116 pages avec 4 pages de table. On sait que Dom Tassin en fit une critique assez vive. — F. D.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
Undique promet ur gaza pretiosior omni Copia librorum, sapientis sola supellex,
Qui quondam menât liber ipse animatus haberi.
« Qu’on produise partout 1 cette collection de livres plus précieuse qu’aucun trésor, seul mobilier du sage qui, jadis, lui-même, mérita de passer pour un livre vivant. »
1777. Guillaume-Etienne Baudouin, chapelain, ancien bibliothécaire.
C’est probablement lui qui, l’année de sa mort, proposait au chapitre d’acheter l’Encyclopédie pour la bibliothèque. Le chapitre répondit : Non.
J 778. Laurent Desmazures, né à Marseille.
Il avait été nommé organiste de la Cathédrale, en 1758, fonctions qu’il exerça avec talent durant vingt années. Les gages de l’organiste s’élevaient, en 1674, à 400 livres. Neuf ans plus tard, sans qu’on en explique le motif, on les réduisait de moitié J. On ne dit point si l’on revint au .premier chiffre pour Laurent Desmazures. Le registre capitulaire, auquel nous empruntons ces détails, nous apprend qu’il mourut, à la suite d’une année d’infirmités, le 6 mai 1778, sans indiquer le lieu de sa sépulture. Il dut être inhumé près de l’orgue.
1778. Claude-François Leblond le Sauciiay.
Ce chanoine fut inhumé devant la grille de la chapelle du Saint-Esprit. Il est le dernier, en exceptant les cardinaux Cambacérès et de Croy, et l’archevêque Blanquart de Bailleul, qui ait reçu les honneurs de la sépulture dans l’enceinte de la Cathédrale, la déclaration de 1778 en ayant fait la défense dans les églises.
Le chapitre, en vertu de cette déclaration, appropria la cave, qui existait sous le bâtiment de la bibliothèque, pour la sépulture des chapelains et des simples clercs et desservants. Il fit disposer, pour celle des chanoines et des autres dignitaires, un caveau, sous le bâtiment de la scierie, à la droite du chœur; lequel fut béni, le 20 novembre 1778 3 .
» « Qu’on lire de partout, » de dessus tous les rayons, 'etc. — F. B.
* Au xive siècle, en 1386, les gages de l’organiste, un certain Labbé, n’étaient que de 10 livres (Reg. cap.).
3 » La cave qui est dans la sacristie, à droite du chœur, fut appropriée à cet usage, et bénie par M. Lesueur, semainier, le 20 nov. 1779. Précédemment elle était louée et employée à des usages profanes. » (Reg. cap. 20 nov.
1779.) Note de M. l’ubbé Langlois, dans ses Recherches sur la Bill, du cliap., etc., au bas de la page 56.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
1779. Louis-François Rimbert, chanoine.
Il y fut descendu le premier, à un an de là, pour ainsi dire jour pour jour, le 21 novembre 1779. Six années devaient s’écouler avant que ce caveau reçût un nouvel hôte.
1785. François-Christophe Térisse*, connu sous le nom de l’abbé Térisse, né à Nantes, te 19 novembre 1704, mort à Rouen, le 30 mars 1785.
De l’abbaye de Saint-Yictor-en-Caux, il passa, comme chanoine, en 1732, à la Cathédrale de Rouen ; puis, en 1739, il fut fait bibliothécaire ; en 1784 % prince des Palinods. L’archevêque de Tressan l’avait choisi pour son grand-vicaire. Il était nommé doyen en 1750. Deux ans avant sa mort, en 1783, il donnait une médaille d’or de 300 livres pour le prix d’éloquence de la confrérie des Palinods.
L’antique et splendide grille de fer qui servait à clore l’entrée du chœur de la Cathédrale, plus heureuse que les grilles latérales, changées successivement, comme étant trop antiques, était restée, saine, en place jusque dans le dernier siècle. Elle devait partager le même sort.
Le chapitre, et son doyen, maître Térisse, avant tous, la voyaient d’un mauvais œil et aspiraient au moment de la faire disparaître, pour dresser à sa place un jubé dans le style moderne.
« Il sera immédiatement travaillé à l’ouverture du chœur en face de la nef, disait-on, en 1771 . L’argent manquait, on ne fit rien. A deux ans de là, maître Térisse convoquait le chapitre et lui disait: « La compagnie désirait depuis longtemps voir l’entrée du chœur ornée plus décemment et d’une manière plus convenable à la beauté de l’église. Le défaut de moyens avait retardé jusqu’à présent l’exécution de ce projet , mais le zèle de monseigneur l’archevêque pour la décoration de l’église vient de lever cet obstacle, en assurant un secours considérable. » L’archevêque, le cardinal de La Rochefoucauld, donnait une somme de 20,000 livres : sous le rapport de l’art et du style de l’antique Cathédrale, il aurait pu mieux employer son argent : la vieille grille fut arrachée 3.
* Plus habituellement Terrisse. — F. B.
* Le manuscrit portait 1734. Il fut prince des Palinods trois fois de suite, en 1782, 1783 et 1784. — Voir la Notice historique de l’Académie des Palinods, par M. Ballin, p. 79.
3 On peut voir un panneau de cette grille au Musée des Antiquités de Rouen, où j’ai pu le déposer.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
1818. Etienne-Hubert Cambacérès, cardinal, archevêque de Rouen. (Voir p. 118-119
1844. Gustave-Maxlmilien-Juste, prince de Croy, cardinal, archevêque de Rouen. Inhumé dans la chapelle de la Vierge. (Voir p. 103-108).
1868. Louis-Marie-Edmond Blanquart de Bailleul, archevêque de Rouen. Décédé le 12 janvier 1868. (Voirp. 120-123).
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