POT KM MIS
MOUUAVIKFF.
POT EM Kl S.
Mon gouvernement! (A la comtesse.) C'est un de nos paysans. (A Mouravieff,) tu vas , en y retournant, te trouver serf et esclave.
MOURAVIEFF
Oui, général.
LA COMTESSE
Pauvre homme !
POTEMKIN
Si je te donnais la liberté?
mouravieff, froidement.
Comme vous voudrez.
POTEMKIN
Ou bien une vingtaine de roubles? lequel aimes-tu le mieux?
HOURAYIBFF, riant d'un air étonné.
Mon général veut rire,
POTEHK1N.
Non ; parle.
MOURAVIKFF.
Par saint Nicolas , j'aime mieux les roubles.
potemkîn , à la comtesse.
Que vous disais-je! vous voyez qu'ils sont encore loin de raisonner , et que l'Europe est plus près d'être à nous que vous ne pensez. (A Mouravieff.) C'est bien; en voilà trente à cause de tes principes. Retourne chez toi , va te marier , aie des enfaus, je te l'ordonne.
MOUHAVIKI I'
Oui , général.
F'OTKMKIN.
Et beaucoup, il nous en faut.
MOL'RAVIEFF.
Oui , général.
POTKMKrft.
Sinon le knout. Reviens dans deux heures, ton congé sera expédié.
MOURAV1EFF.
Oui , général.
Remercie madame , salue et va-t-en. Marche.
(Mouravleff salue , fait un demi-tour à droite , et sort tout d'une pièce, comme il était entré.
l'OTEMKIN.
Eh bien ! comtesse . es-tu contente?
LA COMTESSE, d'un CÙT tlislr.
Pas trop ; il m'intéressait davantage ce matin. J'aimerais autant une armée qui raisonnât.
l'OTEMKIN.
Tu es bien difficile. Ce gaillard-ia est peutêtre le plus instruit et le plus éclairé de son régiment. C'est pour cela qu'en bonne politi-
que ( souriant) , et outre le désir de vous être agréable, j'ai bien fait de lui donner son congé; il pourrait gâter les autres.
(Entre par une petite porte à droite un officier des gardes, qui s'approche vivement de Potemkin et qui lui dit à demi-voix. )
L'impératrice.
la comtesse se lève virement , Potemkin veste assis. L'impératrice dans ces lieux!
POTEMKIN
Oui, elle vient souvent le matin dans ces lieux par la galerie couverte qui conduit de son palais au mien. Adieu, Nadèje.