‹ Tonkourou [microforme]Chapitre 17 sur 72 · COMMÉRAGES · texte numérisé non relu

COMMÉRAGES

Les femmes du village exerçaient leur faconde ; Elles avaient sans doute une mine féconde Dans les divers récits des marins étrangers.

Emportant leurs rouets ou leurs tricots légers, Elles se rassemblaient, le soir, chez l’une d’elles, Pour apprendre ou conter les dernières nouvelles. Et pendant que grondaient les rapides fuseaux, Que l'aiguille d’acier nouait de fins réseaux,

Les langues s’agitaient comme fait la ramure, Lorsqu’après un jour chaud une brise murmure. Et les sous-entendus, les doutes, les soupçons, Revenaient apprêtés de toutes les façons.

—Que penser, disait l’u:.e, oui, que penser d’un homme Qui ne sait pas encor de quel nom il se nomme ?

Ne peut-on pas au moins le croire compromis.

Et l’autre répondait :

—Certes ! c’est bien permis.

Et puis une troisième en filant sa quenouille Ajoutait aussitôt : à

; —Cependant si l’on fouille, On trouvera souvent, vous ne direz pas non, Des chrétiens obligés de se forger un nom.

Le marin se prépare une habile défense :

Ce souvenir brumeux d’une joyeuse enfance, Et le fantôme noir qui le prit dans ses bras, Sont bien faits pour tirer le bâtard d’embarras.

D } | À ‘à Pi hi !

En tordant les brins d’or des soyeuses filaces,

Ainsi causaient souvent les commères loquaces, Au récit de la veille ajoutant un détail, Et mêlant sans remords calomnie au travail.

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