‹ Tonkourou [microforme]Chapitre 26 sur 72 · LUX · texte numérisé non relu

LUX

Evo ce moment-là même arrive le pilote :

Il voit sa douce enfant qui s’éloigne et sanglote.

—Elle pleure? fait-il, en regardant Lozet.

Quel est donc son chagrin ? Est-ce que l’on osait..

Et Jean; tout aussitôt, d’un ton plein d’amertume :

—On n’ose rien de plus, Auger, que de coutume,

Et l’on fait son devoir toujours. C’est mon enfant... Notre enfant à tous deux. Or, le curé défend,

Et la défense est juste en ce cas il me semble,

Entre les jeunes gens qui demeurent ensemble,

Les entretiens d’amour, les tendres liaisons.

—J’entends parfaitement vos pieuses raisons.

Vous voulez que d’ici ie capitaine sorte ?

—Me suis-je donc :.__is exprimé de la sorte ? Je veux unir Louise, et sans retard l’unir À ce noble garçon dont vous devez bénir,

Le capitaine et vous, l’héroïque courage.

—Parlez-vous de Ruzard ?

— Il est dur à l’ouvrage,

D’une santé de fer, éconôme, appliqué...

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—Parlez-vous de Ruzard ?

—Je l’ai bien remarqué :

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C’est le meilleur parti de tout le voisinage ;

Nul n’a plus belle terre en grain ou jardinage.

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—Parlez-vous de Ruzard ?

—Oui, de l’ami François.

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Il sera notre gendre, et c’est un fort bon choix. —Je ne crois pas qu’ainsi jamais on ne le nomme. — Vous lui devez si peu, monsieur, à ce jeune homme. ... M

Le pilote était vif, parfois un peu rageur, Le dépit fit monter à son front la rougeur.

Lozet s’aperçut bien qu’il avait été vite, N'importe, il ajouta ::

—Qu’il vienne, je linvite.

—Je le hais, tit Auger, et ma fille jamais...

Un geste termina sa phrase. Désormais

Plus de paix sous le toit ; elle s’est envolée.

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nvite.

Auger allait sortir.

Louise, désolée,

S'élance sur ses pas et tombe à ses genoux.

—Restez encor, dit-elle, oh! restez avec nous!

Et Lozet que cela surprend et désespère,

Lozet s’écrie alors:

—Ne suis-je pas ton père, Moi depuis si longtemps ta gloire et ton appui, Ne suis-je pas ton père, Ô Louise, aujourd’hui, Autant que ce marin qui parle’ de te prendre, Qui ne t’a jamais vue, et ne saurait comprendre Toute l'affection qui germe en un berceau ?

Voudrait-il t'emmener au loin sur son vaisseau ? Ma Louise, il vaut mieux ne voyager qu’en rêve. Reste ici près de nous; reste sur cette grève

Où tu jouais, petite, avec les papillons...

Ah! bientôt le chagrin va creuser des sillons Sur mon front dénudé, sur ma joue amaigrie !

Reprit-il, comme à part, d’une voix moins aigrie. Louise murmura, l’embrassant tendrement :

— Déjà vous oubliez vingt ans de dévoûment !

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