‹ Tonkourou [microforme]Chapitre 46 sur 72 · LA FENAISON · texte numérisé non relu

LA FENAISON

Pendant que le ciel rit, que le ramier roucoule, Le travailleur se hâte et sur son front l’eau coule. Ses vieux labeurs aimés lui semblent tout nouveaux ;

Il s’embaume du foin qui tombe sous la faulx.

Lozet, au temps jadis, couchait, dans la journée, Un arpent et demi de l’humble graminée ; Aujourd’hui la faulx pèse et le clos est plus grand : Il se fatigue vite et cela le surprend.

Il taillait de l’ouvrage alors pour trois faneuses,

Et nul n’aurait osé les traiter de flâneuses :

Les fourches allaient vite. Et voilà qu’aujourd’hui Une seule ouvrière est au champ avec lui

C’est Louise.

Des pleurs mouillent sa fraîche joue Pendant qu’avec sa fourche elle lève et secoue, D’un geste gracieux, et le trèfle et le foin. Le-bonheur entrevu s’est envolé bien loin!

Reviendra:t-il jamais, mon Dieu ! celui qu’elle aime ? Est-il mort ? Tonkourou, par quelque stratagème Que son esprit pervers, un jour, aura rêvé,

JL/'a-t-il, pour le mieux perdre, aux anglais enlevé ? Après le sacrifice on éteint chaque cierge,

Doit-elle éteindre ainsi l’amour de son cœur vierge,

&t doit-elle oublier l’ami qui ne vient pas ?

De ces choses rêvant, dans le champ, pas à pas,

Elle suit le faucheur qui se nâte à l’ouvrage.

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Il fait chaud. Vers le soir pourrait gronder l’orage.

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On entend par moment, dans les prés d’alentour,

Les faneuses chanter et rire tour à tour ;

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