TE
es
Sa main laisse du sang aux plantes qu'elle froisse ;
Sa vigueur l’abandonne; il se voit er trainé.
FErne
Sur le sol nu s'étend un tronc déraciné, Et jusqu’auprès de iui s’allongent quelques branches.
S'il pouvait les saisir! Oh! les écorces blanches
Lui semblent des linceuls qui vont lenvelopper !
Le gouffre rugissaut s’ouvre pour le happer.
Voyant qu’il ne peut pas échapper à l’abîme, Le sauvage s’écrie :
— Oh! viens: suis ta victime ; Viens, la mort nous attend, Ruzard. C’est pour tous deux
Le juste châtiment de nos crimes hideux.
Ruzard glissait, glissait. D'une voix etfrayante Le vieux huron reprit :
—La rivière bruyante Va promener nos corps enchainés par amour.
Nous sommes deux amis, partons le même jour :
T'enons-nous par la main, voilà la mort qui passe.
oisse.
Les.
us deux
Alors l’airain sacré retentit dans l’espace,
Annonçant au hameau l’angélus du midi.
Ruzard pousse un cri rauque. En son corps engourdi Court un frisson de peur brûlant comme une lave.
La vague du ruisseau module un chant suave ;
Un rayon de soleil descend jusques au sol;
Un oiseau près de là chante en prenant son vol;
Le feuillage tressaille et la nature entière
Semble, au son de l’airain, moduler sa prière.
Tonkourou s’attendrit. Il se met à pleurer.
Sa bouche vient alors doucement effleurer
La main de l’ennemi que l’espoir abandonne.
—Mon Dieu, dit-il, pitié pour moi, je lui pardonne !..
Et, pendant que sa voix monte au parvis divin,
Son corps tombe et se brise au plus creux du ravin.
roro ese
AE PDP TE 54