L'ENFANT PERDU
Auger laisse sa barque. Il Jonge la batture, Foulant le sable d’or jusqu’au sol en culture, Econtant les oiseaux chanter dans les rameaux. Il aperçoit Léon assis sons les ormeaux.
— Quoi, fitil, vous brûliez de revoir ma Louise, Et vous rêvez ici? Faut-il qu’on vous le dise ? Pour un jeune amoureux c’est bien peu s’émouvoir,
Mais qu’avez-vous ?
— Léon semble ne pas le voir.
— Parlez, demande-t-il, pourquoi cette souffrance ?
— Louise est à Ruzard ; je n’ai plus d’espérance..……,
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Léon redit alors tout ce qu’il avait vu.
Et pendant le récit de ce drame imprévu,
Le pilote sentait gronder son âme. Une heure Sur le sable doré que chaque vague effleure, Ils vont causant ainsi, tristes, les yeux baissés.
Le ravin tout à coup avec ses flots pressés Apporte les sanglots de quelqu’un en détresse.
Ils s’approchent dn cap, à l’endroit où se dresse
Comme un panache blanc le tronc d’un vieux bouleau,
Et trouvent le huron gisant les pieds dans l’eau. .
Les heures s’écoulaient pleines d’incertitude. Lozet montrait toujours sa vive inquiétude,
Et quelques uns déjà se levaient pour partir, Quand un cri de terreur fit bien haut retentir
L’anxieuse maison.
Aidé du vieux pilote,
Sur un brancard léger Léon le patriote Apportait Tonkourou sanglant, évanoui.
Alors on vit pâlir plus d’un front réjoui.
Et chacun soupçonna, mais sans le dire, un crime.
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—Est-il mort ? fait Lozet. Non! non! il se ranime !.....
Le médecin ! le prêtre! Oh! quel événement!
Sur un lit, aussitôt, on couche mollement
Le pauvre moribond tout couvert de blessures.
—Où l’avez-vous trouvé ?.. Dieu! quelles meurtrissures |...
Il va mourir ! Il meurt ! s’écriaient, tour à tour , b]
Les conviés émus de ce triste retour
eau, Des bonheurs d’ici-bas.
—Mueite, échevelée,
Par tout ce qu’elle voit fortement ébranlée,
Louise avec transport s’est jetée en pleurant
Au cou d’Auger son père. Et lui, près du mourant,
N'’ose pas essayer de consoler sa fille.
—Malheur sur ma maison ! malheur sur ma famille |
Répétait Jean Lozet. Ah! ce sang me fait peur!
Léon était assis, plongé dans la stupeur,
Au chevet du huron. Il écoutait son râle
Et suivait les progrès du mal sur son front pâle.
Enfin, un convié, qui se trouvait dehors,
S’écria tout à coup :
— Voici le prêtre !
Alors
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