‹ Tonkourou. Nouv. éd. de Les vengeancesChapitre 19 sur 51 · LE CHARLATAN · texte numérisé non relu

LE CHARLATAN

Lozet n'hébergeait plus les marine. Leur silène» Quand il les offensait doublait sa violence. Il leur dit de partir. Tous deux avec regret Demandèrent ailleurs un asile discret.

Hamel, un patriote, un cœur plein de ressourcés,

Les accueillit. C'est là qu'on vit pendant les courses,

Quand se fut abattu son' cheval insoumis,

Arriver le marin porté par ses amis.

Il souriait à tous dans sa reconnaissance ;

Il avait recouvré toute sa connaissance

Et se ressouvenait de plusieurs incidents.

■ -vlais il sentait toujours comme des feux ardents

Qui lui brûlaient un bras, qui lui rongeaient la gorge, Et ses tempes battaient comme un marteau de forge.

Or, Tonkourou le cbef passait. Ce charlatan Se vantait de guérir par le ciel ou satan. Il était rebouteur. Il tuait ses émules Par lin dédain factice ou d'étranges formules. Le docteur était loin, il fut donc appelé.

Sous un air grave et sombre ayant dissimulé Sa profonde ignorance ou son inaptitude, Il panse la blessure. Il garde l'attitude Qui convient au savant dont les traits sont blêmis. Il examine un bras qui lui semble démis. Mais voilà que soudain il recule et chancelle ; A travers ses cils noirs son œil fauve étincelle ; Comme un frêle roseau tremble sa large main, Et sa bouche se crispe en un rire inhumain ; L'eau perle sur son front; on croirait qu'il est ivre.

Le malade s'étonne et pourtant il se livre. Qu'importe donc aussi d'où vient la guérison ? Tonkourou, le fixant de son œil de tison, Lisait sur ses bras nus d'étranges caractères, Des signes curieux qui semblaient des mystères.

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Mais il voit qu'on l'observe ; il prend un air posé.

On le redoutait. Nul, certes 1 n'aurait osé

Lui demander alors la cause de son trouble.

Au même instant son soin pour le blessé redouble :

Il lui remet le bras par un jeu du hasard

Que l'ignorance émue appellera de l'art.

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