‹ Tonkourou. Nouv. éd. de Les vengeancesChapitre 49 sur 51 · PÈRE ET FILS · texte numérisé non relu

PÈRE ET FILS

Léon, l'enfant perdu, croit faire un rêve. Il jette Un regard étonné sur la face muette De ce guerrier huron si sublime tantôt, Puis, ses yeux sur Lozet se portent aussitôt Avec respect, avec amour.

Hors de lui-même, Troublé, terrible à voir laut sa ligure est blême, Lozet tombe à genoux aux pieds de son enfant, Et sous de longs sanglot.- -a pauvre âme se fend.

— Au temps marqué par Dieu le miracle s'opère, Dit le jeune marin e» relevant son père.

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Alors, pressant son fils dans ses bras palpitant?,

La mère s'écria :

— Mon Dieu, depuis longtemps

On m'avait enlevé l'enfant de ma tendresse, Eeçois l'hommage ardent que mon amour t'adresse, Voilà qu'il m'est rendu !

— Soyons toujours soumis — Se conseillaient entre eux Auger et ses amis — Le ciel a des secrets : sa grandeur nous écrase !

Louise était ravie et comme dans l'extase. Lozet dans son transport disait :

— C'est à genoux Qu'il faut bénir le ciel du soin qu'il prend de nous !. Pour mériter ce soin qu'ai-je fait dans ma vie ?... J'ai trouvé mon enfant ! Ah ! votre âme m'envie L'ivresse que j'éprouve et ma félicité ! J'ai murmuré souvent dans ma perversité.... Oh ! que j'étais aveugle ! Et c'était ce barbare.... Enlever un enfant !... Mais le bonheur m'égare. Tonkourou, dors en paix, tu m'as rendu mon fils... Léon, pardonne-moi. Tiens ! j'ai honte : Je fis Pour t'éloigner de nous tant de cruelles choses ! Mais pouvais-je savoir ?... Ma Louise, tu n'oses

Me reprocher me-- tons à l'égard de Léon.

Viens donc ; embrassez-vous !... Elle est belle, il est bon,

Ça fera, mes amis, un heureux mariage !...

Que François cherche ailleurs ! Pas de cet alliage !...

0 mon Dieu ! le beau jour ! 0 le beau jour pour moi!

Puis, en parlant ainsi, Lozet, dans son émoi, Va, vient, serre la main à chacun de ses hôtes. Et le fier Tonkourou, repentant de ses fautes, Dort dans son blanc linceul son sommeil éternel. Et ce bruyant plaisir, ce bonheur so'ennel En face de la mort, aux côtés d'uu cadavre, C'est quelque chose, hélas ! qui saisit et qui navre !

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