Registre 0. — Séances des 24, 30 Brumaire et 6 Frimaire
Villetard, malgré ses promesses, n'avait rien fait. On décida d'écrire à Maure. Celui-ci, encore sous le coup des événements de Thermidor, et intimidé par les attaques du Courrier Républicain, n'osa bouger. II répondit le 23 Frimaire (i3 Décembre) en annonçant l'arrivée en mission à Tonnerre du Représentant Guillemardet, « homme doux et juste, écrit-il, et qui, plus heureux que moi, mettra la dernière main à une paix durable dans Tonnerre, paix dont j'espère avoir préparé les voies. » 4
Guillemardet 2 arriva à la fin de Décembre. Il était porteur d'un arrêté du 3o Frimaire (20 Décembre), qui suspendait les séances de la Société populaire. Il désigna, pour la reconstituer, vingt citoyens, choisis, pour la plupart, parmi les anciens membres de l'Hôpital. 3
Le 2 Nivôse (22 Décembre), il prit un autre arrêté qui ordonnait à Cherest de sortir, dans une décade, -du département de l'Yonne, et qui mettait sous la surveillance des autorités locales : Lombard, Cabasson, Sarry, Labalte,les frères Desmaisons, Guenin, Fouinat- Cottan, Champeil, Collier et Thibaut.
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1 . Pièces justificatives. — Lettre de Maure au Conseil Général de la Commune de Tonnerre, 23 Frimaire an III.
2. GUILLEMARDET, médecin à Autun. Siégea d'abord à la Montagne et vota la mort du Roi. Après la chute de Robespierre, il prit parti pour les Thermidoriens et lit poursuivre les terroristes. En mission dans la Nièvre, il ht arrêter tous les Jacobins de ce pays. Membre du Conseil des Anciens, ambassadeur en Espagne, puis préfet sous l'Empire, il mourut fou à l'âge de 45 à 50 ans. (Biographie Michaud).
3. Pièces justificatives. — Proclamation des citoyens nommés pour reconstituer la Société populaire à leurs concitoyens. (3 Nivôse).
Par le même arrêté, il déclarait calomnieuses les accusations portées contre la Commission des subsistances, faisait l'éloge des mesures prises par elle pour l'approvisionnement de la Ville, et décidait que par son zèle et son civisme, elle avait bien mérité de ses concitoyens. 4
Le 7 Nivôse, il renouvela presque entièrement le Conseil Général, le Comité révolutionnaire, le Tribunal et la Justice de paix. Il élimina de partout les Jacobins, nomma Fourcade, 2 Agent National auprès du District et Delaune, Juge de Paix.
Le Conseil Général fut ainsi composé : Maire, Hector Macé-Daudin ; Officiers Municipaux : J.-Ch. Bazile, marchand ; Gogois, apothicaire ; Benoist-François Royer, notaire; Jean Beaudot, orfèvre; Raby, horloger ; Marquis, officier de santé ; Régnier-Javey, marchand de vins; Alexis Cottin, ancien avoué. No — tables-: Prieur père, aubergiste; Bouquin; Thorql^— marchand de pierres; Chanot fils, charpentier; Lapre^ coutellier; Roy père, serrurier; Theveau, de Vauli — chères; Gouré père, propriétaire; Rose, imprimeur;: Ch. Dumey, tonnelier; Louis Racouillat, tisserand;, Gaillardet, orfèvre; Edme Chenot père, tailleur d^ pierres ; Ch. Langet, perruquier ; Joseph Fourché, dis-
1. Pièces justificatives. — Arrêté de Guillemardet du 2 Nivôse.
2. Jacques Fourcade, né à Tonnerre en 1750, ancien maître d'étude, puis secrétaire du ministre girondin Roland, devint membre du Conseil des Cinq-Cents, percepteur à Saint-Vinnewer, puis juge de paix. Mort en 1826,
illateur; Çh, Goux, tonnelier; P. Tlogny, traiteur; -ratour, chapelier. Cajrterpn, gendre Desnoyers, fut iOB?mé Agent National de la Commune, et Jacques- •l^ude Prangé, secrétaire-greffier de la Municipalité. 1
I^e nouveau Conseil, informa Maure de ce qui venait t e se passer et, dans une adresse à la Convention, fit éloge des mesures prises par Guillemardet. Il célébra >ar une grande fête, l'anniversaire de l'exécution de *ouis XVI, mais d'un autre côté, il rétablit les noms es rues que la précédente administration avait; changés, 'a*; i#ji arrêté du 19. Nivôse, il défendit aux individus tfs spijs sa surveillance, de. sortir de la Ville sans une ut#ri$atiou spéciale çt Içs ojbligea à se présenter au lp?çau Municipal deus; fois par décade..
Il demanda pour la Ville des secpurs. aux Comités u Gouvernement. 2
La nyisère,, en çffet, était effrayante. L'hiver d^e 794-1795, fut un des. plus durs qu'on ait connus et le roiid fut terrible. En Nivôse, les moulins ne tournent plus, les biefs de l'Armpnçon furent entièrement elés. On employait des prisonniers de guerre à briser l glace, mais le froid était si rigpureux, qu'elle se remuait aussitôt et rendait les efforts inutiles. On trouva, ans les Veuillots, un homme mort de froid. 3
Les réquisitions pour les années avaient enlevé la lus grande partie des récoltes, et le peu qui restait, ne
i . Pièces justificatives. — Arrêté de Guillemardet du 7 Nivôse.
2. Registre S* — 2, 5, 12, 19, 29 Pluviôse et S Ventôse an III.