‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 11 sur 128 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Organisation du District de Tonnerre

Formation du district de Tonnerre. — Fêtes du serment. — Biens nationaux. — Députation à Paris de A. Deschamps et Percheron. — Élection des membres du Département et du District. — Fédération des Gardes Nationales. — Le 14 Juillet. — Organisation de la Justice de Paix. — Installation du Tribunal du District.

Février-Novembre 1790.

Les nouveaux Députés de la ville de Tonnerre avaient pour mission de désavouer auprès de l'Assemblée Nationale les pouvoirs donnés à leurs prédécesseurs ; de prendre connaissance de tous les mémoires remis à l'Assemblée sur l'affaire du 3o Août, afin d'en instruire les Otficiers Municipaux, et de demander l'envoi des décrets qui ne parvenaient pas régulièrement au bureau du Conseil.

Ils devaient aussi se mettre en relations avec la commune de Paris, la féliciter de son patriotisme, lui porter

l'hommage des habitants de la ville de Tonnerre et solliciter sa fraternité.

Mais ils avaient encore une autre mission, bien plus importante pour les intérêts de la Ville.

La loi des 22 Décembre 1789 — i5 Janvier 1790 avait substitué aux anciennes provinces l'organisation départementale. Les limites du Département de l'Yonne avaient été arrêtées le 26 Janvier 1790; ce Département était composé de sept Districts : ceux d'Auxerre, Avallon, Joigny, Saint-Fargeau, Saint-Florentin, Sens, Tonnerre. Le District de Tonnerre était divisé en dix cantons dont les chefs-lieux étaient : Tonnerre, Épineuil, Tanlay, Cruzy, Ravières, Ancy-le-Franc, Noyers, Châtel-Gérard, Yrouerre et Vezinnes. *

Cette division avait soulevé de nombreuses réclamations et des pétitions se signaient pour que la répartition des communes fut changée. On demandait notamment que le District de Saint-Florentin fut supprimé et que les communes le composant fussent réparties entre les autres Districts. 2

Les Députés de la Ville de Tonnerre devaient donc solliciter de l'Assemblée que les paroisses de Dyé, Carisey, Mérey, Ligny, Varennes, Maligny, Villiers- Vineux, Percey, Jaulges, Chéu, Flogny, La Chapelle, Marolles, Lignières, Coussegrey, Étourvy, Chamelard,

1. Pièces justificatives. — Procès-verbal de la division du département de TAuxerrois, du 26 janvier 4790.

2. Le Département donna un avis favorable le 18 novembre 1790.

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pendant m* dévolution 4S

Prusy et flKttes, qui n- étaient étoignfée»de'Ton^drfeique de quelques Ueuesy &*seiiî réun*es>au District.

Pédant cte te^ps-là,' de grande» fètos'furfeht- célébrées à Tonnerre à l'occasion ^du -semaent pvoJKttiQé par Louis XVI , Qui sa** qoete 4 Février vppt le -Roi s'était féftd^ à TÂfrsetrtbïëe et y avSaÉtsfeteiutie* protestation de dévouement aux ittsteaHtidns<>nGweMes^ ta^thott^asmei avec lequel le peuple v de 'Parts- reçut ôette mari jfeâtatkm royale^ se communiquai tome la France. Partout on & des fêtes magniâques;eUes eurent 4iéu à Tonnerre le Dimanche up Mars.

Elles furent annoncées 1 le matin par le» doctes* et par des salves d'artillerie ; an fit anx indigente une distribution de 400 livrer de pain.

• A trois heures de l'après-midi on^pà^sa^ une^ revue de la Garde Nationale, puis^un cortège oomposé -dés officiers-municipaux, des notables, ;du corps eedééiastique, des autorités 'administratives, et jiidioisûres^ précédé de la Garde Nationale et des Chevaliers de HArquebuse, se rendit de l'Hôtel-de-Ville dans YEglto6*de l'Hôpital que la foule remplissait déjà.

L'abbé Percheron prit le premier la parole 1 Iktttjpie la Commune ayant choisi' pour Marre -M. Beacfhaœps, et pouf Procureur M. Cherest, il avait l\bonneur'de4es présenter en ces dites qualités à Feffefcde* prêter -serment. MM. Deschamps et Cherest <remercàè«ent le® 'habitants de leur confiance, puis le doyen Horiot prononça un discours. dans lequel il fit l'éloge du patriotisme dé l'Assemblée Nationale et du Roi.

La cérémonie du serment eut lieu ensuite, et M. Deschamps invita tous les assistants à se joindre au Corps Municipal et aux Notables pour jurer fidélité à la Nation, au Roi et à la Loi.

Ses paroles furent saluées par les cris de : Vive le Roi I Vive la Nation ! et tous les citoyens présents répétèrent la formule du serment.

Après le Te Deum, le cortège alla chercher Mme de Chamblain, qui avait été désignée pour être la marraine d'un mai planté au Pâtis afin de perpétuer le souvenir de cette mémorable journée. Puis un immense feu de joie fut allumé tandis que des boîtes d'artillerie envoyaient dans les airs leurs salves bruyantes. On revint à l'Hôtel de- Ville par le faubourg Bourberault. Toutes les maisons étaient illuminées et, sur le passage du Corps Municipal, la foule ne cessait de pousser les cris répétés de : Vive le Roi î Vive la famille royale ! Vive la Nation 1 Vive la commune de Tonnerre î i

Quelques jours après une émeute faillit éclater dans la Ville.

Parmi les impôts de l'ancien régime, aucun n'était moins populaire que la Gabelle, et dans le cahier des demandes et doléances de la ville de Tonnerre, les habitants avaient demandé une nouvelle organisation pour la perception d'un impôt qu'ils jugeaient vicieux et prêtant à la fraude.

1. Registre H, — Séance du Conseil Général de la Commune du 14 mars 1790.

Le 25 mars, les sieurs A. Gournai et J. Michelet, employés des fermes du Roi, vinrent déclarer au Conseil Municipal qu'il se vendait publiquement du sel de contrebande, rue Vaucorbe, dans une maison à porte cochère située en face la rue de la Varence. L'entrée de la maison leur étant interdite, ils requéraient la Municipalité de leur prêter main-forte. La Maréchaussée fut mandée et trois tonnes de sel furent saisies et conduites dans le grenier à sel. C'était un jour de foire, la foule s'ameuta, s'empara d'une partie du sel et menaça d'enfoncer les portes du grenier. M. Campenon, receveur de la Ville, voulait s'y opposer, mais en présence des menaces de la foule et craignant les voies de fait, il s'apprêtait à ouvrir, quand arrivèrent sur les lieux trois Conseillers Municipaux, MM. Cherest, Cabasson et Choupe. Ils firent comprendre aux gens rassemblés que le devoir de tous les citoyens était de respecter les décrets de l'Assemblée, et par des paroles conciliantes, parvinrent à disperser les groupes. Cependant les fauxsaulniers furent laissés en liberté.

La perception sur le sel fut définitivement abolie par la loi du 3o mars 1790 ; du 6 au 12 avril, la Municipalité fit procéder au mesurage des sels contenus dans le magasin de l'Etat et en donna décharge au receveur. *

A la même époque, elle fit défense aux aubergistes et cabaretiers de donner à boire aux habitants les fêtes et dimanches pendant les offices, et après neuf heures

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