CHAPITRE XV
Fin d$ la Révolution
\seil régénéré. <— • Suppression définitive de la iété populaire. ~- La Constitution de Van III. Amnistie de ^Brumaire. — 'Mise en liberté de rest. — La nouvelle administration. — Une ute de femmes en Vendémiaire. — Les Élections an V. — Le 18 fructidor. —> Tonnerre pendant directoire. — Le 18 'Êrumairç. — La Constitude Van VIII. —fin de la Révolution, m III — Nivôse an VIII. — Juin 1795 — Décembre 4799),
he apporta quelques modifications dans la coffli de9 autorités, qu'il peupla de contre-révolues. Il nomma Percheron membre du Directoire artement et Gouré Procureur de la Commune. îs nouveaux officiers municipaux: et notables, il' isit Jacquillat- Despréaux, Bazile-Duclos, Rendu, at-Vaulavré, Desnoyers fils, Brice-Barry, Adrien Il fit expulser de Tonnerre Mamès Marietetfflit ce Daret l'aîné. Macé-Daudin conserva les fooci Maire. 1
étés de Mailhe du 24 Prairial.
Le Conseil régénéré, selon l'expression même de Mailhe, décida que les frais de la force armée venue d'Auxerre le 4 Mai 1793, seraient à la charge de Cherest et de ses acolytes ; il chargea le Procureur de la Commune de faire confirmer son arrêté par les tribunaux compétents, et en attendant, de prendre hypothèque sur leurs biens. * L'affaire ne fut jamais plaidée, et fut comprise dans l'amnistie de Brumaire.
Du reste, la mise en vigueur de la Constitution de l'an III allait mettre un terme à tous les désordres.
Les Sociétés populaires tenant des séances publiques étaient supprimées. Le club des Religieuses ferma ses portes le 12 Fructidor; les clefs, registres et papiers furent remis à la Municipalité. 2
La Constitution fut votée à Tonnerre, en Assemblée primaire, le 20 Fructidor (6 Septembre). Dans cette Assemblée, on nomma les électeurs pour le renouvellement du Corps législatif. Ce furent MM. Fourcade, Jacquillat-Despréaux, Régnier- Javey et Daret-Derville. M. Fourcade fut élu membre du Conseil des Cinq-Cents. 3
La nouvelle Constitution supprimait les Conseils Généraux des Communes et les Districts. Elle remplaçait ces derniers par des Municipalités cantonales com-
1. Reg. S. — Séance du 5 Messidor. Les frais s'élevaient à plus de 1.200 livres, dont 450 environ étaient réclamées par Chablis, où la troupe avait fait halte.
2. Pièces justificatives. — Arrêté de l'Administration du District.
3. Ibid. — Procès-verbal de l'Assemblée primaire du 21 Fructidor an III.
posées de la réunion des agents électifs de chaque commune. Elle plaçait dans chaque canton un agent du Pouvoir exécutif.
Tonnerre et ses hameaux formaient un canton et avaient droit à quatre officiers municipaux. Les électeurs, convoqués les 10 et n Brumaire an IV (i et 2 Novembre 1795) nommèrent MM. Roze-Feuillebois, Jacquillat-Despréaux, Desnoyers, Macé-Daudin et Rendu. M. Roze fut élu président et l'abbé Percheron fut nommmé commissaire du Directoire exécutif. 4
La Convention, avant de se séparer, proclama l'amnistie pour tous les faits relatifs à la Révolution, et les détenus de Tonnerre furent tous mis en liberté.
Cherest, en sortant de prison, alla passer quelque temps dans son pays natal, à Carisey. Quand il revint à Tonnerre, on lui rendit ses armes et ses droits de citoyen, mais il évita de se mêler de nouveau à la vie politique et se consacra exclusivement à ses fonctions d'avocat-avoué. 2
La nouvelle administration, protégée par la Constitution, s'occupa utilement des intérêts de la Ville. Elle fit rendre des comptes aux anciens officiers municipaux, équilibra comme elle put les finances, et réorganisa les différents services négligés pendant la Révolution.
1. Pièces justificatives. —Procès-verbaux des Assemblées primaires de Brumaire au IV.
2. Cherest mourut à Tonnerre le 11 novembre 1820, à l'âge de 74 ans. Avoué près le Tribunal de 1" instance de Tonnerre dès sa création, son étude passa successivement entre les mains de MM. David, Labosse, Damé, Grenon, Caron et Raimbert, le titulaire aetuél.
Les subsistances étaient toujours difficiles. Le 8 Vendémiaire (29 Septembre) des femmes s'étaient emparées d'un convoi de grains pour Paris. Elles avaient passé la nuit autour des voitures, répondant aux remontrances des officiers municipaux par les cris de : // nous faut du pain/ On n'osait employer la force, il fallut parlementer longtemps pour les empêcher d'éventrer les sacs, et pour les faire consentira laisser passer les charretiers. 4
En exécution d'une loi du 7 Vendémiaire qui autorisait les Municipalités à déterminer et à requérir les quantités de grains que les propriétaires, cultivateurs et fermiers pouvaient amener sur les marchés des chefslieux, on fit la liste des communes qui approvisionnaient Tonnerre avant 1789 et on les mit en demeure d'envoyer les quantités comprises dans l'état qui fut dressé de leurs ressources. 2
Peu à peu les transactions se rétablirent, les marchandises reprirent un cours normal et l'abondance de& marchés mit la Ville à l'abri d'une nouvelle disette.
Les haines qui, pendant si longtemps, avaient désolé Tonnerre, ne s'apaisèrent pas d'un seul coup. Elles eurent encore quelque retentissement pendant les dernières années du siècle. 3