‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 115 sur 128 · COMITÉ DE CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

COMITÉ DE CORRESPONDANCE

Le 21 Août 1793, l'an deuxième de la République Française une et indivisible.

Frères et Amis :

Vos Députés à la Convention Nationale et à la Commune de Paris ont fait lecture de votre adresse à la Convention. Le Conseil Général Fa entendue avec satisfaction. Il a chargé sç>n Comité de Correspondance de lui rapporter le précis des minutes jointes à cette adresse ; il les auraient entendues avec autant de plaisir sans les travaux importants et multipliés qui l'occupent sans cesse. C'est avec douleur que le Conseil a appris combien vous êtes traversés par les projets liberticides d'une horde aristocratique qui veut écraser le patriotisme qui vous anime. Vous les avez combattus avec ce courage et cette énergie qui ne se trouvent que dans l'âme des vrais républicains. Vous avez remporté la victoire, le bon ordre est rétabli dans votre ville, mais vos ennemis veillent, et vous êtes trop ardents patriotes pour vous endormir sur vos lauriers ; veillez sans cesse ,

frères et amis, jusqu'à ce que vous ayez terrassé vos ennemis, ceux de la République une et indivisible. Le Conseil a ordonné l'insertion de votre adresse dans ses affiches.

Salut fraternel et persévérance.

Les Membres du Comité de Correspondance, Signé : ARNAUD, SERVIN, RENARD.

(Bibliothèque de Tonnerre, pièces, etc., liasse 2).

Lettre de Gohier, Ministre de la Justice

à la Société Républicaine des Sans-Culottes

séant aux ci-devant Ursulines

à Tonnerre

Paris, ce gSeptembre 1793, l'an 2 me de la République.

J'ai reçu, citoyens frères et amis, la lettre que vous m'avez écrite en date du 12 du courant (12 Août), la copie de votre adresse à la Convention Nationale. J'y ai lu avec le plus vif intérêt, le détail des vexations que vous fait éprouver un rassemblement d'hommes qui osent se qualifier d'amis de la République. Ce n'est pas la première fois que les ennemis de notre Révolution ont emprunté ce masque hypocrite pour mieux trahir sa cause ; mais il n'est pas possible de tromper la surveillance des patriotes, que de lasser leur courage.

C'est par l'exercice continuel de ces vertus, dont les Sans-Culottes de Tonnerre offrent l'utile exemple à leurs concitoyens, qu'ils concourront avec leurs frères des autres Sociétés de la République, à consolider l'édifice naissant de notre liberté. C'est en désignant à la vengeance des lois, et au zèle des autorités constituées les monstres qui voudraient la renverser, qu'ils rempliront cette honorable tâche ; les lois, dont la protection s'étend à tous, veillent spécialement sur les Sociétés populaires; elles punissent comme coupables d'attentat contre la Liberté, les autorités constituées et les individus qui tenteraient de les dissoudre, ou d'en empêcher la réunion. Celle du 25 Juillet, notamment, charge sous leur responsabilité, les administrations de dénoncer, et les accusateurs publics de poursuivre de semblables délits, même ceux commis avant sa promulgation. Je me serais empressé de transmettre votre lettre au Ministre de l'Intérieur, pour le mettre à portée de prendre les moyens convenables en ce qui concerne son Ministère : mais la Convention Nationale ellemême, a voulu donner une attention particulière à l'objet de vos réclamations. Un décret du 17 Août me charge d'envoyer sur-le-champ des commissaires dans votre ville pour faire apposer les scellés sur les registres, papiers et correspondances de la Société soi-disant républicaine. Ces scellés ont été apposés et les pièces qui m'ont été envoyées ont été remises par moi au Comité de sûreté générale qui s'occupe actuellement de cette affaire. Il y a lieu d'attendre de l'exécution de

Cette mesure les résultats qui assureront à la fois le F>lein exercice de vos droits et la punition des coupables.

Le Ministre de la Justice, GOHIER.

(Bibliothèque de Tonnerre, pièces concernant la période révolutionnaire, liasse 2),

J Affaire du 15 Septembre

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