Ibid. — Séances des 12 et 16 avril
l'Assemblée Nationale, sur la proposition de la Commune de Paris, avait laissée aux Municipalités d'acheter les biens nationaux. Il décida que la ville de Tonnerre déposerait entre les mains du Comité établi pour l'aliénation des biens, « une soumission d'acquérir les propriétés et bâtiments dépendant des communautés religieuses, aux mêmes clauses, charges et conditions que la Municipalité de Paris et les autres villes du royaume. »
Le moment était favorable. Les créanciers de l'Etat allaient être remboursés en assignats qu'ils s'empresseraient de convertir en biens-fonds. La Ville espérait d'une part, trouver dans certains bâtiments religieux les locaux nécessaires pour installer ses différents services, d'autre part, avec la vente des propriétés dont elle n'aurait pas l'emploi, s'acquitter envers l'Etat. Elle bénéficiait en outre du seizième des ventes qui était abandonné aux Communes pour prix de leurs soins. Ajoutons que la Ville était en droit de réclamer à l'Etat le remboursement d'une somme de quinze mille livres environ qu'elle avait versée pour l'acquisition des offices municipaux créés par l'Édit de 1771. Enfin, d'importantes coupes dans les bois communaux, surtout dans les parties attaquées par les gelées de l'hiver de 1788- 1789, produiraient encore des ressources utiles pour couvrir les dépenses.
Le Conseil Général décida d'envoyer une nouvelle députation à Paris pour s'occuper de tous ces objets et désigna MM. Deschamps et Percheron. Ils devaient en même temps demander à l'Intendant Général des
5û TONNERRE
Postes l'établissement à Tonnerre d'un bureau intermédiaire, avec courrier ou postillon pour aller chercher les correspondances à A vallon, où venait d'être transférée la direction de la Poste. On espérait par ce moyen recevoir plus promptement les lettres, qui mettaient d'ordinaire trois jours pour venir de Paris. Noyers encore réclamait le même privilège. *
MM. Deschamps et Percheron partirent aussitôt, munis des pouvoirs du Conseil. Ils firent la soumission pour les biens nationaux dans les premiers jours de Mai. Ils écrivirent à la Commune pour prier le Conseil Général d'arrêter quels biens on devait acquérir et d'en envoyer la désignation et l'évaluation d'une manière claire et précise. Ils demandaient aussi de fixer la somme à laquelle ils devaient borner leur soumission^
Le Conseil résolut de faire l'acquisition des biens, et domaines appartenant ci-devant : aux maisons abbatiales et conventuelles de Saint-Michel, de Saint-Pierre— lès-Molosmes, des Grand et Petit-Quincy; aux religieux de Saint-Antoine de Troyes, situés à Tonnerre et dam les environs ; à la Maison-Dieu, située tant à Tonnerr^^ qu'à Vauplaine et dans les environs ; à l'abbaye d< Fontenay; aux prieurés de Saint- Vinnemer, Sainte- Vertu et Dyé ; au couvent des Pères-Minimes ; am Religieuses Ursulines de Tonnerre et aux Cordelière de Tanlay.
Il chargea MM. Thomas, Bernard, Guenin La Vigne