‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 29 sur 128 · Rue Jean-Garnier, aujourd'hui café de l'Yonne · texte numérisé non relu

Rue Jean-Garnier, aujourd'hui café de l'Yonne

2. Registre H, — Séances des 21, 22 Décembre 1790, 12 janvier, 18 et 2o février 1791. — Registre J. — 26 février, 1«-, M mars, 16, 21, 27 avril 1791.

les hommes de s'occuper de leurs affaires et leur donnait un surcroît de fatigue.

Une autre difficulté, c'était de subvenir aux besoins de toute cette population insubordonnée, toujours prête à s'insurger, et cela dans un moment où la Ville elle-même se procurait péniblement les subsistances nécessaires. La Municipalité se plaignait avec raison de l'incurie de l'administration qui avait envoyé des ouvriers sans prévoir les moyens de les faire vivre. Elle était obligée de passer elle-même des marchés avec les boulangers de la Ville et des environs. Ceux-ci, n'étant pas payés régulièrement, refusaient de fournir davantage, les ouvriers criaient qu'on voulait les laisser mourir de faim, c'était des ennuis et des craintes d'insurrection qui se renouvelaient chaque jour. Dans le courant de l'été 1791, toutes les propriétés qui avoisinaient les chantiers, furent saccagées. Les propriétaires se plaignirent : on multiplia les arrestations et les patrouilles, sans pouvoir empêcher ces dévastations, qui s'étendirent bientôt dans toutes les parties de la contrée. 1

C'est au milieu de ces tracas qu'arriva, le 22 Juin, la nouvelle de la fuite du Roi.

On était encore, à Tonnerre, très attaché à la personne rovale ; on avait cru à la sincérité des déclarations de Louis XVI, et le 8 Avril précédent, un TeDeum solennel, auquel avait assisté toute la population, avait

I Registre H. — 12 décembre 1790, 17 janvier 1791. — Reg. J. — Passim et notamment, 5 juin, 27 juillet, 3 et 9 août 1791-

été chanté pour le rétablissement de sa santé. 1 Sa fuite causa une vive émotion. On sonna le tocsin, le Conseil se déclara en permanence, on ordonna dans toutes les églises des prières de quarante heures, la garde nationale prit les armes, tous les marchands de poudre furent mis en réquisition, et on plaça des postes à toutes les portes de la Ville. On arrêta la diligence, les voyageurs furent fouillés, les ballots saisis et ouverts : on trouva vingt-cinq épées et une grande quantité de brochures où, à côté de mandements d'évêques, de lettres de Gobel, de Mirabeau, se rencontraient des traités de

médecine et de nombreux exemplaires des lettres b

patriotiques du véritable Père Duchène. On s'empara de même des malles deGachetde Sainte-Suzanne, qu'un charretier conduisait à son domicile, rue St-Michel. Des patrouilles ne cessèrent toute la nuit de parcourir les routes.

L'arrestation à Varennes fut connue le lendemain à onze heures du soir. Elle fut publiée à son de caisse, on sonna les cloches, on tira les boîtes, en un instant la Ville s'illumina, un public nombreux remplit les rues, et malgré l'heure tardive, un service en actions de grâces fat célébré à Notre-Dame. 2 On rendit les malles de Gachet et tous les objets saisis.

1. Le 11 avril 1791 eut lieu également une cérémonie en l'honneur de Mirabeau. Le P. Commerson y prononça l'éloge funèbre du célèbre orateur. {Pièces justificatives. Eloge funèbre de Mirabeau par le P. Commerson.)

2. Registre J. — Séances des 22 et 23 juin 1791, où se trouve aussi l'inventaire des objets saisis.

Quelques jours auparavant, le Dimanche 19 Juin, avait eu lieu une Assemblée des citoyens actifs de la Commune pour nommer les électeurs à l'Assemblé Législative. Les huit électeurs furent MM. Jacques Cherest, Jean Cherest-Verne, Agnès de Fayolle, J.-B. Guenot, bénédictin, J.-C. Huguenin, Choupe, P. Gormand et Denis Geliez. M. de Fayolle fut nommé Député.

Conformément au décret du 23 novembre 1790, les Officiers municipaux divisèrent le finage de la Commune en quinze sections, pour asseoir l'impôt foncier, et nommèrent quatre commissaires : MM. Choupe, Debrienne, Michel et Geliez, pour former l'état indicatif des propriétés comprises dans chaque section *

Sur la demande du Comité de salubrité de l'Assemblée Nationale, le Conseil dressa la liste des médecins, chirurgiens, pharmaciens, accoucheurs et sagesfemmes qui exerçaient à Tonnerre. Il y avait quatre médecins : Campenon, père et fils, Decourtive, et Carré, médecin à l'Hôpital ; quatre chirurgiens : MM. Lemaure, attaché à l'Hôpital ; Lemaire, Belnet et Marquis, ces deux derniers ayant une réputation d'accoucheurs ; un pharmacien, M. Collard ; et deux sages-femmes : Mmes Chevalier, dont le mari était tonnelier, et Rousselet, femme d'un tourneur. 2

La Ville avait reçu, au mois de Mai, l'autorisation d'acquérir les moulins dits de la Ville, d'Enfer et de

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