Jbid. — 29 mai
Grisey, appartenant aux ci-devant religieux de St-Michel et vendus comme biens nationaux. Le dernier se trouvant compris dans les terrains pris par le Canal, la Municipalité refusa de Tacheter et même d'y faire des réparations. Elle s'opposa à la vente, aux sieurs Berthier de Viviers, et Jacquillat-Despréaux, des biens composant la ferme de Marcault. Les décrets des 23 et 28 octobre 1790 ajournaient la vente des biens de tous les établissements d'instruction publique, ainsi que ceux d'hôpitaux et de maisons de charité ; or la ferme de Marcault dépendait de l'hospice du Saint-Esprit et ces biens faisaient partie de la dotation du Collège, transféré depuis 1787 dans la maison des ci-devant Minimes. * Geliez, en sa qualité de charpentier, fut chargé de faire la visite des biefs et des moulins et de dresser l'état des réparations à y faire. Mais à la fin du mois de Juillet, la sécheresse devint extrême ; les biefs manquèrent d'eau, les moulins ne purent tourner. Le Conseil fit moudre au loin, et sur la demande de plusieurs citoyens, laboureurs et propriétaires, ordonna, le i5 Août, des prières publiques pendant neuf jours. Il demanda en même temps des secours au District pour lui
4. Ibid. — Séances des 1 er , 12, 19, 25 mai. L'hospice du Sa : nt- Esprit, tombé du reste en désuétude à l'époque de ia Révolution, était très riche. Il possédait des vignes dans les contrées les plus estimées du Tonnerrois. En 1793, la Municipalité vend quatre feuillettes de vin de Saint-Esprit, une somme de 901 livres. C'est la seule fois que nous trouvons mentionné le prix du vin.
permettre de satisfaire aux besoins des habitants et des ouvriers du Canal. i
Ceux-ci s'étaient considérablement augmentés et effrayaient la population. Les boulangers, mis en réquisition, n'étaient toujours pas payés et le Conseil demandait en vain que des boulangeries spéciales fussent établies dans les principaux lieux de travail. Le i3 septembre, un attroupement des ouvriers jeta l'épouvante dans la Ville. On sonna le tocsin, on battit la générale, on distribua de la poudre et des balles aux gardes nationaux. La troupe de ligne fut requise et sa présence suffit heureusement pour contenir les mutins, mais ces alertes continuelles excitaient les murmures et les plaintes des habitants. 2
La garde nationale avait été divisée en quatre compagnies ; elle reçut du Département, au mois de Juillet 1791, cinquante fusils de munition qui furent distribués aux hommes « ayant donné des preuves de civisme et n'étant pas en état de faire la dépense d'acheter des armes. » M. Alexandre de Sparre, lieutenant général,