‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 68 sur 128 · Reg. N. — Séance du 1G Août H · texte numérisé non relu

Reg. N. — Séance du 1G Août H

rest, s'était fait recevoir au club de l'Hôpital, écrivit, séance tenante, au président de cette Société. « Ne vous laissez point, dit le billet, prévenir en action civique. Je vous engage de faire arrêter à notre Société qu'elle en fera autant et d'envoyer à cet effet une députation au Conseil Général... Ne lisez pas mon billet pour qu'il ne paraisse pas que je vous donne une leçon, afin que le mérite de la démarche reste à la Société. »

La lettre, au lieu d'être remise à l'Hôpital, fut portée aux Ursulines. Sa lecture à la tribune souleva une violente indignation, et une députation, à la tête de laquelle se trouvaient Rousseau et les deux Cherest, fut envoyée au Conseil.

Cherest fit un tapage du diable; il demanda l'insertion au procès-verbal de la protestation du club et du billet de Bailly. Celui-ci voulut s'y opposer, il s'en suivit un tumulte, auquel prit part le public des tribunes. Il était à peine apaisé, qu'arrivait, à son tour, une députation de l'Hôpital. Les deux groupes se rencontrèrent à la porte et échangèrent d'abord de violentes altercations. Puis, les uns voulant entrer, les autres cherchant à sortir, une poussée se produisit, les deux députations se précipitèrent l'une sur l'autre et des citoyens se prirent à la gorge, en proférant des menaces de mort. Des assistants, effrayés, s'échappèrent par les fenêtres. Les portes furent brisées, la mêlée devint épouvantable. Les Officiers municipaux mirent leurs écharpes, se jetèrent au milieu des combattants et, à grand'peine, parvinrent à les séparer.

Or, il se trouvait là une petite fille âgée de 16 ans, lommée Madeleine Camus, qui, dans la bagarre, fut enversée, foulée aux pieds et légèrement blessée. *

Cherest en fit toute une affaire. Le tuteur de la jeune bannis, un nommé Jacques Davion, fournier à Ton- Lerre, porta plainte, et dès le lendemain, le juge de paix, Cherest- Verne, commença une enquête.

Le procès prit tout à coup des proportions énoraes. On n'entendit pas moins de cent six témoins. Ce ut d'ailleurs plutôt un procès de tendance dirigé contre îailly et le club de l'Hôpital. On revint sur l'affaire de a Justice de Paix du 3 Août, on releva avec soin une bule de propos de toute sorte tenus par les membres le la Société, soit pendant les séances, soit ailleurs, >n fit en un mot une enquête minutieuse sur tous les aits et gestes du club Girondin. *

Toutes les pièces de l'enquête furent envoyées au Ministre de la Justice et l'affaire fut portée devant la Convention le 17 Août. Julien (de Toulouse) dénonça ï la tribune la Société de l'Hôpital comme composée de ci-devant nobles et de leurs agents ; il demanda la dissolution de toutes ces sociétés de fédéralistes. Maure fit observer qu'il suffisait de faire exécuter la loi }ui prononçait l'arrestation des suspects et, sur la proposition de Lacroix, la Convention rendit un décret qui ordonnait que tous les registres, papiers et corres-

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