‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 79 sur 128 · Jacquillat Despréaux · texte numérisé non relu

Jacquillat Despréaux

10 Frimaire, aux frères et amis du Comité de surveillance. 4

Les Religieuses avaient écrit aux Jacobins de Paris pour leur recommander l'affaire de Tonnerre. Le Comité de Correspondance répondit le 4 Frimaire : c Vos concitoyens ont été acquittés. Autant, frères et amis, les Sociétés doivent dévoiler et dénoncer les coupables, autant aussi les patriotes doivent-ils trouver des défenseurs contre la calomnie et l'oppression. C'est un de nos plus beaux apanages que de venir au secours de l'opprimé. Veillons sans cesse, démasquons les traîtres et tendons une main protectrice à l'infortuné ; alors nous remplirons tous notre tâche. » 2

C'est un fait bien remarquable que pendant cette période redoutable, l'innocence reconnue excitait de véritables transports. Autant les révolutionnaires étaient implacables dans la répression, autant ils laissaient éclater toute leur joie quand l'acquittement d'un accusé était prononcé. Celui-ci devenait l'objet de témoignages enthousiastes et d'une protection assurée. On s'honore, disait Danton, quand on sauve un innocent.

Les dix-sept se présentèrent le 6 Frimaire à la Société des Jacobins, ils y furent reçus avec beaucoup d'empressement. Ils en profitèrent, il est vrai, pour dé-

1. Pièces justificatives. — Lettre de Cherest et des autres détenus, au Comité de surveillance de Tonnerre, du 10 Frimaire an II.

2. Pièces justificatives. — Lettre du Comité de Correspondance des Jacobins à la Société des sans-culottes séant aux Ursulines de

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noncer Cherest et Rousseau, et comme ils craignaient des représailles en arrivant à Tonnerre, ils demandèrent à la Société de les faire accompagner. Hébert appuya la demande et la Société délégua Bouin et Gonord qui étaient déjà venus en mission à Tonnerre. 1

Le procès du 28 Brumaire occupa encore une fois les Jacobins. Le 19 Frimaire, la Société procédait à l'épurement des membres du Tribunal révolutionnaire. Royer fut accusé d'avoir voulu influencer les juges et les témoins dans l'affaire de Tonnerre, en déclarant, à la fin de son réquisitoire, qu^* les juges ne jugeaient pas comme il croyait qu'ils dussent juger, le Peuple était là qui les jugerait. Cette accusation souleva de longs débats. Royer protesta, affirmant qu'il était convaincu que les accusés étaient tous coupables. Fabre d'Eglantine défendit Royer. Il attesta que le premier membre de la Société de l'Hôpital était un noble et que le dernier était un prêtre. « C'est ainsi, dit-il que tout est composé. » 2 Royer fut maintenu au Tribunal révolutionnaire.

1. Moniteur de l'an II, n° 61). — Séance des Jacobins du 6 Frimaire.

2. Moniteur de l'an H, n° 86. — Séance des Jacobins c'u 19 Frimaire.

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