Reg, S. — Séance du 15 Vendémiaire
PENDANT LA RÉVOLUTION 2l5
pulation accueillit avec le même sentiment patriotique. On continuait à confectionner des chaussures et des vêtements pour les quatorze armées de la République. Un sieur Maillefert travaillait jour et nuit, avec de
nombreux ouvriers, à la fabrication du salpêtre. Pour en extraire, on souleva les dalles des Eglises et on fouilla les vieux caveaux. Mais ces anciens charniers, fermés depuis des siècles, répandirent dans la Ville de telles émanations, qu'on dut les refermer au plus vite. * Les bûcherons et les charbonniers étaient en réquisition pour fournir le bois et le charbon propres à la confection de la poudre.
On fit une souscription pour la construction d'une frégate ou d'un vaisseau de ligne que les républicains de l'Yonne offraient à la République. Un sieur Maurice Girardin, ancien capitaine, fit don au Conseil d'une somme de trois cents livres pour être envoyée aux volontaires de la République, et s'engagea à verser la même somme tous les ans, jusqu'à la fin de la guerre contre la tyrannie. 2
L'ancien couvent des Ursulines formait un immense atelier d'armes et de munitions. Tous les chevaux de la Ville avaient été requis pour le service militaire.
Pour la rapidité du récit, nous avons dû laisser de côté bien des événements secondaires, mais qui n'en sont pas moins curieux à connaître. Nous interrom-