‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 89 sur 128 · Ibid. — Séance du 9 Germinal an II · texte numérisé non relu

Ibid. — Séance du 9 Germinal an II

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prons un moment l'enchaînement des faits pour revenir en arrière et raconter ce que devinrent les Eglises et. quelle situation fut faite aux prisonniers pendant la. Terreur.

Les événements révolutionnaires n'avaient pas éteint les sentiments religieux de la population Tonnerroise. Jusqu'à la fin de 1793, on avait conservé la coutume de faire des prières publiques pour les changements de temps, et quand les neuvaines étaient insuffisantes, on sortait les reliques de Saint-Thierry.

Après l'affaire du i5 Septembre, le turbulent doyen de Notre-Dame avait été des premiers emprisonnés ; * Claude de Marcenay, curé de Saint-Pierre, était arrivé à un très grand âge qui l'empêchait de remplir son ministère, mais les vicaires ne furent pas mis en suspicion et continuèrent à dire les offices. Ils furent prévenus seulement que les Dimanches n'étaient plus jours de repos et on les obligea à ne célébrer le culte que les jours de Décade. Il fut également interdit de faire payer les bancs et les chaises, et de percevoir aucun droit dit casuel.

L'application du calendrier républicain rencontra quelques difficultés, et une ordonnance de police du 5 Prairial an II, défendit aux habitants de célébrer les Dimanches et les Fêtes catholiques. On prescrivit de

i. François Horiot mourut à Tonnerre en 1812, âgé de 70 ans. Il conserva toute . sa vie un esprit turbulent et d'opposition* Voir dans la Notice sur V Hôpital de G. Dormois, ses querelles avec le Chapelain et ses démêlés avec l'administration de cet établissement.

travailler ces jours-là et de chômer les décadis : les boutiques devaient être fermées, sous peine de 5o livres d'amende. 1 On obligea les enfants à fréquenter les écoles le dimanche et on invita tous les habitants, hommes et femmes, à porter la cocarde tricolore. Les marchés se tenaient les quartidis et les nonidis.

En Novembre 1793, Notre-Dame fut choisie pour être la paroisse du canton, et Saint-Pierre fut fermée. Maure, plus tard, fit apposer les scellés sur cette dernière église, et la fit afficher pour être mise en vente. Les bancs furent retirés et vendus au profit de la République. 2

L'Eglise de l'Hôpital servait, depuis le mois d'Octobre 1793, de magasin pour les réquisitions des armées. En Ventôse an H, on exécuta un arrêté de Garnier du i er Octobre 1793 qui ordonnait la démolition du clocher, comme rappelant, par sa décoration, les signes de la féodalité. Le travail fut exécuté par P. Gaupillat, charpentier, qui présenta à la Municipalité un mémoire bizarre « pour journées employées à la pesée des plomb et fer du citoyen clocher (sic) de la ci-devant église de l'Hôpital. 3 » Le plomb servit à faire des balles. Le& voitures de fourrage abimèrent le méridien tracé sur le

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