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ÉTUDE DES SUTURES

Vu par sa face latérale, l'exocrâne présente à étudier sa forme générale, les os qui le constituent et les sutures qui unissent ces os.

La forme est celle d'un ovoïde à grosse extrémité postérieure : si l'ovoïde s'allonge, le crâne est dit dolichocéphale; s'il se raccourcit, le crâne devient brachycèphale. Nos figures représentent la forme moyenne, le crâne mésaticéphale. Dans la déformation toulousaine, le crâne s'aplatit de haut en bas, surtout dans son tiers moyen, et le front devient fuyant.

Deux bosses et une fosse sont à remarquer : la bosse frontale, dont la saillie, très variable, est plus marquée, en général, sur la femme et l'enfant, où elle décompose souvent le profil frontal en deux plans formant un angle obtus ouvert en arrière et très émoussé. Les bosses frontales de l'homme sont en général situées plus haut et plus écartées l'une de l'autre; leur saillie moins prononcée laisse la courbe frontale presque régulière.

La bosse pariétale est située vers le centre de l'os de même nom :

h TOITXiliM'HIE GRANIO-ENCEPHALIOUE.

plus vague et moins bien liniilce encore que la bosse frontale, elle est comme celle-ci plus marquée chez l'enfant.

Sur les côtés, l'ovoïde crânien s'aplatit : c'est la /"os.s'6' temporale, d'autant plus profonde que l'on descend davantage vers la base du crâne. La fosse temporale s'étend sur quatre os : le frontal, le pariétal,

il '" r ' il". I *■

FiG. 1. — 1, brcgma. — 2, suture fronto-pariétale ou coronale. — 3, stéphanion. — 4, suture ptéro-pariétale. — 5, suture ptéro-frontale. — 6, suture ptéro-temporale. — 7, suture pariéto-temporale ou écailleuse. — 8, ligne courbe temporale supérieure. — 9, ligne courbe temporale inférieure. — 10, crête temporale du frontal. — 11, bosse frontale moyenne. — 11', suture naso-frontale. — 12, suture sagittale. — 13, obélion et trou pariétal. — 14, suture pariéto-occipitalc. — 15, lambda. — 16, protubérance occipitale externe ou inion. — 17, suture pariéto-mastoïdienne. — 18, suture occipito-niastoïdienne. — 19, astérion. — 20, trou mastoïdien.

le sphénoïde et le temporal. Nettement limitée en avant par le bord postérieur tranchant de l'os malaire et de l'apophyse orbitaire du frontal, la fosse temporale s'étend en haut et en arrière sur la face latérale du crâne. Son contour, nettement marqué en avant par la crête temporale du frontal, est limité en haut et en arrière par la ligne temporale supérieure du pariétal. Cette ligne, qui continue la crête temporale du frontal, croise plus haut la suture fronto-pariétale, décrit, à une

hauteur très variable, une courbe à concavité inférieure sur la face externe du pariétal, puis redescend pour aller se terminer un peu en avant du point de jonction des sutures occipito-pariétale et temporopariétale.

La ligne temporale supérieure est d'abord fort nette (crête), facile à sentir à travers les parties molles; plus loin, sa saillie s'efface et ce n'est guère que par un changement d'aspect à la surface de l'os qu'on peut suivre sa courbe sur le crâne sec. Le point où la ligne temporale supérieure croise la suture fronto-pariétale porte le nom destéphanion {aitodrq, couronne) (3, fîg. 1).

Au-dessous de la ligne courbe temporale supérieure on peut remarquer une seconde ligne qui, commençant au niveau du stéphanion, décrit une courbe concentrique à la précédente, mais de rayon plus court : c'est la ligne courbe temporale inférieure, qui va rejoindre en arrière la crête sus-mastoïdienne (racine postérieure de l'apophyse zygomatique). Si l'on regarde avec attention sur un grand nombre de crânes ces deux lignes, on verra le plus souvent dans leur intervalle une série de lignes parallèles, plus ou moins complètes. Je ne saurais mieux comparer l'aspect présenté par la surface du pariétal à ce niveau qu'à celui d'une grève sur laquelle les vagues ont laissé leurs empreintes parallèles lors du retrait de la mer.

Hyrtl (1) a consacré à l'étude de la double ligne courbe du temporal des crânes humains un long mémoire, dans lequel il constate que la ligne courbe temporale supérieure peut manquer quelquefois et que l'absence de la ligne courbe temporale inférieure est beaucoup plus fréquente.

. J'ai cherché en vain dans les différents auteurs une explication de la présence de ces deux lignes. Ayant remarqu(' : a. que ces deux lignes sont séparées par une série de lignes concentriques ; — b. que sur certains animaux (singes) la ligne temporale supérieure empiète de plus en plus sur le pariétal jusqu'à gagner la crête sagittale; — c. que dans certaines races inférieures (Tasmaniens, Néo-Hébridais, etc.) les deux lignes temporales supérieures tendent manifestement à se rapprocher de la ligne médiane au point de constituer un caractère simien (Broca), j'ai émis l'hypothèse que les lignes courbes temporales et les stries intermédiaires marquent les étapes successives de

(1) J. Hyrtl, Denkschriften des Kaiserl. Acad., Wien, t. XXXII, 1873.

6 TOPOGRAPHIE CRANIO-ENGÉPHALIQUE.

retrait du muscle temporal. Le fait, bien mis en évidence par les dissections, ([ue la ligne courbe supérieure ne donne insertion qu'à une aponévrose et que le muscle temporal ne dépasse jamais la ligne courbe temporale inférieure, ne me paraît pas de nature à infirmer l'hypotbèse, surtout si l'on y ajoute cette remarque : qu'entre les deux lignes courbes l'aponévrose temporale et le périoste sont entièrement fusionnés. •

Sutures. — La suture fronto-pariélale ou coronale, qui unit le frontal au bord antérieur des pariétaux, forme sur la voûte du crâne une courbe à peu près transversale, légèrement concave en avant (2, ûg. 1); ses deux moitiés sont sensiblement symétriques. Le point d'intersection de la suture fronto-pariétale avec la suture sagittale porte le nom de bregma (1, fig. 1). Partie de ce point, la suture frontopariétale descend obliquement en bas, en dehors et en avant sur la face externe du crâne, croise la ligne temporale au niveau du stéphanion, puis descend dans la fosse temporale. Elle se termine au niveau du point où la grande aile du sphénoïde (plère) vient s'articuler avec le frontal en avant, le pariétal en haut, le temporal en arrière. La réunion de ces quatre os donne lieu à la formation de plusieurs sutures : la suture ptéro- frontale, entre le bord antérieur de la grande aile et le bord postérieur du frontal (5, fig. 1); la. suluve ptéru-pariétale, qui unit le bord supérieur de la grande aile à l'angle antéro-inférieur du temporal (4, fig. 1); enfin, la suture ptéro-temporale, entre le bord postérieur de la grande aile et le bord antérieur de l'écaillé du temporal (6, fig. 1).

La longueur de la suture ptéro-temporale varie de i à 20 millimètres; le plus souvent elle est de 12 à 15 millimètres. L'ensemble des sutures qui unissent la grande aile aux os voisins porte le nom de ptérioti (TTTcpov, aile) ; d'ordinaire le ptérion reproduit la forme d'un H, dont la suture ptéro-pariétale forme la branche transversale. Il peut arriver que la grande aile et le pariétal ne se touchent pas; dans ce cas le temporal vient entrer en contact avec le frontal, et, suivant que ce contact s'établit par un point ou sur une ligne, on a un ptérion en forme de K ou de x couché (ce dernier est dit, en anthropologie, ptérion retourné).

La suture pariéto-temporale (suture squameuse ou écailleuse) (7, fig. 1) résulte de l'union du bord inférieur du pariétal avec l'écaillé

du temporal ; elle parcourt la fosse temporale d'avant en arrière suivant une courbe à concavité inférieure et finit à la suture pariétomastoïdienne.

La suture pariélo-mastoïdienne (17, fig. 1), à peu près horizontale, n'a guère que 1 ou 2 centimètres de long; elle s'unit en arrière à la suture lambdoïde (pariéto-occipitale) (1 4, fig. i) et à la suture occipitomastoïdienne (18, fig. 1). La rencontre de ces trois sutures forme une sorte d'étoile à trois branches dont le point central porte le nom d'astérion (19, fig. 1).

La suture sagittale, qui unit le bord interne des deux pariétaux (12, fig. 1), s'étend du bregma au sommet du V que forment en se réunissant les deux sutures paricto-occipitales. Elle est fortement dentelée, excepté en arrière au niveau des trous pariétaux; là les dentelures sont moins accentuées, parfois même la suture est représentée par une simple ligne sur une longueur de 1 à 2 centimètres; Broca a donné à ce point le nom d'obelion (ôSeXôs, Irait) (13, fig. 1).

Les sutures pariéto-occipitales , qui unissent les bords postérieurs des pariétaux aux bords de l'occipital, descendent en divergeant sur les côtés du crâne. Gomme leurs branches divergentes reproduisent la forme de la lettre grecque A, on a donné à l'ensemble des deux sutures pariéto-occipilales le nom de suture lambdoïde. Le point de rencontre de la suture sagittale avec le sommet de l'angle lambdoïdien a reçu le nom de lambda (15, fig. 1) : ce point, très important au point de vue de la crânio-topographie, est ordinairement marqué par une légère dépression, que l'on peut sentir même à travers les parties molles et qui est due au relief de l'angle supérieur de l'occipital.

Morphologie des circonvolutions cérébrales de la région externe.

La face externe de l'écorce cérébrale est en rapport avec l'exocrâne, dont elle prend la forme générale et sur la face interne duquel elle marque quelques empreintes. Trois grandes scissures, la scissure de Rolando, la scissure de Sylvius et la scissure pariéto-occipitale (perpendiculaire externe), tracent sur cette face externe des divisions de la plus haute importance.

La scissure de Rolando, obliquement dirigée de haut en bas et d'ar-

g TOPOGRAPHIE CRANIO-ENCÉPHALIQUE.

rière en avant, sépare le lobe frontal du lobe pariétal (SR, fig. 2); elle est située dans le tiers moyen de l'hémisphère. Sortie de la scissure interhémisphérique, elle se dirige en bas et en avant, légèrement sinueuse , et s'arrête un peu au-dessus de la scissure de Sylvius. Le;pli de passage fronto-pariétal inférieur la ferme en bas; elle est fermée en haut par le pli de passage fronto-pariétal supérieur sur la face interne de l'hémisphère où elle forme le lobule paracentral.

\Vinl T,P.C

Fig. 2.

Turner a vu la scissure de Rolando s'aboucher avec la scissure de Sylvius. Ecker dit ne l'avoir jamais vu. Le fait doit être bien rare; en revanche il arrive assez fréquemment que le pli fronto-pariétal inférieur est situé profondément dans la scissure de Sylvius et non plus à la surface de l'écorce; il faut alors écarter les lèvres de la scissure pour l'apercevoir. Dans ce cas, si l'on se borne à un examen superficiel, sans enlever les méninges, on croit que la scissure de Rolando s'abouche directement dans la scissure de Sylvius. Sur cinquante hémisphères que je viens d'examiner, j'en ai trouvé six sur lesquels le pli pariétal est profondément situé sur la scissure de Sylvius, si bien que l'on peut croire à un abouchement réel des deux scissures. Je dirai plus loin qu'une branche de Tarière sylvienne, émergeant de la profondeur, franchit le ph fronto-pariétal en ce point pour s'engager dans

la scissure de Rolando : peut-être pourrait-on établir quelque rapport entre l'enfoncement du pli et le développement de cette artère.

La scissure de Rolando n'est pas rectiligne : le pied de la deuxième frontale déprime sa partie moyenne, qui devient concave en avant, tandis que ses parties supérieure et inférieure forment deux convexités ou genoux.

Le fond de cette scissure n'est lisse que chez le fœtus et chez quelques idiots : en général, il est interrompu, vallonné par des contreforts qui vont de l'une à l'autre des circonvolutions limitant la scissure.

Très rarement la scissure de Rolando peut être interrompue par un ou deux plis de passage superficiels (Féré, Giacomini).

La scissure de Sylviiis (SS, fig. 2), qui sépare les lobes frontal et pariétal, placés au-dessus d'elle, du lobe temporo-occipital placé audessous, commence, sur la base de l'encéphale, à la partie externe de l'espace perforé antérieur; elle se dirige d'abord en avant et en dehors, recevant dans sa courbe à convexité antérieure les petites ailes concaves du sphénoïde; puis elle se continue sur la face externe de l'hémisphère suivant une direction un peu oblique d'avant en arrière et de bas en haut, pour se terminer par une queue légèrement recourbée en haut vers la partie moyenne du lobe pariétal. Très large à la base du cerveau, la scissure de Sylvius devient plus étroite et irrégulièrement sinueuse sur la face convexe; dès son apparition sur cette face elle émet deux rameaux ou sillons produits par le plissement de la troisième frontale; l'un de ces sillons est vertical, l'autre horizontal; la partie de la troisième circonvolution comprise entre ces deux sillons ■ a reçu de Broca le nom de cap (G, fig. 2).

En écartant les bords de la scissure de Sylvius on aperçoit un lobule conique, constitué ordinairement par trois plis radiés : c'est le lobiUe du corps strié ou Vinsula de Reil, rigoureusement limité par trois rigoles qui le séparent des circonvolutions voisines.

En suivant d'avant en arrière, à partir de la scissure de Rolando, le bord de la scissure interhémisphérique, on rencontre, un peu avant d'arriver à l'extrémité postérieure de l'hémisphère, un sillon profond, mais court, véritable encoche, c'est la scissure pariéto-occipitale ou perpendiculaire externe (occipitale externe de quelques auteurs) (SPO, fig. 2), qui sépare très nettement le lobe pariétal du lobe occipital. Cette scissure, très accusée chez tous les singes, où elle sépare complè-

10 TOPOGRAPHIE GRANIO-ENCÉPHALIQUE.

tement les lobes, est toujours interrompue chez l'homme par deux plis de passage allant du lobe pariétal au lobe occipital. La conformation simienne a été, mais très rarement, observée chez l'homme.

J'ai eu l'occasion de rencontrer cette anomalie une fois , sur un hémisphère gauche : la scissure pariéto-occipitale se prolongeait au-dessous du pli courbe jusqu'à la scissure de Sylvius, dont elle était touteibis séparée par un double pli de passage; l'hémisphère droit était normal. J'ai présenté ce cerveau à la Société d'anthropologie.

La surface externe de l'hémisphère est ainsi divisée par ces scissures en quatre lobes.

Lobe frontal. — Il est constitué par toute cette partie du cerveau qui est située en avant de la scissure de Rolando et présente, sur la face externe, quatre circonvolutions. L'une limite en avant la scissure de Rolando, dont elle suit la direction; c'est la circonvolution frontale ascendante (F\ fig. 2), du bord antérieur de laquelle naissent les trois autres frontales, première, deuxième, troisième, en comptant de haut en bas (F',F-,F\ iig. 2).

La frontale ascendante, ou quatrième frontale, commence à la scissure interhémisphérique sur la face interne de l'hémisphère et se termine près de la scissure de Sylvius, où elle se continue avec le pied de la troisième circonvolution frontale.

La première frontale, qui empiète sur la face interne de l'hémisphère, suit la scissure interhémisphérique jusqu'à l'extrémité antérieure du cerveau, où elle se recourbe et devient rectiligne pour former le gyrus reclus du lobule orbitaire.

La deuxième frontale, très large, est parfois dédoublée par un sillon peu profond : il existe alors quatre circonvolutions frontales insérées sur la frontale ascendante.

La troisième frontale est la plus courte : très sinueuse, elle est subdivisée par les branches en Y de la scissure de Sylvius en trois portions : une postérieure, ascendante, le pied, une moyenne, le cap, et une antérieure qui va se continuer avec le lobule orbitaire, la tête. C'est surtout la partie postérieure qui est en rapport avec la fonction du langage articulé.

Des sillons, interrompus parfois par des plis de passage, séparent les circonvolutions du lobe frontal.

Les trois premières frontales, arrivées à l'extrémité antérieure du cerveau, se recourbent d'avant en arrière, deviennent horizontales et constituent ce qu'on appelle le lobule orbitaire (LO, fig. 2) ; ce lobule, formé surtout par l'épanouissement de la deuxième frontale, présente en son centre une incisure en H.

Lobe temporal. — Le lobe temporal (temporo-sphénoïdal) est limité par la scissure de Sylvius en haut et par la grande fente cérébrale de Bichat en bas et en dedans; en arrière il se continue avec le lobe occipital. Il offre sur la face convexe de l'hémisphère trois circonvolutions parallèles, connues sous les noms de première , deuxième et troisième circonvolutions temporo-sphénoïdales (T^T^T^ fig. 2). Entre la première et la seconde on trouve un sillon, long et profond, le sillon parallèle (à la scissure de Sylvius), qui, se dirigeant en haut et en arrière, va se terminer dans le lobe temporal en arrière de la scissure de Sylvius. Les circonvolutions du lobe temporal se continuent en arrière avec celles du lobe occipital.

Lobe pariétal. — Le lobe pariétal, nettement limité en bas par la scissure de Sylvius, en avant par la scissure de Rolando, en haut par la scissure interhémisphérique, n'est séparé que partiellement du lobe occipital par la scissure perpendiculaire externe; il comprend trois circonvolutions.

La circonvolution pariétale ascendante forme la lèvre postérieure de la scissure de Rolando (PA, fig. 2) ; en haut comme en bas elle est unie à la frontale ascendante- par un pli qui ferme la scissure de Rolando. Sa partie moyenne est fortement concave en avant, tandis que ses parties supérieure et inférieure forment deux saillies ou genoux.

De cette pariétale ascendante partent les deux circonvolutions pariétales longitudinales : la première pariétale s'étend sur les faces interne et externe de l'hémisphère, formant sur la première le lobule quadrilatère et sur la seconde le lobule pariétal supérieur (P.<;, fig. 2). En arrière elle va se continuer avec le pli de passage pariéto-occipital, qui ferme la scissure perpendiculaire externe.

La deuxième pariétale naît par un pied étroit de la pariétale ascendante: elle suit d'abord la scissure de Sylvius, puis elle décrit deux grandes sinuosités qui coiffent, l'une la queue recourbée de la scissure de Sylvius, l'autre la fin du sillon parallèle ; ces deux sinuosités en A juxtaposées, forment une sorte d'M sur la face externe de l'hémisphère. La partie antérieure (pied) de la deuxième pariétale est souvent dési-

gnée sous' le nom de lobule pariétal inférieur (?inf, fig. 2); la partie moyenne, qui coiffe le fond de la scissure de Sylvius, a reçu le nom de lobule du pli courbe ou pré-sylvien (LPc, fig. 2) ; la partie postérieure, qui circonscrit la terminaison du sillon parallèle, est le pli courbe (Pc, fig. 2). — Un sillon sinueux, sillon interpariétal (scissure interpariétale de Gromier), sépare les deux circonvolutions pariétales.

Lobe occipital. — Le lobe occipital, très petit, nettement séparé du pariétal par la scissure pariéto-occipitale, comprend, sur la face convexe de l'hémisphère, trois circonvolutions ; ces circonvolutions, qui continuent en arrière les temporales, se comptent de haut en bas (première, deuxième, troisième) et sont séparées par deux sillons plus ou moins distincts (0*, 0', 0^ fig. 2).

Topog:Fapliie crànio- encéphalique

RAPPORTS ANATOMIQUES DU CRANE ET DE l'eNCÉPHALE

Gratiolet paraît avoir eu le premier l'idée de rechercher les rapports du cerveau avec le crâne; desservi par un procédé insuffisant (moulages en plâtre de la cavité crânienne), il fut conduit à des conclusions erronées : ainsi, il admit que les lobes cérébraux correspondaient exactement aux os de même nom.

En 1861, Broca entreprit de nouvelles recherches sur le même sujet. Enfonçant des chevilles dans la substance cérébrale par des trous de vrille pratiqués en des points déterminés du crâne, il établit les rapports réels de quelques-uns des sillons avec les sutures : entre autres, il rectifia l'erreur de Gratiolet et montra que la scissure de Rolando est de beaucoup postérieure à la suture coronale ; il indiqua aussi le rapport assez constant du lambda avec la scissure perpendiculaire externe.

Un peu après, Bischoff obtint des résultats analogues par un procédé semblable.

C'est F. Heftler {Dissertation inaugurale à l'Académie médicochirurgicale de Saint-Pétersbourg, 5 mai 1873) qui exécuta le premier un travail d'ensemble sur la topographie crânio -cérébrale, à l'instigation de son maître, le professeur Landzert. Heftler institua dans ce but un procédé assez compliqué, mais fort ingénieux, qui consiste essen-

tielleraent à superposer sur une même figure plane trois dessins faits successivement, en grandeur naturelle, à l'aide d'un appareil qui donne des projections géoraétrales : le premier dessin représente le contour extérieur des parties molles, le deuxième la surface des os du crâne avec toutes leurs sutures, le troisième la surface du cerveau. Ce

G DEVY

FiG. 3.

procédé, d'une exécution très difficile, a donné des résultats à peu près parfaits et qu'aucun autre n'a dépassés. Aussi les planches de Heftler sont-elles reproduites par la plupart des anatomistes.

Depuis, Turner, Féré, Braune, etc., par des procédés divers (moulages et dessins superposés, chevilles, congélations), ont contrôlé et vérifié les résultats obtenus par Heftler. De plus, Féré, par des coupes sur des têtes congelées, a étudié les rapports topographiques des parties profondes du cerveau.

14 TOPOGRAPHIE CMNIO-ENCÉPHALÎQTIE.

Avant de décrire et afin de mieux figurer les rapports des principales parties de l'encéphale avec le crâne, j'ai essayé de préciser sur certains points les travaux antérieurs. Pour cela, j'ai fait des recherches sur cinquante crânes d'adultes, hommes et femmes. J'ai eu recours le plus souvent au procédé des fiches et trois fois seulement à la congélation ; j'ai toujours eu soin d'injecter au préalable le système sanguin (veines et artères) de la tète, de façon à réduire au minimum les causes d'erreur tenant à l'affaissement de l'encéphale après la mort. Après ces recherches, dont le résultat principal a été d'augmenter mon admiration pour l'œuvre de Heftler, dont elles m'ont démontré la parfaite exactitude, j'en ai entrepris d'autres, que j'exposerai plus loin, et qui ont porté sur les moyens pratiques de découvrir tel ou tel point des centres nerveux.

Les rapports de la convexité des hémisphères avec le crâne diffèrent peu suivant les sexes ; les variétés individuelles sont plus marquées, mais ne dépassent jamais certaines limites assez restreintes. J'ai cherché si ces variétés pouvaient être rapportées à la forme ou au volume du crâne et il ne m'a pas paru qu'aucune règle précise puisse être formulée à cet égard. Il en va tout autrement des différences suivant les âges, comme on le verra plus loin dans un chapitre spécial.

Scissure de Rolando. — Elle est située bien en arrière de la suture fronto-pariétale et ne lui est point parallèle. Heftler a trouvé que son extrémité supérieure est située à 4-8 millimètres en arrière de la suture fronto-pariétale, et que sa partie inférieure se trouve à 58 millimètres en arrière de la même suture. Féré est arrivé à des chiffres identiques. Sur les femmes, les distances rolando-coronales sont un peu moindres, 45 et 27 millimètres en moyenne. La distance rolando-coronale supérieure m'a paru moins variable que l'inférieure, fait concordant avec ce que nous savons de la variabilité de l'angle formé par la scissure de Rolando avec la ligne sagittale.

Scissure de Sylvius. — La scissure de Sylvius, qui commence sous l'aile du sphénoïde, se relève pour atteindre la suture temporo-pariétale au niveau de sa jonction avec la suture sphéno-pariétale; c'est en ce point qu'elle émet ses deux branches. Elle suit ensuite, sur une longueur de 4 centimètres environ, la courbe ascendante de la suture lemporo-pariétale ; au delà elle abandonne la suture et se dirige très obliquement en haut et en arrière, pour aller se terminer un peu

au-dessous et en arrière de la bosse pariétale (vérifiez sur la figure 3).

Scissure perpendiculaire externe. — Elle répond à peu près exactement au lambda ; cependant je l'ai trouvée souvent de 2 à 5 millimètres en avant.

Le sillon parallèle suit un trajet parallèle à celui de la scissure de Sylvius, mais à 12 ou 15 millimètres au-dessous de celle-ci. — Les

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