TROISIÈME SECTION. — ÉDIFICES DIVERS
La plupart des bâtiments importants étaient en Sion. Je dirai quelques mots des principaux.
1° Palais des rois. Nous avons vu la position de celui d'Hérode. Josèphe l'appelle 0*«ài/o», frcOaul »v>». II fait de grands éloges de sa magnificence. Etait-il sur l'emplacement d'un de ceux de Salomon? Cela est probable, mais nullement démontré ; c'est en Sion que ce roi construisit la maison royale. On ne sait où étaient celle de la princesse d'Egypte sa femme, et celle du Parc du Liban. La haute maison du roi (Néh. III, 25) est probablement un de ces palais, ou peut-être Millo. Dans le cas où celui d'Hérode aurait été construit sur les ruines d'un palais plus ancien , ce serait apparemment sur celles de la haute maison, puisqu'elle subsistait encore après la captivité. Josèphe nomme aussi un palais de Bérénice (B. J., II , 17, 6). — David habita la citadelle, et c'est probablement dans son enceinte qu'il se fit bâtir une maison construite en partie en bois de cèdre (2 Sam. V, 9 et 1 i). Manassé et son fils Amon habitèrent un palais qui paraît distinct de ceux de David et de Salomon (2 Rois XXI , 18 et 23 ; 2 Chron. XXXIII, 20 et 24). Peut-être était-il voisin des grands murs que releva ou bâtit Manassé.
2° 'H BOTAH. On ne sait où était cet édifice. Je crois qu'il était identique au palais ou en faisait partie. L'endroit où la £«ux$ devait se trouver est bien celui où était le palais d'Hérode. D'ailleurs la tour Hippicus, le palais et ses deux grandes tours , Mariamne et Phazael , le Xyste enfin se trouvaient
déjà sur la courte ligne que suivait le mur septentrional de Sion. Nous trouverons ailleurs un édifice consacré au Sanhédrin.
3° Maison des Asmonèens. Elle paraît avoir été fort près de la citadelle , entre celle-ci et le Xyste , près de l'extrémité Nord-Ouest de Sion (B. J. , II , 16, 3) , peut-être au même endroit, où fut plus tard le palais d'Hérede Agrippa (Arch.XX, 8, 11).
4° KTST'oz (Jos. ibid et passim). Lieu d'assemblée pour le peuple, soit un édifice, soit, comme le veulent Rosenmùller et Olshausen , une plate-forme ou une place , peut-être entourée de galeries. Rosenmùller a conclu à tort de deux passages de Josèphe qu'il y avait deux xystes , un à chaque bout du pont. Olshausen a fort bien résolu la difficulté dont cette méprise est le résultat. Josèphe (B. J. , VI, 6 , 2) décrit l'endroit où était Titus , non par rapport à la position- du général romain, mais par rapport à celle des Juifs.
5° Qi^Q-in HO La maison des hommes vaillants (Néh. III, 16) n'est connue , si je ne me trompe, que par ce passage. On peut y voir (avec Leclerc, Crome et d'autres) simplement une caserne, un corps-de-garde. Mais peut-être était-ce en même temps le logement militaire des D'HIU de David ; ce mot paraît désigner un corps d'élite , une sorte de légion d'honneur ou d'ordre de chevalerie ; on en a deux listes différentes où les guerriers sont classés en trois séries , suivant leur mérite (voy. 2 Sam. XXIII, 8; 1 Chr. XI, 11). Ce corps est nommé (1 Rois 1 , 8) comme influent dans l'Etat.
6° Millo. On ne sait pas bien ce que c'était que Miilo. On lit en plusieurs endroits de l'histoire de Salomon que ce roi l'avait fait bâtir (1 Rois IX, 15 et 24, etc.). Millo était situé sur
la colline de Sion (2 Sam. V, 9 et 1 Chron. XI , 8). Il est dit ailleurs qu'Ezéchias fit reconstruire Millo ; la phrase est obscure (2 Chron. XXXII, 5). *fP1 "pjf HhlSXTPH ptlD On traduit d'ordinaire comme s'il y avait "p)D, et je crois que l'on a raison. Il semble que ce devait être un palais , une demeure fortifiée , ou une partie des fortifications de Sion. Joas fut tué dans la maison de Millo (2 Rois XII, 20). Quand Ezéchias rebâtit Millo , c'était pour fortifier la ville. A moins que Millo ne soit simplement un quartier de la ville de David , ces passages ne peuvent indiquer qu'un édifice du genre de la demeure de David dans la citadelle et du palais flanqué de tours où résida Hérode. Le mot même désigne une fortification ; on retrouve ce nom à Sichem (Jug. IX , 6 et 20).
Josèphe énumère (B J., VI, 7, 3) quelques édifices qui paraissent appartenir à Akra.
1° Tà 'AfXïw. Probablement un dépôt des actes , civils et autres (non des archives seules) , dépôt distinct de celui qui existait dans le temple.
2° T« Bovxwrneiov. 11 est impossible de savoir positivement en quoi cet édifice pouvait différer de celui appelé 6**4 9 si ce n'est que l'un se trouvait en Akra et l'autre en Sion. Cependant l'hypothèse de Lightfoot me parait assez probable ; il confond la BovU avec le palais d'Hérode , et fait du devxevr^m
le bâtiment où se réunissait le conseil , c'est-à-dire le Sani • i
IlvOi i h •
3° Le palais d'Hélène , reine d' Adiabène , situé au milieu d'Akra.
4° La citadelle d'Akra (voy. p. 22). On ne sait pas précisément en quel point elle se trouvait.
La colline de Morija était occupée presque en entier par le temple et Àntonia. Aucun édifice de marque n'est indiqué comme se trouvant à Bezetha ; et ce fait n'a rien d étonnant; tous les bâtiments importants devaient être dans l'ancienne ville.
On ne trouve nulle part dans l'Écriture les noms des rues de Jérusalem , et il est douteux qu'elle contînt des rues pareilles aux nôtres. Les mots qu'on a souvent traduits par rue des boulangers (Jér. XXXVII, 21) signifient plutôt place ou bazar des boulangers. Les places situées en dehors des portes, qui avaient été long-temps le lieu où l'on rendait la justice et où l'on rassemblait le peuple , sont quelquefois mentionnées (2 Chron. XXXII, 6; Néh. VIII, 3 et 16). Josèphe parle (B. J. , V, 8 , 1) d'un endroit où se tenaient les marchands de laine , les ouvriers en cuivre et le marché d'habits. Dans un autre passage (B. J. , II , 19 , 4) , il cite un marché ou une place qu'il appelle toxàt iyogû ; il paraît que l'on y vendait les bois de construction. Ces différents marchés appartenaient à la ville neuve.