‹ Topographie de Jérusalem au temps de JésusChrist. Thèse, etc. With a planChapitre 22 sur 29 · RÉSERVOIRS · texte numérisé non relu

RÉSERVOIRS

D'après Es. VII, 3; Es. XXXVI, 2; 2 Rois XVIII, 17, l'étang supérieur n^vb^n "2» ou P» 1S exactement l'aqueduc ou canal qui en sortait , était situé hors de la ville, au grand chemin du champ du foulon. Il est dit de plus (2 Chr. XXXII, 30) qu'Ézéchias couvrit la source supérieure des eaux de Gihon et les dirigea en bas, à l'Occident de la ville de David. (Cf. 2 Rois XX, 20). L'aqueduc ou conduit par lequel pafrsaient les eaux (rfrjfn) est quatre fois mentionné, Es. VII, 3, XXXVI, 2; 2 Rois XVIII, 17, XX, 20. L'étang inférieur n'est cité que dans Esaïe (XXII, 9). On s'accorde en général à reconnaître comme identiques à ces deux étangs ceux qui se trouvent hors de la ville à l'Occident, dans la vallée de Gihon. Rien ne prouve contre l'opinion reçue; c'est bien de ce côté que devaient arriver à la ville les Assyriens qui venaient de Lakis (2 Rois XVIII, 17. Voy. Raumer, 207 et Ed. Robinson II, 289). Le Clerc a conclu de ce que ce bassin était voisin de la grande route du champ du foulon, qu'il pouvait être identique à bjD la fontaine du foulon. Nous verrons que la position de cette dernière est tout autre.

1 Gesenius était-il bien exact, quaïid il ne donnait dans son Dicotinnaire que ces deux sens au verbe QHD : 10 obstruât, ut fontes; 2<> conclusit , occuttaint ; sans autre explication ?

Une tradition qui n'a pas l'ombre de fondement, a donné à l'étang inférieur le nom de Bethsabé. — Il est vrai que d'autres le revendiquent pour un très petit bassin qui se trouve au Nord-Ouest de la citadelle, où habitait David. Le voisinage est le seul argument qu'on puisse alléguer; et il y en a d'excellents à opposer à cette idée (voy. Troilo, p. 360).

Kootwyk dit avoir vu que le bassin supérieur est rempli par une source. Cela confirme le rapprochement tiré du passage cité plus haut. L'étymologie d'ailleurs devait le faire supposer; jrpJ) signifie qui jaillit; et Josèphe appelle cet endroit, la vallée de la source (B. J., V, 12, 2). Crome remarque d'ailleurs que d'après l'élévation du terrain le bassin supérieur de Gihon est placé assez haut pour donner de l'eau à la ville. Je ne décris pas ces deux réservoirs; leur forme et leur genre de construction sont tout-k-fait analogues à ceux des environs de Bethléhem.

Cherchons maintenant où Ezéchias conduisit les eaux du haut bassin de Gihon. On montre au Sud-Ouest du Saint- Sépulcre un bassin qui paraît fort antique , et que l'on appelle piscine d'Ézéchias ou du Saint-Sépulcre. C'est par un conduit ou petit aqueduc de structure grossière et provenant du premier bassin de Gihon qu'est rempli celui d'Ézéchias. Il est situé dans la partie occidentale de la ville; tout s'accorde à confirmer la tradition à son sujet. Il ne faut pas chercher un accord rigoureux entre l'affirmation des chroniques et l'expression dont se sert Jésus, fils de Sirac (Sapience XL VIII, 19), quand il dit qu'Ezéchias amena l'eau au milieu de la ville.

Selon Gesenius, l'étang du roi (Héb. II, 14) et le vieux étang (Es. XXII, 11) sont le même que l'étang supérieur de

Gihon. Pour la première supposition, je suis absolument de son avis. Que l'on compare, d'après l'ordre que nous avons donné des portes, la position de l'étang supérieur de Gihon et celle indiquée dans le passage cité , on verra que toutes les probabilités sont pour l'identité.

Pour la seconde hypothèse je ne puis l'accepter. Esaïe emploie les mois D*nDnPTp3» qui» comme nous l'avons vu plus haut, ont un sens déterminé. Ce ne peut être pour nous que le réservoir de Siloé, et il ne paraît pas que les mots vieux étang soient un nom. Esaïe dit simplement : vous avez fait un bassin neuf pour des eaux qui étaient contenues dans un vieux réservoir.

L'étang réparé, tTWyil "3 1 me serablc.être le bassin inférieur de Gihon. Il est très difficile de déterminer le sens de son nom. Les LXX l'ont appelé yvorvîx. Le Clerc déclare ne pas comprendre ce mot. Peut-être s'agit-il d'une réparation complète. C'est ce que la comparaison avec Néhémie III , 16 me fait croire. Quoiqu'il en soit, l'emplacement que Néhémie donne à ce bassin dans l'ordre qu'il suit en décrivant le pourtour de la ville, est précisément celui que nous avons donné au second réservoir de Gihon.

L'étang de Schèlach a occasionné beaucoup de recherches et de discussions. On a voulu le confondre avec Siloé. C'est l'opinion de Winer ; mais cela obligerait à placer Siloé à l'Occident de la ville , ce qui est impossible, comme nous le verrons plus bas. D'ailleurs la ressemblance des mots nSttf et TTfrVJ nae semble un faible argument. Gèsènius qui les confond , traduit cependant le premier par missile, telum, en citant cinq passages où il est pris dans ce sens ; et le second par missio aquœ, id est aquce ductus. Les deux noms sont donc distincts,

et le dernier devrait s'écrire rrf?^. Les LXX n'ont point confondu les deux mots , ainsi que l'ont fait Jèr&me et tant d'autres. Leur version du v. 15 du chap. III de Néhémie est fort étrange : xo^v/uSn^fx rw xwSAuv r? xcv$x rov Qxdxtuç (piscine des peaux pour (ou près de) la laine du roi). Le mol nb$, dit Lightfoot, a souvent le sens de peau chez les Talmudistes ; mais il faut qu'ils aient lu au lieu de p, jardin, îjj flocon de laine. Les LXX du reste n'ont pas été les seuls à distinguer Schelach de Siloè. — Nous noterons donc Y étang de Schèlach comme se trouvant dans la vallée de G i lion. Je penche fort à croire qu'il doit être confondu avec le bassin inférieur. II résulte de cette interprétation une petite difficulté : Siloé aussi est près du jardin royal. Y avait-il donc deux jardins du roi , l'un au pied de la citadelle, l'autre près de Siloé? ou plutôt le même jardin s'étendait-il au pied de Sion? Peu importe.

Si l'on admet que cette piscine est l'étang inférieur de Gihon, elle est identique à celle que Néhémie appelle TDÙ/yn > et cette dernière désignation se trouvant après le verset où il est dit que Sallum répara l'étang de Schélach , l'on comprend mieux cette expression. Les deux versets sont loin de se contredire. L'étang étant placé hors de la ville, peut être cité , dans l'ordre que suit Néhémie, avant l'endroit précis de la muraille auquel il correspond. D'ailleurs il est désigné d'abord comme réparé par Sallum , puis comme un point près duquel passait la partie de mur que releva Néhémie, fils de Hazbuc.

Le réservoir de Béthcsda dont Saint-Jean parle (V, 2) , était, dit-il, Ut rf o/3«nxjî ; on sous-entend d'ordinaire *vxj?. Et l'on rapporte cela à la porte dont parle Néhémie sous ce nom. D'anciens témoignages, ceux entre autres (YEmèbe, de Jérôme et du pèlerin de Bordeaux remplacent***? par ftàtpA&Fft

et rapportent qu'on voyait deux piscines , ou une seule , mais double, dont on appelait une moitié piscine probatique. Ils ne disent point où elle était. L'interprétation ordinaire est peutêtre préférable. Selon John (Arch. Bibl. epitom., § 198), le mot *go(2otTtxvî dérive de l'hébreu "^D^DS), bains. Le nom de Bethesda mOPl maison de grâce, convient très bien à un établissement de bains salutaires pour quelques maladies. On a essayé d'expliquer par une cause naturelle la puissance thérapeutique de ces eaux ; il existe à ce sujet deux hypothèses. La première, c'est que le sang des victimes y venait du temple et, les jours de fête surtout, à certains moments connus, affluait en très grande abondance et troublait l'eau. Cette supposition à laquelle deux passages à'Eusèbe et de Théopkylacte donnent quelque apparence de réalité, a été soutenue par Richter, dans une dissertation médico-théologique, de balneo animait; (Gœttingen 1775), où il s'appuie sur Hippocrate et Galien. D'après la seconde hypothèse, le fond du bassin serait rempli de sels métalliques, ou de soufre et de nitre, ou plutôt encore d'une terre ocreuse qui , lorsque les pluies ou. d'autres causes agitaient l'eau , devait monter à la surface. Un passage d'Eusèbe, qui dit ces eaux rougeâtres , est favorable à ces deux suppositions. En général, on y voit simplement des eaux thermales. — Il est dit que le bassin de Bethesda avait cinq portiques , où probablement se retiraient les malades. On montre à Jérusalem, au Nord du temple, un grand bassin qui évidemment était autrefois rempli d'eau , mais qui aujourd'hui est complètement à sec et en grande partie obstrué par des décombres. A l'angle Sud-Ouest se voient les entrées de deux longues voûtes qui passent pour les débris des oinq portiques (voy. Georges Robinson, fig.). Selon E. Robin-

son, ces voûtes bâties dans l'intérieur de cette cavité , s'étendraient fort loin vers l'Ouest, ainsi que la cavité elle-même, et n'auraient été destinées qn'à soutenir les maisons qu'elles portent. Il paraît qu'elles étaient plus nombreuses autrefois et qu'on en a muré plusieurs , si l'on peut en croire Regnaut, qui dit avoir vu à l'entour force porticulles faictes en la façon d'entrées de portes. Schubert dit qu'il y en a trois , (t. II, p. 216). — Quoique la porte des Brebis ne dût pas être loin de là , rien ne prouve que ce soit bien l'emplacement de la piscine de Bethesda. Dans l'état où elle est maintenant, cette fosse a 360 pieds anglais de long, 130 de large et 75 de profondeur. Je pense avec E. Robinson qu'elle n'est qu'une partie de l'ancien fossé d'Antonia. Cette explication fort naturelle est la seule qui rende bien compte de la nature de cette excavation. Josèpbe parle de la profondeur de ce fossé (B. J., V, 4, 2 ; 1 , 7 , 3). D'ailleurs, les noms de piscine de Béthesda ou probatique n'ont été donnés que tard à ce bassin.

Les quatre piscines dont parle Josèphe étaient hors de la ville, les trois premières au Nord. D'après le contexte, celle des Serpents devait se trouver près du tombeau d'Hèrode, celle du Moineau et celle de l'Amandier plus à l'Ouest ; enfin celle de Salomon, au Sud-Est, sous Hopbel. C'est très-probablement ce que l'on nomme aujourd'hui la fontaine de la Vierge. Sa position correspond aussi exactement que possible à ce qu'en dit Josèphe.

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