‹ Topographie de Jérusalem au temps de JésusChrist. Thèse, etc. With a planChapitre 9 sur 29 · XII · texte numérisé non relu

XII

6° pyn "tf porte de la Fontaine. Néh. III, 15; II, 14.

T D^OH "ttf porte des Eaux.' Néh. III, 26.

8 r DTUDn "tf porte des Chevaux. Néh. III, 28. Jér.

XXXI, 40. 9° np&On "ttf porte Miphkad. Néh. III, 31.

10° mtSDn porte de la Prison. Néh. XII, 39.

1 II ne faut pas confondre cette porte avec une autre de même nom , située dans l'intérieur du temple, et dont les rabbins ont beaucoup parlé. (Voy. Ughtf. Proep., ch. XXIV. )

11° OhÔK porte d'Ephraïm. Néh. XH, 39; VIII, 16.

2 Rois XTV, 13; 2 Cbron. XXV, 23.

12° jOto porte de Benjamin. Jér. XX, 2; XXXVII,

13; XXXVIII, 7. Zach. IV, 10.

13° rtiSH "0 porte de l'Angle. Jér. XXXI, 38. 2 Chron.

XXVI, 9. 2 Rois XIV, 13. Zach. XIV, 10.

14° JttfXin 'Vf Première porte. Zach. XIV, 10. 15* cmOPin p Porte entre les deux murs. Jér. XXXIX,

4; LU, 7. 2 Rois XXV, 4.

16° rVDinn "\& porte des Feux ou de Brique. Jér. XIX , 2. 17° Tpnn "ttf Porte intérieure. Jér. XXXIX, 3.

Peut-être à ces dix-sept noms faut-il en ajouter un dixhuitième; Sophonie dit (I, 10) : DWI njftfÛ hpJW

Le plus grand nombre de nos versions portent : On entendra un grand cri depuis la porte des Poissons et des hurlements vers la seconde ville. Le mot ville manque; il est possible cependant qu'il faille le sous-entendre ; nous avons vu cette désignation de seconde ville usitée. Il semble pourtant plus naturel de sous-entendre le mot porte qui se trouve au-dessus. Les LXX paraissent le supposer; ils n'ajoutent rien : Qw*

xçotvyîiç mvrh ^rwXjjf àtroxtmwTOiv 1 , IhoXtry/àç rîç &vrépwç. Les rabbins sont plus explicites. Rabbi Salomon lit O&iyn IjWD porte des Oiseaux (Lightf. Chor. Cent. chap. XXVI). Mais le témoignage des rabbins a trop peu d'autorité , et le passage de Sophonie est trop vague , pour qu'il soit possible de décider la question.

» Je ne sais ce que peut signifier ici ce mot. at«ivti» veut dire comme jti»Tiw, aiguillonner et percer. Dans les trois autres passages où celte porte est nommée , les LXX traduisent : *Jw» i x 9u P * ou i^Bvï^.

Aux noms fournis par la Bible il faut en ajouter deux que

nous donne Josèphe, la porte Gennath, et celle des Essêniens.

Il en indique une troisième (B. J., V, 6, 5) à laquelle il donne

l'épithète d'*Qenjç. Il désigne ailleurs (B. J., V, 2, 2) l'une des

portes septentrionales par cette périphrase : « «mxptî rm 'Ex/w» f

J'ai trouvé dans un petit ouvrage fort mal écrit, intitulé la Palestine (1 vol. 8°. Paris 1831, sans nom d'auteur), les noms de porte de Fer, porte des Femmes, de Silo, de la Cour royale, donnés comme scripturaires et comme appartenant à l'enceinte extérieure de Jérusalem. J'ai cherché en vain ces noms dans la Bible.

Parmi les dix-sept noms scripturaires indiqués plus haut, les onze premiers sont cités dans le livre de Néhémie, et appartiennent par conséquent à son époque. Les neuf premiers se trouvent au chapitre troisième. L'auteur sacré, passant en revue les travaux de réparation des murailles, nomme successivement ces neuf portes avec l'indication de ceux qui y travaillèrent. Le dixième et le onzième nom sont encore donnés par Néhémie, mais dans un autre endroit, au chapitre XII, verset 39, où se retrouvent cinq noms déjà cités ,ceux des portes, des Immondices, de la Fontaine, Vieille, des Poissons et des Brebis. Celles de l'Angle , des Feux , la porte Intérieure et celle entre les deux murs sont nommées par Jérémie; la Première porte par Zacharie seul.

Avant de chercher l'emplacement de ces portes, il y a quelques remarques à faire. — 1° Si nous donnons à une seule porte plusieurs des noms ci-dessus , il en est certainement neuf que nous ne pourrons confondre. Ce sont celles que Néhémie nomme dans le chapitre III où il donne une

description de tout le pourtour de la ville. — 2° Si les deux noms indiqués au chapitre XII doivent être confondus avec d'autres, ce ne pourra être avec les cinq qui sont rappelés au même endroit. — 3° Quant aux noms fournis par d'autres livres de la Bible , et par Josèphe , et cités seuls , nous ne pourrons en reconnaître l'identité que d'après les détails que nous trouverons sur leur situation.

Recherchons maintenant l'ordre et la position des portes énumérées par Nèhémie; et d'abord de celles qu'il désigne au chapitre troisième.

Plusieurs endroits de la ville sont indiqués dans ce chapitre; il en est qui nous sont inconnus; d'autres sont utiles à constater. Tels sont : le jardin du roi , les degrés qui montent à la cité de David, un ou plusieurs angles, etc. Mais ces détails sont insuffisants pour fixer la direction que suit Nèhémie ; rien ne nous garantit que dans cette énumération il suive un ordre rigoureux. C'est une comparaison entre le chapitre troisième et le douzième qui lèvera nos doutes.

Dans ce dernier chapitre nous trouvons le récit de la fête où les murailles nouvellement achevées furent inaugurées solennellement. Deux chœurs de chanteurs que des sacrificateurs accompagnaient en sonnant de la trompette, et devant lesquels marchaient les principaux du peuple, se rendirent séparément au temple , en marchant sur la muraille. Tous deux allaient vers le temple , et par conséquent à l'Orient , l'un en longeant la partie du Nord , et l'autre la partie méridionale de la ville ; tous deux étaient donc partis de l'Ouest; l'un avait tourné à droite (31) et l'autre à l'opposite (36); Esdras conduisit ceux qui parcouraient l'enceinte du Sud ; c'est la première troupe; Néhémie marchait avec la seconde.

Ce qui nous autorise à fixer ainsi la moitié de la muraille que suivait chacun de ces corps, c'est la cité de David indiquée dans le chemin du premier ; et la porte d'Epbraïm devant laquelle passa le second.

Nous sommes certains que tous les points par où passa la première troupe sont dans la partie septentrionale delà ville, et qu'ils se suivent d'Occident en Orient dans l'ordre indiqué. Ce sont : la tour des Fours, la Large muraille, la porte d'Ephraïm , la Vieille porte , celle des Poissons , les tours de Hananéel et de Méah et la porte des Brebis. Et comme ce premier chœur s'arrêta à la porte de la Prison , nous pouvons affirmer ou que cette dernière était très-près du temple , vers le Nord , ou même qu'elle en faisait partie. — La seconde troupe avait tourné vers la gauche ; elle rencontra la porte des Immondices, celle de la Fontaine, monta à la ville de David et alla trouver à l'Orient la porte des Eaux.

Si maintenant nous revenons au chapitre troisième, nous trouvons exactement le même ordre. Néhémie commence par la porte des Brebis et nomme dans l'ordre inverse tous les lieux indiqués dans la partie septentrionale ; pour tout le midi de la ville l'ordre est le même. Au chapitre troisième il part donc du Nord- Est , et décrit le cercle complet.

Il est enfin un autre document que nous ne devons pas négliger; c'est encore un chapitre de Néhémie (chap. II, 13-15). Il raconte qu'il était sorti de nuit pour examiner les murailles. II sortit de la porte de la Vallée , et passa devant celles des Immondices et de^ Fontaine en dehors ; il indique l'emplacement de la fontaine du Dragon et celui de l'étang du Roi. Arrivé là, il est arrêté par les décombres qui obstruent le passage et prend le même chemin pour. rentrer dans la ville. Ici

encore, Tordre des portes nommées est absolument le même.

Voici la série des portes et des autres constructions indiquées; nous prenons pour base le chapitre III, auquel nous ajoutons les détails que fournissent lès chapitres II et XII. Nous partons donc de l'Est pour nous diriger à l'Ouest par le Nord , et revenir par le Sud à noire point de départ.

1° La porte de la Prison. XII, 39.

2° La porte des Brebis. III, I et 32. — XII, 39.

3° La tour de Méah. III , 1 . — XH fc 39.

4° Celle de Hananéei. III, 1 . — XH, 39.

. 5° La porte des Poissons. III* 3. — XII, 39.

6° La porte Vieille. III, 6. — XII, 39.

/La porte d'Ephraïm. XII, 39.

(Le trône du gouverneur chaldéen. 3, 7.

(Je ne puis déterminer la position relative de ces deux points, puisque, des deux chapitres qui me guident, Tuû ne parle pas de la porte d'Ephraïm , ni l'autre du trône.)

8° La Large muraille. III, 9. — XII, 38.

9° La tour des Fours, III -, il, -r- XII, 38.

10° La porte de la Vallée. III, 13. — II» 13 et 15.

(Non désignée au chapitre XII , elle est le point intermédiaire entre ceux indiqués dans les deux courses senricirculaires des chœurs, et par conséquent, selon toute probabilité, le point de départ des deux troupes.)

1 1° Mille coudées de murailles bâties pai 4 Hanun , III, 13, et s'étendant jusqu'à la porte des Immondices.

12° La fontaine du Dragon, II, 13, en dehors, et probablement derrière ce grand mur.

13° La porte des Immondices. III , 14. — XII, 31 . — II,

14° La porte de la Fontaine. 111, 15. — XII, 37. — 11, 14. (Cette porte est le dernier point commun entre les deux textes principaux).

15° L'étang du Roi, II, 14, en dehors.

16° Les degrés par où l'on monte à la cité de David. XII, 37 ; — IH, 15. Ils devaient être au Nord-Ouest , puisque le second chœur venant de ce côté monta en Sion par ces degrés.

17° Les sépulcres de David. III , 16.

18° L'étang refait. III, 16.

19° La maison des hommes vaillants. III, 16.

(Dès lors, il ne nous reste au chapitre XII , que cette indication vague; jusqu'à la porte des Eaux à l'Orient).

20° La montée de l'arsenal de l'angle. ]#pDH ptÊtiH m^JT III, 19.

21° Un angle appelé JftpDH HI, 20

22° La maison du souverain sacrificateur. III, 20. et 2.

23° Deux angles encore appelés rtèDl jftpO I 11 » ^

roa m, 25.

24° La tour qui sort de la haute maison du roi, et qui est près de la prison. III, 25.

25° Réparations faites à l'Orient par les Néthiniens habitants d'Hophel. III, 26.

26° La porte des Eaux. III, 26. — XII, 37.

27° La tour qui sort en dehors. III, 26 et 27.

28° La muraille d'Hophel. III, 27.

29° La porte des Chevaux et les maisons des sacrificateurs. III, 28.

30° La demeure des Néthiniens et des marchands. III, 31 , 67.

31° La porte de Miphkad. III, 31.

32° La montée de l'angle. III, 31 et 32.

La montée de Sion doit très probablement se placer au Nord-Ouest. La porte de la Vallée doit être au Nord de cette montée, et à quelque distance, puisqu'elle en est séparée par la muraille de 1000 coudées et les portes des Immondices et de la Fontaine.

La porte des Immondices se trouve ainsi au dessus de la vallée de Hinnom , dans laquelle on réunissait les ordures de la ville; probablement on les emportait par cette porte. Voy. Jér. XXXI, 40, une allusion à cet usage de la vallée.

La porte d'Ephraïm quoique citée seulement au chap. XII , ne peut être confondue avec aucune de celles du châp. III. Ce ne peut être avec celle qui la précède dans la liste ci-dessus , la porte Vieille , puisque celle-ci est désignée aussi au chap . XI 1 ; ce ne peut être avec celle qui la suit, la porte de la Vallée, puisque cette dernière se trouve, non comme il le faudrait, • entre la Vieille porte et la large muraille , mais au Sud de ce mur. (Cf. XII, 58 et 39; avec III, 9, 11 et 13.)

Il est impossible d'arriver à une grande exactitude sur la position de ces portes. Montons au Nord-Ouest de Sion aux degrés de la ville de David. Nous passerons devant les tombeaux de David et des rois de sa race qui étaient en Sion (2 Sam, II, 10,) et nous laisserons en bas au dessous de la colline l'étang refait. Voyons s'il est possible de reconnaître les angles indiqués. J'ai placé la montée de la ville de David au Nord-Ouest; le premier coin indiqué, celui où se trouvent l'arsenal et ses degrés, sera l'angle Sud-Ouest de la colline. Le jftpD serait celui du Sud-Est; et le dernier rUÛ se trouverait, soit vers le milieu du flanc oriental de la montagne, ou mieux encore vers la porte des Eaux. Ce qui regarde Sion est nécessairement plus compliqué, puisqu'il s'agit d'une mu-

raille qui fait un cercle, et non simplement d'une enceinte de k ville. Je ne chercherai pas à fixer remplacement des édifices nommes ici. Il est peu étonnant d'ailleurs qu'on trouve plusieurs angles dans des murs de ville forte, et je pense qu'il ne s'agit que de bastions. Je ne donne donc ceci que comme hypothétique; et je ne déciderai pas quelle est la marche que suit Néhémie au chapitre III, dans cette description àeSion.

Je crois en tout cas que c'est à l'Orient de Sion qu'il faut placer les travaux des Néthiniens, si l'on sous-entend le pronom *1ÛH au v, 26.

Nous voici arrivés à l'endroit où le mur traverse la vallée Tyropéenne et joint Hophel à Sion ; je place en cet endroit , et au milieu de la vallée la porte des Eaux; ce nom lui vient des eaux de Siloé. C'est là qu'est aujourd'hui une porte, à laquelle la tradition donne le nom de porte des Immondices , et que les indigènes nomment porte des Africains occidentaux. • On pourrait trouver une objection à cette disposition des heux dans la mention d'une place de la porte des Eaux, où Esdras assembla tout le penple pour lui lire la loi (Néh> VIII, 3 et 16). Mais c'est probablement en dehors de la ville, d'après les usages d'Orient et de Judée , qu'il faut chercher cette place ; le Tyropœon est assez large en cet endroit pour qu'il n'y ait rien là d'impossible.

Vient ensuite la muraille d'Hophel. Ici se trouvent les demeures des Néthiniens et de plusieurs sacrificateurs , qui devaient être voisines du temple.

Quant à la porte des Chevaux, il est possible qu elle servit d'issue aux habitants d'Hophel Vers le Sud ou l'Ouest. En effet, si nous ne plaçons ainsi cette porte * il n'y en a aucune Reconnue pour toute l'enceinte d'Hophel. Peut-être aussi faut-

il la mettre plus loin, d'après Jérémie (XXXI, 40) . Le prophète, parcourant en quelques mots l'enceinte de la ville, nomme d'abord la vallée de la voirie et de la cendre qui ne peut être que celle de Hinnom, puis celle de Cédron, et enfin le coin de la porte des Chevaux. Raumer la confond avec celle de la Prison. Le coin de cette porte ou la montée de l'angle (Néh. III, 31 et 32,) serait donc une des petites gorges que Ton trouve marquées sur les cartes dans la colline de Morija à l'Est. Mais cet endroit ne peut être accessible aux chevaux. Si l'on suit la première supposition, le point dont parle Néhémie est l'angle Sud d'Hopbel.

J'arrive à la porte de la Prison ou de Miphkad. Ces deux noms doivent se confondre, quoique tous deux se trouvent dans le livre de Néhémie; ils ont le même sens; et la disposition des lieux prouve l'identité. C'est là que s'arrêta celui des deux chœurs qui avait suivi l'enceinte septentrionale. Je la place donc très près du temple, au Nord, et y attenant; peut-<ître n'est-ce qu'une des portes de l'enceinte extérieure du temple, ou plutôt l'entrée de la prison. 11 ne faut pas s'étonner de voir une prison dans les bâtiments du temple. Il en est fait mention expresse (Jer. XX, 2). Cette prison ne doit pas être confondue avec celle du Palais du roi, qui doit se trouver à Sion (Néh. III, 25,). 1 L'une de ces prisons avait une cour dont il est souvent question dans Jérémie (XXXVIII , 13 et 28 ; XXXVII, 21, etc.). Or d'après ces passages ce doit être celle du palais , et nous avons vu en effet que cette dernière en avait une (Néh. 1. c). 2

1 11 y en avait une aussi dans le palais d'IIérode. Âct. XXIII , 35. * II est encore fait mention dans Jérémie d'une prison qui semble temporaire et qui est distincte des deux autres (XXXVD , 45).

Voilà maintenant l'enceinte entière parcourue. Nous avons constaté l'emplacement des dix portes dites : des Brebis, des Poissons, Vieille, d'Ephraïm , delà Vallée, des Immondices, de la Fontaine , des Eaux , des Chevaux , de Miphkad ou de la Prison. Nous avons laissé du vague dans tout ceci ; mais c'est que nous croyons la précision impossible dans cette recherche , et toute prétention à l'exactitude parfaite sur ces sujets , un signe de présomption et de légèreté.

Il nous reste six noms à examiner.

La porte de Benjamin me semble encore la même que celle de la Prison et de Miphkad. C'est le passage Jér. XX, 2 qui surtout me le fait penser. Paschur mit Jérémie dans la prison qui est à la haute porte de Benjamin dans la maison de l'Eternel. Cette indication correspond exactement à ce que nous avions nommé la porte de la Prison ; je ne crois pas possible de douter qu'il s'agisse de la même. Si d'ailleurs nous avions dû trouver une porte de Benjamin , nous l'aurions cherchée sur la limite orientale de la ville. — Il peut sembler étrange qu'un même édifice porte tant de noms différents. Cependant quand un lieu n'a pas de nom généralement reconnu , chacun s'en crée un , et de cette incertitude nait souvent une grande variété de dénominations.

La porte que Jérémie appelle (XX , 2) JTD^im "lyttf nie semble devoir être celle de la Vallée. Ce dernier nom appliqué à une porte placée à l'Ouest de la ville ne peut provenir que de la vallée de Hinnom. Or, nous lisons dans Jérémie : Sors vers la vallée des fils de Hinnom, où s'ouvre la porte rVDTn Ce passage me semble nous autoriser à confondre ces deux noms. Reconnaissons cependant qu'à la porte de la Vallée on pourrait substituer celle de la Fontaine ou celle des Immon-

dices. Cependant beaucoup d'interprètes traduisent le nom de cette porte par Orientale. Dahler (sur. Jér. II , 23 , § 3) affirme même que la vallée de Hinnom était au Sud-Est de la ville , ce qui n'est pas exact, même pour l'extrémité orientale où se trouve Tophet. Quelques-uns ont traduit : porte du Potier. D'autres dérivent rVDITin de D"IH brûler, et traduisent porte de Briques ou encore porte des Feux, ce qui convient parfaitement à cette vallée , soit à cause des fameux holocaustes humains de Tophet , soit parce que plus tard on y détruisait par le feu les immondices et les cadavres des criminels.

La porte entre les deux murs est désignée en trois endroits de l'Ecriture à l'occasion d'un même fait, la malheureuse tentative de Sédécias pour fuir de Jérusalem , au moment où les Chaldéens s'en rendaient maîtres. Dans chacun de ces trois passages il est dit qu'elle menait aux jardins du roi. Ces mots : entre les deux murs, ne peuvent s'appliquer à aucun endroit mieux qu'à la partie du Tyropœon que traverse la muraille. Là , en effet , le ravin est bordé des deux côtés par un mur, à l'Ouest par celui de Sion , à l'Est par celui d'Hophei ; et la porte des eaux se trouve précisément à leur jonction ' D'ailleurs, les jardins du roi étaient exactement sur la prolongation de la ligne du ravin , à l'endroit où se joignent et s'effacent les deux vallées de Hinnom et du Cédron. 2 La porte des Eaux était par conséquent le chemin le plus direct pour y arriver. C'est donc ce nom que je donnerai à la porte située entre les

1 Olshausen , qui ne marque point ces deux murs sur sa carte , a été amené à en supposer l'existence d'après le nom de cette porte et l'événement qui s'y rapporte.

* Voy. Crome, p. 289.

deux murs. Celle dernière désignation me semble d'ailleurs une dénomination vulgaire plutôt qu'un nom généralement reçu. Haumer place bien la porte entre les deux murs en cet endroit , mais il la confond avec celle des Immondices , non avec celle des Eaux. Il m'est impossible de suivre ce système ; Raumer a attaché trop d'importance au nom de portedes Immondices, que de nos jours les Chrétiens donnent à cette même porte.

11 y a grande incertitude quant à la porte de l'Angle. J'avais cru au premier moment que ce mot l'angle désignait toujours un point unique , ou du moins que rtâÔ et JflfpO étaient deux points particuliers. Mais je me suis convaincu du contraire. Je crois avec Faber que le mot PtëÔ et peut-être #¥pD signifie bastion. Nous avons vu à Sion deux angles indiqués au moins, et très-probablement trois. Nous en avons trouvé un quatrième qui paraît appartenir au mont de Morija, et qui très-eertainement est distinct des premiers. Il est dit encore (2 Chron. II, 6 , 9) que Hozias bâtit des fortifications et des tours à l'angle , à la porte de la Vallée et à celle de l'Angle. H suffit de comparer ces passages pour s'assurer que

sieurs angles différents, 11 est dit (2 Rois XIV, 13) que Joas, roi d' Israël , fit une brèche de 400 coudées , depuis la porte d'Ephraïm jusqu'à la porte de l'Angle. Cette porte ne peut être en Sion, car entre Sion et la porte d'Ephraïm il y a beaucoup plus de? 400 coudées ; il suffit, pour en être sûr, de se rappeler qu'entre autres constructions la muraille de 1000 coudées est là. C'est vers le Nord qu'il faut placer la porte dont parle le livre des Rois. Un passage de Jérémie (XXXI, 40) s'accorde bien avec celui-ci , et semble exclure la partie

méridionale de la ville. Peut-être est-ce encore de l'angle de Morija qu'il s'agit ici? Zacharie (XIV, 10) nomme une porte des Angles; est-ce celle des Eaux? Quoiqu'il en soit , ces passages comparés prouvent surabondamment que les mots angle et coin ne désignent pas des endroits déterminés.

Le nom de la porte intérieure Tpnn"1J^ (Jér. XXXIX, 3) et les çkconsta«cea du récit ou il se trouve * indiquent qu'elle ne faisait point partie de l'enceinte extérieure. Il est probable qu'elle faisait communiquer la seconde ville avec la cité de David ; et peut-être est-ce la même que celle de Gennath. On ne sait rien de la porte que Zacharie appelle la première.

Les deux noms que fournit Josépbe ne nous arrêteront pas. Il indique (B, J. , V, 4, 2) la porte des Esséniens. C'est probablement l'ancienne porte des Eaux, que les Latins nomment aujourd'hui à tort porte des Immondices. Nous avons placé celle de Gennath un peu à l'Est de la citadelle de David , comme voie de communication entre Sion et Akra. Winer dérive ce mot de jardin ; il ajoute avec raison que ce n'est pas aux jardins royaux que cette porte peut con-» duire, mais à dlautres, mentionnés par Josèphe (B. J. , V, 2, 2). Si , comme Faber, I on confondait cette porte avec celle de l'angle , il faudrait lire Hw*$ de rUÔ. La porte cachée de Josèphe , la même très-probablemenl dont il parle» B. J. t V, 7, 3, pourrait être la porte de Gennath; je crois cependant que c'était une petite porte peu fréquentée , dépendant d'Hippicus. U indique encore (B. J., VL, 6 , 2) une porte en tâte du poni de la vallée Tyropéenne , du côté de Sion. (Voy. plus haut, p. 37.)

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