‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 103 sur 126 · R988IE. 4S · texte numérisé non relu

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qui datent de plusieurs siècles. Les montagues de la partie mé«* ridionale de la Tauride forment un demi-cercle qui la préserve des vents froids» et non-seulement la vigne, mais encore toutes les productions du midi de l'Europe et de l'Asie Mineure y réussissent.

De beaux vignobles sont cultivés sur plusieurs montagnes de ce pays-, partout les vignes sauvages ou domestiques s'élèvent à l'envi jusqu'à la cime des plus hauts arbres, et forment des guirlandes ou des berceaux. Les plants y sont variés ; Pallas en décrit vingt-quatre espèces et en nomme douze autres qui lui ont été signalées, indépendamment des vignes sauvages. Dans ce nombre, il en est plusieurs qui peuvent être comparés aux meilleurs cépages connus : par exemple, au sapillier^ m riesling du Rhingau^ au muscat^ au chardenet^de la Champagne; au lagler blanc de Hongrie; au chasselas rouge^ etc., etc.; mais la culture en est beaucoup moins étendue qu'elle ne pourrait l'être, et l'art de faire le vin est encore dans l'enfance. Les vignes sauvages qui croissent dans la partie méridionale de la presqu'île fourniraient les meilleurs vins, si on voulait y donner quelques soins et employer de bons procédés pour la préparation du moût. Jusqu'à présent les vignobles sont peu soignés : on plante rarement la vigne sur les hauteurs, et on Tabandoune ordinairement à la nature; cependant les vins que l'on recueille dans plusieurs cantons sont assez bons, d'où l'on peut conclure qu'ils pourraient être meilleurs.

Les environs de Théodosie (Kaffa), sur une baie de la mer Noire, à iOO kil. N. £. de Simféropol, et ceux d'AmriNET, produisent de bons vins que les Russes comparent au Champagne, et qui, sans en avoir toutes les qualités, ont cependant avec luj quelque analogie, que des Français, peutrêtre par suite d'une longue privation, ont prise pour une ressemblance parfaite.

SuBAGH, à 50 kil. 0. de Théodosie, est environné d'une cbatne de montagnes presque toutes plantées de vignes. Ce genre de culture s'accroît d'autant plus que le vin de ce canton est recherché en Russie \ il a, de même que la plupart de ceux de Crimée, un goût assez doux, qui tient de celui des vins de Hongrie; il est peu chaleureux et passe pour très-salubre. Parmi les vins rouges il y en a quelques-uns qui ont de l'analogie avec nos vins de Roquemaure, département du Gard; mais ils ne se conservent pas, et tournent promptement à l'aigre. Les vins blancs leur sont préférés. Mis en bouteilles en temps convenable, ils moussent comme le Champagne. Us se gardent assez longtemps;

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mais, en général, ils ont pins de qualité et d'agrément pendant les deux premières années. Il en est de même de tous les vins de la Crimée, quoiqu'on soit dans l'usage d'y mettre de l'espritde-vin pour les soutenir.

Le beau vallon de Koos, qui commence au delà du village de ce nom entre les montagnes Tokluk-Syrt et Porssukkaja, s'étend jusqu'à la mer, sur une longueur de 5 à 6 kil.; il est couvert de vignobles dans lesquels on récolte une grande quantité de vins qui sont pourvus de plus de spiritueux et de corps que tous ceux des autres crus delà Grimée. Les raisins mûrissent plus tôt et donnent un moût plus fort et plus doux que ceux deSudagh ; cependant les vins sont moins fins,ont un goûtmoins agréable, et nese conservent pas aussi longtemps, ce qui provient delà nature du sol, qui donne une grande abondance de fruits. Le vignoble le plus estimé de ce canton, nommé Bostandsghi-Oglu, est situé près de la mer. Les Tatars passent pour les plus habiles vignerons de la Crimée. Les vallons de Sudagh et de Koos sont peuplés des meilleurs cépages ; leur produit est évalué à environ 30,000 hectolitres par an, dont un tiers au moins est transporté à Kherson et dans les gouvernements les plus éloignés jusqu'à Kursk.

Le principal commerce des vins se fait à Théodosie et à Sudagh. Les chargements par mer ont lieu dans un beau port, voisin de cette dernière ville.

Le gouvernement du Don est situé sous les 47* et 48* degrés de latitude entre les gouvernements de Saratof, de Yoronege, d'Astracan, du Caucase, d'Ekaterinoslav et la mer d'Azof.

Les Cosaques qui habitent ce pays se sont beaucoup adonnés à la culture de la vigne ^ ils Vont non-seulement augmentée depuis cinquante ans, mais encore perfectionnée. Cet arbuste prospère sur les côtes bien exposées de la rive droite du Don, depuis TcHERKASK, capitale de ce gouvernement, à 880 kil. S. de Moscou, jusque versPATiSBÂNSKAJÂ-STANiZA,et,par conséquent, à peu près jusqu'à la latitude de Zarizyn. Dans une situation plus méridionale, près de Taganrog, à 50 kil. N. 0. d'Azof, les Tents froids de mer empêchent les raisins de parvenir à leur parfaite maturité, ce qui fait qu'ils donnent rarement de bon moût ; mais, en revanche, le vin blanc de Rasdorof et le vin rouge de Ztmslansk, semblable à celui d'Italie, se payent l'un et l'autre très-cher à Moscou. Il n'y a pas jusqu'aux raisins noirs ordinaires qui croissent près du Don, et que l'on transporte en quantité par bateaux des Slanizes supérieures, qui ne donnent

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an vin plein de fen, qae les négociants grecs établis à Tcherkask préparent en abondance et qui surpasse en qualité tous les vins d'Astracan et du Terek. Il est vrai que cet avantage est dû en grande partie à un supplément de raisins secs, de sirop de mûres sauvages et de miel qu'on introduit dans le moût lors de la fermentation. Sir Robert Ker-Porter (1) dit avoir bu à Tcherkasky chez le comte Platof» des vins provenant des domaines de ce général» et qui étaient de fort bonne qualité. Il trouva le vin blanc peu inférieur à nos vins de Champagne, et le vin rouge lui parut aussi bon que les meilleurs du Bordelais. Ces vignobles étaient dirigés par une famille allemande que le gouverneur avait fait venir des bords du Rhin, et le résultat de ses expériences prouve que, si l'on suivait les mêmes procédés de culture et de fabrication dans tons les vignobles de ce pays, on en tirerait des vins de fort bonne qualité. La production totale est évaluée de iO à 15,000 hectolitres.

Taganrog, port très-commerçant de la mer d'Azof, vis-à-vis l'embouchure du Don^ à 50 kil. N. 0. d'Azof, fait de grandes exportations des vins de ses environs ; ils ont beaucoup de spiritueux, et fournissent le quart de leur volume en eau-de-vie ; mais la plupart sont désagréables comme vins de table.

La Bbssababie, située entre la Moldavie , le Danube et le Dnieper, a été réunie à la Russie en 1812 parle traité de Bucharest, mais une partie en a été détachée en 1857 lors du traité de Paris. Elle est très-fertile ; il y a des vignes dans plusieurs parties de ce gouvernement, et Ton en tire 1(X) à 150,000 hectolitres de vins de médiocre qualité qui se consomment dans le pays.

§ III. Royaume d'AsTRACAN, divisé en 3 gouvernements f Astror can, Saratofet Orenbourg.

AsTRACAN, ville capitale, est située dans Tile du Volga nommée SiETZA, sous le 46' degré 41 minutes de latitude et le OS*" de longitude, à 80 kil. N. 0. de la mer Caspienne, 500 kil. E. d'Azof, 1,150 kil. S. E. de Moscou et 1,700 kil. S. E. de Saint- Pétersbourg. La partie fertile de cette contrée, assez bornée, ne comprend guère que les terrains bas qui se trouvent le long du Tolga. Les premiers vignobles furent plantés près d'Astracan, en

(1) Travels in Georgidy Persia^ etc., de 1817 à 1820.

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1615, avec des cépages tirés de la Perse ; depaîs ce temps, la culture de la vigne a pris beaucoup d'accroissement. On a fait venir des vignobles les plus renommés de l'Europe des plants qui ont très-bien réussi : on en compte actuellement vingt variétés différentes 9 parmi lesquelles on en distingue principalement quatre, dont deux fournissent de gros raisins ; la troisième, des raisinsà petits grains de forme ovale, et la quatrième, de petits raisins ronds et sans pépins. Cette dernière, originaire du golfePersique, se nomme kischmisch^ et se rencontre dans presque toutes les parties de ce gouvernement. A Astracan, la vigne est ordinairement plantée en espaliers. La vendange dure depuis la Qd du mois d'août jusqu'à la fin de septembre ; lorsqu'elle est terminée, on taille la vigne jusqu'au bourgeon. En octobre, on couche les ceps et on les couvre de foin et de terre ; au printemps, on les relève pour les attacher aux espaliers. Lorsque les raisins sont parvenus à une certaine grosseur, on les garantit,' autant que possible, des rayons du soleil, pour éviter qu'ils ne se tachent, et Ton hâte leur maturité par de fréquents arrosements. Ces soins donnent aux grappes une superbe apparence ; mais il faudrait leur en prodiguer de tout à fait contraires pour obtenir de bons vins.

Les beaux vignobles qui appartiennent à l'empereur sont cités comme fournissant des raisins d'un excellent goût; il y en a de rouges et de blancs, ces derniers surtout parviennent à une grosseur extraordinaire; on en expédie tous les ans une grande quantité à Saint-Pétersbourg, dans toute la Russie et même à l'étranger; ils arrivent k leur destination frais et en bon état, parce qu'on les coupe avant leur entière maturité et qu'ils sont emballés avec beaucoup de soin dans des pots. Le commerce des raisins est si proQtable pour les propriétaires, et le débit en est tellement assuré, qu'ils ne regardent le vin que comme un objet accessoire et n'envoient au pressoir que les grappes qu'ils ne peuvent pas vendre. La mauvaise coutume d'arroser excessivement les vignes est cause que le jus des raisins, trop aqueux, contient peu de parties muqueuses et sucrées, et que les vins, dont la plupart sont blancs et dénués de qualité, ne se conservent pas : le peu que Ton fait est consommé par la classe du peuple. On assure cependant que quelques particuliers en obtiennent de fort bons. Le général Bekelofa fait planter, dans les environs d'Aslracan, un vignoble qui est très-bien soigné et dont le vin, fait d'après les bons principes, se garde longtemps et peut être comparé aux bons vins de la Moselle. Poilus cite

an certain Jacob Oftseharkin, qai est parvenu à en faire da ronge imitant le lacryma-christi du Vésuve, et le négociant Popof, qui prépare des vins mousseux comparables au Champagne. D'autres font des vins blancs secs assez bons, dans lesquels ils mettent de Tesprit-de-vin lors de la fermentation » ce qui les rend susceptibles de se conserver plusieurs années.

A AsTBACAN et sur le Terek, on fait sécher les gros raisins rouges et les deux autres espèces plus petites; on choisit les plus doux et les pins mûrs pour en extraire un sirop trèsagréable, que Ton emploie à différents usages domestiques, en remplacement du sucre.

Le principal commerce des vins, des raisins et des autres produits de ce gouvernement se fait à Astracan, où ils se chargent sur le Volga, qu'ils descendent pour gagner la mer Caspienne, ou qu'ils remontent pour aller dans l'intérieur de l'empire.

Le gouvernement de Saratof, situé entre ceux d' Astracan et du Don, a pour capitale Saratof, à 720 kil. S. E. de Moscou. La vigne prospère sur les rives du Volga. Pallas a trouvé dans la colonie de Galka un vigneron allemand qui avait planté plus de trois mille ceps dont il retira 20 pouds (le poud 16 k. 38) de raisin en une année. Cet homme n'arrosait pas ses vignes, quoiqu'elles fussentsur un sol assez sec ; les raisins n'approchaient pas de cenx d'Astracan pour la beauté, le goût et la grosseur, mais le vin était inBniment supérieur ; en le conservant pendant quelque temps, il ressemblait au vin ordinaire de France, et c'était du nectar comparé à celui d* Astracan.

Sabbpta, situé à 500 kil. 0. d'Astracan, entre le Don et le Volga, a quelques vignobles dont on tire des vins rouges et des vins blancs de bonne qualité. Pallas cite comme le meilleur celui de la vigne de M. Nitschmanny et assure qu'il approche beaucoup du vin de Champagne. Plusieurs espèces de plants tirés de la Hongrie réussissent très-bien dans ce pays; mais la culture de la vigne n'y est pas encore fort étendue.

Le gouvernement d'OnENBOURG, situé sous les 55' et 54' degrés de latitude, a peu de vignes; mais Oufa, sa ville capitale, est le centre du commerce des Tatars et des autres peuples de l'Asie avec la Russie.

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§ lY. Provinces CAUCAsiENirES. Elles se composent des gou^ vernements du Caucase^ de la Grusinie ou Géorgie russey de rimmiretie^ de la Mingrelie, du Daghestan et du ïfirvan.

Le gouvernement da Caucase, situé sous les 45* et 44* degrés de latitude, entre ceux d'Astracan, des Cosaques du Don et la mer Caspienne, est le plus méridional de la Russie d'Europe. Il a pour ville capitale Georgievsk, sur le Podboumob, à environ 360 kil. 0. de Kislar, et 500 kil. S. 0. d'Astracan. LaCiRCASSiB septentrionale, qui fait partie de ce gouvernement, contient beaucoup de vignobles, dont les plus importants sont dans les environs de Kislar, sur le Terek, dans la plus grande des ties formées par les branches de ce Qeuve, près de son embouchure dans la mer Caspienne; à 250 kil. N. de Derbent , et 400 kil. S. d'Astracan. Le gouvernement et plusieurs particuliers possèdent des vignes dont les vins ont de la réputation et s'eipédient pour Moscou. La vigne croit naturellement dans ce pays et dans tout celui qu'arrose le Terek, ainsi que dans les environs du mont Caucase ; les plants sauvages et ceui cultivés donnent des raisins rouges. Le sol est moins imprégné de parties salines qu'à Astracan, et la température favorise mieux la maturité du raisin : il y pleut souvent , ce qui évite les frais qu'exigent les arrosements. Les habitants des rives du Terek emploient presque tous leurs raisins à faire du vin : il est fâcheux qu'ils entendent si peu l'art de le préparer et de cultiver la vigne ; car la majeure partie de celui qu'ils font est encore plus mauvaise qu'à Astracan.

Le vin blanc approche de la limpidité de Peau, et le rouge est très-pâle, mais ordinairement plus spiritueux que celui d'Astracan , parce qu'on y met de Fesprit-de-vin. Quand on soigne bien ces vins, ils sont agréables ; néanmoins ils perdent leur agrément au bout de deux ans et deviennent amers : on s'en sert alors pour faire de l'eau-de-vie, dont les Arméniens expédient de fortes quantités en Russie, surtout à l'époque de la foire de Makariew, dans le gouvernement et à 140 kil. N. de Novogorod. Les vins de ce pays sont, en général, peu spiritueux, et il en faut 9 à 10 pièces pour en faire 1 d'eau -de- vie ; mais les Arméniens, qui ne négligent aucun moyen d'étendre leur commerce, ont déterminé quelques peuplades du Caucase, et particulièrement les Tatars du Daghestan, à planter de la vigne dans leurs montagnes : ils leur achètent leurs vins, qui ont beaucoup plus de

force que ceux des environs de Kislar, et les convertissent aussi en eaui-de-vie. Indépendamment des vins et des eaui-de-vie» les négociants de Kislar partagent avec ceux d'Âstracan le com* merce des raisin^ frais destinés pour Moscou et Saint-Pétersbourg : ces raisins sont emballés dans de la graine de lin, et arrivent en bon état, quoiqu'ils aient fait un voyage de 2,000 kil. Taroumoff ou Taroumovka, sur la rive droite d'un bras da Terek, à 25 kil. N. de Kislar, a aussi beaucoup de vignobles, qui occupent un grand nombre de bras.

La vigne est cultivée sur les bords du Kuma, qui sépare le gouvernement du Caucase de celui d'Âstracan et se jette dans la mer Caspienne, à environ 100 kil. S. de Kislar. On trouve des vignobles à Kawkaskoi-Uswat, à Pokoinoi, etc.; on y voit des plants bas et d'autres qui grimpent sur les arbres; plusieurs particuliers y ont déjà d'assez bons vins.

Les Tavlinlses eu Tatars des monlagneSf qui habitent la partie la plus élevée du Caucase, apportent à Kislar des vins de meilleur goût et plus forts que ceux du Terek ; on les garde aussi plus facilement, et les gens aisés en font leur boisson ordinaire. Ces Tatars, quoique mahométans, les préparent eux-mêmes, et en augmentent la force enivrante en y mettant des tètes de pavots pendant la fermentation ; ils en boivent publiquement et sans réserve.

Les tonneaux sont en usage dans ce pays ; les vins se logent dans des barriques qui pèsent S50 kilogrammes et contiennent environ 30 veltes ou 228 litres, mesure de France. Les eaux-devie sont mises dans des pipes de 70 veltes ou 456 litres. Le principal commerce des vins se fait à Kislar. Les transports par terre ont lieu, pendant les six mois d'été, par les Tatars, sur des petites voitures traînées par un cheval ou par deux bœufs. Chacune d'elles porte deux barriques de vin ou une pipe d'eau-de-vie; elles font 40 kil. par jour, et arrivent à Astracan en dix jours; on en expédie aussi par le Terek.

La Grusinie ou Géorgie russe, ville capitale Tiflis. Ce pays, qui a été réuni à la Russie en 1801, est situé entre les W et 42* degrés de latitude nord, et entre les 41* et 43* degrés de longitude du méridien de Paris : elle se compose de trois pro* vinces, la Kartaliniej la Kakeiie et la Sumkélie. La vigne croit naturellement dans cette contrée ; mais elle est surtout abondante dans la Kakétib, qui est la plus riche et la plus fertile des trois provinces : presque tous les arbres des forêts sont entourés de ceps très-forts, qui montent jusqu'à leur cime, produisent

lié EtSSIE.

teiocoup de raisins, dont la moitié an moins ponrrit sur pied^ parce qu'on ne peat pas les vendanger. À cAté de ces fignes sauvages, les habitants de la £akétie ont planté un grand nombre de vignobles que l'on arrose, comme on le fait èAstracan, et qui donnent des récoltes très-abondantes. Les vins, parmi lesquels il y en a de fort bons, se consomment dans toute la Géorgie. La Kakétie fait à elle seule les quatre cinquièmes de l'approvisionnement de Tiflis, qui est considérable ; car on évalue la ration ordinaire de chaque habitant, depuis l'artisan jusqu'au prince, à une touque (environ 4^50) par jour. Le meilleur vin se vend à Tiflis de 1 è i/2 abase (20 sons) la touque^ et celui de médiocre qualité coûte à peine 1 sou la bouteille. L'usage des tonneaux et des bouteilles est presque inconnu dans ce pays, les vins se logent dans des jarres en terre, et on les transporte dans des outres faites avec des peaux de buffle, de bœuf, de cochon, de bouc ou de chèvre, dont le poil est mis en dedans et qui sont entièrement enduites de naphte^ espèce de bitume qui donne un mauvais goftt au vin ; mais on prétend qu'elle contribue à sa conservation.

SiifAC ou SiGNAG, capitale de la Kakétie, à 138 kil. E. de Tiflis, a, dans son voisinage, des vignobles très-considérables, dont les ceps sont d'une grosseur remarquable. Vachbrt, a 8 kil. de Sinac, produit beaucoup de vin. Les environs de Mokozaitgb fournissent des vins rouges auxquels on trouve quelque ressemblance avec ceux du Médoc. Il s'en fait aussi de fort bons à TcHBNiBDALT, surtout dans les domaines du prince de Tchifl" chivadze^ qui surveille avec soin la culture de ses vignes et la fabrication de ses vins, dont la récolte s'élève, dans les bonnes années, jusqu'à 30,000 touques ou 1,350 hectolitres : ils sont encore meilleurs que ceux de Mokozange, se conservent longtemps et n'ont pas, comme beaucoup de vins de Géorgie, le défaut de tourner à l'aigre. Dans les environs de Tiflis et près de la ville, beaucoup de maisons de campagne ont des jardins et des vergers garnis de belles treilles; on cite celles du nouveau cimetière des catholiques, qui ont été plantées en 1817, et dont les cépages, tirés des vignobles de Schiraz, en Perse, ont parfaitement réussi et produisent de très-bons raisins. Ce cimetière est devenu un lien de promenade.

Ghbnd'jé ou Elisabeth-Pol, à 175 kil. S. E. de Tiflis, a, dans son canton, des vignes dont les raisins sont très-gros et donnent beaucoup de vins de bonne qualité qui se vendent à très-bas prix.

La ScHKÉTiB, située au sud de la Kaetalinis, est moins fertile et contient peu de vignobles.

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La KABTALiiaBy province la plus orientale de la Géorgie, entre la Kakétie et riromiretiei produit beaucoup moins de vin que la Kakétie ; cependant elle a quelques vignobles assez étendus. On en rencontre à Ghabthis-Kari, à Houkhran et à Douchbtt, à 28, 40 et 60 kil. N. et N. 0. de Tiflis, et dans plusieurs autres cantons de cette province. Beaucoup de vignes sont tenues basses et sans échalas, d'autres forment des treilles et des berceaux. Ces deux espèces de culture couvrent une assez grande partie des terres de Doucbett. A Molita, sur la rivière du même nom, des noyers, des cognassiers et beaucoup d'autres arbres sont entourés de vignes dont on tire une assez grande quantité de vin de bonne qualité, qui se vend à très-bas prix.

La province de Lepsouinb, ou pays occupé par les Lesghis, située entre le Daghestan et le Noucha» n'est séparée de la Kakétie que par la rivière d*Âlazan. Ce pays» qui s'étend vers le nord dans les hautes montagnes du Caucase» produit une grande quantité de raisins, dont on ne fait pas du vin proprement dit, parce que celte boisson est défendue ; mais on en fait une espèce de vin cuit nommé buza dans le pays ; on le fait fermenter et il est extrêmement fort : les habitants ne font usage que de cette liqueur» dont ils se servent aussi pour faire du vinaigre» qui est excellent.

L'Immiketie ou Imhibbte, située entre le Caucase» la Géorgie et la Mingrelie, sous le 43* degré de latitude» contient beaucoup de vignes qui croissent naturellement dans les forêts et dans les vergers; elles enlacent presque tous les arbres de cette contrée» et produisent une quantité considérable de vin dont les habitants sont grands consommateurs. Le chevalier Gamba, lors de son voyage dans cette contrée en 1822, a trouvé des vignes cultivées à Optcha» village situé à 80 kil. de Kotaîs. Elles sont tenues à à 5"»30 de hauteur et soutenues par des échalas. Partout ailleurs elles montent sur les arbres et souvent à une telle hauteur qu'on est forcé d'abandonner une partie des raisins.

La vallée de Yaetsikb» i 14 kil. S. de Kotais» entre la Qui rila, le Ghenishale et une autre petite rivière qui se jette dans le Phase, contient beaucoup de vignes qui entourent des noyers, des mûriers et plusieurs autres arbres qu'on a conservés lors des défrichements ; le vin qu'on en tire est de bonne qualité. Bagdad, à 15 kil. S. E. de Yartsike et à 30 kil. de Kotaù» récolte en abondance des vins très-spiritueux et qui alimentent plusieurs distilleries» dont l'une est habitée par un Grec» qui est associé dans la ferme des eaux-de-vie pour la fourniture des troupes. A

lis BDSSIB.

DiMi OU DiMMi, i 4 kil. de Bagdad, le prince Rostan-Schwets, seigneur de cet endroit» récolte du vin roùge auquel les voyageurs ont trouvé quelque ressemblance avec ceux de la Champagne. *

SiMONBTTi, À 36 kil. de Bagdad, fait des vins qui ont été trouvés très-bons. Les vignes sont aussi multipliées dans le district de ScHORAPANA ; il y en a beaucoup moins dans ceux de Tacga et de Radscha.

La MiNGRBLiE, située entre Tlmmiretie et la mer Noire, est divisée en trois provinces. Celle d'OnsscHi, qui est contiguë à rimmeritie ; celle de Lbsgune, qui s'étend jusqu'au sommet du Caucase, et celle nommée Tmourakane ou âbkasib» qui s'étend au nord du cap Cadore. La première est d'une fertilité à laquelle il est peu de contrées comparables , elle contient beaucoup de vignes. La seconde est un pays montagneux et moins fertile, où Ton en rencontre bien moins; l'Âbkasie est une espèce de désert dans lequel on trouve peu de terres cultivées et qui tient lieu de barrière entre les Abazes et les Mingreliens.

Les vignes de ce pays croissent au pied des arbres, et montent à la cime des plus élevés. Il y a des ceps d'une grosseur si prodigieuse, qu'un homme peut à peine les embrasser. On les taille tous les quatre ans, et on leur donne rarement d'autres soins. Ces vignobles sont très-productifs ; on y récolte des vins qui ont de la force, beaucoup de corps et un goût très-agréable, quoique faits sans aucune précaution. Les Mingreliens et leurs voisins boivent toujours leur vin pur, et ils en font une consommation plus considérable qu'aucun autre peuple. La ville la plus commerçante de ce pays est Redouté-Kalé, sur la Khopi, qui a son embouchure dans la mer Noire, sous le 4â* degré de latitude. Quelques habitants riches de ce pays tirent des vins mousseux de la Champagne.

Le Daghestan, situé entre la mer Caspienne, le Caucase, la Circassie et le Chirvan, sous les 40*, 41% 43* et 43* degrés de latitude, est très-fertile et surtout en vin. Il y a des vignobles considérables dans les environs de Derbent, port de la mer Caspienne, sous le 42* degré de latitude. Le principal commerce des vins et de toutes les autres marchandises se Ciit dans cette ville.

Là province de Schirtan ou Chiryan est sous les 59* et 40? degrés de latitude nord , entre la mer Caspienne, le Daghestan et la Géorgie ; il a des vignobles assez étendus : ceux de Chamakhi ouScHAMAKHA, sa vlllo Capitale, i environ 128 kil. de Bakou»

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fournisseDt aux Arméniens des vins très-estimés; ils sont da genre de nos bons vins de Bordeaux, et l*on assure qu'ils en ont toutes les qualités et le parfum.

A MoNTGATGHAOUB, suf le Kour ou Cyrus» à 25 kil. d'Elisabeth-Pol, et dans beaucoup d'autres cantons» la vigne, qui croit naturellement, entoure la plupart des arbres, et Ton en tire des vins de différentes qualités. Bakou, près de la mer Caspienne, fait un commerce considérable de cette denrée et des autres productions de la province.

Les autres parties de Tempire russe ne contiennent aucun vignoble intéressant.

Les mesures en usage dans les anciennes provinces de la Russie sont le tschettoert, qui équivaut à S\i7; le wedro^ qui en contient 1S^63 ; Vanker, formé de 3 mdros ou 38\00 ; à Revel, ïanker est de 42^33; à Riga, de 39^10, et, à Peroov, de 58^75. On emploie aussi Voxhofi ou barrique de Bordeaux, de 228^00, et le saroka-toaja-boiskay ou pipe^ qui se compose de 12 ankers ou 456^,00.

A Tiflis, où l'usage des tonneaux n'existe pas encore et ou le vin et tous les liquides se transportent dans des outres ou bourdoux, le vin se vend à la touque, qui contient 4\S0 et à la ehappe^ qui vaut 3 touques. Les mêmes mesures sont en usage dans rimmiretie et la Hingrelie.

On fabrique en Russie, comme partout ailleurs, des boissons fermentées, telles que la bière, etc. L'une de celles qui appartiennent au pays et qui est la plus généralement employée dans les campagnes se nomme kvasse ou kisly-chtchy. Elle se fait avec de la farine et des herbes aromatiques sur lesquelles on verse de l'eau chaude et qu'on laisse fermenter. Cette liqueur a un goût agréable et mousse comme de la bière quand on la met en bouteilles. On prépare aussi une espèce de vin avec des cerises sauvages et quelques autres fruits ; on prépare encore une boisson nommée buza, avec du millet et du miel. Dans le gouvernement de Wilna et dans plusieurs autres provinces, on recueille une grande quantité de miel dont on fait des boissons agréables, telles que V hydromel et le leppitztnalilnielzk. Les habitants du Kamtschatka s* enivrent avec le suc d'un champignon. Les Mongols et les autres peuples nomades de la Russie asiatique font, avec le lait de leurs juments, une boisson nommée kaumiss ; ils préparent aussi de V hydromel : les femmes sont chargées de ce travail ; elles distillent ces liqueurs et en obtiennent une eau-de-vie assez forte.

S V. Royaume de Pologne, situé entre les 50* et 55* degrés de latituae^ entre la mer Baltique^ la Bussie^ les possessions de Fempire d^ Autriche et la Prusse.

La Pologne ne jouit pas d'une température favorable à la rigne : cet arbuste est cultivé dans quelques cantons de sa partie méridionale; mais Ton n'y récolte que des vins acerbes et dénués de qualité. Avant les désastres qui ont.accablé ce pays» les maisons îiches tiraient de la France et de TAllemagne beaucoup de bons vins, dont il se faisait une grande consommation, surtout à VabsoviE, capitale du royaume, qui était le centre du commerce de tout le pays et où l'on trouvait des vins de presque tous les pays. On fait, avec la sève du bouleau, une boisson assez agréable et qui est susceptible de mousser quand on la conserve en bouteilles ; on en tire de Teau-de-vie qui se consomme dans le pays.

La mesure en usage pour la vente des boissons se nomme garnieck et contient i^59 à Varsovie, et 3S18à Cracovie. (Cette dernière ville a été incorporée à rAutriche.)

CLASSmCATION.

Les vins rouges de Koos dans la Crimée, ceux de Zymlansk dans le pays des Cosaques du Don , des domaines du prince de Tchifchivadre à Tcheniedaly, et les meilleurs de Mokozange dans la Kakétie, ainsi que ceux du nouveau cimetière des catholiques À Tiflis, et deChamakhi dans le Schirvan, me paraissent devoir être mis au rang des vins Bns de 3* classe. Les meilleurs de Sudagh, en Crimée, des gouvernements d' Astracan et de Saratof ; de Kislar, dans la Circassie septentrionale ; de Vacbery , de Ghend'jé et de plusieurs autres vignobles de la Kakétie , de Ghartis-Kari, Houkhran et Douchett, enKartalinie; deVartsike, Bagdad, Dimi et Simonetti, dans llmmiretie; d*Odescbi, en Mingrelie; deDerbent, dans le Daghestan, etdeMontgatchaour, dans le Schirvan, ne peuvent entrer que dans la 4* classe; toua les autres se rangent dans la 5% dont ils fournissent toutes les onances, depuis les vins d'ordinaire de 2* qualité jusqu'aux vins les plus communs.

Les vins blancs mousseux et non mousseux de Sudagh, Théodosie et AfGney, dans la Crimée ; de Rasdorof, dans le pays des

TUaQUIB. 4it

Cosaques du Don ; les meilleurs du gouveraement d'Astracaa ; de Sarepta, dans celui de Saratof ; de Tcheniedaly, de Moko* zaoge, dans la Kakétie, et de quelques crus des autres vignobles, se rangent parmi ceux de la 3' classe. Ceux de S*", qualité des vignobles que je viens de citer et les meilleurs d^ autres cantons entrent dans la 4' classe; mais la plus grande quantité ne peut être rangée que dans la 5^

Les vins de liqueur de Sudagh et de Koos en Crimée, et les vins cuits nommes buza, dans le pays des Lesghis, me paraissent devoir être rangés dans la 3' classe des vins de cette espèce.

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