‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 106 sur 126 · TURQUIE · texte numérisé non relu

TURQUIE

assez gnrande quantité de vin. Les coteanx et les collioes qai bordent la piage d'ÀRiiiNio sont presque tons couverts de vignes. Les Jui6 de Retimo font un excellent vin blanc qu'ils nomment vin de loi^ il a un goût fin , délicat » parfumé , et se conserve longtemps. Les premiers chaînons des montagnes voisines de Spachia, bourg de la côte sud de Candie, sont couverts de vignobleSy dans lesquels les habitants récoltent en abondance les vins nécessaires pour leur usage. Les différents crus de l'Oe de Candie fournissent une grande quantité de raisins que Ton fait sécierau soleil sans autre préparation. On les égrappe ensuite avant de les emballer : ils sont eipédiés pour la Syrie, TEgypte et le Levant, où on les emploie è faire de Teau-de-vie (1) et des sorbets. Les raisins secs de ce pays, ayant de gros pépins, étant malpropres et souvent imprégnés de terre, ne conviendraient pas aux consommateurs de l'Europe.

Le principal commerce des vins a lieu dans les villes de Candie, de la Canée et de Retimo ; les expéditions se font par leurs ports. Les mesures en usage sont le mistato, qui contient 1 1',! 7, et la bota^ qui vaut 89' ,34.

L'ile de Rhodes, située au nord-est de Candie, sur la c6te méridionale de l'Anatolie, fournit des vins qui sont encore dignes de leur ancienne réputation ; ils ont un bon goût, de la délicatesse et un bouquet fort agréable.

Samos, sur la même côte, au nord du golfe de ce nom, est très-fertile. Les anciens y trouvaient tout excellent, excepté le vin i tandis que, à présent, cette liqueur forme, à juste titre, un des meilleurs revenus de TUe; ses vins miAScats^ faits avec plus de précautions et s'ils étaient gardés, auraient la qualité de ceux de Chypre, si estimés parmi nous. Il s'en exporte beaucoup dans le nord de l'Europe, et surtout pour la Suède.

Scio, placée dans l'Archipel, près des côtes occidentales de TAnatolie, produisait des vins dont les anciens faisaient grand cas ; les historiens et les poëtes les ont vantés comme les meilleurs de la Grèce, surtout ceux du canton d'AsiNSE, où l'on en faisait de trois sortes. Virgile les nomme le vrai nectar des dieux. Ils étaient recommandés à Rome dans les maladies de Testemac ; César en régalait ses amis dans les fêtes qu'il donnait à

(1) Pour obtenir cette liqueur, on met le raisin dans une certaine quantité d*eau, et on l'y laisse fermenter jusqu'à ce que toutes les parties sucrées soient converties en alcool : distillant ensuite le tout, on retire à peu près la môme quantité d'eau-de-vie que celle qu'aurait produite le vin fait avec les raisins frais.

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