‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 107 sur 126 · TURQUIE · texte numérisé non relu

TURQUIE

^occasion de ses triomphes, et dans les festins en rhonneur de Jupiter et des autres dieux. Ces vins sont encore fort bons aujourd'hui; les Sciotes modernes en ont de deux sortes : pour (aire le meilleur, ils mêlent parmi le raisin noir une espèce de r«isin blanc qui a des grains gros comme des noyaux de pèches; mais, pour le nectar, on emploie un autre raisin dont le grain a quelque chose de styptique, et qui le rend dilBcile à avaler. U est Yraî que la plupart de nos voyageurs n'aiment pas ce moderne nectar^ ils le trouvent âpre; mais peut-être le goût des hommes a-t-il changé, ou ce vin a-t-il besoin de passer la mer et d'être gardé longtemps pour perdre son âpreté. Les vignes les plus estimées sont celles de Mbsta, dont les anciens tiraient le nectar.

Ténédos est placée de même sur les côtes de TAnatolie, mais plus enfoncée dans TÂrchipel. La vigne est la seule richesse de cette île, et sa culture la principale occupation des habitants. Ses raisins sont si doux et si sucrés, qu'on est dans l'usage d'ajouter au mo&t une certaine quantité d'eau pour en accélérer la fermentation. La dose est communément d'un sixième, et quelquefois d'un quart ; cependant, malgré cette méthode vicieuse, on fait de fort bons vins d'ordinaire rouges» qui» gardés quelque temps en bouteilles, ressemblent à nos vins du Bordelais. Les vins muscats rouges et les blancs ne le cèdent pas aux meilleurs de cette espèce ; ils sont faits sans mélange d'eau» et acquièrent, en vieillissant, beaucoup de spiritueux et d'agrément. Il sort annuellement de Ténédos 100,000 barils de vin : ils sont expédiés pour Constantinople» Smyrne et pour la Russie. On fait aussi une petite quantité d'eau-de-vie.

Les habitants de l'Archipel ont de tout temps concentré le moût d'une partie de leurs raisins pour en faire du raisiné. M. Boudet, pharmacien en chef de l'armée d'Orient sous le général Bonaparte» a trouvé» dans les magasins d'Alexandrie, des bouteilles de terre qui en étaient remplies. Ce raisiné , qui a la consistance de la mélasse» est employé en Egypte è faire une espèce de sorbet.

Le commerce et les chargements des vins de l'Archipel se font dans chacune des îles où on les récolte.

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s III. ne de Chtpee, placée soue les 34*. 35* et 86* degrés de Ith titudef dans le golfe qui forme la partie orientale de la Méditerranée.

Dans le commencement dn xtii* siècle, le produit des vignobles de rtle de Chypre était évalué à 72,000 hectolitres de vin, dont 33,000 étaient livrés à l'exportation ; mais, depuis que ses habitants sont gouvernés par le capitan-pacha (amiral turc), les exportations sont réduites è moins de 6,000 hectolitres, et la récolte totale ne s'élève pas è plus de 12,000. Cependant la vigne est encore une des branches importantes de sa culture; elle fournit à la consommation des habitants et au commerce des vins qui sont presque tous d*excellente qualité, et dont les bAtiments qui vont à la côte de Syrie ne manquent pas de s'approvisionner en passant.

Les collines sur lesquelles on a établi des vignobles sont généralement pierreuses, d'une terre noirAtre dans laquelle on rencontre quelques veines couleur de rouille et, dans certains endroits, des particules brillantes qui sont du talc. Les ceps ont rarement plus d'une coudée (16 centimètres) d'élévation; les Cypriotes pensent que le raisin mûrit mieux incliné vers la terre qu'exposé au soleil, et ils n'y mettent pas d'échalas. Chaque cep ne donne qu'un petit nombre de grappes qui ont de longues queues et dont les grains, très-écartés, ont une peau de couleur purpurine ; leur chair participe du vert et du rouge : ceux de la contrée nommée Comuandbrib ont une peau mince et une chair compacte qui résiste un peu è la dent, tandis que, dans les autres vignobles, ils ont une peau épaisse, et leur chair fond naturellement dans la bouche, sans la presser. La vendange des raisins destinés à faire les vins d'ordinaire commence dans les premiers jours d'août, et dure six semaines; mais ceux qu'on réserve pour faire les excellents vins de liqueur ne sont récoltés qu'à la fin d'octobre. On les dépose sur des terrasses couvertes^ où les grappes, légèrement placées les unes sur les autres, restent dans cette position jusqu'à ce que les grains s*en soient détachés d'eux-mêmes par suite de leur excessive maturité. On les ramasse alors avec des pelles pour les porter dans le linos (cellier), où ils sont écrasés et mis ensuite sur le pressoir. Le moût qui eu sort est doux et visqueux, on le met aussitôt dans de grands vases de grès, dont la forme est celle d'un cône renversé, et qui contiennent depuis 12 jusqu'à 20 barils de 25 litres; ils

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sont enfoncés en terre jasqo'à moitié de leur hauteur. Le vin y subit sa fermentation pendant environ quarante jours ; lorsqu'elle est terminée, on ferme les vases avec des couvercles de terre cuite, et Ton conserve le vin dans cet état, sans le soutirer de dessus sa lie, jusqu'au moment où on le met dans des outres pour le transporter dans les villes où l'on en fait le commerce. Ces vases sont préparés de différentes manières pour recevoir le vin : dans quelques endroits, on se contente de les faire chauffer pour les enduire de poix; dans d'autres, on emploie un liquide bouillant composé de térébenthine et de poix, auquel on ajoute de la cendre de sarment, du sable très-Gn et du poil de chèvre. Ce liquide s'insinue dans les pores du vase échauffé et ne s'en détache jamais. Il y a deux fabriques de ces Yases, Tune à CoRNios, dans la partie méridionale de l'Ile, et l'autre à LapiTE, sur la c6te septentrionale.

Si l'on boit du moût pendant son effervescence, on éprouve aussitôt un gonflement de ventre et des coliques très-fortes, mais dont les suites ne sont pas dangereuses. On évite cet accident ea faisant filtrer la liqueur à travers de la cendre de sarment. Le moût a une couleur rouge foncé qui devient plus légère après la fermentation, et qui s'affaiblit encore à mesure que le vin vieillit, de manière que, au bout de cinq ou six ans, le vin de Chypre n'est pas plus coloré que nos vins muscats : en se clarifiant, ce vin dépose une lie grasse et visqueuse, que les Cypriotes nomment manna et qui, loin de le détériorer quand on l'y laisse séjourner, contribue à sa perfection. On ne soutire le vin que pour le livrer, et le vendeur a droit d'en retenir douze flacons par tonneau pour conserver la lie, que Ton emploie ensuite à garnir les fûts destinés à recevoir les vins qui arrivent des campagnes ; elle les améliore, et, en se combinant avec les parties grasses qu'ils contiennent, elle aide à leur clarification. Ces vins ne sont point altérés par le contact de l'air, et Ton est dans Tusage de ne pas remplir tout à fait les tonneaux : on pourrait même, sans inconvénient, les laisser à moitié vides pendant fort longtemps. Les vins de ce pays ne déposent point de tartre contre les parois des tonneaux \ la lie qu'ils forment a une couleur qui participe du rouge, du noir et du jaune: en séchant, elle acquiert la consistance d'une p&te qui a la couleur du tabac d'Espagne.

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VINS DE LIQUEUR

Le canton nommé la Commanderie, qui appartenait antrefois aax templiers et ensuite aux chevaliers de Malte, est situé dans la partie de l'tle que les Grecs appellent Omi, entre le mont Olympe, la ville de Limassol et celle de Paphos ; il produit les meilleurs vins de Ttle : vieux, ils sont doux sans être pAteux, ont beaucoup de spiritueux et un parfum des plus agréables. On distingue surtout ceux des hameaux de Zoopi et d'OzumuN. La récolte des vins de 1'* qualité est évaluée à 40,000 cruches^ on environ 3,600 hectolitres. L'achat s'en fait an temps de la récolte sous la clause obligatoire, pour le vendeur, de les garder, soigner et entretenir pendant un an. Si au bout de ce temps fis n'ont pas la qualité qu'ils doivent avoir, ils restent pour son compte.

Après le vin delà Commanderiez on cite le muscat, qui est supérieur à celui de même espèce que l'on fait en Italie, quoique provenant de raisins qui paraissent être semblables : jeune, il est très-doux et blanc, mais il devient rouge et s*épaissit en vieillissant ; on assure même qu'après 60 ou 70 ans de garde il acquiert la consistance du jalep : le plus renommé se récolte dans le village d'ÀRGOS, situé dans la partie méridionale de Tlle. La récolte de ce vin n'excède pas 5,000 cruches ou 305 hectolitres par an ; il se vend ordinairement, quand il est nouveau, I piastre la cruche ou vase^ au bout d'un an 2 piastres, et monte ensuite jusqu'à 3 piastres.

On récolte beaucoup d'autres vins, dont la plupart, quoique inférieurs à ceux que je viens de citer, sont fort bons et paraissent quelquefois dans le commerce sous leur nom ; ils servent k la consommation des habitants et l'on en exporte aussi une partie. Les meilleurs proviennent du village d'ÂMODos, situé dans la partie méridionale de l'Ile. Leur prix n'excède pas 1/4 de piastre la cruche d'environ 6^50, et l'on en trouve à moitié moins. Au sortir du pressoir, leur couleur est d'un rouge foncé et se maintient tdle pendant cinq ou six ans ; elle s'aflRû* but ensuite et finit par être d'un jaune pâle. Ils déposent aussi avec l'Age le fumet violent qu'ils ont dans leur nouveauté. Ces Tins fermentent moins fort et moins longtemps que ceux de la Coflunanderie, ils sont en état d'être transportés au bout d'uni an. Les vins d'ordinaire, dont on récolte une assez grande quan*

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tité, sont mis dans des tonneaux» et Ton y ajoute de la poix» qui leur donne un goût désagréable ; ils sont assez fumeux poar causer de violents maux de tète, et Ton ne peut les boire qu'avec beaucoup d'eau. Les Cypriotes ont rhabitude. lorsqu'il leur natt un enfant» d'enfouir de grands vases remplis de vin et bouchés exactement» pour ne les retirer que lors du mariage de cet enfiint. Ce vin» que l'on pourrait appeler tnn de famUh, conservé à l'abri des impressions de l'air» devient exquis et on vrai trésor pour des palais délicats. La quantité qu'on enterre se consomme rarement dans les banquets de noces, et le surplus se Yend aux Ëoropéens» qui n'en trouvent presque jamais d'aussi bons chez les négociants de l'ile.

Le vin de Chypre se conserve bien partout» mais le froid loi fait perdre de sa délicatesse et de son parfum; il est bon de le tenir dans un endroit chaud. Quand il est très-vieux, il laisse attachées au verre des parties huileuses» ce que ne font pas les vins jeunes et ceux clarifiés par le collage pour les vieillir. Lorsqu'on reçoit ce vin en Europe» il faut le laisser reposer pendant un ou deux mois avant de le mettre en bouteilles. S'il est Jeune et qu'on ne veuille pas Tattendre pendant plusieurs années, oo accélère sa maturité en le collant avec ma poudre n"" 3» à la dose de 1 gramme pour 8 litres. Ce collage le vieillit sans altérer sa couleur ni sa qualité» tandis que la colle de poisson et mes poudres n"" 1 et 2 l'altèrent sensiblement.

Les Cypriotes considèrent leurs vins vieux comme un excdtent remède contre la fièvre; l'abbé Mariti assure que, ayant depuis dix-huit mois une fièvre tierce dégénérée en fièvre quarte» et dont il désespérait de se guérir, un verre de vin» bu dans le re* doublement, lui procura un sommeil calme ; il se réveilla avec la santé et ne ressentit pas un accès de fièvre depuis. On assure aussi que ce vin est employé avec un égal succès pour panser la blessures; il suffit de mettre sur la partie offensée unecompresse imbibée de cette liqueur et de la renouveler quand cela est nécessaire.

La ville de Laihiga » sur la côte orientale de l'tle, à 36 kil . S. 0. de Famagouste, est l'entrepôt général où l'on rassemble tous les i^ins jusqu'à leur embarquement : ils y sont transportés dans des outres goudronnées, ce qui leur donne une odeur de poix trèsr désagréable pendant les premières années; mais elle se perd I la longue» et, après douze ou quinze ans» elle disparaît entière* ment.

NiGosuE, ville capitale située à une journée de la mer, (ait

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aura hb assez grand ccnnoierce des ?ins de son territoire et des «Qtres parties de Ule.

Les yÎDS se vendent au oof^ ou à la cntchef qui contient environ 6S47, au baril de 4 vases et à la charge, qui est de 16 vases ou 103^52. Les tonneaux en usage contiennent ordinairement 70 vases ou 453^00. On transporte les vins dans des tonneaux ou barils de différentes grandeurs ota dans de grandes l)0uteaie^ recouvertes de Jonc» nommées dameê-jeannei^ qtii contiennent 2 cruches 1/2 ou 16^17. Lorsque, ayant acheté du vin de 1'* qnalUé, on veut l'expédier en tonneau, il faut que ce vase soit récemment vidé, et Ton doit y laisser une certaine quantité de lie, qui a la propriété de conserver et même d'améliorer le vin ; les fÙts ainsi garnis de bonne lie se vendent quatre fois pk» cher que ceux qui en sont dépourvus. Les expéditions se font par le port. des Salines, voisin de Larnica.

§ IV. Provinces continentales de la Tubqcib d'Asie, bornée^ au iMrd, par la mer Noire et la Gourie; à l'esté par la Perse ; am fud, par V Arabie et la mer du Levant; à l'ouest^ par f Archipel et la mer de Marmara.

Cette contrée se divise en trois grandes régions, qui sont : 1^ l'Asie Mineure ou Anatolie; S"" la Syrie ou Souristan, avec la Palestine; 3* les provinces au delà de TEuphrate, savoir : l'Ar* ménie, le Diarbekirou Mésopotamie et l'Irac-Arabi.

L'Asn MiNEUBB ou Anatolie est située sous les 37% 38* et 39* degrés de latitude boréale, entre la mer Noire, l'Archipel^ la mer du Levant et l'Euphrate. Ce pays était autrefois très-peu* plé; son sol est fertile partout où on le cultive ; mais le Turc n'a pas plus soin de la terre que de lui-même, et entrevoit à peine des terrains à exploiter au delà des jardins et des lieux qui en^ tourent les villes les plus florissantes. Il y a des vignobles qui pourraient devenir de la plus haute importance sous un autre gouvernement. On en rencontre de fort étendus dans les envi* rons d' Angora, à 340 kil. E. S. E. de Constantinople. Ceux de TiEACLi donnent des raisins blanes d'un goût exquis et dont les grappes sont quelquefois fort grosses. Tokat, grande ville située sur le DjeUI-Jrmak, à 80 kil. N. a de Sivas» dans le district de Aoum, fait un commerce devin assez considérable.

IsNiG, à 120 kil. S. £. de Constantinople, a beaucoup de vignes, que ses habitants, la plupart Israélites, cultivent avâs ioin, et dont ils tirent des vins de fort bonne qualités

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ScALA-NovA, dans le fond du golfe de même nom, près des ruines d'Ephèse, à 60 kil. S. de Smyrne, et TcHEStrÉ, bfttie sar les ruines de Cyssos, è 28 kil. S. de Scio, fournissent une grande quantité de raisins secs qu'on exporte à Constantinople, en Egypte et dans plusieurs autres contrées.

Smtr5e, chef-lieu de l'Anatolie, à 4 kil. de la mer et i 560 kil. S. E. de Constantinople : ses environs fournissaient autrefois les célèbres vins rouges et austères, dits de Prammian; ils produisent aujourd'hui des vins mmcaU que l'on assure être aussi bons que les meilleurs de la Hongrie. On y fait aussi beaucoup de raisins secs qui sont exportés.

Lampsaque, près de l'embouchure septentrionale du détroit des Dardanelles, était renommée pour la bonté de ses vins. Cette ville, jadis considérable, n*est plus qu'un mauvais village. On voit encore quelques vignes sur les coteaux voisins; mais leur produit est insignifiant.

Maïta et les Dardanelles envoient encore un peu de vin à la capitale, et en vendent aux navires qui viennent mouilla dans leurs ports et aux environs.

La Troade offre peu de vignes, quoique les coteaux et les collines soient très-propres à cette culture; on n'est pas dans l'usage d'y faire du vin. Les raisins sont employés à la préparation du raisiné, nommé pelmés en turc, dont les Orientaux font une grande consommation pendant toute l'année; ils s'en servent en remplacement de sucre et de miel dans la plupart de leurs friandises, et en font, avec le sésame réduit en pâte, une sorte de nougat qu'on ne dédaignerait pas en Europe. On en vend beaucoup à Constantinople, aux Dardanelles et dans la plupart des villes de la Turqure. Le procédé consiste à mêler ces deux substances dans des chaudières exposées à un feu modéré et à remuer, sans interruption, avec une grande spatule de bois, jusqu'à ce que le mélange soit assez épaissi. On le verse ensuite sur de grandes plaques de marbre ou de cuivre, et on obtient, par le refroidissement, des espèces de gâteaux de 1 pouce 4/â d'épaisseur.

TRfiBisoNDB, chef-lieu de pachalik, à 440 kil. N. 0. d'Erzemm, avec un port sur la mer Noire. Les principaux articles d'exportation sont le vin et les raisins secs, dont la majeure par* tie passe en Russie. Riza, port très-fréquenté, à 420 kil. E. de Trébisonde, fait aussi le commerce de vins, de raisins secs et d'une confiture nommée nardenk^ qui est une espèce de raisiné.

La Strie ou Souristan s'étend du mont Taurus à l'Arabie,

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et de la Méditerranée à TEuphrate. La vigne y prospère partent où elle est cultivée ; elle donne des vins rouges et des vins blancs qui ont quelque analogie avec cenx du Bordelais, et des raisins secs fort estimés. Cette contrée comprend : Àlep, Tripoli^ Acre» Damas et la Palestine.

Dans le pacbalik d'Alep, la vigne est cultivée sur les mon«tagnes; on en rencontre aussi beaucoup dans les jardins, où elle se mêle avec les orangers, les figuiers et les pistachiers.

Ladikieh ou Latakibh, dans le pacbalik de Tripoli et à en** viron 100 kil. de cette ville. C'est dans le canton nommé le Kebsoan et sur le mont Liban que Ton récolte les meilleurs vins de la Syrie; il y en a des rouges et des blancs. L'usage est de fiiire bouillir le moût pour en augmenter la consistance. Cependant on ne fait pas bouillir le plus estimé de ceux du mont Liban, que l'on nomme vin (Tor; mais il faut qu'il soit très-vieux pour avoir atteint son plus haut degré de qualité; sa couleur est, comme l'indique son nom, brillante et dorée; il se vend fort cher; on le conserve dans des dames-jeannes en verre. Les vins du mont Liban sont de fort bonne qualité; on en transporte beaucoup à Betbouth, ville commerçante à 40 kil. N. de Saïde, où il se vend environ 100 fr. le cantarp mesure dont le contenu pèse 400 livres, qui représentent 51 litres.

Les rivages du fleuve Adonis, célébré par Hilton, sont couverts de vignobles. On en trouve aussi dans les vallées et sur quelques montagnes voisines du couvent des Maronites de Much- MuGHÉ, à 50 kil. de Saïde. Les vins blancs et les vins rouges sont de bonne qualité.

Le pacbalik a Acre, répondant à peu près à Tancienne Phénicie, est au sud du précédent. Le pays des Druses, qui en fait partie, abonde en vins. Saïde. autrefois Sidon, port très-commerçant, à 60 kil. S. 0. de Damas, exporte des raisins secs, qui se vendent sous le nom de raùins de Damas.

Le pacbalik de Dahas comprend presque toute la partie orientale de la Syrie et une grande portion de la partie méridionale. Les plaines de Hauran et des bords de YOrwU sont les plus fertiles; les oliviers, les mûriers et la vigne garnissent les montagnes et les collines. Damas, è 1,000 kilom. S. E. de Constantinople, est située sur le territoire le plus fertile de cette contrée. Elle fournit au commerce une grande quantité de raisins secs d'excellente qualité; on en fait soit avec les grappes, soit égraiq>és; ils ont une belle codeur dorée, un très-bon goût, et presque pas de pépins. On les expédie dans des

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hurte$onho\te& pesant depuis S jusqu'à SOkilog. Ils se conservent deut saisons, et se vendent à un prix plus élevé que les nAtres. Il vient aussi de Damas une espèce particulière de raisins secs dont le grain est petit et sans pépins, la couleur dorée et le goût exquis. Ces derniers sont rares, et ne s'expédient qu'en très-petite quantité : on n'en trouve jamais dans le commerce.

La Palbstuii était autrefois renommée pour ses bons vins, on 7 voit encore quelques vignobles; mais ils sont mal entre* tenus, et leurs produits n'entrent pas dans le commerce. Les environs de Jéeusalbm fournissent cependant des vins blancs cpii ont beaucoup de force; mais ils conservent un goût de soufre qui n'est pas agréable.

L'exporlation des raisins secs de la Syrie se fait tint par mer que par les caravanes, qui en portent beaucoup en Egypte.

Parmi les provinces situées au delà de l'Euphrate, la Mésopo* TAMii a seule quelques vignobles intéressants. Ceux des envi* rons de Bajazbt, dernière ville torque du cûté de la Perse, sont très-étendus, et produisent une grande abondance de bons vins. Ceux que l'on récolte dans le pachalik d'ERZERUH, à peu de dis^ tance des sources de l'Euphrate, passent pour être de mauvaise qualité.

CLASSIFICATION

Les meilleurs vins rouges d'Arinse et de Mesta, dans l'tle de Scio, me paraissent devoir être mis dans la 2* classe. Ceux des onvirons de Cotnar, en Moldavie; de Yalone, Loucouvo et Dzidza, dans l'Albanie; de Chastiia, en Macédoine; deKissamos, tle de Candie; d'Amodos, tle de Chypre; enfin du Kesroanet du Liban, ^n Syrie, entrent dans la 3*. Ceux de plusieurs crus de la Moldavie et de la Yalachie; de Prawadi, dans la Bulgarie; de Belgrade et de Pristina, en Serbie; de Hersek, en Bosnie; de Popoco, dans l'Herzégovine; les meilleurs de Liascovo, Stalovo, Manussi, Calota, Zajgory, Conitza, Tharchof, Argyro-Castron, Delvinaki, Gribovo, Calarites, Chaliki, Milias, Houssara, Voûtza et Perrhéfoie, dans l'Albanie; de JLiprio, Piliori, Crotova, Fiorina, Touri, Coutourachi, Galistas et Resné, en-Macédoine; des coteaux situés entre Philippopolis et Andrinople, en Roumanie; de Larisse, Tempe, Caehia et Arta, en Thessalie; de plusieurs :€rus des lies de Candie, Rhodes, Samos, Ténédos et Chypre; d'Angora, Isnie, Maita, Lampsaque et Smyroe, dans l'Asie Mi-

ROTâUMB m AfcCB. Itll

Béure; enfin do Kesroan, de Much-Muché et de plasieure autres crus de la Syrie sont au nombre des vins de 4'' classe. Tous le» autres parcourent les différents degrés de la 5*.

Les meilleurs vins blancs des différents vignobles de l'tle dO' Candie et surtout celui nommé vin de Iot\ que font les Juifs de Retimo; le nectar de Mesta, lie de Samos, et le mn d*or du mont Liban, en Syrie, entrent dans la 2* classe. Ceux de plusieurs crus de la Moldavie, de l'Albanie, de la Macédoine, de rtle de Candie, ceux du Kesroan et de quelques autres vignobles de la Syrie, se rangent dans la 3* classe. Les différents pays que' j'ai dtés donnent aussi des vins blancs qui ne peuvent être rangés que dans les 4* et S* classes.

Le vin vert de Cotnar, en Moldavie, la malvotêie de la Canée, dans rtle de Candie, et surtout le vin du canton de la Commanderie, dans l'tle de Chypre, entrent dans la i" classe des vins de liqueur. Ceux dePiatra, en Yalachie; le vin cuit de Galistas, es Macédoine; les vins muscats rouge» et blancs des ties de Samos, de Ténédos et de Chypre, ainsi que celui de Smyrne, dans l'Asie Mineure, se rangent dans la 2* classe. Les vins de 2* qualité des crus que je viens de citer et plusieurs de ceux des autres vignobles entrent dans la 3* classe. EnQn' beaucoup d'autres vins de liqueur des vignobles compris dans ce chapitre occupent les différents degrés de la 4* classe.

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