CHAPITRE Xra
Asie.
Cette partie da monde, la pi as vaste des trois qui forment l'ancien continent, s'étend à Test de l'Europe et au nord de l'Afrique jusqu'aux confins de T Amérique septentrionale, depuis le 23* jusqu'au 487* degré de longitude à Test de Paris, et depuis le 1*' jusqu'au 78* degré de latitude boréale. La vigne prospère dans beaucoup de ses Etats, mais elle n'est un objet important de culture que dans quelques-uns. La religion mahométane, qui est dominante dans plusieurs, défendant l'usage du Tin, les raisins n'y sont cultivés que pour la table, et le peu de vin que Ton fait n'est préparé que par le petit nombre d'habitants qui suivent un autre culte.
Les contrées de l'Asie qui font la matière de ce chapitre sont l'Arabie, la Perse, l'empire des Afghans, l'Indostan, les royaumes de Tonquin, de Cocbinchine, de Laos, de Cambodjâ, l'empire de la Chine, la Tartarie indépendante, les pays caucasiens, la Sibérie, le Japon et les ties de la mer du Sud. Les provinces asiatiques de la Russie et de la Turquie ont été comprises dans les chapitres consacrés à ces empires.
S L Aeabie.
Cette péninsule, qui a environ 5S5 lieues de longueur sur 470 de largeur, est située entre les 30* et 57* degrés de longitude est, et les 12* et 34* degrés de latitude boréale. On la divise en trois parties, savoir : l'Arabie Pélrée, l'Arabie Déserte et l'Arabie Heureuse.
Quoique l'usage du vin soit interdit aux mahométans, ils cultivent la vigne avec beaucoup de soin, et l'on en rencontre dans presque tous les cantons où le sol et la température sont convenables à cet arbuste. La plupart se contentent d'en manger le fruit; mais quelques-uns d'entre eux aiment passionnément les
liqueurs fortes et satisfont en secret leur goftt. Les voyageurs trouvent de l'eau-de-vie et du vin chez les chrétiens et chez les Juifs qui habitent la plupart des villes frontières.
L'Arabie Pétrée est bornée, au sud-est, par TArabie Déserte^ au nord, par la Syrie et TEgypte; et, au sud-ouest, parla mer Rouge. La vigne est plantée dans plusieurs cantons, entre autres sur les montagnes que les Arabes appellent Dsœjebbel- Mona, près du mont Sinaï, sous le iS^ degré de latitude boréale; mais elle n'est pas un objet important de l'agriculture de ce pays; on n'y fait pas de vin, et les raisins sont, en partie, transportés au Caire, où ils se vendent fort cher.
L'Arabie Déserte s'étend depuis les déserts de Palmyre et de l'Euphrate, au nord, jusqu'à l'Arabie Heureuse, au sud. n y a quelques ceps de vigne dans les jardins d'ANA, capitale de cette contrée; mais leur produit est peu important : on n'en voit pas dans les autres cantons.
L'Arabie Heureuse a pour limites le golfe Persique, à Test; l'Arabie Déserte, au nord; le golfe Arabique, à l'ouest; et l'Océan au sud. Plusieurs des provinces qui la composent ont des vignobles assez étendus, dont on tire quelques vins et une très-grande quantité de raisins secs.
Taief, dans le Hedsjas, à 80 kil. S. E. de la Mecque, sous le 15* degré de latitude boréale, est situé sur une haute montagne environnée de vignobles» dont les raisins frais sont envoya à la Mecque.
Le canton de Sahan, dans l'Temen, a beaucoup de vignes ; on en rencontre plus de vingt espèces différentes aui environs de Sana, capitale du pays, à 800 kil. S. de la Mecque : comme ils ne mûrissent pas tous en même temps, on peut en manger pendant plusieurs mois. Les Juifs de cette ville font de bon vin, qu'ils conservent dans des cruches de grès; ils distillent de l'eau-de-vie en assez grande quantité pour en vendre. On bit, dans TTemen, beaucoup de vin de palmier que l'on nomme toddy; il passe pour être violent et malsain. Les Juifs de Moka, sur la mer Rouge, à 52 kil. du détroit de Bab-el-Mandel, en font un très-grand commerce. On prépare aussi dans ce pays une décoction de la pulpe du café, dont il se fait une grande consommation.
Parmi les diverses variétés de vignes cultivées dans rTEMSH, on rencontre fréquemment celle dont les raisins n'ont, au lieu de pépins, qu'une semence fort tendre, que l'on ne sent pas quand on les mange, mais qui paraît lorsqu'on les partage avec
un couteau. Les raisins sont petits et très-doux : on en exporte de secs« en grande quantité, sous le nom de zedig. Dans les lieux où il en crott beaucoup, on en fait un sirop nommé doubs.
§ IL Perse.
Le climat de la Perse est très-favorable à la vigne; elle y prospère dans presque tous les cantons, et produit, en général, de bons vins, parmi lesquels il y en a de qualité supérieure. Les meilleurs vignobles sont situés au pied des montagnes qui s'étendent depuis le golfe Persique jusqu'à la mer Caspienne. On y rencontre quatorze espèces de raisins, dont la culture est abandonnée aux Guèbres ou adorateurs du feu, aux Arméniens et aux Juifs. Quoique la religion mahométane proscrive l'usage du vin, nombre de Persans en boivent sans scrupule, persuadés que ce péché leur sera pardonné, pourvu qu'ils ne préparent pas eux-mêmes cette liqueur. Les Juifs et les Arméniens mettent de la chaux, des sommités de chanvre et d'autres ingrédients dans les vins qu'ils préparent pour les mahométans, afin de satisfaire leur goût, qui est de s'enivrer promptement. On fait, dans tous les vignobles, une grande quantité de raisiné ou sirop, nommé dibs, que les Persans mangent avec du pain, ou qu'ils mêlent avec du vinaigre et de l'eau, ce qui leur procure une boisson agréable et rafraîchissante. Les raisins secs forment une branche de commerce importante, et l'on en envoie beaucoup aux Indes. Les Arméniens et les Juifs, qui craindraient de s'exposer à des insultes de la part des particuliers, et à des persécutions de la part du gouvernement, s'ils avaient une certaine quantité de vin chez eux, préfèrent conserver des raisins secs avec lesquels ils font du vin et de l'eau-de-vie pour leur consommation, après les avoir fait fermenter dans de l'eau.
L'Erivan ou haute Arménie, situé entre les 39^ et 41* degrés de latitude, est fertile en vins d'excellente qualité : la culture de la vigne y est très-ancienne, car Ton dit que ce fut Noé qui planta les premiers ceps. L'hiver étant rigoureux et long dans ce pays, on est dans l'usage d'enterrer la vigne quand les firoids commencent, et de la découvrir au printemps.
L'Aderbijan, sitné entre les 37* et 40* degrés de latitude, contient beaucoup de vignes, dans lesquelles on cultive, à ce que l'on assure, soixante-cinq variétés différentes de raisins
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dont on fait beaucoup de ?in et une grande quantité de rahioa secs. Les principaux Tignobles sont dans les environs deTAunis» Tille principale.
Dans le Ghilan, situé sous la même latitude, la vigne est très-commune; ses rameaux s'attachent aux arbres, étoile crott naturellement sur les montagnes; mais, faute de culture, le raisin n'est pas d'une bonne qualité, et ne procure du vin potable qu*autanl qu'il est mêlé avec celui que l'on tire des provinces méridionales de l'empire.
L'Irak-Adgént, situé entre les 32* et 37* degrés de latitude» a de nombreux vignobles qui sont une branche intéressante de la fortune du pays ; on cite les environs de Téhéran, capitale de la Perse, comme fournissant beaucoup de vins de bonne qualité.
Le territoire de Kasbin, à 400 kil. d'Ispahan, dans l'Irak- Adgény, produit des raisins d'une grosseur et d'une beauté extraordinaires; ils sont aussi agréables au goût qu'à la vue. On en tire de fort bons vins et une grande quantité de raisins secs. Les environs d'TESED, dans la même province, fournissent des vins délicats, dont on expédie une certaine quantité à Laar et à Ormuz. Ispahan, autrefois la capitale de la Perse, située sur la rive gauche du Zenderout^ sous le 32* degré 34 minutes de latitude boréale, a, dans son voisinage, des vignobles étendus qui produisent beaucoup de bons vins de la même espèce que ceux de Schiras, auxquels ils sont peau inférieurs. On cite particulièrement le vin blanc que font les Arméniens habitant le fao^ bourg de Juifa, et l'on assure quMl leur procure de fréquentes visites do la part des Persans. Il est cultivé dans ce canton una espèce de raisin nommé kichmich, dont le grain est blanc, ovale et de médiocre grosseur; la peau en est très^ne, et les pépin» sont si petits et si tendres, qu'on ne les aperçoit pas. On préUnd que les meilleurs de la Grèce, de la Syrie, de l'Italie et de la Pro» vence ne lui sont pas comparables.
Le Fabsistan, situé entre les S7* et 30* degrés de latitnde» est surtout célèbre par Texcellence des vins que l'on tire de ses beaux vignobles et parmi lesquels on cite particulièrement ceux des environs de Schiras, sa capitale. Les plus estimés sont plan* tés au pied des montagnes situées au nord-ouest de la ville» sur un sol rocailleux et à l'exposition la plus favorable. Toutes let^ vignes sont tenues basses et supportées par des éehalas, comme, en France. On ne peut imaginer une vallée plus dâiciense que celle où est située cette ville : elle produit beaucoup de fruits de. l'Europe, mais* ils sont plus gros, plus savoureux et plus parfn*
mes. Le raisin y est surtout délicieux. On en cultive plusieurs espèces, tontes très-bonnes, et parmi lesquelles on distingue d'abord celle nommée kiehmichf dont j*ai parlé ci-dessus ; le gros raisin blanc et le gros raisin rouge, que Ton appelle damas ^ dont les grappes pèsent jusqu'à 12 ou 13 livres. C'est avec cette dernière espèce seulement que l'on fait le célèbre vin deSchiraSp qui est le meilleur de la Perse et de tout l'Orient. Il a une couleur rouge peu foncée, un bon goût, du corps, beaucoup de spiritueui, de la sève et un parfum aromatique très-prononcé; il n'a de douceur que ce qu il en faut pour caractériser un vin de liqueur plein de finesse, qui n'est ni pàteui ni fade et qui laisse la bouche fraîche après l'avoir dégagée du goût des mets qui l'ont précédé; il proiduit même, à peu près comme le fait la pastille de menthe, une sensation de fraîcheur lorsqu'on respire après l'avoir bu. Son spiritueux lui est naturel sans aucune addition d'eau-de-vie ; la chaleur qu'il produit dans l'estomac est plus douce que celle des vins les plus recommandés pour leurs vertus toniques, et, quoique très-chaud, il ne porte pas à la tète. J'ai dit, dans la seconde édition de cet ouvrage, qu'il supportait bien le transport, mais qu'il ne se conservait pas plus de trois ans. J'ai reçu, en 1822, 30 bouteilles de ce vin, contenant chacune de 2 à 5 litres, j'en ai transvasé une partie dans des bouteilles ordinaires et même dans de petits carafons; il n'a subi aucune altération, sa couleur s'est seulement affaiblie ; elle s'est attachée à la paroi des bouteilles, et il s'est formé un dépôt peu volumineux, qui se compose principalement de tartre cristallisé naturellement, comme celui qui se forme ordinairement dans les meilleurs vins de Champagne, et que l'on nomme dépôtpierre. Le seul défaut que quelques personnes ont trouvé â ce vie, c'est que son arôme participe de celui des gommes et de» résines odorantes que l'on tire de la Perse. Après ce vin de 1'* qualité, on cite des vins rouges d'une couleur très-foncée, qui ont beaucoup de corps, de nerf et de parfum.
Les vignobles de ScmitàS produisent aussi du vin blanc d'une couleur ambrée et brillante; il joint à une douceur agréable le parfum du vin sec de Madère, auquel il n'est point inférieur quand on Fa gardé plusieurs années. D'autres vins blancs, de moindre qualité, sentent le safran, que les ixméniens y intro* duisent pour leur donner la couleur et le goût qui plaisent aux consommateurs du pays.
On prépare, avec des raisins que l'on fait sécher en partie au soleil, un vin de liqueur d'excellente qualité, et qui est comparé
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à celui nommé malvoisie, à Madère. La récolte annuelle des vignobles de Scbiras est évaluée à 40,000 hectolitres de vin, dont une forte partie est expédiée ani Indes orientales.
Toutes les autres provinces de la Perse ont des vignobles, plus ou moins considérables, qui produisent des vins de diverses qualités ; mais ils ne sont pas connus hors du pays qui les produit.
L'usage du vin étant défendu par la religion, tous les habitants ne sont pas autorisés à en faire. Ce privilège est accordé, par le roi, à quelques seigneurs et à des compagnies de négociants européens, qui sont encore obligés d'obtenir la permission du gouverneur et de l'intendant, chargés de flxer la quantité que chacun pourra en faire, après que celui destiné à la provision du roi sera récolté. Ces permissions ne sont obtenues qu'avec des présents, et l'on outre-passe la quantité fixée par le même moyen.
La manière de faire le vin dans ce pays est très-simple : on jette les raisins dans une cuve dont le fond est percé d'une infinité de trous. On le foule avec les pieds; le jus, qui tombe dans une autre cuve placée sous la première, est aussitôt versé dans des urnes de terre, hautes de 4 pieds, où on le laisse fermenter. Elles ont la forme d'un œuf, et contiennent depuis 250 jusqn'à 500 litres. Ces vases sont vernissés intérieurement ou enduits d'une composition faite avec de la graisse de mouton purifiée. On les place dans des caves fraîches et on les y enterre. Lorsqu'on veut transporter le vin, on le met dans des bouteilles de verre couvertes de nattes, que l'on bouche avec un morceau de bois rond entouré de coton et laine ; on trempe ensuite le col de la bouteille dans du goudron, sur lequel on applique aussitôt un morceau de toile de coton, que l'on aftsure avec un cordon et que l'on trempe de nouveau dans le goudron. Ces bouteilles contiennent depuis 3 jusqu'à 5 litres de liqueur ; elles sont parfaitement sphériques, comme les matras employés en chimie, et ont ordinairement un long col. On les transporte dans tout le royaume, aux Indes et jusqu'à la Chine et au Japon, par caisses de dix bouteilles.
L'eau et le café sont la boisson ordinaire des Persans qui suivent la loi de Mahomet. Ils boivent aussi beaucoup de sorbets qu'ils font avec des fruits et des fleurs. Le vin n'étant de leur goût qiie lorsqu'il est assez fort pour les enivrer promptement, on met des noix vomiques, de la chaux et du chènevis dans celui que Ton destine à leur usage. On assure que le souverain et tous
les gens riches font on grand usage de cette liqaeur. Chardin et Tavernier disent que le schah Âbbas II s'enivrait avec ses courtisans; que ses caves étaient abondamment pourvues des meilleurs vins de la Géorgie, de la Karamanie et de Scbiras, conservés dans des bouteilles de cristal de Venise. Il tirait aussi des vins de TEspagne, de T Allemagne et de la France ; mais il préférait ceui de Perse, et en buvait rarement d'autres. Maintenant les gens riches de ce pays consomment beaucoup de vin, mais en secret. Ceux qui s'en abstiennent pour obéir à leur religion s'enivrent avec des pilules d'opium, des infusions de pavot, et avec le suc de la tige et de la graine du chanvre, qu'ils font piler dans des mortiers.
S m. Afghanistan, ou Caboul.
La vigne est cultivée avec succès dans plusieurs provinces, principalement dans la vallée de Cachemire^ dont les vins, qui ressemblent à ceux de Madère, acquièrent une qualité supérieure quand on les conserve avec soin. On retire aussi du raisin, par la distillation, une liqueur spiritueuse, que les naturels de toutes les classes boivent librement, ainsi que le vin.
Le KouTTORE abonde en fruits et en raisins; les habitants en font du vin et passent pour aimer passionnément cette liqueur.
Le Caboulistan et le Serkar, ou district de Candahar, ont aussi beaucoup de vignes qui portent des raisins d'espèces variées ; ceux de Serkar surtout sont de bonne qualité et trèsparfumés.
§ IV. Indostan, ou Indes orientales.
La vigne est peu cultivée dans cette contrée. On en trouve néanmoins dans différents cantons, et particulièrement dans la province de Lahor, où Ton fait du vin qui est fort estimé. Plusieurs productions de ce climat fertile suppléent à la vigne. Le vin de palmier est très-abondant ; il s'en fait une grande consommation à Agra et dans plusieurs autres cantons. On tire des noix de coco une liqueur fermentée appelée todi^ dont les habitants font une grande consommation. Au Bengale, on prépare du vin et des eaux*de-vle avec du sucre et d'autres ingrédients. Les Concis, habitants des montagnes de Tipea, fabriquent beau-
CDop de liqueurs spiritaeuses. Oo préparedana plusieurs endroits une liqueur agréable et rafraîchissante avec des bananes que l'on fait fermenter dans de l'eau.
Les principales villes de cette contrée tirent beaucoup de viii9 des autres parties du monde ; le vicomte Georges Yalentia ea a bu de fort bons dans le Bengale, chez le nabab-vizir d'Aoude : à Lacknau, ville très-commerçante, qui est devenue l'entrepôt du commerce du Bengale et du Cachemire, les musulmans qui se trouvaient avec lui dans un banquet en buvaient très-librcmeni. i Calcutta, on consomme principalement des vins de Madère et de Bordeaux, les premiers pendant le repas, et les seconds après. Il s'en consomme aussi beaucoup à Bombay.
Droit d'importation dans l'Inde anglaise : 5 fr. 04 c. l'hectolitre.
S y. Royaumes de Tonquin, de Coghinchiue, de Laos ei de Cambodja.
Le vin est inconnu dans ces pays, et la vigne n'y est pas cultivée, quoiqu'elle croisse spontanément sur les montagnes de la Cochinchine. La liqueur favorite des habitants est une eau-devie qu'ils tirent, par la distillalion, des noix d'arec^ et quia de l'analogie avec celle de grain que l'on fait en Irlande. Les Cochinchinois en sont très-amateurs et en consomment une grande quantité.
§ VI. Chine.
Cet empire, dont la super6cie (non compris celle des pays tributaires) est évaluée à 5,500,000 kil., a, dans presque toutes ses provinces, des terrains et une température convenables à la vigne. L'histoire nous apprend qu'elle a été connue et cultivée dans les provinces de Chan-si, de Çhen-si, de Pe^tcke-ly, de Chan-tong, de Bo-nan et de Hou-quang longtemps avant l'ère chrétienne, et que, à une époque reculée, on y faisait une grande quantité de vin, qui se conservait plusieurs années dans des urnes qu'on avait l'habitude d'enfouir. Cette liqueur était devenue assez commune pour qu^elle causAt de grands désordres. Les poëtes l'ont célébra; et les chansons de toutes les dynasties, depuis Yven jusqu'à Ban, attestent qu'elle a toujours été fort goûtée des Chinois. Elle était offerte comme vin d'honneur aui
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gouverneurs, aux vice-roiSi et même aux empereurs. La yillede Tai-tuen, dans la province de Chen-si, la présentai pour la dernière fois, en 4375, à Tempereur Tai-isou.
Il paratt que la vigne a essuyé bien des révolutions en Chine* Elle n'a jamais été exceptée toutes les fois qu'il y a eu ordre d'arracher les arbres qui embarrassaient les champs susceptibles de produire du grain. Cette mesure a même été portée si loin» dans la plupart des provinces, sous certains empereurs, qu'on en perdit le souvenir ; mais il est certain que , sans parler des temps reculés, les annales chinoises font mention de la vigne» du raisin, et nommément du vin de raisin, sous le règne de l'empereur Vau-ty, qui parvint au tr6ne Tan 140 avant J..C., et que depuis ce prince on peut en constater l'usage et l'emploi de dynastie en dynastie» et, pour ainsi dire, de règne en règne jusqu'au xv* siècle.
Quant à l'état actuel de la vigne, ce que les voyageurs disent de plus positif à ce sujet, c'est que les empereurs Kang-hi, Yong^tching, et Kien-long qui régnait en 1787, ont beaucoup favorisé cette culture et qu'ils ont tiré des pays étrangers un grand nombre de nouveaux cépages; mais une longue habitude des liqueurs imaginées pour remplacer le vin lors de l'extirpation des vignes a Fait perdre aux Chinois le goût de cette boisson, dont il ne se fabrique plus qu'une très- faible quantité. Malgré la bonne qualité des raisins et leur abondance , la plupart des propriétaires les font sécher; les voyageurs regrettentque l'usage de préparer le vin ne soit pas plus répandu, puisque le peu qu'ils en trouvent est d'excellente qualité.
Les trois provinces de Ho-nan, de Chan-tong et de Chan-si paraissent avoir réparé leurs anciennes pertes; les deux villes de Tamtubn et de Ping-tang, dans \e Chansi, sont fameuses par la grande quantité et la qualité supérieure des raisins secs qu'elles fournissent aux autres provinces, soit pour la pharmacie, soit pour la table. La province de Pe-tghe-ly, célèbre de toute antiquité pour ses vignobles, en a encore beaucoup aujourd'hui, et l'on y compte quatorze districts fournissant du raisin qu'on conserve longtemps frais, et qui se vend à Pékin à un prix modique.
Les boissons les plus communes, en Chine, sont l'infusion du thé et des liqueurs fermentées extraites du riz » auxquelles on donne le nom de vins. Ceux-ci n'ont aucun rapport avec les nAtres; on les tire d'une espèce particulière de riz peu connue en Europe, et on les prépare de différentes manières. La méthode