‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 18 sur 126 · NOTICE SUR LES TIGKOBLES DE L*ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LES TIGKOBLES DE L*ANTIQUITÉ

Le vîn nommé prammian paraît être aussi anciennement connu que celui de Maronée. Nous voyons dans Homère qu'Hécamède prépara, sous la direction de Nestor, un copieux breuvage de ce vin pour Machaon, quand il fut blessé à Tépaule; mais son origine et le lieu où on le récoltait sont restés incertains. Pline en parle comme d'une production distinguée des environs de Sbiyrne, d'autres le disent provenir des vignobles d'EpHéSE (Aîo-Tsoluc), dans l'Asie Mineure. Athénée dit qu'il provenait d'une montagne rocailleuse de ce nom dans l'ile d'IcAROs(Nicaria), d'autres le font récolter dans l'ile de Les- Bos, d'autres enfin disent qu'il tenait son nom du cépage qui le produisait, ce qui me parait assez vraisemblable. Ce vin rouge n'était ni doux ni épais, mais fort dur, astringent, très-vigoureux et susceptible d'une longue conservation. On l'ordonnait souvent comme médicament. Aristophane , qui naquit 427 ans avant Jésus-Christ, dit que les vins de Maronée et de Prammian faisaient froncer le sourcil quand ils étaient jeunes, mais que, parvenus à leur maturité, ils étaient généreux, forts, pleins de sève et de bouquet ; il ajoute cependant que les Athéniens ne les aimaient pas et les accusaient d'obstruer les organes digestifs. Pline parle de ces vins comme ayant encore une grande réputation de son temps, et dit qu'on ne les buvait que mêlés avec huit parties d'eau.

L'Illyrie, dans laquelle on a prétendu que Noé ait planté la première vigne après le déluge, et qui contient, de nos jours, des vignobles étendus, n'a sans doute jamais cessé de cultiver cet arbuste; cependant les auteurs ne font aucune mention des vins qu'elle produisait dans l'antiquité.

Grèce. Cette grande contrée se composait l"" de la terre ferme, qui comprenait la Macédonie, l'Epire, la Thessalie et la Grèce propre; 2** la presqu'île ou Péloponèse, contenant l'A chaïe, l'EIide, l'Arcadie, l'Argolide, la Messénie et la Laconie; 3* des lies de la mer Ionienne; 4"" de celles de la mer Egée qui font partie de l'Europe. Je comprendrai dans ce paragraphe les iles de la côte de l'Asie Mineure, parce que, leurs vins étant de même nature, les auteurs anciens les ont souvent cités avec ceux de la Grèce sans distinguer leur position.

Toutes les provinces déterre ferme et celles du Péloponèse (1)

(1) Histoire ancienne y pag^e 66. La vigne croît naturellement en Grèce, mais sauvage. '

Histoire ancienne, page 195. Naxos, célèbre par son teanple de BaccbM et l'excellence de ses vins.

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contenaient des vignobles plus ou moins considérables qui fournissaient une immense quantité devins, sur lesquels les auteurs anciens ne nous ont transmis que peu de renseignements, attendu que ceux des iles qui étaient supérieurs en qualité ont fixé de préférence leur attention.

Parmi les vins du continent, Stéphane cite avec éloge ceux de Menda, ville de Macédoine» sur la côte occidentale de la presqu'île de Pallène; ils étaient blancs, plus légers que ceux de Maronée et ne se délayaient que dans trois parties d'eau. Les vins de la portion de TEpire nommée Mareotis sont cités comme étant de qualité supérieure. Virgile, né 70 ans avant Jésus-Christ, nous dit qu'ÀRGos, dans le Péloponèse, était renommé par ses vins bienfaisants et susceptibles d'une longue conservation. Suivant Àristote, les vins de Târcadie se desséchaient dans des outres, dont on les tirait par morceaux, qu'il fallait délayer dans de Teau pour les boire. On ne pouvait dessécher ainsi que les vins très-liquoreux, épais et peu fermentes, ou du moût récemment extrait des raisins qui, par Tévaporation, acquéraient d'abord la consistance d'un sirop, et finissaient par se transformer en une moscouadedont la dissolution dans l'eau pouvait produire une boisson sucrée plus ou moins agréable, mais peu spiritueuse. Si l'on traitait ainsi les vins de nos meilleurs crus, on n'obtiendrait pour résidu que de la lie. Dans les pays soumis à la loi de Mahomet, on prépare encore des sirops et une espèce de raisiné que Ton délaye dans de l'eau pour en faire des boissons qui remplacent le vin; mais elles n'ont pas les mêmes qualités.

Les vins liquoreux de la Grèce étaient supérieurs à ceux de tous les autres pays, la plupart étaient faits avec des raisins muscats; on les récoltait principalement dans les tles delà mer Egée et dans quelques cantons de la mer d'Ionie. La vigne y était cultivée avec le plus grand soin sur des terrains et à des expositions si favorables, qu'elle fournissait des vins excellents. Ceux des îles de Chios (Scio) et de Lesbos (Mételin), sur la côte d'Asie, enfin de Thassus (Tasso), sur la côte de Macédoine , étaient particulièrement cités comme les meilleurs; mais plusieurs des autres îles, telles que Corctre (Corfou), dans la mer Ionienne, Crète (Candie) et Rhodes, fournissaient aussi des vins très-estimés pour leur richesse, leur parfum, leur douceur et leur délicatesse. Ils avaient une couleur ambrée assez foncée, parce qu'ils fermentaient longtemps avec la pellicule du raisin. Chics, dont les habitants prétendaient avoir su, les premiers.

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