TOURAINE
la rive droite dé la Loire, et de Saint-Denis; sur la rive gauche» qui produisent, en première cuvée, des vins moins colorés; moins corsés et plus agréables que ceux du Cher : ils sont préférés pour la consommation journalière. Chargev et Limerai, snr la rive droite cle la même rivière, Mosnes, Souviony et Chargé, sur la rive gauche, tous voisins d'Amboise, donnent, dans le choix, des vins peu colorés et assez agréables ; mais on y fait une très-grande quantité de vins communs, verts, secs, peu spiritueux, et qui se conservent moins bien que ceux du Cher; cependant ils font un assez bon effet dans les mélanges. Les vins de tous les vignobles que j'ai cités dans cette classe, ceux de Chinon exceptés, se présentent dans le commerce sous le nom de vins du Cher, qui ne convient réellement qu'à ceux que Ton récolte dans le voisinage de cette rivière. Les vignobles de l'arrondissement de Loches ne produisent, sauf quelques exceptions^ que des vins communs et de qualité inférieure.
VINS BLANCS
Première classe.
YouvRAT, chef-lieu de canton, à 8 kil. E. de Tours, sur la rive droite de la Loire, produit des vins blancs de fort bonne qualité ; ils sont très-doux et même liquoreux là première isinnée : en vieillissant, cette liqueur se convertit en spiritueux ; ils deyiennent alors moelleux, d'un goût fort agréable et très-capiteux. Les vins de choix sont au-dessus de l'ordinaire, sans cependant pouvoir être considérés comme vins fins. Ceux de 1*^ qualité viennent rarement à Paris, où ils ne seraient pas vendus leur prix ; on les expédie pour la Hollande et les Pays-Bas.
Deiunème classe.
RociHECORBON et Yernon, canton de Youvray, snr la rive droite de la Loire, et Montlouis, sur la rive gauche, entre 4 et 12 kil. de Tours, récoltent beaucoup de vins blancs de la même «spèee, mais inférieurs à ceux des premières cuvées de Youvray.
Saiht-Georms^ à 3 k»l. N. de Tours, a quelques vignes dont les vins sont assez bons, quoique, en général, inférieurs aux préeé^eots;
NAZB14.E et NoizAT, sur la rive droite de la Loire; Lussaùlt
401 Touftiim.
et SAiirr-MAnuf -lb-Bbau, sur la riye gauche ; Hougnt et Chak* ÇAT, sur la Brenné, tous entre 12 et 45 kil. de Tours, produisent des vins blancs agréables, mais moins corsés et moins spiti* tueux que ceux de Vouvray.
Lam BA19, déjà cité pour ses vins rouges» fait des vins blancs très-communs et sujets à jaunir. I^ propriétaires sont dans l'usage de les vendre en même temps que leurs vins rouges, et au même prix ; ce qui diminue la valeur de ces derniers, qui se payeraient plus cher si on les vendait seuls.
Tous les vins blancs de la Touraine prennent le nom de ceux de Vouvray, en sortant du département; ce qui nuit à la repu* tation que méritent les véritables vins de ce finage.
Les tonneaux en usage se nomment j^oini^otu, et contiennent, à Saint-Nicolas-de-Bourgueil et à Chinon, 230 litres; à Tours, Bléré, Amboise et dans les autres vignobles dont les vins rouges prennent le nom de vins du Cher, les pUceê ou poinçons con* tiennent 32 veltes ou 245 litres : ceux de Youvray jaugent 34 veltes ou 258 litres. Les mêmes tonneaux sont employés pour les eaux-de-vie.
Le commerce des vins se fait à Tours, à Chinon et à Amboise ; ils sont expédiés par le Cher ou la Vienne jusqu'à la Loire, qu'ils descendent pour aller à Nantes, ou qu'ils remontent pQur venir à Paris par le chemin de fer, ou par les canaux d'Orléans et de Loing et par la Seine. La ville d' Amboise, située au centre des vignobles du Cher et de la Touraine, est le principal port de chargement sur la Loire.
Le canton de Righglieu, à 17 kil. S. E. de Chinon, est Tun de ceux où il se fabrique le plus d'eaux-de-vie; il s'en fait un très-grand commerce à TIsle-Bouchard, à 14 kiL E. S. E. de Chinon, et 32 kil. S. 0. de Tours ; on en expédie, par la Vienne, jusqu'à la Loire, qu'elles descendent pour aller à Nantes, ou qu'elles remontent pour aller à Tours, et de là, par le chemin de fer, à Amboise, Blois, Orléans et Paris.
CLASSIFICATION
. Les vins rouges dits nobles de Joué, et ceux du cioa de Sainte Nicolas-d€-Bourgueil, entrent dans la 4* classe des vins de France, comme vins d'ordinaire de 1'* qualité : tons les autres ne peuvent figurer que dans la 5*, les uns comme vinsd'ordî* naire de 2*, 3* ou 4* qualité et les autres comae vins oommnns.
h» iiiein«0rs Yjng hlaocs da VwiFrjij entrent daoB la 4* classa d^ e^ui dç ceitd couleuF» Goouiie viq^ d'ordinaire de 1'* qualité i les autres parcourent les dîféreqijls dwr^ de la 5"" classe.
CEèPITRR X.
•rléaiiaU, Blaivels, Benuee» une |Mrtie du Ferclte et du Ga«iiiAto.
Çe$ provioces, placées sous leç 47' eJt 48^ degrés de latitude» oiM; (oi^mé les départements d'Èure-et-loir, du Loiret et de toir-^^Cheri qui coDtieoneDt ensemble 67,764 hectares de Tignes, dont quelques-unes fournissent de fort bons vins d'or-
%,l.JMp(yrtefMnt d'EuRB-BT-Lois, fanni delà Beaua, d^unepar» iie 4u Perche et (Pune faible porHom de FOrUanais; il est divisé fA 4 arrondissement : Chartfes^ Ckàteaudmt Dreiw et Nogentr U'Rotfou.
4»318 hectares de vigne produisent» récolte moyenne, environ 108,000 hectolitres de vins (roogcs), dont aie partie sert è la coBSOBMnation des habitants, concurremment avec le cidre, qui foornit en?iron 17ft,000 hectolitrjsa par an> l'excédant est exporté dans le département de Seiae-et-Oise.
Les plants de vigne lo plus généralement caltîvés sont, en rouges, r auvemaà el te «Muflier; en Uancs» le mêsliit et le blanc de Beaune. JLe mord/bu et le daimmtU se voient aussi dans quelques vignes. Tous les via^ de ce pays sont médiocres en qualité, froids et peu savoureux ; ils ne supporleot pas le transport, se conserfent diflicilienent plqs de deux ans et sont même sujets à tourner, dès la première année, pendant (es dialeurs. L^ personnes aisées tirent leurs vins de table de l'Orléanais, de la Bourgogne et de la Champagne.
Les vignobles dont les produits méritent quelque préférence sur les autres sont ceux de Sèghb-CAte, lb Monceau, Chayahnbs, Roussi&RB et Saint-Piat, arrondissement de Chartres;
406 OILÉANAIS KT BLAISOIS.
de Croisselles, Malsausseux et du Luat-Claihet, dans les environs de Dreux ; et enfin de Varennes, des côtes de MaghE" CLOU et du clos de Champdé, près de Chftteaudun.
Les tonneaux en usage se nomment potnpon^, et contiennent depuis 210 jusqu'à 230 litres.
§ II. Département du Loiret, formé de la majeure partie de F Orléanats et d'une petite portion du Berry^ de la Beauce et du Gor tinais; il est divisé en k arrondissements : Orléans ^ Gien, Montargis et Pithiviers.
37,854 hectares de vigne, sur le territoire de 339 communes, produisent, récolte moyenne, environ 942,000 hectolitres de vins (rouge 769,000, blanc 473,000), dont plus de 250,000 sont consommés par les habitants ; le surplus est livré au commerce et s'expédie dans les départements voisins sous le nom de vins d'Orléans.
Aucun des vins de ce pays ne se distingue par les qualités qui constituent les vins Ans ; mais beaucoup sont estimés comme vins d'ordinaire; ils ont, en général, une belle couleur, peu de spiritueux, un goût agréable et franc. Le mélange de bons vins augmente leur qualité; ils en reçoivent et conservent le goût, se gardent plusieurs années et gagnent de la qualité lorsqu'ils sont mis en bouteilles.
Les plants que l'on cultivait autrefois le plus généralement dans les premiers crus étaient, en rouges, VauvemcU et Yauver" nat griSi mais, en 1817'et 1818, beaucoup de propriétaires j ont substitué le iaini-moreau et le fromeniè^ qui produisent beaucoup plus de vins, mais bien inférieurs en qualité. Dans les bas crus, on plante le ^/(ucon, le gamei et le gouais; cependant, il y a un certain UQmbre d'années, plusieurs propriétaires des vignes de 2* et de 3* classe ont arraché une partie de leurs plants communs et les ont remplacés par celui nommé auver^ natf d'où il résulte que les vins de ces classes sont meilleurs qu'ils n'étaient. On cultive aussi, en blancs, Vauvemat^ le blan^ chelon, le framboise^ le meslier et le gamel.
orlAanais bt bljlisois. 407
VINS ROUGES
Première classe.
Guignes, commune de Tavers, à 25 kil. d'Orléans, fait des vins corsés, d'une belle couleur, d'un excellent goût, assez spiritueux, ayant un bouquet peu prononcé, mais agréable.
Saint -Jean-de-Brat, à 4 kil. E. d'Orléans. Les vins de la cAte ont une belle couleur, du corps, de la Bnesse, un bon goût et se conservent bien. Le cru le plus estimé est le clos Sainte- Marie, qui, par son exposition, donne encore le nieilleur vin, quoiqu'on y ait substitué de jeunes vignes aux anciens plants et le cépage dit auvemat gris à Tauvernat Gn.
Saint- Jean-le-Bl ANC, à 5 kil. d'Orléans, fournit des vins de fort bonne qualité que Ton compare à ceux de Saint-Jeande-Bray.
Saint-Denis-en-Yal, canton d'OIivet, à 4 kil. d'Orléans, donne encore quelques vins délicats, agréables et d'une belle couleur; mais ce vignoble a perdu de sa réputation, parce que beaucoup de propriétaires ont remplacé Vauvernat fin par l'auvemat gris, qui produit davantage.
La Chapelle, Saint-ât et Fourneaux, sur la rive gauche de la Loire, entre 8 et 12 kil. d'Orléans, recueillent des vins qui approchent beaucoup de ceux de Saint-Jean-de-Bray et qui ont pius de corps.
Meung, à 16 ktl. S. 0. d'Orléans, Beaugengt, Baule et Baulette, à 24 kil. 0. de la même ville, sur la rive droite de la Loire, fournissent des vins agréables, plus précoces que les précédents, et néanmoins de bonne garde.
Sandillon, à 12 kil. S. E. d'Orléans, produit des vins d'une belle couleur, assez spiritueux, d'un bon goût et très-solides : ceux des bonnes années, bien choisis» ont même un peu de bouquet.
Deuxième classe»
Jargeau, sur la rive gauche de la Loire, à 16 kil. E. d'Orléans, et SainttDbnis-0b -Jargeau, à 16 kil. S. E. de la même ville, sur le bord de la Loire, donnent, en première cuvée, de bons vins d'ordinaire ; ils ont de la délicatesse, un goût agréable.
408 OMMjUjiklB BT BUIS^lf*
et sont bons à boire la seconde année : on les conserve difficilement pins de trois ans en tonneau.
Saint-Marc, Saint-Gt, et Saint -Privé, près d'Orléans, donnent aussi, dans leurs meilleures vignes, des vins d'ordinaire de bonne qualité, parmi lesquels ceux de Satnt-Mafc sont préférés.
Troisième classe.
Bou et MARDi]ft, à lOktL d*Ortéans, récoltent des vins asset agréables, maîs faibles, et qu*on a de la peine à conserver»
Oliyet, Saint-Mesmin. Saint-Marcbau, Saint-André et CtÉRT, entre 4 et 12 kil. d'Orléans, font des vins colorés, grossiers, durs et peu spiritueux, qui proviennent du plant nommé gascon, dont ces vignobles sont plantés : seuls, ils ne sont pas agréables à boire» mais ils font un assez bon effet dans les mé* langes.
Saint-Paternb, Saran, Gbdt, [ngré« Fledrt, Senot et quelques autres crus de Tarrondlssement d'Orléans offrent,, dao3 le choix, des vins communs assez bons, maia, en général» inférieurs aux précédents.
Les arrondissements de Montargis et de Pithiviers fournissent beaucoup de vins communs, connus sous le nom de vins du Gatinais: ils sont, pour la plupart, très-colorés» grossiersetpeo spiritueux ; mais ils font un bon effet dans les mélanges et sont susceptibles d'être rendus meilleurs par l'addition de bons vins. Les vignobles de B(»ssB»à 3 kil. de Pithiviers, de Saint-Loup, MoNTBARROis, AuxT, Egrt et Bois-CoMtfUN, canton de Beaune, entre 32 et 44 kil. N. E. d'Orléans, donnent la l'"" qualité des vins de ce pays; ils ont une belle couleur, et, quoique grossiers, leur goût n'est pas désagréable. •
On assure que, du temps de Philippe- Auguste et de saint Louis, les vins du Gatinais se bavaient sur la table des rois. U est pro* bable qu'alors on n'y cultivait que de bons plants» et sur les coteauK les mieux exposés, car il serait difficile d'en tirer aujourd'hui un vin d'ordinaire de l'* qualité.
Les vins de l'arrondissement de Gibn se conservent difficilement, et ne supportent pas le transport à de grandes distances.
Dans presque jtousles vignobles de l'Orléanais, il y a des cantons où l'on cultive le plant dit gaseon^ dont le raisin, quandii parvient à malitrité, donne en abondance des vins grossiers et
6fttlfANATtf fit ÈUf^yté. f09
colorés; mais, dans les années pluvieuses, ils sont secs, acerbes, frdid»^ et né peuyrat être coibpiiréB qu'aux Tiné de Brie, sur lesquels ils fi' mit d'autre avanCegéqa^ ^tti de faire un moins mauvais effet dans im mfAAiv^e&.
Wi& ÉlAK'Cg.
MAin«inr et RiuiRÉciaBN, à 8 et 12 kil. d'Orléaes, en pleine, produisent une assez grande quantité devins blancs, dont quelques-uns sont assez agréables et conservent leur blancheur.
Saint-Mesmin, à 6 kil . d'Orléans, a encore quelques vignes plantées en auvernat blanc dont on tire des vins de bonne qualité; mais,, en général, ce vignoble a beaucodp perdu de sa réputation, parce que la plupart des propriétaires ont arraché ce cépage pour le remplacer par d'autres qui produisent davantage.
LouBT, à 46 kil. d'Orléans, et plusieurs autres vignobles du mèœearrondissement, fournissent des vins blancs de basse quellité q^i servent ordinairement à la fabrication du vinaigre eohmi sous le nom de vinaigre d'Orléw»^ et qui est ti^ès-eetiiÉié pour la table, pour ta fabrication des sirops de vinaigre et pour celle des conserves de cornichons et de tous les fruits qui se servent CD hors-d' œuvre.
Le siège du principal commerce des vins et des vinaigres est à Orléans. Cette ville fait aussi un grand commerce d'eaux-devie qui portent son nom, mais dont elle n^est que l'entrepôt, car en n'en fabrique dans ce pays que lorsque les récoltes sont (rés-abondantes : elles proviennent toutes de rAngoumois, de la Sawlonge, du Poitou, du Blai^ois, elc. Les tonneaux en usage dans rOrféanafe se nomment pt^^« ou pùi^om, et éûivent conleÉif 3t veltes du 235 litre», mais la plupart ne contieniietit qiie 30 veltes ou 228 litres; il y en a même qui contiennent flMins : ceux du Gatinats varient de capacité, parce que l'on n'empMe ordinairement) que de vieux fûts provenani de Paris et des environ»^ Les expéditions d'Orléans se font par terre, mais plus ordinairement par la Loire et les canaux; celles de MonUrgia se font par te canal de Loing et la Seihe.
\\0 ORLÉANAIS ET BLÀISOIS.
S III. Département de Loir-£T-Cheb, formé du Blaisois et d*une partie de la Beauté et de la Touraine; il est divisé en 3 arrôndiisements : Blois, Romorantin et Vendôme.
25,592 hectares de vignes produisent, récolte moyenne, environ 979,000 hectolitres de vins (rouges 674,000, blancs 305,000), dont 240,000 sont consommés par les habitants; le surplus est livré au commerce ou converti en eaù-de-vie. L'arrondissement de Blois contient seul 19,391 hectares de vignes.
Les plants le plus généralement cultivés sur les deux rives de la Loire, dans l'arrondissement de Blois, sont, en rouges, Vauvernat franco qui occupe à peine le dixième du terrain planté en vignes, le lignage, le meunier et le gros noir : ce dernier cépage, dont le jus est naturellement rouge, n'est cultivé en grand que dans quelques communes situées au nord de Blois, et qui occupent environ 20 kil. carrés; on cultive, en blancs, Yauvernat, le meslier, le sauvignon, le blancheton^ Yherbois et le gouais. Ce dernier entre dans les plantations pour trois cinquièmes; les vignobles de la côte du Cher sont entièrement peuplés du cépage rouge nommé cahors.
On fait dans le Blaisois trois espèces de vins bien distincts, savoir : des vins noirs^ des vins rouges et des vins blancs.^