‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 44 sur 126 · BERRY, NIVERNAIS ET BOURBONNAIS · texte numérisé non relu

BERRY, NIVERNAIS ET BOURBONNAIS

sont importées dans ce département, le peu que Ton en fait ne pouvant sufGre aux besoins : on ne distille ordinairement que les lies et les vins gâtés.

Les plants le plus généralement cultivés se nomment, savoir, les rouges, le lyonnais ou gamet, le cahors, le gros et le petit bourguignon, le verdurant, le sauvignon et le lachon ou tachant; les blancs, le tressalier et le saint-pierre.

Les vins rouges de ce pays ne jouissent d'aucune réputation, même comme vins d'ordinaire ; la plupart, assez colorés , manquent de spiritueux, ont un goût de terroir désagréable, et ne sont potables que mélangés avec de meilleurs vins. 11 faut cependant en excepter ceux de plusieurs vignobles de la Ga* renne-du-Sel, près Saint-Pourçain, qui ont du corps, du spiritueux et un bon goût; bien choisis et d'une bonne année, ils acquièrent de la qualité en vieillissant et peuvent être considérés comme vins d'ordinaire de S* ou de 3* qualité.

Les vignobles de l'arrondissement deHoNTLUçoN ne donnent que des vins froids et plats, qui se conservent difQcilement et sont sujets à passer à la fermentation putride (1). On attribue leur mauvaise qualité au séjour trop long qu'ils font dans la cuve ; mais les marchands du département de la Creuse, qui en achètent la plus grande partie, recherchent la couleur plutôt que la qualité ; ce qui fait que, malgré les inconvénients de cette routine, on aura de la peine à y renoncer.

Les vins rouges des Creuziers, à 5 kil. de Lapalisse» ne valent pas mieux que les précédents ; ils sont durs, verts et plats. Une forte partie de la récolte est consommée à Moulins et dans les environs j on n'en expédie qu'une petite quantité à Paris.

VINS BLANCS

Saint-Poubçaim, à 22 kil. N. de Gannat, et la Chaise, comr

(1) Uauteur d'un mémoire dans lequel j'ai puisé ces renseignements demande quel serait le moyen de retarder la déçénération des vins. Je crois qu'on y parviendrait en mêlant au vin, quana on le tire de la cuve» une certaine quantité de bonne eau-de-vie ou d'esprit-de-vin : ce remède me parait d'autant plus sûr, aue les vins ne tournent au pourri que lorsqu'ils sont privés de spiritueux. L addition d'esprit-de-vin aurait encore l'avantage ae compléter la dissolution des résines colorantes, et le vin aurait une plus belle couleur. On pourrait obtenir le même résultat en introduisant, dans la cuve, du sucre ou du sirop de raisin qui, par la fermentation, se convertiraient en alcool. La concentration d'une partie du moût par l'ébullition pourrait aussi produire le môme effet.

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