CHAPITRE XVI
JLiuils, SAintoBS^ «^ Ans^umols.
Ces provinces, placées sous les 45* et 46* degrés de latitude, forment les départements de la Charente-Inférieure et de la Charente, qui contiennent ensemble 213,432 hectares de vigne, dont on tire une très-grande quantité de vins peu recherchés pour la table, mais avec lesquels on fait des eaux-de-vie excellentes qui donnent lieu à un grand commerce, tant avec Tintérieur de la France qu'avec les pays étrangers.
§ I. DipartemerU d$ la Chabentb-Inféribcrb, formé de FAunie et d'une mrtie de la Saintonge; il est divisé en 6 arrondissements: la Rochelle, Jonzac^ Marennes, Rochefort^ Saintes et Saint' Jean- d'Angilti.
115,997 hectares de vigne, sur le territoire de 504 communes, produisent, récolte moyenne, environ 2,667,000 hectolitres de vins (rouges 407,000, blancs 2,260,000), dont près de 600,000 sont consommés par les habitants ; le surplus est Converti en eaux-de-vie ou exporté en Bretagne. Lorsque les récoltes ne sont pas assez abondantes dans TOrléanais, dans la touraine et dans les autres vignobles qui approvisionnent Paris, cette ville en tire quelques milliers de barriques qui entrent dans les vins que Ton vend en détail.
Les cépages qui produisent les meilleurs vins sont, en rouges, le chavchéj le quercy et le dégoûtant; en blancs, la fùlUblanche et le colombar ; mais on cultive d'autres cépages inférieurs, et la plupart sont de basse qualité -, ceux de la rive droite de la Charente ont presque seuls quelque mérite comme vins d'ordinaire.
VINS ROUGES
Saintes, à 72 kil. S. E. de la Rochelle et 464 S. 0. de Paris, a, dans son territoire et dans celui de quelques communes voi-
AVNIS, SAINTONGB ET ÀNGOUVOIS. 471
sioes» des vignobles assez étendus, qui donnent, surtout dans les crus que les propriétaires font valoir par eux-mêmes, des vins d'ordinaire de bonne qualité que Ton nomme vins de borderie ; lorsqu'ils proviennent d'une année dont la température a été favorable et qu'on les soigne bien, ils ont, après quatre ou cinq ans de garde, une saveur agréable, de la légèreté, de la chaleur et même un peu de bouquet. On cite comme les meilleurs ceux du cru de Senouche, commune de Chapnibrs, à 5 kîK de Saintes, des premiers crus de Fontcouverte, de BussAC et de la Chapelle, entre 4 et 8 kil. de Saintes.
Saint-Romain, à 28 kil. S. 0. de Saintes, Saujon, à 22 kil. 0. de la même ville, et le Goa, à. 17 kil. S. £. de Marennes, fournissent des vins qui ont une couleur foncée, du corps, assez de spiritueux et un bon goût ; ils acquièrent de la qualité en vieillissant et font de bons vins d'ordinaire. Pour les boire jeunes, on les mêle, à diverses portions, avec des vins blancs.
Saint-Jean-i>' Angélt, à 24 kil. M. E. de Saintes, est entouré de vignobles qui produisent des vins dont la couleur, le goût et la qualité ont de la ressemblance avec ceux des environs de Saintes, et qui jouissent de la même estime dans le pays* On préfère surtout ceux des communes de Saint- Julien-de-Lescap, à 2 kil., des Noulliers. à 10 kil., et de Beauvais-sur-Matha, à 25 kil. Ë. p. S. de Saint-Jeau-d'Angély.
Marennes, à 40 kil. N. 0. de Saintes, Saint-Just, à 4 kil. de Marennrs, et plusieurs autres communes de cet arrondisse* ment, récoltent des vins d'une couleur très- foncée, mais inférieurs à ceux de Saint-Romain ; ils manquent de spiritueux ; leur couleur n'est pas franche et ne se soutient pas ; ils sont sujets à s^altérer pendant les grandes chaleurs, surtout lorsqu'ils voyagent. Le seul moyen de les garantir de cet accident est de les vtner, c'est-à-dire de mettre sur chaque barrique 1 ou 2 veltes de bonne eau-de-vie avant de les expédier ; ce mélange complète la dissolution des ruines colorantes que la faiblesse du moût a laissée imparfaite, et donne au vin le degré de spiri* tueux nécessaire.
La Rochelle et les pays environnants fournissent des vins communs, moins chargés de couleur que les précédents, peu spiritueux, et dont la plupart ont un goût saumÂtre désagréable qui provient du terroir, et plus encore d'une plante marine nommée sarre (varech; dans le pays, qu'on emploie pour fumer Jes vignes. Quelques cantons produisent du vin dit chauchéf du nom du plant qui le fournit; il est estimé dans le pays pour sa
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couleur foncée et son bon goût; on peut le conserver en bouteilles pendant 4 à S ans.
L'île d'OLÉRON, à 8 kil. du continent, et à 10 kil. N. 0. de Marennes, produit des vins communs de l'espèce de ceux de la Rochelle el qui ont le même goût de terroir.
L'île de Ré, qui n'est séparée de celle d'Oléron que par le détroit nommé perluis (TAntioche, n'est qu'à 2 kil. de la côte et à 12 kil. 0. de la Rochelle ; elle fournit beaucoup de vins communs de la même espèce que les précédents, et peul-ètre même inférieurs en qualité.
L'île d'Âix, située entre ces deux îles, fait des vins un peu meilleurs que ceux de l'île de Ré.
Les meilleurs se récoltent dans les vignobles situés entre Saintes et Cognac; on cite particulièrement ceux de Chérac , à 15 kil. de Saintes : ils ont du spiritueux, un goût agréable et se copservent longtemps. Surgères, sur la petite rivière de Gère, à 22 kil. iV. E. de Rochefort, fait des vins blancs qui ont du spiritueux et un goût agréable^ ils se gardent assez longtemps et conservent leur blancheur. Quelques vignobles des environs de Saint- Je an-d'An«élt en produisent aussi de la même qualité.
La Rochelle. Les vignobles qui avoisinent cette ville produisent beaucoup de vins blancs, dont les habitants font usage pour leur consommation et dont on tire une grande quantité d*eaux-de-vie.
L'île d'OLÉRON fait quelques vins blancs préférables aux ronges, quoique bien inférieurs aux précédents : ceux de l'Ile de Ré, des environs de Marennes et de Rochefort sont presqife tous convertis en eaux-de-vie, seul emploi auquel ils soient propres. L'île de Ré en convertit aussi une assez forte quantité en vinaigres qui sont consommés dans le département et dans ceux limitrophes.
Les eaux-de-vie forment une branche très-importante du commerce de ce département; elles se font à 22 degrés, et la quantité que l'on en fabrique est évaluée à près de 150,000 hectolitres par an. Les vins blancs de la rive gauche de la Charente et ceux que Ton tire de la partie orientale de l'arrondissement de la Rochelle sont convertis en eaux-de-vie, qui prennent le
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nom i' eaux-de-vie de Cognac^ dont elles ont une partie des qualités. II y a de grandes fabriques et beaucoup de petites : dans toutes les communes» et même dans tous les hameaux de l'arrondissement de la Rochelle, on voit peu de propriétaires aisés qui n'aient des alambics pour distiller les vins de leur récolte. Les environs de Saint-Jean*d'Angély, de Surgères, de la Tremblade, les îles d*Oléron et de Ré en fournissent aussi une grande quantité.
Le principal commerce des vins et des eauz-de-vie se fait à la Rochelle, à Saint-Martin (tle de Ré), à Château (île d'OIéron), à Tonnay-Charente, à Saintes, à Saint-Jean-d'Angély et à Surgères.
Les tonneaux en usage pour le vîr se nomment barriques et contiennent de 215 à 235 litres : quatre barriques forment le tonneaUy mesure usitée pour rétablissement du prix des vins et de leur transport par terre ou par mer. L'acquéreur est tenu de fournir les barriques ou de les payer au vendeur en sus du prix convenu pour le vin.
Les eaux-de-vie se vendent à tant les 27 veltes ou les 205^,46; elles se livrent dans des tonneaux nommés iierçonSy qui contiennent de 60 à 70 veltes, et sont fournis par le vendeur.
Expéditions. Les vins et les eaux-de-vie destinés pour Tétranger et pour le nord de la France s'expédient par mer ; ils se chargent dans les ports de la Rochelle, de Tonnay-Charente, de Rochefort, de la Tremblade^ de Marennes, et dans ceux des îles d'OIéron et de Ré; mais les principaux chargements se font dans les trois premières villes, et surtout à Tonnay-Charente. Pour rintérieur les expéditions se font principalement par chemin de fer.
§ IL Département de la Charexte , formé de VAngoumois avec une partie de la Saintonge^ du Poitou et de la marche ; il est divisé en 5 arrondissements : Angoulême, Barbezieux^ Cognac, Çonfolens et Ruffec.
97,495 hectares de vigne, sur le territoire de 454 communes et partagés entre 92,936 propriétaires, produisent, récolte moyenne, environl,723,000hectolitres devins (rouges648,000» blancs 1,075,000 hectol.], dont 300,000 suffisent à la consommation des habitants ; une grande partie du surplus est convertie en eaux-de-vie à 22 degrés , dont la fabrication est évaluée à