‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 52 sur 126 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Haapliliië et liyoniiAts.

Ces provinces sont placées sous le 45^ degré de latitude ; le Dauphiné forme les départements de V Isère, des Hautes- Alpes et de la Drôme. Le Lyonnais fait partie du département du Rhône, dont le surplus, formé du Beaujolais, a été réuni au Maçonnais, département de SaAne-et-Loire, dans le § HI du chap. XI, p. Ii4, parce que les vins de ces deux pays ont beau^ coup de ressemblance entre e\ix, et qu'ils sont connus dans le commerce sous le même nom. Ainsi le Lyonnais figurera seul ici dans le paragraphe consacré au département du Rhône.

Les pays réunis dans ce chapitre contiennent ensemble 70,413 hectares de vigne, qui produisent des vins parmi lesquels plusieurs jouissent d'une haute réputation. Ceux des environs de Vienne étaient déjà renommés du temps des Romains : Pline et Plutarque en font l'éloge, et disent qu'ils avaient un goût de poix, que l'on aimait à Rome. Martial en parle dans ses épigrammes et dit :

Hxc de viliferâ venisse picata Viennâ : Ne ditbites misU Romultis ipse miki.

Le goût que ces vins avaient alors provenait sans doute de ce qu'on les transportait dans des outres enduites intérieurement avec de la poix.

S J. Partie du département du Rh6nb, formée du Lyonnaii^ dont le chef-lieu e$t Lyon.

Le département du Rhftne contient 51 ,896 hectares de vigne, qui produisent, récolte moyenne, environ 991,000 hectolitres de vin. Ayant compris Tarrondissement de yillefranche dans le paragraphe consacré au département de Saône-et-Loire, p. 140, l'arrondissement de Lyon, que je présente seul ici, n'a que 14, 896 hectares de vigne,qui produisent, récolte moyenne, envi-

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ron410,000 hectolitres deyms(rouges 358>000, blancs 53,000), dont plus de 200,000 sont consommés par les habitants ; le sarplns est livré au commerce. Ces vins sont, en général, trèssolides, et supportent parfaitement le transport par mer.

VINS ROUGES

Première classe.

La Côle-Rôtie, territoire d'AHPUis, à 28 kil. S. de Lyon, dans le canton de Sainte-Colombe. Les cépages nommés serine-noire et vionnier blanc sont les seuls cultivés dans ce vignoble. Les vins que produisent deux eûtes nommées Côte-Rôtie brune et Côte-Rôtie blonde ont du corps, du spiritueux, de la finesse, une sève et un parfum très-agréables. Ils ont besoin de rester en tonneaux trois ou quatre ans, pour acquérir la maturité convenable ; mis ensuite en bouteilles, ils y gagnent encore de la qualité pendant nombre d'années.

Deuxième classe.

Verinay, entre Sainte-Colombe et Ampuis, produit des vins de la même espèce que ceux de Côte-Rôtie, et qui se présentent dans le commerce sous le même nom ; ils sont considérés comme formant la deuxième qualité de ces vins.

Troisième classe.

Sainte-Fot, à 3 kil. de Lyon ; les Barollbs, à 8 kil. S. 0., et HiLLERY, à 12 kil. S. de la même ville, fournissent des vins plus légers que les précédents, moins corsés, assez spiritueux et d'un goût agréable; ils ne sont mûrs qu'après cinq ou six ans de conservation en tonneaux; mais ensuite en bouteilles, ils acquièrent de la qualité et un parfum qui participe de celui de la framboise, et se conservent fort longtemps. On distingue à Hillery ceux des clos nommés la Galée et la Maladiire. On fait dans tous les vignobles des vins de deux qualités bien distinctes. Ceux des propriétaires dont les vignes sont peuplées de bons cépages qui produisent peu ont delà qualité; mais ceux qui

DAUraiNÉ ET LTONNAIS. 489

proviennent du cépage nominé persaigue^,quï produit beaucoup» sont communs et d'une couleur foncée.

Irignt et Charlt, à 8 kil. S. de Lyon, et en général tous les vignobles qui bordent le Rhdne, produisent des vins qui ont une belle couleur, du spiritueux et un bon goût.

Chris» Polbymieux et'CouzoN, canton de Neuville, à 8 kil. de Lyon, et les coteaux qui bordent la Saône, donnent beaucoup de vins, parmi lesquels on distingue ceux du clos Gamier, à Curis, et de quelques autres crus, comme fort bons lorsqu'ils ont été gardés pendant quelques années. Jeunes, ils sont presque tous verts et liquoreux. Les vins communs sont grossiers, acerbes, et ont un goût de terroir désagréable.

VINS BLANCS

CoNDRiEU, à 32 kil. S. de Lyon, donne des vins qui ont un fort bon goût, du corps, du spiritueux, de la sève et un bouquet très-suave; ils se conservent longtemps et prennent, en vieilr lissant, une teinte ambrée : on en récolte du môme genre dans plusieurs vignobles voisins ; mais ils sont inférieurs à ceux de Condrieu, sous le nom desquels ils se vendent ordinairement.

Le principal commerce des vins se fait à Lyon, d'où ils s'expédient par le Rhône, la Saône, les canaux et les chemins de fer.

Les tonneaux en usage se nomment baretlles^ et contiennent de 310 à 215 litres. L'ancienne mesure de Condrieu se nomme ro^^ et contient 76*,17. Dans quelques communes, le vin se vend à Vasnée, qui, à Lyon, est de 93 litres.

S IL Département de /'Isère, formé de la partie septentrionale du Dauphiné et divisé en 4 arrondissements : GrenoblCf SaitU^ Marcellin, la Tour-du-Pin et Vienne,

Le Rapport au Roi, du i5 mars i830, n'indique ni Tétendue des vignobles ni leur produit; il motive celte lacune par une observation ainsi conçue : Dans ce département^ la vigne, en général^ est plantée au pied des arbres et grimpe dans les branches. Le sol est consacré à une autre culture. Il n'a donc été possible d'indiquer ni le nombre d hectares plantés ni le produit par hectare. Cependant un état dressé à lu régie des droits réunis l"" d'après les inventaires faits de chaque récolte depuis 1804

490 DAUPHINÉ BT LYONNAIS.

jusqu'en 1808 inclus; S"" d'après les évaluations faites depuis 1809 jusqu'en 1811 inclus; 5^ enfin Tétat envoyé par le préfet après la récolte de 181 !2 : le produit moyen de ces neuf années donne, pour chacune d'elles, 408,282 hectolitres de vin. Le nombre d 'hectares de vigne indiqué par la régie esl de 1 8,028 hectares et celui indiqué par le préfet en 1812 est de 21,028 hecr tares; mais des renseignements recueillis en 1824 portent la quantité des terrains plantés en vignes à 10,660 hectares, et leur produit à 369,000 hectolitres. Cette dernière évaluation donne lieu de croire que les terrains employés à d'autres cultures ont été déduits de la quantité d'hectares précédemment annoncée et que le produit indiqué est au-dessous de celui coté dans les inventaires faits par la régie de 1804 à 1808 inclus, mais dans lesquels on a pu comprendre des vins restants des années précédentes. La statistique agricole de 1852-1862 compte 26,091 h. produisant 649,000 heclol. de vin rouge et 9,000 hectol. de vin blanc, mais cette même statistique évalue à 392,000 fr. les produits accessoires de la vigne. La consommation des habitants absorbe la presque totalité des récoltes; cependant il se fait quelques exportations.

La vigne était déjà cultivée dans ce pays du temps de Pline, et fournissait des vins que l'on estimait à Rome. Les principaux vignobles sont sur la rive droite de l'Isère, et ceux qui produisent les meilleurs vins sont dans l'arrondissement de Vienne. Ce département a trois espèces de vignes, celles plantées de ceps hautains, qui grimpent sur des arbres, particulièrement des érables; celles en espaliers hauts ou en treilles ; enfin les vignes basses : ces dernières donnent les meilleurs vins; mais, comme elles en produisent moins que les autres, leur nombre diminue chaque année. Les vins des coteaux, la plupart très-chauds et de bonne qualité, se conservent longtemps et supportent parfaitement les voyages par terre et par mer. Les cépages qui peuplent les bons crus se nomment, dans le pays, la serine et le vionnier.

VINS ROUGES

Première classe.

Vienne, à 24 kil.S. de Lyon et 497 kil. S. E. de Paris, récoite, sur les coteaui qui l'entourent au nord, des vins qui ont

DAUPHINfi ET LYONNAIS. 494

du corps, du spiritueux et un bon goût, parmi lesquels on distingue ceux du vignoble nommé la Porle-du-Lyon. Ils sont presque tous consommés à Vienne et à Lyon.

Reventin, à 6 kil. S., et Seysscel, à 4 kil. N. de Vienne, donnent des vins qui ont du corps, du spiritueux et une légère odeur de violette qui les rend agréables.

Deuxième classe.

Saint-Chef, Saint-Savin, Jailleu et Ruy, canton de Bourgoin, entres et 12 kil. de la Tour-duPin, ont des coteaux qui produisent les meilleursvinsdecet arrondissement.

Saint- Verand, à 8 kil. de Vienne, a, dans son territoire, le vignoble nommé les Roches^ dont on tire des vins d'ordinaire qui ont une belle couleur, du corps et un fort bon goût ; ils gagnent à vieillir et supportent bien les voyages. Quelques autres communes du même arrondissement en produisent de semblables.

Vienne. Les coteaux qui sont au levant de la petite plaine du Plan de-t Aiguille fournissent aussi d'assez bons vins; mais les vignes que Ton a plantées dans cette plaine n'en donnent que de bien inférieurs.

La vallée de Grésivaudan contient des vignobles assez considérables sur les deux rives de l'Isère, entre Chapareillan et Grenoble. On y cultive principalement des ceps hautains. Les communes de Jarrie-Haute, de Lambin, de Crolles et de la Terrasse, entre 8 et 24 kil. de Grenoble, sur la rive droite, celles de Grignon et de Saint-Maxihin, sur la rive gauche, fournissent les meilleurs vins^ ils sont d'abord verts et grossiers; mais, en vieillissant, ils perdent ces défauts et font alors d'assez bons vins d'ordinaire, parmi lesquels on préfère ceux du coteau nommé les Mas-des-côtes-plaines, à Jarrie-Haute.

MuRiNAis, Bessins, Pont-en-Royans et Saint-André, entre 4 et 12 kil. de Saint-Harcellin, donnent des vins qui ne sont pas tous également bons : ceux que produisent les vignes basses sont d'assez bonne qualité, tandis que ceux qui proviennent des ceps hautains, que Ton rencontre en grand nombre dans ces vignobles, sont Apres, verts, dénués de spiritueux et ne supportent pas le transport.

498 DADPHlNfi ET LYONNAIS.

VINS BLANCS

Les raisins blancs donnant de la délicatesse, du feu et de Fagrément au% vins rouges, on les mêle presque toujours dans la cuve avec les raisins colorés : d'où il résulte qu'on fait très-peu de vins blancs, si ce n'est dans les années où ce cépage produit une grande abondance de fruits. Dans les cantons qui bordent le Rhône, et surtout dans celui de Vienne, ils sont de bonne qualité.

La Côte-Saint- André, à 50 kil. S. E. de Vienne, fournit des vins blancs légers, pétillants et d*un goût agréable.

On fait très-peu d*eau-de-vie dans le département de l'Isère. La ville de Grenoble a plusieurs distilleries dans lesquelles on fabrique des liqueurs qui ont de la réputation, entre autres le fameux ratafia dit de Teissère, Le bourg de la Côte-Saint-André, à 30 kil. S. E. de Vienne, fournit aussi des liqueurs trèsestimées, sous le nom d'eaux-de-la-côte.

Le principal commerce des vins se fait à Vienne, d'où ils s'exportent en Allemagne, en Suisse et dans l'intérieur de la France. Les expéditions se font par le Rhône, et quelquefois par terre directement. Les tonneaux en usage se nomment barriques^ et varient de capacité; ils contiennent ordinairement de 210 à 230 litres. Le vin se vend à Vasnëe , qui représente environ 76 litres.

§ m. Département de la Dbôhe , formé de la partie S. 0. du Dauphtné, et divisé en 4 arrondissements : Valence, Dié^ Montélimar et Nyons.

24,238 hectares de vigne, sur le territoire de 526 communes, produisent, récolte moyenne, environ 366,000 hectolitres de vin (rouge 358,000, blanc 8,000), sur lesquels 240,000 sont consommés par les habitants ; le surplus est livré au commerce d'exportation. Lés vignes plantées sur les coteaux produisent généralement de bons vins, qui supportent les plus longs voyages sans s'altérer. Les vins communs n'étant pas propres à la distillation, on ne fait de l'eau de- vie qu'avec les marcs de raisin et les vins gâtés.

DAUPBIIfÉ ET LYONNAIS. 493

VINS ROUGES

Première classe.

Tain, sur le Rhône, à 16 kil. N. de Valence, a dans son terri' toire la cAte de r£/ermt7aj^^, dont les vins sont aussi estimés que ceux des premiers crus du Bordelais et de la haute Bourgogne. Cette côte, qui s'élève à environ 160 mètres au-dessus du niveau du Rhône, est formée de plusieurs coteaux nommés mas dans le pays, et qui sont placés en amphithéâtre. Sa pente méridionale, sur laquelle les vignes sont plantées, est assez rapide pour que Ton soit obligé de soutenir la terre avec de petits murs placés a des distances plus ou moins rapprochées, suivant l'inclinaison du terrain. Tous les coteaux sont exposés au midi, de manière que la vigne qui les couvre est garantie des vents du nord et reçoit les rayons du soleil, depuis le moment où il se lève; mais ils laissent entre eux des gorges plus ou moins profondes , dans lesquelles le soleil ne pénètre pas aussi longtemps. Leur partie inférieure, que Top nomme sabot, est chargée d'une grande quantité de terre entraînée par les pluies, ce qui occasionne les différences de qualité que Ton remarque dans les vins, quoique toute la côte soit peuplée des mêmes cépages, qui sont, pour le vin rouge, ceux nommés dans le pays la grosse et la petite sirasy et, pour le vin blanc, la marsane et la roussane.

Les vignes qui produisent les meilleurs vins sont situées dans les mas (quartiers) nommés Méal^ Gréfieux, Beaume^ Raucoule^ Muret, Guiognières^ les Bessas, les Biirges et les Lauds. Le terrain de ces différents mas est composé de grès et de cailloux, à Texception de celui des Bessas, qui est graniteux ; il a peu d'épaisseur, et Ton rencontre souvent le roc à moins de 1 pied de profondeur. Ces crus, que j'ai nommés dans Tordre du mérite de leurs produits, fournissent des vins qui sont en même temps corsés, moelleux, 6ns et délicats; \h ont une très-belle couleur, beaucoup de spiritueux, avec une sève et un bouquet aromatiques très-prononcés et des plus agréables. Le vin du mas des Bessas diffère particulièrement de celui des autres crus, en ce qu'il a ordinairement une couleur plus foncée, et cette qualité le fait rechercher par les marchands qui le destinent à entrer dans les mélanges ; mais il a moins de finesse et de parfum. On a remarqué que les vignes de ce canton graniteux et plus

194 DAUPHIXÉ ET LYONNAIS.

escarpé que les autres duraient beaucoup plus longtemps et pro- .duii^aient une plus grande abondance de vin.

Deuxième classe.

Choses, Mercurol et GerVant. Ces trois communes, situées entre 14 et 18 kil. de Valence, produisent des vins qui participent de toutes les qualités de ceux de l'Hermitage, auxquels» néanmoins, ils sont inférieurs. Dans les années dont la température est favorable à la vigne, les vins de Croses ne diffèrent de ceux de THermitage qu'en ce qu'ils ont moins de finesse et de moelle.

Troisième classe.

Saillans, à 14 kil. 0. S. 0. de Die ; Verghent, à 10 kil. de la même ville, et le territoire même de Die, produisent des vins d'une couleur foncée, corsés et spiritueux, qui gagnent beau* coup à être gardés.

Donzère, Roussas, Chateauneuf-du-Rhône , Allan, la Garde-Adhémar et Montségur, situés entre 4 et 12 kil. de MoNTÉLiMAR, et le territoire même de cette ville, fournissent des vins de même espèce que les précédents. On préfère, dans les environs de Montélimar,ceux des quartiers nommés le Boisde-Veau, Géry, Redondon et les Champs.

Quatrième classe.

Etoile, à 10 kil., Livron, a 19 kil., et Saint-Paul, à 6 kil. de Valence, ainsi que plusieurs autres cantons, fournissent des vins communs plus ou moins colorés, grossiers, pâteux et lourds, qui sont pour la plupart consommés dans les lieux mêmes où on les récolte.

VINS BLANCS

Première classe.

Les différents crus de la côte de rHERMixAGE, que j'ai cités

dàdphiné et lyonnais. 195

comme donnant d'excellents vins rouges, produisent aussi des vins blancs de 1'* qualité; ils sont corsés, spiritueux, pleins de finesse, d'agrément, de sève et de parfum. On les met en bouteilles au bout de quatre ans ; ils se conservent très-longtemps et acquièrent beaucoup de qualité en vieillissant. Ceux du mas de Roucoule sont supérieurs à tous les autres.

Dettxième classe.

Mercukol, déjà cité pour ses vins rouges, fournit des vins blancs qui ont quelque analogie avec ceux deTHerroitage ; mais ils sont inférieurs en qualité.

Die, sur la Drôme,à40 kil. E. p. S. de Valence, a, dans ses environs, des vignobles dont on tire des vins blancs de fort bonne qualité, qui sont connus sous le nom de clarette de Die. Doux, assez spiritueux et d'un goût fort agréable, ils moussent comme le Champagne ; mais ils ne conservent ces qualités que pendant deux ans.

Chanos-Cubson, à IS kil. N. de Valence, fait des vins blancs doux, peu spiritueux, mais d'un goût agréable, que Ton consomme dans le département.

VINS DE LIQUEUR

Quelques grands propriétaires de Tain font, avec des raisins blancs choisis sur la côte de THermitagcdu vin de paille trèsestimé et qui se vend fort cher ; il a la couleur de l'or, du parfum et un goût délicieux. Les raisins destinés à sa préparation sont étendus sur de la paille ou suspendus à des perches pendant six semaines ou deux mois : lorsqu'ils sont en partie desséchés, on les égrappe et on les porte au pressoir. Le jus que l'on exprime est très-épais et visqueux ; mais, quand il a subi la fermentation, il s'éclaircit, et on le soutire dans des tonneaux, où il reste pendant plusieurs années avant d'être mis en bouteilles. C'est alors une liqueur délicieuse, que l'on dit être supérieure aux vins de même nom que Ton fait en Alsace.

Les environs de Die produisent des vins muscats rouges, et des blancs d'assez bonne qualité.

On évalue à 1 ,200 barriques ou â,500 hectolitres la récolte annuelle des vins fins rouges et blancs de la côte del'Hermitage. Les négociants de Bordeaux en achètent une grande partie, qui

496 DAUPHIKÉ 5T LYOX^TAIS.

est employée à donner du corps et de la force aux vins qu'ils expédient pour les pays étrangers. Le surplus est eôvoyé dans le nord de TEurope et aux Etats-Unis d'Amérique : la France n'en consomme qu*nne faible quantité.

Le principal commerce des vids de THermita^e se faH iTain, d'où ils s'expédient par le Rhône, ou par terre directement. La clarelle se tire de Die, ainsi que les autres vins de cet arrondissement. Les tonneaux en usage se nomment barriques, et contiennent 210 litres.

g IV. Département des Hautes-Alpes, formé de la partie S. E. du Dauphinéj et divisé en 5 arrondissements : Gap^ Briançon et Embrun.

5,488 hectares de vigne produisent, récolte moyenne, environ 102,000 hectolitres de vins (rouges 98,000), qui nesufBsent pas pour la consommation des habitants. Les rouges sont assez colorés, mais dénués de qualité. Les vignobles situés près des bords de la Durnnce sont les mieux entretenus, et doanent d'assez bons vins d* ordinaire ; les plus estimés sont ceux de Roche-de-Jârjaie, Letret, Chateaunecjp-db-Chabrb et de la côte de Neffes ; leur réputation ne passe pas cependant les limites du département.

Parmi les vins blancs, on cite avec éloge la clarette de la Saulge, h \k kil. de Gap; elle est peu inférieure à celle de Die, et Ton en exporte dans plusieurs contrées voisines. Les vins de la partie septentrionale de ce département sont généralement mauvais.

Les mesures de capacité en usage sont Vémine, qui contient de 32 àr 30 litres; le baral, de 32 à 34; et la charge, qui se compose ordinairement de 4 émines.

CLASSIFICATION

VINS ROUGES

Ceux de 1'^ qualité de THermitage, département de laDrôme, sont au nombre des vins de l''' classe. Cenx de â* qualité entrent dans la 2* classe, avec les vins de Côte-Rôtie, département du Rhône.

Vérinay, département du Rhône ; Croses, Mercorol et Ger-

DAUPniNfi ET LYONNAIS. 497

vant, départemeat de la Drôme, donnent des vins fins et demifins de 3* classe.

Sainte-Foy, les Barolles» Millery et la Galée, département du Rhône ; la Porte-du-Lyoo, Reventin et Seyssuel, département de risère -, les meilleurs crus de Saillans, Vercheny, Die, Donzère, Roussas, Chftteauneuf-du-Rhône, Allan, la Garde-Adhémar, Montségur et Montélimar, département de la Drôme, produisent des vins d'ordinaire de 1'* qualité, qui entrent dans la 4* classe.

Les vins d'Irigny, de Charly, de Curis, de Poleymieux et de Couzon, déparlement du Rhône *, de Saint-Chef, Saint-Savin, Jailleu, Ray, les Roches, Vienne, Jarrie-Haute, Lambin, Crolles, la Terrasse, Grignon» Saint-Maiimin, Murinais, Dessins, Pont* en-Royans et de Saint-André, département de Tlsère ; d'Etoile, de Livron et de Saint-Paul, département de la Drôme, et tous ceux du département des Hautes-Alpes, entrent dans la 5"* classe comme vins d'ordinaire de S"", de 3* et de 4*" qualité, on comme vins communs.

VINS BLANCS

L'Hermitage, déjà cité pour ses vins rouges, fournit aussi des vins blancs de 1'* classe. Ceux de Condrieu, département du Rhône, de Chanos-Curson, département de la Drôme, et de tous les autres vignobles que je n*ai pas cités, ne peuvent être mis que dans la 2* ou la 3*.

Les meilleurs vins blancs de Vienne et de la Côte-Saint-André, département de T Isère, ceux de Mercurol, la clarette de Die, département des Hautes-Alpes, figurent dans la 4* classe. Ceux de 2* qualité de ces différents crus n'entrent que dans la 5*.

VINS DE LIQUEUR

Les vins dits Ae paille que Ton fait à THermitage sont dans la l'* classe de ceux de ce genre.

198 GUIENNB ET GASCOGNE.

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