‹ Topographie de tous les vignobles connusChapitre 56 sur 126 · Vins des seconds crus · texte numérisé non relu

Vins des seconds crus

Mabgaux, dont le cru du Château occupe le premier rang dans cette classe, a encore le clos de Rauzan, qui produit de 75 à 100 tonneaux de vîn ; celui de Durefort, qui en produit de 18 à 24-, et celui de Lascombe, qui en produit de 50 à 70 tonneaux. Les vins de ces trois crus participent de tontes les qualités de ceux du Château-Margaux et n'en diffèrent que par des nuances que les palais peu exercés distinguent difficilement.

Saint- Julien-de-Reignac, canton de Paailhac, à 32 kil. N. de Bordeaux, fournit beaucoup d*excellents vins qui peuvent èlre comparés, pour leurs qualités, à ceux de Margaux et de Cantenac. On distingue surtout ceux du cru de Léoville ou Fmbadie, qui produit de 150 à 180 tonneaux de vin , et celui de Larose-Balguerie, qui en produit de 120 à 150. Ces vins ont une belle couleur, beaucoup de finesse, de corps, de spiritueux et de moelle, avec un bouquet très-prononcé qui leur est particulier et qui diffère de celui des autres vins du Médoc. Celui de Léoville se distingue particulièrement par sa finesse et sa délicatesse.

Cantenac, à 16 kil. }S. de Bordeaux, fournit des vins qui se distinguent particulièrement par leur bouquet et beaucoup de moelleux; ils ont une belle couleur, du corps et une sève fort agréable. Le cru de Gorse, qui en produit, chaque année, de 40 à 50 tonneaux , est le plus estimé.

Pauilhac fournit encore à cette classe le cru de Branne- Mouton , dont la récolte s'élève île 120 à 140 tonneaux de vin , qui participe de toutes les qualités de celui du Château- Laffitte.

Saint-Lambert, déjà cité pour le Château-Latour, présente encore le cru de M. Pichon Longuemlle, dont le vin a beaucoup de rapports avec celui du Château. La récolte s'élève de 100 à 120 tonneaux.

Tous les vins des crus qui composent cette 1'* classe sont achetés et réservés pour les maisons les plus opulentes de TAngleterre. Leur prix est toujours fort élevé, et il s'en consomme très-peu en France.

Deuxième classe.

Les communes que j*ai citées dans la 1'* classe fournissent à

GOIBITNE ST âASGOGNE. ^09

celle-ci les vins dits des troisièmes crus et les meilleurs de ceux des crus supérieurs et sont de même achetés pour l'Angleterre. La plupart des vignes n'ayant pas de noms particuliers, j'indiquerai ceux des propriétaires sous lesquels on les désigne dans le pays.

- Cantenac. Les vignes de M. Kirwan et celles du Château^ d^lssan donnent des vins qui différent peu de ceux du cru de GorsBy cité dans la 1" classe. Celles de MM. Pouget-Ganet , Desmirail et de Therme donnent aussi des vins qui ont un excellent goût, une belle couleur, du corps, de la sève et un bouquet fort agréable.

Maegavx. fournit à cette classe les vins de MM. Malescot, LoyaCf SAlème-Bekker, Dubuisson-Talbot, Ferrière et Lacolonie^ ils se distinguent particulièrement par leur finesse et leur bouquet.

Saint-Julien-de-Reignag, dont les crus de Léoville et de Larose-Balguerie figurent avec honneur dans la !'• classe, présente en première ligne, dans celle-ci, ceux de MM. Bergeron- Ducru et Cabarrus, en seconde ligne ceux du cru de Saint- Pierre, des vignes de MM. Duluc et Dauch, et enfin celle du château de Béchevelk. Les vins de ce vignoble rivalisent, par leur qualité, avec ceux de Margaux et de Cantenac; ils ont un bouquet qui les distingue de ceux des autres communes du Médoc; leur maturité n'est ordinairement parfaite qu'après avoir été conservés cinq ou six ans en tonneaux.

Au couchant de Saint-Julien , le quartier nommé Commensac, dépendant delà commune de Saint-Laurent, à 32kil. N. 0. de Bordeaux , comprend les crus de Carnet ^ Popp et Coutanceau^ qui produisent des vins corsés dignes de figurer dans cette classe; ils acquièrent, en vieillissant, beaucoup de qualité.

La paroisse de Sainte-Gemme, commune de Cussac, à 29 kil. N. p. 0. de Bordeaux , dans le haut Médoc, fournit à cette classe les crus de MM. Lachenay, Delbos et Legalant, dont les vins sont moelleux et très-agréablement parfumés.

Pauilhag, déjà cité dans la l'** classe, présente ici les crus de MM. Pontet'Canet,Saint'GuironS'Granpuy,Ducasse, Linchéi Croizet. Les vins de cette commune se distinguent par leur bouquet et leur moelle.

SainT'Estephe, à 12 kil. S. £. de Lesparre, et 50 kil. N. de Bordeaux, dans le haut Médoc, produit des vins légers,délicats, pleins de sève et de bouquet; ils acquièrent ordinairement leur maturité après trois ans de garde en tonneaux. Ceux des crus

S10 GUIBimB ET OASGOGNB.

de Calan et M. DestoumeUCos occupent le premier rartg. On recherche, comme en approchant de très-près, ceux des vignes de MM. Tronquay, Merman, Meney^ La fond- Rocket ^ Labory, Moriny Lebosc-Delaveau et plusieurs autres.

Pessac, à 3 kil. S. 0. de Bordeaux, dans la contrée dite des Graves^ donne à cette classe les crus nommés la Mission^ le Pape-Clémenlf Canleaut, Cholet et plusieurs autres, qui produisent des vins de la même espèce que ceux du Chàteau-Haut- Brion, mais ils sont un peu inférieurs en qualité.

Beaucoup d'autres crus des communes que j'ai citées dans cette classe produisent des vins de même espèce et qui diffèrent peu, quant à leur qualité, de ceux des vignes que j'ai indiquées : leur prix est quelquefois aussi élevé lorsque les propriétaires ont mis à la culture de leurs vignes et à la fabrication de leurs vins tous les soins nécessaires.

Troisième classe.

Mabgaux, Saikt-Julibn-de-Rei6nac , Cantbnac, Pauilhac, Saint-Lahbert, Sainte-Gemme et Saiiti-Estephe, dans le Médoc, et Pessag, dans les Graves, dont les meilleurs crus sont citésdans la l'"" et dans la 2^ classe, fournissent encore à celle-ci des vins qui participent du caractère et de toutes les qualités de ceux des premiers crus. A Hargaux, ils sont fins et légers; à Saint-Julien, ils se distinguent par leur sève et leur bouquet; à Cantenac, par leur moelle et leur parfum; à Pauilhac et à Saint- Lambert, ils sont riches en sève ; à Sainte-Gemme, moelleux et agréablement parfumés ; ceux de Saint-Ëstephe ont un parfum aromatique qui participe de celui de la violette, et que l'on rencontre même dans les vins communs de cette paroisse; enfin ceux de Pessac sont vifs et chaleureux. Les vins du Médoc qui entrent dans cette classe sont désignés dans le pays sous le nom de vins des quatrième et cinquième crus : ils sont ordinairement achetés pour la fourniture des maisons opulentes de la Hollande, de l'Allemagne et des autres pays du nord de l'Europe. Ces vins ont une belle couleur, du corps, assez de sève et de bouquet, mais moins de finesse et d'agrément que ceux des classes supérieures, et il faut, en général, les attendre phis longtemps.

Les communes que je vais encore citer dans cette classe n'y entrent que pour leurs meilleurs crus, que j'aurai soin d'indi*

GCIENNS BT GASGOGHË. 241

quer^ la majeure partie de leurs produits no devant figurer que dans les 4'' et 5"* classes.

LuDON, Labarde et Macau. Ces trois communes du haut Mé* doc, voisines de la Garonne, sont entre 14 à 17kil. N. de Bordeaux; elles produisent des vins qui ont une belle couleur, du corps, assez de spiritueux, une sève et un bouquet agréables; ceux de Ludon sont particulièrement recherchés en Hollande, parce qu'ils n'ont presque jamais de verdeur. Le cru du Château de la Lagune produit les meilleurs, et après lui les vignes de MM. Baricou, Pommier et quelques autres. Le premier cru de Labarde est celui de Giêcoursi on cite après lui ceux de MM . Linch, Bourgade et plusieurs autresi Les vins de Macau, dont les deux tiers croissent sur des terrains graveleux, ont plus de couleur, de corps et de fermeté que ceux des autres communes, mais aussi moins de Qnesse, de moelle, de sève et d'agrément. On les emploie souvent pour donner de la couleur et de la force aux vins faibles. Ceux des crus de Cantemerleet des Trois-Moulins sont surtout préférés.

CussAG, Laharque, Soussans et ÂRCiNS, aussi dans le haut Médoc, près de la Garonne, entre 35 à 29 kil. N. de Bordeaux, fournissent des vins d'une belle couleur, corsés, spiritueux et parfumés. Ceux de Cussac et de Lamarque se distinguent par leur moelle, leur sève et un bouquet agréable; ceux de Soussans, par beaucoup de corps, de spiritueux, de sève et de bouquet; mais ils sont durs et ne mûrissent qu'après six ans de garde en tonneaux; ceux d'Ârcins sont moins colorés, moins durs et mûrissent en quatre ans, mais ils ont moins de sève et de bouquet. On distingue à Cussac les crus de MM. Lachennay et Bergeron-Lamoitef à Lamarque, ceux du Château et de MM. Girard, Bergeron, Pigneguy et Von-Hemert; à Soussans, ceux do MM. Lapareil, Deyrem, Guichon et Secondât; enfin, à Arcins, ceux de MM. Gressier, Coupul-Pressac, SubercaseauXf Duperiez et du Château-de-Budos, Tous ces vins s'expédient en Hollande et dans le nord de l'Europe.

LisTRAG, MocLix, PoujEAux et AvENSAN, dans le haut Médoc, mais plus éloignés de la Garonne, entre 24 à 28 kil. N. p. 0. de Bordeaux, font des vins qui ont une belle couleur, du corps, de la chaleur et un peu de bouquet; on préfère à Listrac ceux de MM. Leblanc^ Monraisin, Pelil-Labarlhe, Von-Uemert, Hosten, Damas et Lestage^ à Poujeaux» ceux du Château et de M. Gressier.

Saint-Sauvbuh, CissAC, Yeeteuil et Saint- Laurent, entre

212 GUISNNS ET GASGOGICB.

8 et 16 kil. S. £. de Lesparre, et entre 36 et 40 N. p. 0. de Bordeaux, fournissent des vins qui s'expédient pour la Hollande et le nord de l'Europe. Â Saint-Sauveur, ils ont une jolie couleur, de la finesse et du bouquet; à Cissac, ils sont plus colorés et plus corsés, mais moins fins; à Verteuil, ils ont une couleur foncée, de la force et du moelleux, mais peu de bouquet; à Saint-Laurent, ils ont plus de corps, de fermeté et de bouquet que les précédents, mais il faut les garder plus longtemps. Les propriétaires des meilleurs crus sont, à Saint-Sauveur, MM. Lu versan^ Cavatanac, Ducasse^ Linch, Badimore et Danglade; à Cissac, MM. Josset de Pommiers, de Paroy^ Dumousseau et Martiny; à Verteuil, MM. Bon/Ils, de Camiran, Plaignard, Lafon et Skiner ; enfin, à Saint-Laurent, dont les crus de Canet, de Popp et de Coutanceau sont cilés dans la 3* classe, MM. Luetkensy de la Rose, Pick et Van-Dahrem.

Saint-Seurin-de Cadournb, à it kil. E. p. S. de Lesparreet 49 kil. N. p. 0. de Bordeaux. Cette commune, qui termine le baut Médoc, du côté de la Garonne, a, sur les bords de cette rivière, des terrains graveleux qui produisent des vins légers, agréables, assez parfumés et qui mûrissent promptement, tandis que ceux des terres fortes qui se trouvent dans les autres parties de son territoire fournissent des vins beaucoup plus communs. On distingue particulièrement ceux des vignes de MM. Charmaille, Bacon et quelques autres.

Les communes de la contrée dite des Graves, qui fournissent des vins fins de 3* classe, sontTALENCE, Mérignag et Léognan, situées entre 2 et 12 kil. S. de Bordeaux; elles font des vins qui ont, en général, plus de couleur, de force et de fermeté que ceux des bons crus du Médoc, mais moins de finesse, de moelle et de bouquet; il Tant aussi les garder plus longtemps en tonneaux. Ceux de la partie nommée le Baul-Talence sont les plus fins et égalent les vins des seconds crus de Pessac. On cite en première ligne les crus du Chàieau-de-Thouars et de Laffilte- Uaui'Talence, Ceux de Mértgnac sont agréables et assez délicats; ils remplacent souvent, dans les expéditions, les vins des quatrièmes et des cinquièmes crus du Médoc, surtout ceux des vignes de Luchey^ Pique-Cailleau et quelques autres. A Léognan, ils ont une couleur plus foncée, plus de corps, de fermeté et moins d'agrément; ils gagnent beaucoup en vieillissant et en voyageant. Les meilleures vignes appartiennent à MM. d^ (7anolle. Literie et Mareilhac.

Les vins ditsd^s quatrièmes et des cinquièmes crus du Médoc

GUISimS ET GâBGOGNE. 313

occupent le premier rang dans cette classe: 'mais il y a, dans chaque commune, des crus non classés dont les produits doivent encore y être compris : ce sont ceux qu'on désigne dans le pays sous le nom de bons vins bourgeois^ pour les distinguer de ceux récoltés par les paysans propriétaires. Ces vins ont quelques nuances de qualité de moins que ceux des crus classés, et se vendent environ 13 pour iOO moins cher; ils acquièrent souvent, en vieillissant, assez de qualité pour qu'il soit très-difficile de les distinguer de ceux des cinquièmes crus.

Quatrième classe.

Les vins qui composent cette classe, bien que pourvus de qualité, n'ont ni la finesse, ni la sève, ni le bouquet des vins fins proprement dits, et ne peuvent, par ce motif, être considérés que comme vins (T ordinaire de V* qualité. Néanmoins, dans les pays où l'on ne met pas un prix élevé aux vins de Bordeaux et particulièrement à Paris, ils sont trouvés fort bons à l'entremets, surtout lorsqu'ils proviennent d'une année dont la température a été favorable à la vigne, qu'ils ont été bien soignés et conservés assez longtemps pour que toutes leurs qualités soient développées.

Médog. Les communes de cette contrée, que j'ai citées dans les trois premières classes, fournissent ici les vins désignés dans le pays sous le nom de vins de Médoc ordinaires bourgeois. Ils participent du caractère et de la plupart des qualités des vins fins que l'on récolte sur les mêmes territoires, mais ils ne les ont pas au même degré. Ceu\ que l'on désigne sous le nom de petits vins de Médoc paysans leur sont inférieurs en qualité et de 25 pour iOO en prix; les meilleurs peuvent cependant entrer encore dans cette classe, mais la plupart ne doivent figurer que dans la 5\

QuEYRiES. On nomme ainsi les vignobles situés sur la rive droite de la Garonne, vis-à-vis le faubourg de Bordeaux nommé les Chartrons. Les vins qu'ils produisent occupent le premier rang parmi ceux dits de Palus; ils ont une couleur très-foncée, beaucoup de corps et de fermeté. En les gardant six ou huit ans en tonneaux, ils acquièrent un bouquet qui participe de celui de la framboise. On les mêle assez souvent avec les vins faibles du Médoc pour augmenter leur force et leur couleur. Le besoin qu'on a pour cet emploi fait que leur prix est ordinairement

su GUiniKB BT GAflOOGlCB.

plas élevé que celui de la plupart des autres vins compris dans cette classe. Les meilleurs crus appartiennent à MM. Sylvestre, Floguerguey Tropeau, Deboucan, Lachese, Archebold^ BranU Royé, Gondable, elc.

MoNTFERRAND et Bassens, à 8 et là kil. N. E. de Bordeaux. Ces communes fournissent des vins de Palus de â* qualité, qui sont de même espèce et qui s'emploient comme les précédents : leur prix est moins élevé de 15 à 20 pour 100.

LiBOURNE, à 33 kil. E. N. E. de Bordeaux. Cette ville est entourée de vignobles qui produisent beaucoup de bons vins; on les divise en trois principales côtes, savoir : celle de Saint- Emilion, à Test de Libourne; celle de Canon et celle de Fronsac, au nord. Les vins de la côte de Saint-Emilion ont une belle couleur, ^u corps, du spiritueux et une sève agréable-, ceux des premiers crus ont un bouquet qui leur est particulier. On distingue surtout ceux des vignes du Châleau-du-Bel-Air de celles de MM. Canolle^ Berliquel, Meynoi et de plusieurs autres propriétaires. Ceux de la côte de Canon sont très-colorés, fermes et capiteux ; mais, en vieillissant, ils acquièrent plus de finesse que ceux de Saint-Emilion. Les meilleurs proviennent des vignes de UM. Boyer et de Saint-Julien, On recherche particulièrement, sur la c6te de Fronsac, ceux des vignes de MM. Bary-Berthomieux. Gombaut et Lavalade. Il se fait de grandes expéditions des vins dits de Saint-Emilion^ dont Libourne est le principal entrepôt. Les meilleurs sont ceux que Ton récolte sur le territoire des communes de Saint-Emilion, de Saint-Martin-de- Mazbrag, de Saint-Christophe et de Saint-Laurent, toutes situées entre 6 et 8 kil. de Libourne. On met au second rang ceux de Saint-Sulpige , de Pomerol, de Saint-Georoes, de Montagne et de Néag, entre 4 et 8 kil. de la même ville ; enfin, en troisième ligne» ceux de Lussag et de Puisseguin, à 9 et 12 kil. de Libourne : ceux-ci ne peuvent entrer que dans la 5* classe, ou je les rappellerai.

Parmi les communes du haut Hédoc que je n'ai pas citées dans les précédentes classes, celles de Blanquefort, le Pian et ÂRSAC, situées entre 10 et 23 kil. N. 0. de Bordeaux, fournissent, dans leurs meilleures vignes, des vins de fort bonne qualité. Ceux de Blanquefort ont une belle couleur, du corps, de la sève et un bouquet qui se développe tard ; mais il est assez prononcé après quelque temps de bouteille. Ils s'expédient pour le nord de l'Europe. Ceux du Pian ont quelque ressemblance avec ceux de Ludon, sous le nom desquels on les envoie presque tous en

GUISHNS ET GAflGOGKE. 215

Hollande. Ceux d'Ârsac participent des qualités de ceux de Cantenac, auxquels ils sont cependant bien inférieurs; ils ont une belle couleur, du corps et un parfum agréable.

Quelques communes du bas Hédog, voisines de Lesparre, à 48 kil. N. 0. de Bordeaux, récoltent des vins qui doivent être rangés dans cette classe. On cite comme les meilleurs ceux des crus de Duperrier-ChéUeaU' Livrons à Saint - Geehain ; du Chàteau-de-Langeac, à Valetrag ; de Blagnan, à Civrac; enfin de SaintrBonnet et de quelques autres crus, à Saint-Christolt. La plupart des autres vins de cette partie du Hédoc ne peuvent entrer dans la S"" classe.

Cinquième classe.

Si le département de la Gironde produit une quantité considérable de vins fins, il fournit en bien pins grande abondance encore des vins d'ordinaire et des vins communs dont la qualité varie à Tinfini, et fournirait matière à la formation de plusieurs classes distinctes. Pour faciliter au lecteur l'appréciation de ces différents vins, je divise cette classe en deux sections, dont la première contient les vins d'ordinaire de S* et de 3* qualité, et l'autre ceux d'ordinaire de 4"" qualité avec les vins communs de toutes les nuances.

Première section*

Médoc. Les vins de cette contrée, désignés, sur les prix cou* rants, sous le nom de petits vinê de Médoc paysans, dont quelques-uns entrent dans la 4** classe, figurent pour la plupart dans celle-ci comme vins d'ordinaire de 2" et de 3"* qualité. Provenant des vignobles dits de terres fortes^ ils participent du caractère de ceux des communes sur lesquelles on les récolte ; mais ils sont plus lourds et moins pourvus de sève et de bouquet. Leur prix n'est inférieur à celui des vins de Saint-Emilion que de 8 à 10 pour iOO.

LussAC, PuissEGum et Parsag, entre 8 et 12 kil. de Libourne, fournissent les vins de 5** qualité parmi ceux qui s'expédient sous le nom de vins de Saint-Emilion^ dont ils ont une partie des qualités.

Putnormanp, à 18 kil. N. E. de Libourne, et quelques communes du canton de Couteas, à 13 kil. N. E. de la même

âf6 GCIBNNS ET GASCOGNE.

ville, font des vins assez corsés, dont les meilleurs sont des vins d'ordinaire de 2* qualité.

Vins dits des Palus. Après ceux des Queyries, de Montferrand et de Bassens, cité; dans la 4'' classe, viennent ceux d'ÂMBÈs, BoDLiAc, Camblanes, QuiNSAC, LES Yalentons, Saint-Gervais etBACALAN; ils sont très-colorés, fermes, corsés, assez francs de goût de terroir, et supportent très-bien le transport par mer: ces vins forment la 5* qualité des vins de cette espèce, dont ceux de Saint -Loubès, Latbesne, Hacau, Beautiran et Izon forment la V, Tous ces vignobles sont situés dans le voisinage et jusqu'à 47 kil. N. E. et S. E. de Bordeaux. On désigne aussi leurs produits sous le nom de vins de cargaison^ parce qu'il s'en expédie beaucoup aux colonies françaises et dans les autres pays d'outre-mer.

Vins de côtes. Ceux que l'on récolte sur la chatnede coteaux qui s'étend près de la rive droite de la Garonne, depuis Ambarès jusqu'à Sainte-Croix-du-Mont, sont de qualités très variées : les cépages, les terrains et leur exposition changeant dans presque toutes les communes, il croit des vins de tres-médiocre qualité h côté des crus qui en produisent de bons, et, lorsqu'on fait des achats dans ce pays, il est important de mettre beaucoup de soin dans le choix des différents vins : ils sont, en général, colorés et fermes, quelquefois durs et Apres, mais ils acquièrent presque tous de la qualité en vieillissant. Les meilleurs proviennent des communes de Bassens, Sainte-Eulalie-d'Ambarès, Lobmont, Bouliag, Camblanes, Quinsac et Latresne, entre 4 et 9 kil. de Bordeaux. Ces communes ont été citées plus haut pour leurs vins de Palus.

Bodrg-sur-Mer, à 13 kil. de Blaye et à SO kil. N. deBor* deanx , est entouré de vignobles fort étendus, situés sur le territoire de 12 communes de ce canton, parmi lesquelles celles de Samonac, Bayon, Saint-Seurin-le-Bourg , la Libarde, Camiac et Tauriag, entre t et 4 kil. de Bocrg-sur-Mer. ainsi que le territoire même de cette ville, produisent des vins d'une belle couleur, corsés, spiritueux et assez francs de goàt de terroir, que l'on assimile aux petits vins du Hédoc. Quand ils n'ont pas voyagé, ils n'acquièrent leur maturité qu'en huit ou dix ans. Les meilleurs, s'ils proviennent d'une bonne année, gagnent, en vieillissant, de la légèreté et un goût d'amande fort agréable. On cite en première ligne ceux des crus du Château-Roussel^ à Samonac ; de Tajac et du Château-deFallax , à Bayon ; enfin ceux du Châleau-dU' Bosquet f à Bourg. On met en seconde ligne

GUIENHB ET GASCOGNE. 247

les vins que produisent les vignes de H"''' de Calvimon et de M. Dupouil j à Bayon ; de M"^^** Lagrave et de IW"* de Bellote, à Saint-SeurÎD-le-Bourg; de M"* Sou et de MM. Bemiard atné et jeune, à la Libarde; de MM. Gellibert et Peychaudj h Camîac; de MM. Castagnes, à Tauriac; enfin de MM. Peychaud et Charlus, à Bourg. Plusieurs autres crus des communes que je viens de citer et de quelques-unes de celles que je n'indiquerai que dans la seconde section de cette classe donnent des vins d'ordinaire de 3* qualité.

Deuxième section.

Quelques-uns des vins dits petits médocs paysans, un plus grand nombre de ceux des Palus, de Liboubne, de Fronsac , d'ÀRVETRES et de Génissac, sur la rive droite de la Dordogne; du canton de Guitre-sur-l'Isle» à 12 kil. N. p. E. de Libourne; enfin des côtes des environs de Libourne, entrent dans cette section, les uns comme vins d'ordinaire de k^ qualité et les autres comme vins communs.

Le canton de Bourg, dont les meilleurs crus ont été indiqués dans la première division de cette classe, présente ici , comme vins d'ordinaire de A* qualité, le choix de ceux des communes de YiLLENECVE , Saint-Ciers-de-Canessb , Gauriac et COHPS. Les mêmes vignobles produisent, en outre> une grande quantité de vins communs de diverses qualités.

Les communes de Marcamps, Lausag, Pugnac, Monbrier, TviLHAG et Saint-Trojan, situées dans la partie orientale du canton de Bourg, ne fournissent, en général, que des vins communs.

Saiiît-Gervais, Cubzac, Saint-Romain, âsqubs et TIsle- Saint-Georges, entre 12 et 16 kil. N. E. de Bordeaux, récoltent, sur les palus de leurs territoires, des vins qui ont une assez bonne couleur et beaucoup de corps ; mais ils sont durs, communs et ont des goûts de terroir plus ou moins forts.

Les communes d'AMBARÈs, la Grave, Sainte -Eulalie, Saint-Loubès, Saint-Sulpigb-d'Izon et Montussan, situées entre la Garonne et la Dordogne, dans le canton de Carbon* Blanc , entre 10 et 13 kil. N. E. de Bordeaux , produisent des vins qui ne sont ni de palus ni de côtes et sont néanmoins supérieurs à ceux dits A^entre-deux-mers, Ceux d'Ambarès et de la Grave, récoltés dans une plaine graveleuse, ont une belle cou-

218 OUIBNHE ST GASGOGin.

leur et assez de corps; à Sainte-Eulalie, ils sont plus colorés et plus spiritueux. Parmi ceux de Saint-Loubès, de Saint-Sulpice et de Montussan, on en distingue d'assez bons; mais ils sont» en général , inférieurs aux précédents.

Cambés, Baitrech, Tabanag, le Tourne, Langotran, RiOMS, Béguet, Cadillac, Locpiag et Sainte -Croix-du-M ont, entre 12 et Si kil. S. E. de Bordeaux. Ces vignobles sont au nombre de ceux dits de petites côtes, qui bordent la rive droite de la Garonne. Les vins rouges qu'ils produisent sont assez colorés, mais, en général , de qualité inférieure.

Vins de la contrée nommée Tentre-deux-mers , qui s'étend depuis Bordeaux jusqu'à 48 kil. à TE. et 40 kil. au S. E. de cette ville. Ils se récoltent dans les cantons de Branne, de Pdjols, de Pellegrue, une partie de ceux de Sauveterre et de Targon, arrondissement de la Réole, et dans le canton de Créon, arrondissement de Bordeaux. Ce pays produit beaucoup de vins blancs, mais peu de rouges; ceux-ci, faits avec soin, deviennent assez agréables en vieillissant; ils sont presque tous consommés dans le pays; on n'en expédie qu'une petite quantité pour les ports de la Bretagne. Le canton de Sainte-Foi-laGrande , à 34 kil. E. p. S. de Ubourne et 56 kil. £. de Bordeaux, fait des vins rouges d'assez bonne qualité, que Ton compare à ceux des côtes de Pujols.

Saint-Macaire, à 44 kil. 0. de la Réole, et 37 kil. S. E. de Bordeaux, est environné de vignobles considérables^ dont le produit annuel est évalué à près de 100,000 hectolitres de vins communs très-colorés, rudes, dépourvus de spiritueux et ayant un goût de terroir très-prononcé. Ceux qui méritent quelque préférence sont l"* ceux de la commune de Caudrot, à 4 kil. S. E. de Saint-Macaire ; ils ont plus de corps et une couleur assez vive ; 2"* ceux d*AuBiAC, Yerdelais, Saint-Maixens et Saint-André- Du-Bois. Tous les vins de ce canton ne sont connus que sous le nom de vins de Saint^Macairef et le principal commerce s'en fait dans cette ville.

Blaye, à 47 kil. N. E. de Bordeaux. Cette ville fait un trèsgrand commerce des vinà de son territoire et de celui des autres communes de ce canton , dont la récolte annuelle est évaluée à environ 600,000 hectolitres. Ces vins communs ont une couleur foncée, mais terne; la plupart sont mous et ont un go&t de terroir désagréable. On excepte comme préférables aux autres ceux qui sont récoltés au sommet des côtes dans la banlieue de Blate , ainsi que dans les communes de Cars, de Sainte-

GUIElflfB ET GÀSGOCan. 219

LucE et de Saint*Paul : tçls sont ceux des crus de Saugeron, Chairon, Cap-de-Haut et Labarre Prisaugeron, ainsi que des vignes de MM. Lelièvre et Raymond^ dans celle de Sainte-Luce; enfin de M H. Debiassan et Binaudj dans celle de Saint-Paul. L'arrondissement de Bazas, qui fournit d'excellents vins blancs, ne fait que très-peu de vins rouges de faible qualité qui sont consommés par les habitants.

VINS BLANCS

Les vins blancs de ce département sont de deux genres différents. Ceux que produisent les vignes situées sur la rive gauche de la Garonne, dans la contrée nommée les Graves, voisine de Bordeaux, sont secs^ légers, très-blancs, et ont un bouquet qui participe de Todeur du girofle et de la pierre à fusil j tandis que les vignobles situés plus haut, du même côté de la rivière, depuis Castres, à 47 kil. S. E. de Bordeaux, jusqu'à Langon, à 37 kil. S. E. de la même ville, donnent des vins qui sont trèsmoelleux et plus spiritueux. Ces différences proviennent de la nature des terrains, des cépages, de la manière dont les vignes sont soignées, et surtout du degré de maturité qu'on laisse acquérir au raisin. Dans la contrée dite des Graves, on vendange de bonne heure et en une seule fois, tandis que les vins des cantons de Podensac et de Langon sont vendangés à plusieurs reprises. On ne cueille les raisins qu'à mesure qu'ils pourrissent et lorsque leur pellicule, ayant acquis une teinte brune, s'attache aux doigts ; ce qui fait que la vendange dure souvent deux , mois, surtout dans les crus qui produisent les vins de qualité supérieure.

Première classe.

Les vignes dans lesquelles on récolte les excellents vins moelleux que je range dans cette classe sont plantées dans les terrains gravelenx ou pierreux des parties les plus élevées des communes de Barsac, de Preignac, de Saoternbs et de Bommes, dont les territoires sont contigus. Les vins secs dits des Graves se récoltent sur le territoire des communes de Martillac, de Léognan, de Villbnavb-d'Ornon, de Blanquefort, et des autres communes voisines de Bordeaux.

Barsac, à 2 kil. S. de Cadillac el à 30 kil. S. p. E. de Bor-

320 GUIElflfE BT GàSGOORS.

deaax ; les vins de cette commune, et particulièrement ceux de la partie de son territoire nommée le haut Barsac, se distinguent par beaucoup de corps» de spiritueux, de finesse, de moelleux, de sève et de bouquet. Les premiers crus de ce vignoble sont ceux nommés Coutet^ Clément, Doisy et Caillau, qui produisent ensemble 135 à 170 tonneaux de vin par an. On met au second rang les crus nommés Pemaud, Mirat^ et les vignes qui appartiennent à MM. Dubose , Focke, Labarde ^ Dudofiy Hertzog et quelques autres. Les vins de quelques-uns des seconds crus ne diffèrent de ceux des quatre premiers que par de faibles nuances et ne se vendent ordinairement que 10 fr. de moins par tonneau. Les vins de Barsac prennent, en vieillissant, une teinte ambrée qui ne nuit pas à leur qualité.

Pbeignac, à 7 kil. de Cadillac et à 33 kil. S. p. E. de Bordeaux, est situé entre Barsac, Bommes et Sauternes ) il produit des vins qui réunissent toutes les qualités de ceux de Barsac et de Sauternes; ils sont seulement un peu moins spiritueux que ceux de Barsac, mais ils ont plus de finesse, une sève fort agréable et un charmant bouquet. Lorsqu'ils sont bien soignés, leur couleur n'est que très-légèrement ambrée. Les premiers crus de cette commune sont celui du château de Suduirault^ qui produit de 120 à 130 tonneaux de vin par an, et celui nommé Pugnau, qui en produit de 20 à 25.

Sauternks, h 9 kil. de Cadillac, et à 35 kil. S. p. E. de Bordeaux. Son territoire est contigu à ceux de Preignac et de Bommes. Les vins qu*on y récolte ont beaucoup de moelleux, de, finesse, un bouquet et une sève des plus agréables. Les premiers crus sont Yquem^ qui fournit de 80 à 90 tonneaur de vin par an, et la vigne de M. Guiraut , qui en donne de 50 à 60. Les vins de ces deux crus jouissent d'une égale réputation ; cependant celui d'Yquem est ordinairement préféré; ils se vendent le même prix.

Bommes, dont le territoire est contigu à ceux de Sauternes et de Preignac, fait des vins de même qualité que ceux de ces deux vignobles et qui se vendent le même prix. Les meilleures vignes appartiennent à M. Deyne, qui récolte de 20 à 25 tonneaux de vin, à M. LafauriSt qui en fait de 45 à 50 , et à M. Dert, qui en fait de 60 à 70 tonneaux.

Les vins des quatre communes que je viens de citer s'expédient pour le nord de l'Europe; TAngleterre en tire une certaine quantité dans les bonnes années.

Yillenave-d'Ornon, à 6 kil. de Bordeaux, et Blanqub-

GUIBimB ET GA8G0GNB. 224

FOHT, à 8 kil. N. 0. de la même ville, dans la contrée dite des Graves^ produisent des vins iecs, légers, délicats et très-blancs; leur sève et leur bouquet participent du girofle et de la pierre à fusil.

Les crus de Saint-Bris et de Carhonnieux^ à Yillenave, et celui de Ponlac-Dulamon, à Blanquefort, donnent ensemble, chaque année, environ 100 tonneaux d'excellents vins blancs, qui se vendaient autrefois au même prix que ceux des crus de Barsac, Preignac, Sauternes et Bommes; mais, depuis plusieurs années, ils obtiennent rarement la même faveur.

Deuxième classe.

Les vins des seconds et troisièmes crus des communes citées dans la 1'* classe occupent le premier rang dans celle-ci ; ils ont moins de finesse, de sève et de bouquet, et se vendent de 12 à 15 pour 100 moins cher que ceux des premiers crus. Barsac fournit ici les vins de M. Capdeville, de Mademoiselle Neirac^ de MM. Cave^ Tauzin, Lacoste, Barastre et quelques autres; Preignac, ceux de MM. Alexandre de Saluées, Montarlier, Guilhon^ Mareilhac et quelques autres; Sauternes, le cru Filhol et la vigne de M. Baptiste; enfin, Bommes, les vignes de MM. Focke^ Lacoste et Emerignon, A Villenave-d'Ornon et à Blanquefort, les seconds crus appartiennent à MM. Jfam/Ziac, Tarleyron, Ouvray^ de Brias^ Hesse, etc.

Gérons et Podensac, à 27 kil. S. £. de Bordeaux, fournissent des vins qui se distinguent parmi les meilleurs de cette classe; ils ont assez de corps, une sève fine et un bouquet agréable. Les meilleures vignes de Gérons appartiennent à MM, Cousard, de Calvimont^ Olivier ^ Salvatiet^ Deloustat et Champion; celles de Podensac, à MM. Beames, Ferbos, Jon^ Tonnens^ Darlaud et G. Casades.

Langon, à 13 kil. N. de Bazas et à 57 kil. S. E. de Bordeaux. Les vins de cette commune étaient autrefois les meilleurs de la province-, mais les gelées qui, en 1788 et 1795, détruisirent une partie de ses vignes déterminèrent les propriétaires à multiplier le plant nommé chalosse, qui résiste aux gelées, mais donne des vins dénués de qualité. Ceux que Ton fait maintenant dans ce vignoble ressemblent, en primeur, aux vins de Bommes, mais en vieillissant ils n'acquièrent pas autant de qualité; cependant il y a encore quelques vignes dans lesquelles les bons

22S GUlBlfHB BT GASCOGNE.

plants ont été conservés et qui produisent d* excellents vins : telles sont celles de MM. Château et Dupuy,

TouLENE, Sairt-Pet-Langon et Fargues, près de Langon, font des vins qui ont de l'analogie avec ceux de cette-ville et qui se vendent à peu près le même prix. Les meilleurs crus de Toulene sont à HM . Testard et Rivière; ceux de Saint-Pey-Langon, à MH. deRaynej de Baritaulu Colas et SaitU-Blancard', enfin le meilleur de Fargues est à M. Lacoste,

Pujos, près de Barsac. Tait aussi des vins de Tespèce de ceux de Langon, dont les meilleurs proviennent des vignes de MM . Lacombe et Cherché.

Sainte-Croix-du-Mont et Loupiag, 33 kil. et 30 kil. S. E. de Bordeaux, récoltent sur les coteaux de la rive droite de la Garonne les meilleurs vins blancs dits de côte^ de la petite contrée nommée Bénauge-^ ils sont très-doux et restent longtemps tels dans les bonnes années; ils ont du corps, du spiritueux» une sève agréable et un joli bouquet. On met en première ligne ceux des vignes de MM. Duperrier^ Mazet, Gensonné, Marbotin^ Rolland Castels Turman et Chaumette, à Sainte-Croix-du- Mont, et en seconde ligne ceux des vignes de M. MarcelluSf de madame de la Chassagne^ de M. Bidot et de M. Courrege^ à Loupiac.

Léognan et Martillag, à 13 kil. et 14 kil. S. de Bordeaux, dans la contrée dite des Graves, fournissent des vins secs, dont les meilleurs doivent encore figurer dans cette classe.

Troisième classe.

ViRELADE et Arbanats, à 5 kil. de Cadillac et à 32 kil. de Bordeaux, produisent des vins qui égalent en qualité et en prix plusieurs de ceux des crus qui occupent la 2^ classe ; mais tous les autres parcourent les différents degrés de celle-ci. On estime particulièrement, à Yirelade, les crus de HM. Dufortei Linch; a Arbanats, ceux de MM. Dticasse et Daguzan.

Bm)os, Pujos, Landiras et Illats, situés entre 8 et 12 kil. de Cadillac et entre 38 et 34 kil. S. S. £. de Bordeaux. Les meilleurs vins de ces paroisses peuvent seuls entrer dans cette classe; la plupart des autres ont une sève particulière qui n'est pas agréable : elle a quelque cbose de sauvage que l'on attribue aux mauvais cépages qui ont été muilipliés depuis quelques linnées.

GOlElOnS BT GAfiGOGNE. S913

Langoikan et Cadillac, à 20 et 28 kil. S. E. de Bordeaux, donnent des vins qai ont an goût agréable, du corps» de la sève» du bouquet et qui flnissent bien. Les meilleures vignes de Langoiran appartiennent à MH. Belso, Palanque et Pollet. Les vins de Cadillac, quand ils sont récemment faits, ont souvent plus de douceur que ceux de Langoiran; mais leur sève est moins prononcée, et ilsr acquièrent moins de qualité en vieillissant; cependant ils se vendent le même prix. Les meilleurs sont récoltés par MM. Campan et Alard.

HoNPRiNBLANG, à 4 kil. de Cadillac el à 31 kil. de Bordeaux, produit des vins qui ressemblent à ceux de Sainle-Croix-du- Mont, mais ils sont inférieurs. Le meilleur cru appartient à M. Dalon.

Il convient encore d'ajouter ici les vins de Z^ qualité des communes de la contrée dite des Graves^ comprises dans les classes supérieures.

Quatrième classe.

Tous les vignobles que j'ai cités produisent des vins qui entrent dans cette classe comme vins d'ordinaire de 1'* qualité.

Bonnes c6tes. On donne ce nom aux vignobles des communes de Badregh, Tabanac, le Tourne, Paillet, Lestiag, Rioms, Baux, Béguet, Larrooue, Omet et Gabarnag, situées dans un rayon depuis 12 kil. jusqu'à 1 kil. de Cadillac, etdepuis 15 kil. jusqu'à 31 kil. de Bordeaux. Les crus supérieurs de plusieurs de ces communes fournissent des vins qui approchent en qualité de ceux de Langoiran et de Cadillac; ils se vendent à peu près le même prix et s'expédient sous le môme nom : tels sont ceux des vignes de HM. Larieux et Duperieux, h Baurech; de MM. Roujole et Leblanc, à Tabanac; de MM. Bertrand, Mande et LescourSy au Tourne; de MM. Maudis^ de Vassan et Bourbon^ à Paillet; de M. Faux, à Baux; enfln de MM. Parouty et Simon, à Béguey.

PoRTETS, Castres, Saint-Selve, Saint-Morillon, Beau* tiran, Saint-Médard, Ayrans et Labrède, situés entre 18 et 20 kil. S. E. de Bordeaux, et depuis 10 jusqu'à 16 kil. de Cadillac. Les vins de ces communes paraissent d'abord inférieurs à ceux des côtes, mais ils gagnent en vieillissant. Les meilleurs de Portets et de Castres remplacent quelquefois avec avantage ceux de Langoiran. Ces vignobles produisent aussi beaucoup de vins communs qui ne peuvent entrer que dans la 5* classe.

224 GCTIENKE BT GASCOGNE.

C6tes. On désigne ainsi les vignobles situés sur les bords de la Garonne, depuis Bassens, à 5 kil. de Bordeaux, jusqu'à Baurecht à 15 kil. de la même ville; les vins des premiers crus de ce canton, et surtout ceux de Cambes, à 13 kil. S. E. de Bordeaux, font de fort bons vins d'ordinaire bien supérieurs à ceux d'Entre-deux-Mers.

Cinquième classe.

Les vins inférieurs de tous les vignobles cités dans les trois premières classes et la majorité du produit de ceux qui composent la quatrième occupent les différents degrés de celle-ci, soit comme vins d*ordinaire de â*, de 3*" ou de 4*" qualité, soit comme vins communs.

Le pays dit d'ENTRE-DEUx-MERS fournit une très-grande quantité de vins blancs communs, dont les meilleurs sont désignés dans le pays sous le nom de bons vins d Entre- deux-Mers : nouveaux, ils ont de la force et peu de verdeur; vieux, ils sont brillants et agréables. On les expédie dans le Nord, en Prusse et dans les villes hanséatiques.

LussAG, Sainte-Foi-la-Granbe et Castillon, 9 kil., 13 et 16 kil. de Libourne. Les environs de ces communes produisent des vins dont une grande partie se vend comme les bons vins d'Entre-deux-Mers : ils sont très-sujets à fermenter.

CuBSAC, BocRG, Fbonsac et Blate, situés entre 16 et 30 kil. N. de Bordeaux, ainsi que les communes qui les environnent, récoltent des petits vins qui sont très^souvent verts, sans corps et sans séve^ mais ils se clarifient bien, sont francs de goût et agréables.

On évalue à 52 ou 53,000 tonneaux la quantité de vins communs que Ton convertit, chaque année, en eau-de-vie; mais cette quantité varie suivant l'abondance des récoltes, la qualité des vins et les demandes qui en sont faites. Ces eaux-de-vie se vendent ordinairement 2 pour 100 moins cher que celles de l'Armagnac, département du Gers. Les principales distilleries sont, à Bordeaux, dans le quartier des Chartrons ; il y en a beaucoup de répandues dans les campagnes environ nantes, et surtout dans le pays à! Entre-deux-Mers^ dans les environs de Cubsac, de Fronsac, etc. Les produits en sont envoyés à Libourne, et plus souvent encore à Bordeaux, qui est l'entrepôt général de celles qui se fabriquent dans l'Armagnac et à Mar-

6UIENNB ET 6ÀSG06NB» iâ5

mande : H en vient aussi beaucoup de Cognac, de la Saintonge et même du Languedoc.

Le commerce des vins se fait dans plusieurs villes de ce dépar^ tement, mais plus particulièrement à Libourne et surtout à Bordeaux. Cette dernière ville est TentrepAt général» non-seule* ment des vins du département de la Gironde, mais encore de ceux des départements de la Dordogne, du Lot» du Gers» de Lot-et-Garonne et de plusieurs autres ; elle en fait» en temps de paix, des expéditions considérables pour toutes les contrées du globe.

Les Tins du département de la Gironde se vendent au ionneaUy qui se compose de 4 pièces nommées barriques; chaque barrique doit contenir i08 pots du pays, qui équivalent à 30 veltes ou 328 litres; mais il en est beaucoup, surtout dans les bas crus, qui ne contiennent que 215 à 220 litres.

Les eaux-de-vie se vendent ordinairement en futailles de 48 à 50 veltes, et le prix s'en établit sur cette dernière mesure, qui équivaut à 380^,89. On les met dans des futailles appropriées aux localités : pour les Etats-Unis et pour l'Angleterre, on emploie des tierçons de 63 à 65 veltes ; pour la Russie, la Suède et le Danemark, on les met dans des pipes de 80 à 90 veltes; on se sert aussi quelquefois de barriques de 30 veltes. Les esprils-de-vin se logent presque toujours dans des pipes de 75 à 85 veltes.

Les expéditions se font en partie par chemin de fer pour l'intérieur et en partie par mer. Le prix du transport est réglé par tonneau de 4 barriques, qui est estimé peser 1 ,000 kilogrammes; il contient 912 litres et équivaut à 242 gallons, mesure d'Angleterre.

S IL Département de la Dordogne, formé de la presque totalité de rancienne province de Périgord, de quelques parties de rAgenois, du Limosin et de VÂngoumois; il est divisé en 5 arrondissements : Périgueux, Bergerac, Noniron, Biàérac et Sarlat.

En 1 788, ce département contenait 56,000 hectares de vigne; il en a aujourd'hui 96,301 hectares, sur le territoire de 594 communes. La récolte annuelle est évaluée à environ 2,254,000 hectolitres de vins (rouges 1,014,000, blancs 1,240,000), qui font une des principales branches de la richesse du pays. La

2S6 fiOlKNirB BT «ÀBCOCniV.

consommation des habitants est évaluée à 300,000 hectolitres. Les vignobles les plus considérables et ceux qui produisent les meilleurs vins sont dans l'arrondissement de Bergerac, des deux c6tés de la Dordognc. Les meilleurs vins rouges se récoltent dans les vignobles de la rive droite ; ils sont vifs, légers, fins, spiritueux et parfumés. On les préfère, pour la table, à ceux de la rive gauche, qui ont une couleur plus foncée et beaucoup de corps, mais moins de bouquet et d'agrément. Les vins blancs les plus recherchés, pour l'extrême douceur qu'ils conservent longtemps, se récoltent dans les vignobles de la rive gauche. Ceux de la rive droite sont presque aussi liquoreux quand on les fait, mais ils perdent beaucoup pliis tôt cette douceur qui se convertit en spiritueux. Les vins acquièrent de la qualité eo vieillissant et sont préférés pour la table.

VINS ROUGES

Première cloue,

Bbbgbbac, sur la Dordogne, à 49 kil. S. S. 0. de Périgueux;

CbBYSSB, GlNESTBT, PrIGONBIEUX, LA FOECE, SaINTE-FoT-LES-

ViGNES et Lembras, tous dans le canton et entre 5 et 8 kil. de Bergerac, sur la rive droite de la Dordogne, fournissent des vins vifs, légers, spiritueux, et dont les meilleurs ont de la finesse et un bouquet peu prononcé, mais agréable. On met an premier rang ceux du cru de la Terrasse ^ situé sur une colline exposée au midi, près du château de Tiregant, à Creysse. On cite ensuite comme en approchant de très-près ceux des crus nommés la Briasse, les Fardes^ Pécharment, Corbiac, la Calte^ le Terme-du-Roy^ Labaume, Rosette et Rouay, sur le territoire de Bergerac; Gmet et Feyte^ à Ginestet; enfin Latour et Concombre, à Prigonrieux. Ces vins acquièrent beaucoup de qualité en vieillissant.

MoNMARVÈs, à 47 kil. de Bergerac, sur la rive gauche de la Dordogne, récolte, dans les crus nommés la Roussigue^ Gauliez Monteau et Saint-Ongé-de-la -Borde ^ des vins plus corsés, plus colorés, mais moins fins que ceux de Bergerac; cependant, vn vieillissant, ils acquièrent autant de qualité et durent jusqu'à trente et quarante ans.

QUIBlflfB ET GASCOGNE. 227

Detixième classe.

Tous les vignobles cités dans la précédente classe fournissent des vins qui ne peuvent entrer que dans celle-ci.

Les cantons de la Linde, sur la rive droite de la Dordogne, à 18 kil. E. de Bergerac, de Beaumont et de Cunèges; sur la rive gauche, à i8 kil. E. S. E. et 11 kil. S. 0. de la même ville, donnent des vins de bonne qualité, parmi lesquels on distingue ceux de Monsag, canton de Beaumont, à 17 kil. de Bergerac.

Les meilleurs vins du canton de Domme, h 9 kil. S. de Sarlat; du canton de Saint-Ctpbien, à 12 kil. 0. de la même ville, ainsi que ceux de Thonac et de Saint-Léon, à 7 et 8 kil. de Martignac, ont une couleur très-foncée, beaucoup de corps, du spiritueux et un bon goût; ils doivent être gardés quatre ans en tonneau pour acquérir leur maturité. On les mélange ordinairement avec les vins clairets, qui coûtent moins cher, et Ton obtient des vins d'ordinaire assez agréables. Ceux de Domme sont généralement préférés pour cet emploi. Ces vins s'expédient ordinairement à Libourne, à Bordeaux et à Paris, pour être employés dans les mélanges.

Changeladb, à 6 kil. de Périgueux, produit des vins qui ont une couleur convenable, assez de spiritueux et un bon goût, parmi lesquels on estime particulièrement ceux du cru du château de Salgowde. Ils gagnent de la qualité en vieillissant.

Brantôme, Bodrdeilles, Saint-Pantalt et Saint-Orse, entre 16 et 24 kil. de Périgueux; Varreins, Villetoureix , Saint- Victor , Brassac, Celles, Douzilhag , Goûts et Ver- TEiLLAC, entre 5 et 18 kil. de Ribérac, donnent des vins d'une couleur convenable et assez spiritueux : ceux qui proviennent des vignes basses font d'assez bons vins d'ordinaire, mais ceux que l'on tire des ceps élevés sont, pour la plupart, communs, grossiers et acerbes. Les vins de ces vignobles diffèrent de ceux de Chancelade par leur couleur plus foncée.

Haregil, à 16 kil. S. 0. de Nontron, donne les meilleurs vins d'ordinaire de cet arrondissement ; presque tous les autres sont de basse qualité, ainsi qu'une assez forte quantité de ceux des arrondissements de Pébiggbux, de Rirérag et de Sarlat. On en convertit environ 50,000 hectolitres en eaux-de-vie, dont les trois cinquièmes se font dans l'arrondissement de Ribérac. Ceux du canton de Tbrrasson, à 25 kil. N. de Sarrelat, sont

828 6UIENNE BT 6A8G0G1TE.

de si basse qualité, qu'ils tournent souvent à l'aigre dès le mois de juin qui suit leur récolte.

VINS BLANCS

Tous les vins blancs de ce pays sont liquoreux au moment où on les fait ; mais ceux que Ton tire des raisins vendangés, aussitôt qu'ils ont acquis leur maturité, perdent cette extrême douceur et ne sont que des vins moelleux, comme ceux de la Bourgogne et de la plupart des vignobles de France. Les meiU leurs de cette espèce se récoltent dans les vignobles de la rive droite de la Dordogne; ils se vendent toujours moins cher que les vins liquoreux de la rive gauche de cette rivière, bien qu'ils leur soient préférables pour la consommation journalière.

Bergerac, *déjà cité pour ses vins rouges, récolte les meil^ leurs vins blancs non liquoreux de la rive gauche de la Dordogne; ils ont un fort bon goût, du corps, de la sève et un bouquet agréable. On estime particulièrement ceux des crus nommés la Brunelerie^ la Gatie-Saint-Bris, Berbesson, Bosselle et Bouay.

Sa1NTE-F0T-LES-ViGNES , GiNESTET, LA FoRGE et PrIGON-

RiEUX, situés entre 6 et 8 kil. de Bergerac, font des vins de même espèce que les précédents, parmi lesquels on estime surtout ceui des crus nommés Moni-de*Neyra et Baisse à Sainte- Foy-les-Vignes, des fayels à la Force, et celui de Concombre à Frigonrieux. Ces vins ont, en général, un goût de pierre à fusil que Ton trouve agréable. On fait des vins de même espèce dans les autres vignobles de la rive droite de la Dordogne, quoique inférieurs en qualité à ceux des vignobles que je viens de citer; ils sont employés avec avantage pour donner du corps et de la force aux petits vins blancs que Ton vend en détail. Ceux destinés à cet emploi reçoivent ordinairement, avant leur départ, l'addition d'une velte (7^65) d'esprit-de-vin.

VINS DE LIQUEUR

Première classe.

Ces vins bont le produit des cépages nommés semillon et mu&cal'fou; les raisins sont très- doux, mais on augmente en-

GUIBNUB ET GASCOGNE* 229

oore cette douceur en les laissant sur le cep jusqu'à ce que la pellicule ait acquis une couleur brune et qu'elle soit presque pourrie ; la vendange se fait à plusieurs reprises, pour ne cueillir chaque fois que les raisins qui sont dans cet état.

MoNBAziLLAG et Saint-Laurent-des-Vignes, à 6 et 8 kil. de Bergerac, sur la rive gauche de la Dordogne, récoltent, sur la c6te de Harsallet, des vins muscats qui ont un bon goût, beaucoup de corps, de spiritueux, une sève et un bouquet agréables ; ils diffèrent de ceux que Ton fait à Frontignan, département de l'Hérault, en ce qu'ils sont plus corsés, moins fins et moins parfumés. On met au premier rang ceux des crus nommés les RauliS'Mestrey Marsallet-Viger ei Conseil- Erignac; au second rang, mais comme en approchant de très-près, ceux des vignes de MM. Maury, Bastic, Alard, Petit, Planteau-durFuma, Eyma, Loche, Botssière^ Gouzot, Pauly, Poumeauy Boyer-Guillon, Loreilhe Géraud^ Dtàssumier et Morton.

Deuxième classe.

Colombier et Pokpoet, sur la rive gauche de la Dordogne, à 6 à 8 kil. de Bergerac, font des vins muscats de même espèce et dont les meilleurs sont peu inférieurs à ceux de Monbazillac et de Saint-Laurent-des-Yignes; on cite particulièrement ceux des crus nommés Planque^ Larayre, Cantemerle et Laveau, à Colombier ; Pied-de- Petit, Lamoute et Peyronnette, à Pomport.

Saint-Naixant, à 6 kil. de Bergerac, produit des vins qui participent des qualités de ceux cités dans la première classe. Les meilleurs proviennent des vignes de MM. Dussumier-d* Hollande, Ginet père, Ginet fils et Delpech-Lamothe, Les autres vignobles des deux rives de la Dordogne font une grande quantité de vins blancs de même espèce que les précédents, mais ils en diffèrent plus ou moins par leur qualité.

Les vins rouges et les vins blancs des deux rives de la Dordogne sont connus dans le commerce sous le nom de vins de Bergerac; le principal commerce s'en fait dans cette ville, qui est aussi 1 entrepôt principal des eaux-de-vie qui se fabriquent dans le canton A'Eymet, à 30 kil. de Bergerac, et de celles de plusieurs cantonsdudépartement de Lot-et-Garonne.La Hollande en tirait autrefois la plus grande partie des vins blancs doux ; mais, depuis quelques années, elle en tire beaucoup moins. On en envoie de fortes parties à Bordeaux, où ils sont cotés, sur les

S30 GUIBNNK ET GASCOGNE.

prix courants, au même prix que ceux de f.angon. On en expédie aussi pour Libourne, pour la Bretagne et pour le nord de la France. Paris en tire une certaine quantité, qui est employée pour donner du corps et de la force aux petits vins blancs que l'on vend en détail : les grandes expéditions de Bergerac se font par la Dordogne. Les vins du canton de Domme, arrondissement de Sarlat, sont achetés aussi pour Bordeaux et chargés sur la Dordogne ; on les entrepose souvent à Bergerac avant de les expédier pour leur destination. Ceux des arrondissements de Périgueuxy de Nontron, de Ribérac et d'une partie de celui de Sarlat ne sont expédiés que pour les départements voisins, et surtout pour celui de la Haute- Vienne. Les eaux-de-vie, dont les 3/5 se font dans l'arrondissement de Ribérac, sont eipédiées, en majeure partie, pour le département de la Charente. On en envoie aussi à Bordeaux, ou elles sont cotées, sur les prix courants, au même taun que celles de Marmande.

Les tonneaux en usage se nomment barriques et contiennent environ 30 veltes ou 228 litres. Le vin se vend au tonneau^ composé de 4 barriques, comme à Bordeaux. Dans les cantons qui ne font pas d'eiportations, il se vend à la barrique, dite grosse jaune, qui varie de capacité. Les eaux de-vie se font à 19 degrés ; elles se vendent à la pièce^ contenant de 48 à âO veltes, ou de 365 à 380 litres.

§ III. Département des Landbs, formé du pays des Landes, de la Chalosse et du Tursan, qui faisaient partie de la province de Gascogne; il est divisé en 3 arrondissements : Mont-de-Marsan^ Saint-Sever et Dax.

S0J36 hectares de vigne, sur le territoire de 377 communes, produisent, récolte moyenne, environ 469,000 hectolitres de vins (rouges 97,000, blancs 360,000), sur lesquels 170,000 sont consommés par les habitants (1) ; le surplus est livré au commerce d'exportation ou converti en eaux-de-vie, qui se vendent à Mont-de-Marsan sous le nom d^eaux-de-vie d Armagnac (2), avec lesquelles elles sont en concurrence sur ce marché. Les

(1) La consommation annuelle des habitants s'élève à environ 350,000 hectolitres; mais j'en déduis 80^00 qui sont importés, chaque année, des départements du Gers et de la Gironde.

(2) Voyez le département du Gers, ci-après, p. 235.

eOlBJIirB BT GA8COGNB. S34

vin8 de ce département se divisent en plasieurs espèces, dési* gnées sous les dénominations de vins du Cap-Breton^ du Tur- San, de la Haute ChcUosêSy de la côte de Ùnye^ de la Basse- Chatosse^ petits vins de Chalosse et Pique-pout-Chalosse.

VINS ROUGES

Première classe.

Cafbrbton, Mbssangbs, Soustons et ViBUx-BouGiiU, situés le long du golfe de Gascogne, dans le pays nommé Moranein^ près rembouchure de TAdour, dans l'arrondissement et entre 20 et 28 kil. de Dax, cultivent environ 200 hectares de vignes, plantées sur des dunes de sable mobile voisines de la mer, dont on tire des vins de bonne qualité. Ils ont une couleur convenable, du velouté, de la légèreté et un bouquet agréable qui participe de la violette. On les met en bouteilles dii-huit mois après la récolte, et ils peuvent se garder de quatre à six ans. Les meilleurs se récoltent sur le territoire de Messanges, où l'on distingue particulièrement celui du cru de M. Darrican. La totalité des bons vins de ces vignobles n'excède pas 200 barriques par an.

Deuxième classe.

Le TuRSAN, petite contrée de l'arrondissement de Saint-Sever, a des vignobles assez étendus qui produisent beaucoup de vins blancs et quelques vins rouges de bonne qualité, dont les meilleurs se font dans les communes de Saint -Loubouer, Castbl- NAU et Urgons, entre 12 et 16 kil. de Saint-Sever. Jeunes, ces vins ont un goût de terroir désagréable et beaucoup de douceur; ils sont sujets à fermenter et tournent facilement à l'aigre, mais, si l'on parvient à les garder en tonneaux pendant trois ou quatre ans sans qu'ils s'altèrent et qu'on les mette en bouteilles^ ils ont un fort bon goût, assez de spiritueux, du velouté et même un peu de bouquet; ils sont tous consommés dans le pays et dans les environs.

La cAte de Lényb, sur laquelle sont situés les vignobles de la commune de ce nom et ceux de Homdy, de Cazalis, de Gau- JÂGQ, de Bassenpout, de Bodlbnnbs, de Donjag et de Castbl- NAU, entre Set 27 kil. de Saint-Sever, produit des vins qui

S3S GUIBirilB BT 6ASG0GNB.

ont du corps, de la force et quelque agrément quand ils sont vieux» mais ils tournent facilement à l'aigre. On distingue comme supérieurs aux autres ceux de Gaujac et ceux du cru de Prat^ à Momuy.

La Chalosse. Cette petite contrée, qui fait partie des arrondissements de Dax et de Saint-Sever, produit encore moins de vins rouges que le Tnrsan, et leur qualité est inférieure; ils sont grossiers et Apres; on les consomme à Bayonne, mêlés avec des vins rouges de Madiran et des vins blancs qui diminuent leur àpreté. On préfère ceux des communes de Sarraziet, Bahus et AuLES, dans la haute Chalosse. Ceux de la basse Chalosse sont, en général, de qualité inférieure.

La contrée nommée le Tursan, dans Farrondissement de Saint-Sever, déjà cité pour ses vins rouges, produit en bien plus grande quantité des vins blancs de bonne qualité. Jeunes, ils ont un goût de terroir très-prononcé, qu'ils perdent en vieillissant; ils deviennent secs, vigoureux et de bon goût. On les récolte dans les communes de Saint-Loubouer , Castelnau, BuANBS, Classun, Damoulens, Bats et Urgons, entre 12 et 16 kil. de Saint-Sever. Ils sortent peu du pays, à cause de la cherté des transports par terre.

La haute Chalosse, dans les communes d'ÂRCET, Banos,

AUDIGNON» AULES, ÊTRES, SaINT-SeVER, SaRRAZIET, BoDLIN,

Bahus et Vielle, entre 4 et 8 kil. de Saint-Sever et entre 16 et 38 kil. de Moot-de-Marsan, fournit des vins blancs qui ont de la douceur, beaucoup de spiritueux et de corps ; mais ils sont très-sujets à fermenter et à contracter une teinte jaune, surtout ceux de Banos, qui sont plus liquoreux que les autres. Ces vins $' expédient pour la Flandre, où ils sont recherchés. On cite comme les meilleurs ceux des crus de MM. Larey^ Navailles^ Puchen et Gauzere, à Banos et à Arcet; de M. Captan, à Audignon ; de M. dAyrens^ h Eyres ; de M. Dussatdt^ à Boulin; de M. Ginetf à Sarraziet; et de M. Laborde, à Bahus.

GUIENNB ET GASCOGNE, 233

Deuxième classe.

La c6te de Léntb, déjà citée pour ses vins rouges, produit, dans les communes de Mohuy, Cazalis, Brassempoctt» Don- ZACQ, et Bastennes, entre 15 et 19kîl. de Saint-Sever, des vins blancs qui ont moins de corps que les précédents, mais un peu plus de sève. On distingue ceux des crus de MM. Prat, à Momuy ; de Bintassel, à Cazalis ; de CapdemlU^ a Brassempouy; Lareyy à Donzacq ; et Captan, à Bastennes.

Les communes de Hontfort, Nousse, Lahosse, Baigts, Caupenne, Saiimt-Laurent et Gibret, situées entre iO et 17 kil. de Saint-Sever, dans la basse Chalosse, fournissent beaucoup de petits vins blancs très-doux, peu corsés, mais exempts de goût de terroir; les meilleurs sont assez agréables. On les expédie pour la Flandre, la Belgique et TAIIemagne. Les vins de ce pays font un bon effet dans les mélanges. Cette propriété et la facilité de leur transport par eau sur l'Adour les font vendre à un prix plus élevé que ceux des vignobles plus éloignés de cette rivière.

Les vins nommés dans le pays pique-pout-chalosse^ du nom du cépage qui les produit, se récoltent dans les vignobles de MuGRON, Laurède, Saint-Geours et PoYANNE. entre 20 et 28 kil. S. 0. de Hont-de-Marsan ; ils sont, en général, de basse qualité, verts, âpres et amers. On en expédie une petite quantité des meilleurs pour l'Allemagne ; le surplus est converti en eaux-de-vie.

Le principal commerce des vins et des eaux-de-vie se fait à Mugron, à 13 kil. E. de Saint-Sever; ce bourg est le principal entrepôt des vins et des eaux-de-vie : il se fait aussi à Dax, n Saint-Sever, et surtout à Mont-de-Marsan. Cette dernière ville est Tentrepôt d'une partie des denrées destinées pour Bayonne.

Les tonneaux en usage se nomment barriques et contiennent 40 veltes ou 304 litres. Le vin se vend au tonneau, composé de 4 de ces barriques. Les expéditions par eau se font par l'Adour, qui les conduit jusqu'à Bayonne; les chargements ont lieu dans les différents ports qui bordent cette rivière , et surtout dans ceux de Saint-Sever, de Mugron et de Saint-Pierre-derGinx.

S34 GUIBNIfE ET GASGOGNI.

S IV. Département de Lot-et-Garonne, formé iune partie de la Guienne propre et de VAaenois: il est divisé en 4 arrondissements : Agen, Marmande, rférac et Villeneuve-d'Agen.

66,792 hectares de vigne, sur le territoire de ilOcommuDes, produisent, récolte moyenne, environ 86â,000 hectolitres de vins (rouges 669,000, blancs 193,000), dont 320,000 sont consommés par les habitants ; une partie du surplus est convertie on caux-de vie ; le reste est livré au commerce et s'expédie» en presque totalité, pour Bordeaux.

Thézag, Péricabd et Montflanquin, enlre 12 à 20 kil. de Villeneuve-d'Agen, récoltent des vinsd*une belle couleur et d'un goût fort agréable, comme vins d'ordinaire de 2* qualité. On distingue à Montflanquin les crus nommés Lafage, Bennil et la Bruyère.

Bdzbt, canton de Damazan, à 27 kil. S. 0. de Marmande, produit des vins plus colorés que les précédents et inférieurs en qualité.

Castel-Moron, Sommenzag, la Chapelle et quelques autres cantons de l'arrondissement de Marmande fournissent des vins de couleur foncée, épais et capiteux ; ils sont peu savoureux la première année; mais, en vieillissant, ils acquièrent un bon goût.

Larogale, Hoirax, Sainte - Colombe , Castellentier, Notre-DamE'De-Rbgh , Marsag et plusieurs autres communes de l'arrondissement d'Âgen ont des côtes dont les vins sont estimés dans le pays, ou l'on n'en récolte que de communs.

VINS BLANCS

Clairag, à 6 kil. de Tonneins, et Bczet, 27 kil. de Marmande, font des vins blancs estimés sous le nom de vins pourris, parce qu'on ne cueille les raisins que lorsqu'ils ont passé la maturité et que la pellicule^ ayant pris une teinte brune, se colle aux doigts. Ces vins sont doux et Ans ; ils ont une sève agréable et un très-joli bouquet. On en fait du même genre

. GfllIHlIB ET GÀSGOGIIB. 935

dans les vignobles de Mabuanbe et de Sommenzac; ceux-ci, plas ou moins liquoreux, sont, en général, inférieurs aux vins deClairac, dont on Tait un grand comnaerce à Bordeaux, où ils prennent rang parmi les vins de 2* classe, et sont cotés au même prix que ceux de Langon. Quelques crus des mêmes vignobles donnent aussi de petits vins blancs secs et d*un bon goût.

Le principal commerce des vins et des eaux-de-vie se fait à Marmande et à Agen ; cette dernière ville est l'entrepôt du commerce entre Toulouse et Bordeaux : les expéditions se font par la Garonne. Les tonneaux en usage pour le vin se nomment barriques, et contiennent environ 228 litres. Ceux pour Teaude-vie sont des pièces de 47 à 49 veltes, ou de 357 à 573 litres.

S y. DipartemerU du Gbes, formé d^une partie de la Gascogne, et ditisi en 5 arrondissement$ : Àuch^ Condom^ Lectoure, Louhei et Mirande.

94,592 hectares de vigne, sur le territoire de 700 communes, produisent, récolte moveune, environ i, 532,000 hectolitres de vins (rouges 637,000,*blancs 895,000), dont près de 400,000 sont consommés par les habitants ; une forte partie du surplus est convertie en eaux-de-vie, qui senties meilleures du royaume après celles de Cognac, et connues sous le nom A^eaux-de-vie d Armagnac, Le reste de ces vins est livré au commerce d'exportation.

On cultive principalement des vignes hautes dans toute la partie S. G. de ce département. Les vignerons laissent cuver leurs vins très-longtemps, ce qui les rend épres et leur donne presque toujours une tendance à Taigre ; mais ce procédé augmente r intensité de leur couleur et les fait rechercher par les montagnards des Pyrénées, qui en achètent beaucoup. Quelques grands propriétaires ont des pressoirs, mais les petits sont dans Tusage de verser de Teau sur le marc après avoir tiré le vin, et font ce qu'ils appellent du demi-vin : lorsqu'ils ont retiré celui-ci, ils mettent encore de l'eau, à plusieurs reprises, pour faire des piquettes qui leur servent de boisson pendant l'hiver.

236 GUIBNNB ET GASCOGNE*

VINS ROUGES

Veblits, à 20 kil. de Nogaro, et Mazëres, à 18 kil. de la même ville, produisent des vins d'une couleur foncée, qui ont du corps et un bon goût ; ils ressemblent beaucoup à ceux de Madiran. département des Hautes-Pyrénées.

ViELLA, canton de Riscle, Gouts, canton de Plaisance, et LussAN, à 44 kil. N. d'Auch, donnent des vins de l'espèce des précédents, mais un peu inférieurs en qualité.

Ville CoMT AL, Miélan, Beaumaechés et Plaisance, arrondissement de Mirande, quelques vignobles de Yig-Fezensac, à 24 kil. N. 0. d'Auch, de Valence, à 8 kil. S. de Condom, et de MiBADOUX, à 12 kil.N. E. deLectoure, fournissent d'assez bons vins d'ordinaire de 3** qualité. Les vins communs sont, en général, faibles et peu colorés; ils produisent ordinairement le huitième de leur volume en eau-de-vie à 21 degrés 3/4, tandis que ceux du Bordelais donnent le sixième ou au moins le huitième de leur volume de pareille eau-de-vie. Ces petits vins ne se vendent ordinairement que le quart et même le cinquième du prix de ceux de Verlus. Presque tous les vins que l'on récolte dans la partie 0. du département, et surtout ceux des cantons d'EAUSE, de Nogabo, de Hanciet, du Houga. et de plusieurs autres, sont employés à la distillation.

Ce pays ne produit que très-peu de vins blancs ; ils sont tous sans qualité, mais moins âpres que les vins rouges communs ; on les boit d'un ou de deux ans, et les rouges de trois à cinq : il en est peu qui durent plus longtemps.

Le principal commerce des vins se fait à Auch, Condom, Leetoure et Mirande; on les envoie à Bordeaux, à Rayonne et a Mont-de-Marsan, d'où ils sont expédiés par mer pour le nord de la France ou pour les pays étrangers. Les tonneaux en usage se nomment barriques, et contiennent 228 à 230 litres. L'acquéreur est tenu de les fournir ou de les payer en sus du prix convenu pour le vin. Les eaux-de-vie se vendent à la pièce de 50 veltes ou 580S2/3.

§ VI. Département du Lot, formé du Quercy, et divisé en 3 arrondissements : CahorSj Pigeac et Gourdon.

46,096 hectares de vigne, sur le territoire de 337 communes »

OUIBlfHE VT 6Â8C06NB. S37

produisent, récolte moyenne, environ 590,000 hectolitres de vins (rouges 536.000, blancs 34,000), dont 200,000 sont con* sommés par les habitants \ le surplus est livré au commerce ou converti en eaux-de-vie qui sont de bonne qualité.

On fait trois espèces de vins rouges dans ce pays, savoir, ceux que Ton nomme vins noirs^ à cause de l'intensité de leur couleur, d'autres qu'on appelle vins rouges dans tout leur corps^ et enfin des vins rosés. Les premiers ne sont ordinairement employés que pour faire des mélanges, les seconds sont de bons vins de table, et les troisièmes des vins communs plus ou moins agréables, qui forment la boisson usuelle des habitants.

VINS Noms ET VINS ROUGES.

Les vins noirs se font avec les raisins provenant du plant nommé, dans le pays, auxerrois; ils réunissent à une couleur très-foncée un bon goftt et beaucoup de spiritueux. Ils ne conviennent pas pour l'usage ordinaire; mais ils sont d'une grande utilité pour donner de la couleur, du corps et du spiritueux aux vins faibles, et supportent très-bien le transport. On en expédie une grande quantité à Bordeaux et dans les pays étrangers; il en vient aussi quelques barriques à Paris.

Les vins noirs de Cahors doivent leur qualité beaucoup plus a la manière dont ils sont faits et aux diverses préparations qu'ils subissent, qu'au plant qui les produit et à la chaleur du climat. Le plant nommé auxerrois dans ce département ressemble au teinturier, qui fournit à Blois, département de Loir-et-Cher, des vins-très-colorés, fades et dénués de spiritueux; mais, à Cahors, indépendamment de la qualité que le sol et la température donnent à ce raisin , on a soin d'en faire griller une partie dans le four ou de faire bouillir la totalité de la vendange dans des chaudières, avant de la mettre dans la cuve où doit s'opérer sa fermentation naturelle. Il est évident que cette première préparation dégage le moût d'une assez grande quantité de parties aqueuses et le dispose à une fermentation plus active, dans laquelle les parties colorantes se dissolvent parfaitement. Les négociants propriétaires qui font le commerce de ces vins ne bornent pas leur industrie à ce premier travail; ils composent, avec du moût du même raisin auxerrois^ et de F esprit-de-vin dit trois-cinq (esprit à 29*,5), une liqueur, dont ils mêlent un

6UIBNNS BT GàMOGKB.

cinquième, an quart et même un tiers dans ces vins, suivant le degré de qualité qu'ils veulent leur donner.

Les meilleurs vins noirs se font dans les communes de Saya- GNAG, de Mella^arde, de Saint-Hembi, de Parnac, de Saiih*- YiNGENT, de la Pistoule, de Caht, de Luzegh, de Lebas, canton de Luzech; dePBAissAC, canton de Puy-rEvèque, et de PaÉiiiAG , canton de Limogne. Ces divers vignobles sont situés dans Tarrondissement de Cahors.

Plusieurs cantons pourraient faire des vins semblables è ceux dont je viens de parler, si Ton avait soin de laisser cuver séparément les raisins du plant dit auxerroù; mais on préfère les mêler avec les raisins blancs et ceux des autres espèces, pour faire ce qu'on appelle, dans le pays, du vin rovge dam tout son corps i celui-ci , moins coloré que le précédent, est néanmoins assez corsé, spiritueux et de bon goût.

VINS ROSÉS

Le vin rosé est le produit des raisins blancs et des raisins noirs autres que Yauxerrois^ que Ton passe sur le marc de ce dernier immédiatement après en avoir retiré le vin noir; il est peu corsé» quoique assez spiritueux et agréable: on le consomme en presque totalité dans le département.

VINS BLANCS

On fait peu de vins blancs dans ce pays, chaque particulier n'en prépare que pour l'usage de sa maison ; on en trouve d'assez agréables, mais ils n'entrent pas dans le commerce.

Les tonneaux en usage se nomment barriques^ et contiennent :)0 veltes ou 228 litres; ils sont ordinairement marqués Cahors, au fer chaud, lors de l'exportation.

Le principal commerce des vins se fait à Cahors, d'où ils s'expédient à Bordeaux par le Lot.

§ VIL DiparUment de TAvetron, formé du Rouergue et ditisi en 5 arrondissements: Rodez ^ Espalion^ Milhaudj Saint* Affrique et Villefranche.

Ce département contient 19,587 hectares de vignes cuiti-

(SUIBNIIB BT OASGOOHB. 239

vées dans 354 communes; ils produisent, récolte moyenne, 433,000 hectolitres de vins communs et, pour la plupart, de basse qualité, qui sont consommés par les habitants : ces vins (rouges 416,000, blancs 6,000) ont presque tous un goût de terroir désagréable pour les personnes qui n'y sont pas habituées. Il faut cependant en excepter ceux de Langedat, d'AoNAC et de plusieurs coteaux des environs de Mabgillag, tels que ceux de Gbadels, Cruon et quelques autres, dans l'arrondissement de Rodez. Les vins qu'ils produisent sont légers, délicats et assez agréables comme vins d'ordinaire. On tire du département de l'Hérault des vins de bonne qualité pour améliorer ceux du pays et leur donner le spiritueux dont ils manquent. On ne fabrique pas d'eau-de-vie, même dans les années abondantes, parce que les vins en donneraient une trop faible quantité.

Les tonneaux en usage se nomment barriques ^ et varient de capacité dans chaque canton. Celles de Rodez contiennent environ 200 litres. Il y en a de beaucoup plus petites.

CLASSIFICATION

VINS ROUGES

Ceux des crus dits du Château , à Margaux , du Château-Laffitte, à Pauilhac, du ChAteau-Latour, à Saint-Lambert, et du ChAteau-Haut-Brion, à Pessac, sont du petit nombre des vins de qualité supérieure qui occupent dans la 1" classe des vins 6ns du royaume le rang le plus distingué. On met après eux, dans la même classe, les vins du clos Rauzan, des crus de Durfort et de Lascombe, à Margaux; des crus de Léoville et de Larose-Balguerie, a Saint-Julien ; de Gorse, a Cantenac ; de Branne-Monton, à Pauilhac, et de M. Pichon-Longueville, à Saint-Lambert, tous dans le département de la Gironde.

On range, parmi les meilleurs de la 2* classe, les vins des troisièmes cru^ et le choix de ceux des quatrièmes crus des communes de Cantenac, Margaux, Saint-Julien-de-Reignac, Saint-Laurent, Sainte-Gemme, Pauilhac et Saint-Estephe, qui forment la 3* classe du département de la Gironde.

La 5* classe se compose 1^ des vins des quatrièmes et des cinquièmes crus de Margaux, Saint-Julien-de-Reignac, Cantenac, Pauilhac, Saint-Lambert, Sainte-Gemme et Saint-Estephe, dans le Médoc, et de Pessac, dans les Graves; 2* des meilleurs crus

SiO GDIENNB fiT GàSGOGNE.

deLudon, Labarde, Macau, Cussac, Lamarque, Soussans, Arcins, Listrac, Moulii, Poujeaax, AvensaD, Saint-Sauveur, Cissac, Yerteuil, Saint- Laurent et Saint-Seurin-de-Cadourne, dans le Médoc ; enfln de Talence, de Méf ignac et de Léognan, dans les Graves, tous dans le département de la Gironde; 3"^ des meilleurs vins de Bergerac» Creysse, Ginestet, Prigonrieux, la Force, Sainte-Foy-les-Yignes, Lembras et Monmarvës, département de la Dordogne, enfin du Capbreton, de Messanges et de Soustons, département des Landes.

On met dans la i* classe, comme vins d'ordinaire de 1'" qualité, l"" ceux nommés vins de Hédoc ordinaires, bourgeois, avec le choix de ceux nommés petits vins de Médoc, paysans; ^ les meilleurs vins des palus de Queyries, de Montferrand, de Bassans, des côtes de Saint-Emilion , de Canon et de Fronsac; des communes de Blanquefort, le Pian et Arsac, dans le haut Médoc; de Saint-Germain, Yaleyrac^Civrac, Saint-Bonnetet Saint-Christoly, dans le bas Médoc, département de la Gironde ; des cantons de la Linde. de Beaumont, de Cunèges, dé Domme et de Saint- Cyprien; des communes de Tbonac et de Saint-Léon, département delà Dordogne ; quelques-uns de ceux du Tursan, département des Landes; enfin le choix des vins noirs de Savagnac, Mel-Ia-Garde, Saint-Henri, Parnac, Saint- Vincent, la Pistoule, Camy, Luzech, Lebas, Preyssac et Prémiac, déparlement du Lot.

La plupart des petits vins du Médoc, qui proviennent des terrains dits terres fortes^ ceux de Lussac, de Puisseguin, de Parsac, du canton de Coutras et de plusieurs autres communes des environs de Libourne ; ceux d'Ambès et des autres vignobles des palus de la Garonne, près de Cordeaux ; des côtes qui s'étendent depuis Ambarès jusqu'à Sainte-Croix-du-Mont, et ceux des environs de Bourg-sur-Mer, département de la Gironde ; Cbancelade et de plusieurs des vignobles déjà cités, département de la Dordogne. Les meilleurs vins du Tursan, de la côte de Lénye et de la haute Chalosse, département des Landes ; de Thézac, de PéricardetMonflanquin, département de Lot-et-Garonne; deVerlus et de Mazères, dépaitement du Gers. Enfin les meilleurs vins rouges des départements du Lot et quelques-uns de ses vins rosés entrent dans la l*"' section de la 5* classe comme vins d'ordinaire de 2* ou de 3' qualité.

Plusieurs des petits vins du Médoc, un plus grand nombre de ceux des palus de la Dordogne, du canton de Guitre-sur-llsle, du canton de Bourg; les vins inférieurs des palus delà Garonne,

GITIXmfE BT GASCOGNE. 241

toisins de Bordeaux; ceux du canton de Carbon-Blanc, des pe* titescAtes qui bordent la rive droite de la Garonne, du pays dit d'Entre-deux-Mers, de Saint-Macaire et de Blaye, département de la Gironde; de Brantôme, Bourdeilles, Saint-Pantaly, Saint- Orse, Tarreins, Villetoureix, Saint-Victor, Brassac, Cellar, Douzillac, Goûts et Yerteillac, département de la Dordogne; la majeure partie de ceux des départements des Landes, de Lot-et- Garonne, du Gers, du Lot, et tous ceux du département de rAveyron, n'entrent que dans la 2* division de la 5* classe, les meilleurs comme vins d'ordinaire de 4* qualité, et les autres comme vins communs.

VINS BLANCS

Ceux deBarsac, Preignac, Sauternes et Bommes, comme vins moelleuXf de Yillenave-d'Ornon et de Blanquefort, comme vins secs, département de la Gironde, entrent dans la 1'* classe des vins de France.

Les vins des seconds et des troisièmes crus des communes que je viens de citer entrent dans la â« classe avec les meilleurs de Langon, Ionienne, Saint- Pey-Langon , Fargues, Pujols, Sainte-Croix-du-Mont, Loupiac, Léognan et Martillac , département de la Gironde; enfin de Qairac et de Buzet, département de Lot-et-Garonne.

Tirelade, Arbanats, Brudos, Pujols, Illats, Langoiran, Cadillac et Honprinblanc , avec les quatrièmes crus de la contrée dite des Graves, département de la Gironde ; Bergerac, Sainte- Foy-les-Yignes, Ginestet^ la Force et Prigonrieux, département de la Dordogne; Harmande et Sommenzac, département de Lot-et-Garonne, font, dans leurs meilleurs crus, des vins qui parcourent les différents degrés de la 3' classe.

Les vignobles dits de bonnes côtes, dans les environs de Cadillac, ceux des côtes situées entre Bassens et Baurecb, département de la Gironde; plusieurs de ceux de Marmande et de Sommenzac, département de Lot-et-Garonne; les meilleurs crus du Tursan , de la côte de Lénye et de la haute Cbalosse, département des Landes, donnent des vins de 4* classe.

Le pays d'Entre-deux-Mers , les environs de Libourne, de Bourg et de Blaye, département de la Gironde; la plupart des vignobles des départements de la Dordogne, des Landes, de Lot-et-Garonne, du Gers, et tous ceux du département de

iiS LANGUEDOC.

rAyeyron, donnent des vins blancs qai parcourent les différents degrés de la 5* classe; quelques-uns comme vins d'ordinaire de â*> 3' ou 4* qualité , et le plus grand nombre comme vins communs.

VINS DE LIQUEUR

Les vins muscats de Monbazillac et de Saint-Laurent-des* Vignes, département de la Dordogne, entrent dans la S"" classe; ceux de Colombier, Pomport, Saint-Maixant , et tous les autres vins muscats du même département, qe peuvent entrer que dans la 4' classe des vins de cette espèce.

Page 1