CHAPITRE IV
AUemairne.
Cette vaste contrée, située au milieu de l'Europe, est bornée, à Test, par la Hongrie et la Pologne; au nord, par la mer Baltique et le Danemark; à l'ouest, par les Pays-Bas et la France; au sud, par les Alpes, Tltalie et la Suisse. Elle comprend Fem* pire d'Autriche, les royaumes de Prusse, de Bavière, de Saxe, de Hanovre et de Wurtemberg; le duché de Nassau, les grandsduchés de Bade, de Hesse et plusieurs autres petits Etats, enfin
les vines Ifl>re9 de Lubeek, Hambourg, Brëtne et FraDcfôrt-surle-Meîn. Actuellemeot les Etats allemands autres que l'Autriche» le Mecklembourg, Hambourg, lubeck et en quelque sorte Brème, font partie de Tassociation douanière dite Zolirerein. Voici les droits de douaoea du Zollverein :
Vins en cercles et en bouteilles 4 thalers ou 7 florins les 50 kilogr., soit 30 fr. les 100 kilogr.
On assigne différentes époques à T introduction de la vigne en Allemagne ; il est certain qu'elle n'y était pas cultivée du temps de Tacite, car il dit que le sol de cette contrée ne convient à aucune espèce d'arbres fruitiers. Il n'y a pas de doute que les premiers ceps y ont été apportés par les Romains ; mais l'opinion assez généralement répandue que les vignobles de la Moselle et ceux du Rhin doivent leur établissement à Tempereur Probus n'est pas bien constatée; car Yopiscus, Aurelius Victor et Eutrope ne comprennent pas les Germains dans la liste des peuples auxquels cet empereur accorda la permission de planter la vigne, après qu'il eut licencié son armée à Cologne. Cependant Ausonius nous assure que, cent ans plus tard, les bords de la Moselle avaient de très-beaux vignobles, dont les produits se distinguaient par la délicatesse de leur parfum, qui ressemblait à celui des vins de l'Italie, d*où les cépages avaient été apportés. A cette époque, les bords du Rhin étaient encore environnés de forêts, et il est probable que ce ne fut que sous le règne de Charlemagne qu'elles furent abattues et que l'on commença à y planter la vigne. La culture de cet arbuste a fait de si grands progrès, que l'on trouve des vignobles jusque sous le 52' degré de latitude septentrionale; et si, dans beaucoup de parties de ces climats froids, l'on ne fait que de mauvais vins, il y a cependant quelques districts qui en produisent de fort bons. Il est à remarquer que les meilleurs vins de l'Allemagne se récoltent sous une zone plus septentrionale que celle des pays que nous reconnaissons, en France, comme propres à rétablissement des vignobles.
Depuis BAle jusqu'à Mayence (Hainz), le Rhin parcourt une grande plaine dans laquelle on rencontre peu d'emplacements convenables pour la vigne; mais, entre Majence et Coblentz, ses bords sont escarpés et environnés de collines qui, surtout sur la rive droite, présentent les expositions les plus favorables pour sa culture. Aussi les deux rives du fleuve sont couvertes de vignobles dont on tire une grande quantité d'excellents vins qui font la richesse du pays. Les plus célèbres sont situés dans une petite portion de la contrée nommée le Rhirgau, dont la partie
àllemàgke. 335
qui s'étend sur la rive droite dà Rhin, depuis Wailauf, situé uq peu au'-dessous de Mayence, jusqu'à Rudesheim, occupe un espace d'environ 15 kil. de longueur sur 8 de largeur. H y a cependant au-dessus de Mayence quelques vignobles fort estimés, particulièrement à Hocbheim, sur les bords du Mein.
Les vins de l'Allemagne peuvent être considérés comme formant un genre particulier de vins secs qui diffèrent presque autant par leur goût et leur consistance de la majeure partie de nos vins moelleux de France, que ceux-ci des vins de liqueur de TEspagne, de l'Italie et de la Grèce; mais c'est h tort que, dans les deux premières éditions de cet ouvrage, je les ai signalés comme contenant tous un acide désagréable pour les personnes qui n'en font pas un usage habituel. Ce défaut ne se rencontre que dans ceux des mauvais vignobles, et il n'est général que quand la température de l'année a été contraire à la maturité des raisins. La plupart des vins rouges sont inférieurs aux blancs ; cependant plusieurs crus bien exposés en fournissent qui soutiennent la comparaison avec nos bons vins de cette espèce, et parmi les vins blancs, dont la récolte est beaucoup plus considérable, ceux d'un grand nombre de crus égalent en qualité ceux de nos meilleurs vignobles. Les vins du Rhin sont, en général, susceptibles de se conserver très-longtemps sans se décomposer; on assure même que les vins de Madère et quelques vins d'Espagne sont les seuls qui possèdent cette qualité à un aussi haut degré. Cependant les meilleurs vins blancs du Rhin et de la Moselle, qui, trois ou quatre ans après leur récolte^ ont un parfum délicieux et un goût fort agréable, perdent une partie de ces qualités quand on les garde plus de dix ans; ils acquièrent du spiritueux et de la force, mais ils sont beaucoup plus secs et moins agréables. Ce changement a été très-sensible sur les vins de 1811 et de 1815, qui étaient d'une qualité supérieure, comme ceux de 1835.
Les cépages les plus généralement cultivés dans les bons vignobles sont le riesling^ qui paraît être le même que celui que nous nommons gris et blanc^ et le klingerberger, qui ressemble à notre meslier. Le riesling, planté sur le revers des montagnes rocailleuses et rapides, donne de petites grappes blanches qui ne mûrissent que dans les années chaudes; mais alors il donne des vins qui se conservent longtemps et acquièrent, en vieillissant, un bouquet aromatique prononcé et agréable. Le klingenberger, cultivé dans les terrains bas, mûrit plus facilement et donne une plus grande quantité de vin, qui est plus doux et plus précoce
336 JLLLEIIÀGKB.
que le précédent, mais qui a moins de qualité, de bouquet, et ne se conserve pas aussi bien. On cultive aussi le pineau, le groê'blanc et quelques autres cépages.
Ce chapitre est divisé en sept paragraphes : le premier est formé du royaume de Hanovre; le deuxième, du royaume de Prusse ; le troisième, du royaume de Saxe ; le quatrième comprend la Hesse^ le Kassau et plusieurs autres Etats enclavés ou limitrophes ; le cinquième se compose du royaume de Bavière ; le sixième, du royaume de Wurtemberg; le septième, du grandduché de Bade. L'empire d'Autriche, qui a de vastes possessions hors de rAUemagne, et qui ne fait pas partie du ZoUverein, fera la matière d'un chapitre particulier.
I. Royaume de Hanovre, situé entre la mer du Nord, le Holstein, la Prusse, la Hesse^ le duché du Bas-Rhin et la Hollande, et entourant de tous côtés le grand-duché t Oldenbourg et la ville libre de Bbêm b.
La vigne ne peut pas prospérer dans ce pays, placé entre les 51* et 54* degrés de latitude. La bière est la boisson ordinaire de ses habitants, qui cependant font une assez grande consommation des vins de France et des autres pays méridionaux. Le principal commerce s'en fait à Hanovre, capitale de ce royaume. Les mesures en usage sont le fuder = 4 oxhofts, ou 6 ohms, ou 24 ankers, ou 240 stiibchens. — Stiîbchen (cannes ou 16 noesels) = 3^89. — Monnaies : le thaler vaut 3 fr. 75 c.
Brème, ou Bremen, ville libre, sur le AVeser, à 60 kiL de son embouchure, et enclavée dans le royaume de Hanovre, fait un très-grand commerce de vins de tous les pays, et surtout des vins de Bordeaux, dont elle est l'entrepôt pour toute la partie de l'Allemagne arrosée par le Weser. Les mesures en usage sont : (Yin du Rhin.) Fuder = 6 ohms de 4 ankers ou de 45 stiibchens, soit 540 stiibchens. — (Vin de Bordeaux et eau-de-vie.) Oxhoft = 1 1/2 ohm ou 66 sliibchens. — Sliibchen = 3^221. — (Bière.) Tonne = 45 stiibchens (le stiîbchen de bière = o\77, la tonne = 169^7). — Monnaies : Thalers (3 fr. 75 c.) divisés en 72 gros de 5 schwarens.
ALLEMilGlfE: . 337
$ II. Royaume de Pbussb, situé entre la mer Baltique^ la Po^ logne, l'empire (F Autriche, la Saxe, la Hesse, la France^ les Pays-Bas, la Belgique et le royaume de Hanovre,
La partie orientale de ce royaume, située sons les 52*, 55"* et 54* degrés de latitude, ne contient aucun vignoble important. Les pays qui formaient autrefois la Marche électorale ont environ 2,300 acres de vigne, dont la plupart sont dans le voisinage de ZuLLiGHAU et de Grdneberg, en Silésie, et de Gros- SEN, dans la Marche de Brandebourg. On en rencontre aussi aux environs de Cotbus, dans la Lusace. Presque tous les vins de ces vignobles sont aigrelets, sans force, et ne sortent pas du canton qui les produit. Cependant, depuis quelques années, on fait à Gruneberg des vins blancs mousseux qui, traités suivant les procédés employés en Champagne, ne sont pas sans agrément; il s'en fait d'assez fortes expéditions pour la Pologne, où ils sont recherchés, parce qu'ils coûtent beaucoup moins cher que ceux que Ton tire de France.
Naumbourg, dans la province de Saxe, est entouré de grands vignobles qui fournissent à la consommation des habitants de petits vins aigrelets, auxquels les Allemands trouvent quelque ressemblance avec nos vins de Bourgogne; maïs les meilleurs sont tout au plus comparables aux vins d* ordinaire de 3* qualité.
Dans la province rhénane, plusieurs contiennent des vignobles étendus qui produisent de fort bons vins. La partie septentrionale de cette province contient peu de vignobles ; mais sa partie méridionale en a de considérables, dont les principaux sont situés sur la rive gauche du Rhin, dans les cantons arrosés par la Moselle, la Sarre, TAar et la Nahe. Cette partie de la province, qui, avant 1814, formait les départements français de la Roër, de Rhin-et- Moselle, de la Sarre et une partie de celui de l'Ourlhe, contenait alors près de 10,000 hectares de vigne qui produisaient, chaque année, eni^iron 200,000 hectolitres de vins, parmi lesquels ceux récoltés dans les cantons baignés par le Rhin et par la Moselle jouissent d'une réputation méritée. Les vignobles dont on tire les meilleurs vins sont peuplés du cépage nommé riesling^ et ceux qui produisent les vins communs sont peuplés de celui nommé grosilanc. Actuellement cette province renferme environ 49,000mor-
336 ALLEMAGRI.
geDs (25 ares 4), produisant ensemble près de 400,000 eimers (68^7) ou 274,800 hectolitres de vin, savoir :
Sur le Rhio 12,000 morgeas 50,<K)0 einers.
— la Moselle .... 23,000 — 250,000 ^ Ailleurs 14,000 — 100,000 —
L'ensemble de la superficie consacrée au vin, en Prusse, est de 62,000 morgens, produisant de 425,000 k 450,000 eimers.
VINS ROUGES
Neuwied, sur la rive droite du Rhin, à 15 kil. de Coblenz, et LiNTz, à 25 kil, N. 0. de la même ville, sont entourés de vignobles qui Tournissent des vins ronges légers et fort agréables, que Ton nomme Meichert (vin pâle ou rosé) dans le pays : ils ont quelque analogie avec celui d' Ai^mansliausen, dans le duché de !^assau, dont ils diffèrent en ce qu'ils sont moins spiritueux et moins corsés. On recherche particulièrement ceux de Nenwied. Bacharach a également du bon vin rouge, mais en faible quantité.
Altenaur, Dernau, Mayschof, Rech, Ahrveiler, Bruck, Kreutzberg, Hoenningex et Kesseling, dans rarrondissement de Bonn, produisent de fort bons vins rouges dont il s*exporte une certaine quantité; ils sont cependant moins estimés que les vins blancs.
Pommern, a 5 kil. de Cochem, sur la Moselle, donne aussi des vins rouges de bonne qualité.
VINS BLANCS
Première cla^e.
Bacharach, au-dessous de Bingen^ sur la rive gauche du Rhin, à 46 kil. E. de Simmern, est environné de très-beaux vignobles, dans lesquels on récolte des vins dits du AAin, qui ont un fort bon goût particulier et un parfum agréable ; mais ils ont moins de force et se conservent moins longtemps que ceux des vignobles situés plus haut sur le même fleuve.
PispoRT, Zeltingbn, Glisberg. Braunenberg, Dusemond et ScHARTSBERG, entre 20 et 40 kil. de Trêves, produisent les meilleurs vins dits de Moselle; ils sont clairs et secs, ont un bouquet agréable et une sève aromatique, qui approche de celle de
DOS vins de 2* classe des Graves de Bordeaux : ils sont, en général, plus froids que les vins du Rhin. Ceux de Schartsberg sont plus corsés que les autres. Tous ces vins mûrissent en cinq ou six ans et se conservent ensuite pendant dix ou douze ans quand ils proviennent d'une bonne année.
Deuxième classe.
Trêves. Wehlen, Graagh, Becherbagh, Litzerhegken et RuTZ, sur la Moselle, fournissent des vins qui participent de toutes les qualités de ceux que je viens de citer; mais ils ont quelquefois un léger goût d'ardoise provenant du terrain qui les produit.
Steeg, Steegerberg, le lieu dit VEngehelle, à Ober-Wesel, MoNTziNGEN, Maas, Huhn et DiEBACH donnent les meilleurs vins dits de la Nahe,
Troisième classe.
Ahrveiler, Walporzheim , sur PAar, et Bodendorf, près de la même rivière, à 3kil. de Remagen, font des vins secs, pleins de corps et de spiritueux, qui sont estimés sous le nom de vins detAar. On distingue surtout, à Ahrveiler, le vin nommé kirchwein, comme étant le meilleur de cette espèce.
Les lieux dits Affenbourg et Hamen, près Coblenz ; Stratig^ Elzenberg^ Alsenbera, commune de Nieder-Breisig et Lutz, près Treis, à 35 kiï. S. 0. de Coblenz; Riol, Neumagen, WiNTRiCH, à rOlisberg; Lieser et Craef, au Niederberg ; Berkgastel, à rOlke et au Leye^ Urzig, au Krankenleye; Traben, dans le Trabenberg , tous sur la Moselle ou voisins de cette rivière, entre 10 et 30 kil. de Trêves, ont de beaux vignobles, dont les meilleurs vins entrent dans cette classe; les autres parcourent les différents degrés de la suivante.
Leinenborn près de Sobernheim, Bungert à Creutznach, et RosENHEGK à Weuzenheim, produisent des vins estimés parmi ceux de la Nahe.
Quatrième classe.
Tous les pays cités dans les précédentes classes produisent des
vins qui ne peuvent entrer que dans celle-ci, les uns comme vins d'ordinaire de 2% de 3* ou de 4*" qualité, et les autres comme vins communs.
Les vignobles d'IlNSBERO, du Hahberg et du Rensberg, à Trarbach; de Wurzgarfen, près de Traben ; ceux d^Ungerberg, du Zaalfond^ du Munchroth^ et du Landfuhrberg^ près de Trarbach; du Hinterberg et du Stephansberg^ près d'Enkirch, tous sur les rives de la Moselle, entre 50 et 60 kil. S. 0. de Coblenz, et entre 35 et 40 kil. de Trêves, donnent des vins d'ordinaire de différentes qualités et des vins communs. Les vignobles de Bourg, au delà dTnkirch, 50 kil. de Coblenz, et tous ceux de la Moselle, depuis cet endroit jusques et y compris ceux de WiNNiNGEN, CoBERN et Ley, sur le Roethen, entre 4 et i2 kil. de Coblenz, fournissent beaucoup de vins blancs communs.
Wayern, Câuzem et Bibelhausen sur la Sarre, entre 8 et i2kil. de Trêves, sont les principaux vignobles dits de la Sarre; les vins quMIs produisent, presque tous blancs, sont légers et agréables; ils ressemblent à nos vins des environs de Metz, département de la Moselle.
Les vignobles de la Montagne- Verte, canton de Pfaizel, a 4 kil. N. E. de Trêves, produisent des vins qui sont recherchés dans les bonnes années ; ceux de Cusel et de Vâldragh, dans le même canton, passent pour être un spécifique contre la gravelle.
Creutznach, Oberstein, sur la Nahe, et plusieurs autres vignobles situés près de la même rivière, fournissent des vins agréables ; on peut les boire après deux ou trois ans de garde, et ils se conservent jusqu'à dix et douze ans; mais ceux de la Glan^ quoique assez agréables, sont inférieurs à ceux de la Nahe et moins solides; ils doivent être bus dans le cours des deux pre* mières années.
II y a aussi quelques vignes dans les environs de Cologne ; mais elles ne produisent que des vins de basse qualité, parmi lesquels on distingue cependant comme assez agréables ceux de Hersel, à IS kil. S. E. de Bruhl, sur le Rhin.
Le principal commerce des vins de la province rhénane se fait à Cologne, Trêves, Clêves, Coblenz, Bonn, Simmern, Bacharach et Trarbach : les mesures en usage sont le vierlel^ qui contient 6 litres ; l'oAm, de 156 litres ; la tonne^ de 958 litres. A Aix-la-Chapelle, Y ohm ne contient que 153 litres.
Stbttin, chef-lieu de la Poméranie, sur FOder, à 130 kil. N.
E. de Berlin, fait un grand commerce de vins de diflTérents pays» dont elle esl l'entrepôt. Les mesures en usage sont Yanker, de 34 litres 1/S, et Yeimer, qui vaut deux ankers. A Berlin, Vanker est de 37 litres i/2 ; à Danzig. dans la Prusse, les mesures en usage sont le vierleh de 9 litres 1/2; Vanker^ de 47 litres; Vohm, de 188 litres; Yoxhoffï, de 282 litres. A Kœnigsberg et Mémel» Vohm est de 172 litres; il est de 147 à Brunswick et de 144 à Erfurth. Brieg et Breslan, dans la Silésie, ont de grands entrepôts des vins de la Hongrie et des autres vignobles de l'Allemagne. La mesure en usage est Yeimer, de 55 litres 1/2; à Rostock, dans le duché de Mecklembourg-Schwerin, on emploie Vanker de 36 litres 20 centilitres.
S IIL Royaume de Saxe, situé entre la Prusse^ F Autriche (la Bohême), la Bavière et la Thuringe.
Placé entre les 50* et 52* degrés de latitude N., ce pays contient quelques vignobles assez importants plutôt pour la quantité que pour la qualité de leurs produits.
Meissen, à 25 kil. N. 0. de Dresde, récolte d'assez bons vins.
La basse Lusace a des vignobles beaucoup plus importants que Ton ne s'attend à en trouver dans un pays situé sous le 52* degré de latitude; ils fournissent des vins rouges et des vins blancs assez bons, parmi lesquels on distingue particulièrement ceui des environs de Guben, comme supérieurs en qualité à tous ceux de la Saxe.
Quelques autres cantons contiennent des vignobles peu étendus et dont les produits sont au-dessous du médiocre; il ne s'en fait aucune exportation.
La mesure en usage à Dresde est Veimer, qui contient 68\7; à Leipzig, Yeimer est de 76 litres; le fass^ de 379, et le fuder^ de 912.
§ IV. Hbsse, Nassao et autres États, compris entre le Hanovre^ la Bavière, le Wurtemberg, le grandniuché de Bade.
Ces Etats sont placés entre les 49« et 51* degrés de latitude; ils se composent de laHesse électorale, du landgraviat de Hesse- Hombourg, du grand-duché de Hesse-Darmstadt (superficie des vignobles: 39,191 arpents; production : 232,000 eimers de 68^14), du duché de Nassau (vignobles, 15,541 arpents; pro-
dactioD : 62,4S0 eimers) et de plusieurs territoires voisins ou enclavés dans ces Etats.
La culture de la vigne est très-étendue dans plusieurs cantons» et fournit des vins estimés, surtout dans les pays voisins de la rive droite du Rhin. On en récolte aussi une grande quantité et de fort bons sur la rive gauche> dans les évèchés de Mayence et de Worms; il s* en fait de grandes exportations pour l'Angleterre» la Hollande, le Danemark, la Suède, la Russie et pour tous les Etats de T Allemagne. En temps de paii, on en envoie jusque daoslinde, parce que ceux de bonne qualité supportent les plus longs voyages sans s'altérer. Le prix des vins nouveaux des bons crus varie, suivant les années, de i fr. 50 c. à 5 fr. 50 c. le maas (1S3); tandis que ceux des bas crus se donnent quelquefois a 3 fr. rhectolitre. Mais, comme les vins de premier choix se gardent trente, quarante, cinquante et jusqu'à cent ans, leur prix augmente en raison de leur Age et de la qualité qu'ils ont acquise ; l'on en vend quelquefois jusqu'à 12 et même 24 fr. la bouteille. Ils ne sont pas sujets à tourner à la graisse, et conservent toujours leur limpidité.
Les vins de la rive gauche du Rhin ont moins de corps que ceux de la rive droite; cependant ils sont plus fins, et joignent à beaucoup de spiritueux un bouquet aromatique très-prononcé et des plus suaves, qui égale, s'il ne surpasse pas, ceux de nos meilleurs vins. Ils sont fort recherchés en Allemagne ; mais le go&t sec et piquant qui les caractérise déplatt généralement aux Français, du moins au premier abord ; ce n'est qu'après en avoir bu pendant quelque temps que nous apprécions toutes leurs qualités. Le piquant de ces vins, loin d'être un acide grossier et corrosif, est fin et délié ; il constitue une partie de leur mérite, car il sert à neutraliser le soufre, qui, sans cela, se porterait avec trop de violence dans le sang. Les vins du Rhin sont trèssains et diurétiques ; ils n'attaquent pas les nerfs et ne troublent la raison que quand on en boit avec cicès.
VINS ROUGES
AsuANSHAUssN, situé un peu au-dessous de Rudesheim, dans le duché de Nassau, récolte les meilleurs vins rouges de celte contrée. On assure que, dans les bonnes années, ceux des premiers crus sont peu inférieurs à nos grands vins de la haute Bourgogne, avec lesquels ils ont beaucoup d'analogie quand ils
ALLEMAGMB. 3^8
sbnt à leur point de matarité ; mais on en fait peu de cette excellente qualité, et il est très-difflcile de s'en procurer.
. Ingblhbim, à 16ktl. S.O. deMayence, dans ie grand-duché d^ Hesse-Darmstadt, fournit des vins qui jouissent d'une réputation égale à celle des précédents. Plusieurs autres crus donnent des vins rouges de diverses qualités.
VINS BLANCS
Première classe.
I/ancien chAteau de Johannisberg, situé sur la montagne du nième nom, un peu au-dessous de Mayence, dans la partie du duché de Nassau nommée le Rhingau^ est entouré de vignobles considérables, dont la partie eiposée au midi produit les meil^ leurs vins dits du Rhin. Les premières vignes y furent plantées, vers la fin du xi* siècle, par les religieux d'une abbaye. Ce cru célèbre appartenait autrefois à Tévèque de Fulde ; mais, lors de la sécularisatioQ des Etats ecclésiastii|ues, le prince d'Orange acquit ce domaine, qui, plus tard, fut cédé au prince de Hetternich, qui le possède aujourd'hui. Les meilleures vignes, plantées mr les souterrains du cbfttean, faillirent être détruites pendant les guerres de la révolution. On assure que le général Hoche voulut les faire sauter, et que ce ne fut qu'à la sollicitation des habitants et à Tintervention du maréchal Lefebvre que Ton dut la conservation de ce précieux vignoble, qui produit, chaque année, 28 tonneaux contenant chacun 1,300 bouteilles de vin» dont le prix, en 1809, a été de 4 florins ou 8 fr. 60 c. la bou^ teille. Ceux de 1 779, 1 788, 1805 et 181 1 ont été vendus jusqu'à la florins ou 28 fr. 80 c. la bouteille. Ceux de 1815, de 1819, de 1822 et de quelques années postérieures se sont aussi distingués par leur haute qualité et ont été vendus à de très-hauts prix. Le cépage qui peuple cette vigne est le riesling $ Ton vendange quinze jours plus tard que dans les autres vignobles, et Ton ne soutire le vin de dessus sa grosse lie qu'au bout d'un an^ tandis que les vins des autres crus sont soutirés, une première fois, trois mois après la récolte, et une seconde fois après six mois. Le vin du château de Jobannisberg est surtout estimé pour son bouquet prononcé et agréable, pour sa sève et .austst fNittr l'absence presque totale du piquant qui caractérise Jes
ALLBMàGHS.
autres vins do Rhin. On se procure très-difScilement le vin de ce cru ^ mais celui que l'on tire des vignes qui sont au pied de la montagne est encore supérieur à la plupart des autres vins du Rhin et se vend assez cher. C'est celui que Ton trouve le plus ordinairement dans le commerce» au prix de 2 ou 3 florins ou de 4 fr. 30 c. à 6 fr. 45 c. la bouteille.
RcDESHEiH, aussi dans le Rhingau, à 30kii. 0. de Mayence, sur une colline de la rive droite du Rhin, vis-à-vis de Bingen. Les beaux vignobles qui entourent ce village ont été plantés sous le règne de Charlemagne, et garnis de cépages tirés de la Bourgogne et de rOrléanais. Le raisin à pellicules dures que l'on y rencontre se nomme encore orléaner ; mais un ancien titre» trouvé dans les archives de l'archevêché de Mayence, prouve que les coteaux du voisinage ne furent plantés en vignes qu'en 1074. Les vins de Rudesheim ont du corps, assez de force, un parfum très-agréable et moins de piquant que la plupart des autres vins du Rhin. Celui nommé hinterhauser, parce qu'il croit immédiatement contre les maisons du village, et celui dit rudesheimer" berg ou vin de montagne ^ diffèrent peu en qualité du meilleur vin de Johannisberg.
Steinberg. Ce vignoble, qui dépendait autrefois du riche monastère d'Eberbach, appartient maintenant au duc de Nassau. Le vin qu'il produit est le plus fort de tous ceux dits du Rhin; il joint à beaucoup de finesse un parfum délicat et agréable ; ou le range, comme celui de Riidesheim, immédiatement après celui de Johannisberg.
Le Gbâfenberg, à Kidrich, aussi dans le duché de Nassau, était encore un domaine du monastère d'Eberbach, mais moins considérable que celui de Steinberg. Il produit des vins qui diffèrent peu de ceux de ce vignoble.
HoGHHEni, situé sur la rive droite du Mein, à 4 kil. E. de Mayence, produit des vins qui se distinguent surtout par leur parlum aromatique très-prononcé et agréable. Les deux premiers crus de ce vignoble appartenaient autrefois au doyen de Mentz, et n'avaient pas plus de 36 acres d'étendue ; mais d'autres jriantations, faites dans le voisinage de ces crus, fournissent beaucoup de vins de bonne qualité, dont les meilleurs se vendent ordinairement, au sortir du pressoir, d,500 florins ou 5,335 fr. le tonneau de 1,300 bouteilles, et quelquefois encore plus cher. On en envoie beaucoup en Angleterre, où ils sont très-recherchés.
Kidrich, près de Hochheim, récolte, dans le cru nommé
ALLEMAGNE. 3i5
Markbrunn, des vins de même espèce et qui jouissent de la même réputation que ceux de Hocbheim.
WoRsis, à 33 kil. N. de Spire, près de la rive gauche du Rhin, dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt, présente dans cette classe le vin nommé liebfrauenmilch (lait de Motre-Dame)» qui se distingue par beaucoup de corps, de sève et de bouquet.
Deuxième classe.
Les vins de 2* et de S"* qualité de Johannisbeeg, de Rude- SHEiH, de Steinberg, du Grafenberg, et la plus grande partie de ceux de Hockheim, ne peuvent entrer que dans cette classe.
BmGEN, à 35 kil. 0. S. 0. de Hayence, sur la rive gauche du Rhin, au confluent de la Nahe, dans le grand-duché de Hesse- Darmstadt, a de tr^grands vignobles. Ceux du mont Scharlachberg, situé près de la ville, donnent des vins qui ont beaucoup de spiritueux, avec un bouquet et une sève des plus agréa* blés. Le prix du scharlachberger est toujours très-èlevè.
WiKERT et KosTHEiM, près de Hochheim, et Geisenheim, dans le duché de Nasâau, font des vins de même espèce et peu • inférieurs à ceux de Hochheim.
WiESBADEN, capitale du Nassau, à 8 kil. N. de Mayence, donne des vins d*une qualité supérieure, parmi lesquels on distingue ceux du village de Schierten, de la métairie de Narden^ et ceux du territoire même de Wiesbadm; ils ont toutes les qualités qui caractérisent les bons vins du Rhin.
Troisième classe.
Les vins du Hampiberg^ à Rauenthal, ont du corps, du spiritueux et un parfum agréable. Bingeit et Geisbnhbim, déjà cités, produisent aussi beaucoup de vins qui n'entrent que dans cette classe et les suivantes.
NiBRSTBiN, Oppenhbim et Laubenhei», à environ 25 ou 30 kil. de Mayence, dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt, produisent les meilleurs vins de la rive gauche du Rhin.
WoBMS, cité dans la f classe pour son vin nommé liebfrauenmilch, fait un grand commerce des vins de son territoire, qui soot, en général, de fort bonne qualité.
346 ALLEMAGNC.
QiKUrihnê classe.
Tous les vignobles cités dans les précédentes classes produisent beaucoup de vins qui ne peuvent entrer que dans celle-ci cl la suivante, les uns comme vins d'ordinaire de 1". 2*, S* et 4* qualité, et les autres comme vins communs.
Matenge, BonENHEiM, Gaubisgheim et Nackenheim, entre 4 et 12 kil. de Hayence, font des vins estimés et qui donnent lieu à des exportations considérables. On recherche surtout celui nommé kœstrich^ qui se récolte sur le territoire de Mayence. Ces vins n'ont pas beaucoup de corps, mais ils sont parfumés, délicats et d'un goût fort agréable.
BisGHOFSHEiH, daus réiectorat de Hesse, fournit les vins les plus estimés de l'ancien comté de Hanau, dont les vignobles sont considérables et de bonne qualité.
RoTHENBERG, sur la Fulde, dans la Hesse électorale, fait des vins estimés pour leur douceur et leur parfum agréable.
Cinquième classe.
Philippsbgk, château situé sur une montagne, dans le bailliage de Butzbach, à iâ kil. S. de Wetriar, HEiCHEmERG et WiLDEKSTBiN, d«ns le comté d'Erbach, grand-duché de Hesse- Darmstadt, sont entourés de vignobles considérables qui fournissent des vins parmi lesquels plusieurs sont recherchés comme d*ordinaire.
Le CATZENELLEimoGEN, contrée coupée par le Mein, qui appartient en partie au grand-duché de Hesse-Darmstadt, et en partie au duché de Nassau, produit beaucoup de vins d'ordinaire assez bons et dont le plus grand nombre est consommé par les habitants. Le district de Fulde, dans la Hesse électorale, et plusieurs autres cantons des différents pays compris dans oe paragraphe, produisent des vins d'ordinaire de diverses qualités, af ec beaucoup de vins communs sans force ni qualité, qui ne se conservent pas et dont il ne se fait aucune exportation.
Le principal commerce des vins du grand^uché de flesse- Darmstadt se fait à Mayence, à Worms et à BIngen; cette der** nière ville en expédie beaucoup en Hollande et à Francfort-sur*; le-Mein. Les mesures en usage sont l'ohm, qui contient environ
iXLSHÀGNB. 347
140 litres; Veimer^ qui, à Mayence, est de 155 litres, et U fuder ou stûcUfass^ grand tooneau qui contient 7 ohms 1/2 ,oq 1,050 litres.
Frangfobt-sur-le-Mei^, ville libre, à 32 kil. N. E. de Mayence, dont le rapproche Tun des premiers railways con* struits en Allemagne, est l'entrepôt de tous les vins de France et du Rhin qui sont destinés pour l' Allenaagne ; elle en foit un commerce très-considérable. Hanau, à 24 kil. E. de Francfort, fait le principal commerce des vins qu'on récolte dans son voisinage. Les mesures en usage sont le viertel^ qui représente 7 litres 38 centilitres, et Yohm, qui est de 147^49. A Cassel, capitale de la Hesse électorale, et à Harburg, dans le duché de Hesse-Darmstadt, le vierlel est de 8^16, et Vohm de 163S45.
Nieder-Seltebs, plus connu en France sous le nom de Sbltz, dans le duché de Nassau, est célèbre par ses eaux minérales gazeuses, qui s'expédient dans les pays les plus lointains et jusqu'aux Indes orientales. Ces eaux ont un goût acide vineux, et font sauter le bouchon comme le vin de Champagne. Le débit annuel en est évalué à un million de bouteilles, qui produisent un revenu net de plus de 60,000 florins, environ 130,000 fr. argent de France; l'on sait que d'incalculables quantités d'eau de Sellz sont produites artificiellement jusque dans les ménagés les plus modestes.
§ V. Royaume de Bâvièbe, situé entre la Hesse, la Saxe^ la Bohème f l'archiduché d* Autriche ^ le Tyrol et le Wurtemberg ^ entre les kV et 51* degrés de latitude.
Avant 1814, les possessions de ce royaume, quoique placées sous un climat plus tempéré que la Saxe, n'offraient presque nulle part à la vigne le sol et les expositions convenables à sa végétation. Le peu de vin qu'elle fournissait se consommait dans le pays, où la bière est d'ailleurs la boisson ordinaire des habitants; mais le grand-duché de Wurtzbourg, sur la rive droite du Rhin, qui y a été réuni à cette époque, comprend une grande partie de l'ancien cercle de Franconie et contient beaucoup de vignobles qui produisent des vins d'excellente qualité, connus sous le nom de vins de Franconie. Les acquisitions que la Bavière a encore faites des quatre cercles de Deux-Ponts, de Spire, de Landau et de Kaisersiautern (le Palatinat), sur la rive gauche du Rhin, ont aussi des vignobles importants. Depuis
Landau jusqu'à Neustadt, les collines en sont couvertes. Lorsque ces cercles appartenaient à la France, Ils étaient compris dans le département du Hont-Tonnerre, qui, avec la partie de TévÊché de Mayence située sur la rive gauche du Rhin, contenait 14,000 hectares de vigne, produisant, récolte moyenne, 396,000 hectolitres de vins. Actuellement la Bavière proprement dite en possède 64,894 journaux {Tagetioerk) produisant, année ordinaire 864,350 eimers de vin. Le Palatinat, ou la Bavière rhénane, province détachée, située sur la rive gauche du Rhin, et que Bade et Wurtemberg séparent du territoire principal, a 31 ,395 journaux produisant 585,595.
Les monnaies en usage dans la Bavière sont : (Or.) Ducat valant 5 florins 24 kreutzers , ou 2 thalers 25 gr. — (Argent). Florin (Gulden) de 60 kreutzers valant 2 fr. 14 2/7 c. (On compte habituellement 2 fr. 10 c.) — 105 kreutzers (1 3/4 fl.) font 1 thaler. (Ne pas confondre ce florin, dit du Rhin^ avec celui de l'Autriche qui vaut 50 centimes de plus.)
Les mesures de superflcie sont le journal oui arpent (Tagewerk, Morgen, Juchert)^ 400 perches carrées, soit 34"^, 07.
Mesures de capacité. Pour les liquides en général^ maass 1^07. — Pour la bière, Teimer (Yisir-Eimer) divisé en 24 maass tient 68^42. — L'eimer (ou Schenk-Eimer) de vin n'a que 60 maass (64',14) de 4 quartels.
VINS ROUGES
On en récolte peu, parce que les raisins de cette couleur prospèrent moins bien que les blancs, et donnent des vins d'une qualité inférieure; cependant on en fait de fort bons dans les vignobles de Koenisbâgh, à 5 kil. de Neustadt, dans ceux de Wângen, à 30 kil. N. de Landau et dans quelques autres endroits; ils sont recherchés dans le pays, mais leur réputation est bien au-dessous de celle des vins blancs, et il ne s* en fait aucune exportation.
VINS BLANCS
Première classe.
WuRTZBOiJRG, sur la rive droite du Mein, dans la Franconie, à 70 kil. S. 0. de Bamberg, sous le 49* degré de latitude. Le
territoire de cette ville, Tun des plus fertiles de l'Allemagne, fournit au commerce une grande quantité de bons vins dont les meilleurs se récoltent dans les vignes nommées Leisi, Slein^ Harfen el Gressen. La première, située sur la rive gauche du Mein, vis-à-vis de la ville, appartient à Tbôpital du Saint-Esprit; elle donne un vin sec, spiritueux, parfumé el fort agréable. La seconde» située au pied de la citadelle, produit un vin de même espèce que le précédent, mais plus spiritueux et plus échauffant; on l'accuse même d occasionner de violents maux de tète lors* qu'on en use trop librement. Ces deux vins sont rangés parmi les plus estimés de T Allemagne. La meilleure et la plus forte partie du vignoble de Stein appartient au roi de Bavière; le surplus dépend du domaine de l'hôpital du Saint-Esprit, qui le vend en bouteilles, à un très-haut prix. En 1811, la récolte de cet excellent vin fut assez considérable, et il s'est vendu jusqu'à 12 fr. 50 c. la bouteille, ^hôpital de Wurtzbourg vend à haut prix non-seulement les vins qu'il réeolte dans les crus de Leist et de Stein, mais encore beaucoup d'autres d'une moindre qualité, que ses administrateurs font conserver avec soin et qu'ils ne livrent à la consommation que quand ils ont acquis leur plus haut degré de perfection.
Deuxième classe,
La vigne nommée Harfen (harpe), parce qu'elle présente la forme de cet instrument, est à la suite de celle de Leist, sur la rive gauche du Mein, et celle nommée Gressen^ parce que, diton, le terrain est disposé en terrasses, est près de la ville de Wurtzbourg. Ces deux crus donnent des vins secs qui participent de toutes les qualités de ceux de Leist et de Stein ; ils forment la seconde classe de cette espèce.
Salbgiler, petit village, à 8 kil. de Wurtzbourg, fournit des vins dont les meilleurs sont de même espèce et aussi estimés que les précédents.
RoTH, à 7 kil. N. p. 0. de Landau, Deidesheih, à 8 kil. N. p. E. de lïeustadt, Dcrkeim, à 12 kil. N. de la même ville, et Haexheim, à 7 kil. de Goelheim, fournissent les vins les plus corsés et les plus généreux du Palatinat ; ils sont aussi les plus recherchés et se vendent, au bout de quelques années, jusqu'à 3,500 fr. le foudre ou stûkfasSy qui contient 1,050 litres. On distingue surtout à Roth l'excellent vin du cru de Tramine. Les
350 ALLEMAfaNB.
oégociants de Francfort ont des comptoirs à Deidesheim, et, dans les bonnes années, ils achètent tous les bons vins au sortir de la cuve.
Troisième classe.
ESGHERNDOBG, YOLKACH, SOMMERACH, SCHALKSBERG et
Schweinfctbt-sub-le-Mein, dans la Franconie, produisent des vins secs de fort bonne qualité.
KoENiGSBACH, Neustadt, Fobst, Ungstein, Gbcbnstadt et Webtheih, dans la Bavière rhénane, fournissent beaucoup de vins, dont quelques-uns seulement peuvent figurer dans cette classe ; mais le plus grand nombre ne peut entrer que dans les 4* et 5* classes.
Quatrième ei cinquième classes.
Tous les vignobles de la Franconie et de la Bavière rhénane produisent des vins qui n'entrent que dans ces deux classes, les uns comme vins d'ordinaire de 1'% S"", 3' ou 4* qualité, et les autres comme vins communs.
Bebg-Zabebn, à 8 kil. de Wissembourg, dans la Bavière rhénane, et plusieurs autres vignobles du duché de Ueui-Ponts, donnent des vins d'ordinaire de fort bonne qualité.
Bebingfeld et Zeil, dans Tévèché de Bamberg, sont entourés de vignobles qui produisent des vins d'ordinaire assez bons. On en récolte aussi beaucoup dans les vignobles de Sghwbinfurt, sur le Mein, à 36 kil. 0. de Bamberg; dans ceux des environs de LiNDAU sur le lac de Constance dans la Souabe ; et de Ravbns- BURG, dansTAIgau.
VINS DE LIQUEUR
On prépare, dans plusieurs vignobles de la Franconie, des vins de paille semblables à ceux de l'Alsace, mais plus aromatiques. Ce pays produit encore beaucoup d'autres vins de moindre qualité, qui s'y consomment, ainsi que dans les contrées voisines.
AscHAFFBNBouRGy sur la rivo droite du Mein, à 40 kil. S. £»
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de Francfort, a dans son voisinage fe rocher de Trieffenslein, sur leqael on récolte un vin de liqueur nommé almus (jonc odorifère], dont il a le goût, et qui est recherché dans le pays ; il a quelque ressemblance avec les vins douï de la Hongrie. Orî fait aussi des vins de même espèce i Sghweinfurt et à Louisbourg.
La ville de Wnrtzbourg fait un grand commerce des vins de son territoire; ils s'y vendent à Yeimer, qui est de 61 litres, et an fuder, qui en contient 751. A Ochsenfurt, Veimer est de 69',57; à Sommerhausen, il est de67*,58; à Kitzingen, d'où l'on exporte, chaque année, plusieurs mille fuders de vin, d'eau-de-vie et de vinaigre, Yeimer vaut 76S59; è Anspach, il est de 84^^8; à Sommerach.de 71',475 àSchwabach, de69*,65, et à Heidingsfeld, de 72*,76. Le fader se compose de 12 eimers. Le bon état des routes, la proximité du Mein et le chemin de fer font qu'une grande partie des denrées de la Franconie passe par les mains des négociants de Wurtzbourg et de Kitzingen.
Les vins de la Franconie sont presque tous expédiés pour la Saxe royale, les duchés saxons et le nord de TAIIemagne, où ils sont préférés, parce qu'ils coûtent moins cher que les vins du Rhin, même d'une qualité inférieure.
§ VL Royaume de Wurtemberg, situé entre la Bavière^ la Suisse et le grand-duché de Bade, par les 47% kS* et 49» degrés de latitude septentrionale.
Les vignes sont Tune des principales branches de la richesse territoriale de ce pays ; les plants ont été tirés des meilleurs vignobles de France, de la Yalteline et de la Hongrie; on en a même vu de Chypre et de Perse réussir parfaitement dans plusieurs cantons.
Les vallées de Rems, du bas Nbgker, de Sulm et de Zabert, les environs de Heilbronn, ceux de Weinberg, d'EsuNGEN, sur le Necker; de Rayensbourg, a 16 kil. de Buchorn, et, en général, les districts septentrionaux, ont le sol et la température convenables à la vigne. Les vins sont généralement bons et estimés dans le pays ; on en fait quelques expéditions pour l'Angleterre, où OQ les connaît sous le nom de vins du Decker. Les meilleurs se récoltent dans les vignobles de Bbssigheim, près de Laufeo, a 8 kil. d'Heilbronn ; ils ont une couleur rouge peu foncée, du spiritueux, un fort bon goût, de la sève et un bou-
quet très-suave. On cite aassi avec éloge ceux des vignobles de BoDWAR, à 16kil. N. de Stuttgard, et ceux de Canstadt, à 4lLil. N. E. de la même ville.
Le principal commerce des vins se fait à Stuttgard, capitale du royaume, et à Heilbronn, qui en est éloignée de 40 lui. au N. Cette dernière ville fait non-seulement le commerce des bons vins de son territoire, mais elle est encore Tun des entrepôts de transit pour différentes parties de l'Allemagne.
La production totale de Wurtemberg s'élève à 652,832 eimers de 68^,14 et la superficie de ses vignobles de 104,635 arpents {morgens) de 31 ",51.
Même monnaie qu'en Bavière.
S VIL Grand-duché de Bade, situé sur le Rhin^ entre le duché du BaS'Rhinj la Besse, le royaume de Wurtemberq, la Suisse et la France^ sous les 47% 48' et 49* degrés de latituae.
La vigne occupe le premier rang parmi les productions de ce pays, et donne, en général, des vins de bonne qualité, même dans les parties septentrionales : ceux de quelques cantons méridionaux sont fort estimés. Superficie des vignobles : 59,152 arpents (morgens) de 36 ares; production: 742,753 eimers de 68M4.
VINS ROUGES
Les bords du Neceeb ont des vignobles assez étendus qui produisent des vins de diverses qualités, parmi lesquels on en rencontre des rouges que quelques personnes comparent à ceux des bons crus du Bordelais.
VINS BLANCS
La seigneurie de Badenweilet, à 16 kil. S. E. de Fribourg, produit les vins les plus renommés ; ceux surtout de Fénerbach et de Laufen ont toutes les qualités des bons vins du Rhin.
Eberbach, à 12 kil. 0. de Mosbach, a dans son territoire des vignobles qui produisent de fort bons vins; ils sont estimés pour leur douceur et leur parfum agréable.
Heidelbebg, sur le Necker, à 72 kil . S. de Francfort. La route qui mène à Darmstadt et qu'on nomme Bergstrasse (route des
àllehàgne. S5S
montagnes)^tra¥erse de beaux vignobles : on cite parmi les curiosités de cette ville un tonneau immense, entouré de cercles de cuivre, contenant environ S40 fuders ou 3,192 hectolitres de vin , que le gardien ne manquait pas de faire goûter aux étrangers, avec beaucoup de cérémonie , dans une belle coupe nommée mederkom, en leur annonçant qu'il a cent vingt ans.
Les environs de Bade sont remplis de vignobles qui fournissent beaucoup de bons vins, parmi lesquels on cite ceux de Cbetzingen, de Berghausen et de Sellingen, dans le bailliage de Dourlach, à 8 kil. E. de Carlsruhe.
Les vignes voisines du lac de Constance, principalement celles de Mersebourg, et d*UBERLiNGEN, donnent des vins estimés : rile de Reighenau, située au milieu du lac, en produit d'assez bons.
Les mesures en usage sont le viertelj de 9\20; Yokm^ de ilOSSO, et leJudeTy qui coniienHO ohms.
CLASSIFICATION
(Vins pâles ou rose clair).
VINS ROUGES
Les meilleurs, d'Asmanshausen, dans le duché de Nassau, sont des vins fins de 2* classe. Ceux des autres crus n'entrent que dans la 3*, avec les vins nommés bleicherts, que Ton fait à Neuwied, Lintz, Altenahr, Dernau, Mayschof, Rech, Ahrveiler, Bruck, Creutzberg, Hœnningen et Kesseling, dans le duché du Bas-Rhin ; les meilleurs de Bessigheim, et de quelques autres vignobles du Necker, dans le royaume du Wurtemberg, et enfin de Kœnisbach et de Wange, royaume de Bavière. La plupart des vins rouges du NeckeTy que Ton récolte dans le royaume de Wurtemberg et dans le grand-duché de Bade, sont des vins d'ordinaire de 1'% 2", 3* et 4^ qualité, dans les 4* et S* classe^. Tous les autres vins rouges de l'Allemagne sont communs et de qualité inférieure.
VINS BLANCS
Ceux du château de Johannisberg, les meilleurs de Rûdesheim,
de Steinberg, de Grafenberg, de Hochbeim, le marld^runn de Kidrich. dans le duché de Nassau , et celui nommé liehfrauenmilch, à Worms, dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt, forment la première classe des vins secs de rAUemagne avec ceux des vignes de Leist et de Stein, à Wurtzbourg, dans le royaume de Bavière, les sept premiers comme vins du Rhin^ et les deux autres comme vins de Franconie.
Les vins de 2* qualité des crus que je viens de citer* les meilleurs de ceux de Yikert, Kostheim et Geisenheim, dans le duché de Nassau ; deBingen, grand-duché de Hesse-Darmstadt ; de Bacharach, Prusse rhénane, entrent dans la 2* classe comme vins du Rhin, avec ceux des vignes nommées Harfen et Gressen^ à Wurtzbourg, et de plusieurs crus de Salecker comme vins de Franconie ; ceux de Roth^ Deidesheim, Durkheim, et Harxheim, comme vins du Palaiinat, de Bavière ; enfin ceux de Pisport, Zeltingen, Olisberg, Braunenberg, Schartsberg et Dusemond^ dans la Prusse rhénane, comme vins de Moselle.
La Z"" classe se compose 1"* des tins du Rhin^ que Ton fait à Rauenthal, Geisenheim, Nierstein, Oppenheim et Laubenheim, dans le duché de Hesse-Darmstadt; de Badenweiler, Fenerbach, Laufen, Eberbach, Kingenberg et Heidelberg, dans le duché de Bade; enfin des meilleurs crus de Kœnigsbach, Neustadt, Forst, Ungstein, Grundstadt et Wertbeim, dans la province bavaroise de la rive gauche du Rhin ; ^ des vins de Franconie^ que l'on récolte à Escherndorf, Yolkach, Sommerach, Schalksberg et Schweinfurt, royaume de Bavière; 3° des vins de Moselle, faits è Trêves^ Wehien, Graach, Becherbach; Litzerhecken et Rutz, dans la Prusse rhénane; 4"" enfin des vins de la Nahe^ récoltés a Steeg, Liegerberg, Ober-Wesel , Montzingen, Maas, Hubn et Diebach, dans le même duché.
Les vins dits de YAwTy des vignobles d' Ahrveiler, de Walporzbeim et de Bodendorf ; ceux dits de Moselle^ que Ton récolte è Affenbourg, Hamen, Strang, EIzenberg, Lutz, Riol, Neumagen, Wîntrich, Lieser, Craef, Berncastel, Urzig et Traben-sous- Rissbach, tous dans la Prusse rhénane. Les vins du Rhin des territoires de Mayence, Bodenbeim, Gaubischeim et Nackenheim^ dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt; de Bischoffsheim^ et de Rotbenberg, dans la Hesse électorale; ceux de Berg-Zabern et de plusieurs autres vignobles du duché des Deux-Ponts» dans la province bavaroise de la rive gauche du Rhin; enfin ceux des environs de Bade, de Cretzingen^ de Beifhausen et de Selltngen, dans le grand-duché de Bade, en-
BMPiiiB d'authighb. 355
trent dans la V" classe comme vins d'ordinaire de l'"" qualité.
Les vignobles des environs de Trarbach* d'Enkirch, et tous ceux de la Moselle^ depuis Bourg jusqu'à Coblenz ; ceux de Wavern^ Caùzem et Bibelhausem, sur la Sarre; de la Montagne- Verte, deCassel et de Valdrach; ceux de Creutznach, Ober-Stein, et des autres vignobles dits de la Nahe^ dans l'arrondissement de Birkenreld, tous dans le duché du Bas-Rhin. Les vignobles de Philippseck, de Reichenberg, de Wildenstein et du Catzen ellenbogen supérieur, dansle grand-duché de Hesse-Darmstadt du Catzenellenbogen inférieur, dans le duché de Nassau ; de Beringfeldetde Zeil , dans le royaume de Bavière; enfin de Mersebourg» d'Uberlingen et de Ttle Reichenau, dans le grand-duché de Bade, produisent des vins d'ordinaire qui occupent les différents degrés de la 5* classe, les uns comme vios d'ordinaire de 2*, de 3^ ou de V qualité, et les autres comme vins communs. Tous ceux des environs de Cologne, dans la Prusse rhénane*, du district de Fulde, dans la Hesse électorale; de Naumbourg; Griineberg et Cotbus, dans le royaume de Prusse ; de Meissen et de la basse Lusace, dans le royaume de Saxe; et des environs de Lindau, dans la Bavière» ne sont que des vins communs.
Les vins dits de paille^ que Ton fait dans la Franconie, et celui nommé calmus^ à Aschafienbourg, sont des vins de liqueur de 3* classe.